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jeudi 4 août 2011

Les cèdres de la dernière chance

 

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Maroc : non assistance à Nature en danger !

 

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La cédraie de l´Atlas marocain est-elle un biopatrimoine de l´humanité ou une « fabrique de moutons » ?

 Est-il raisonnable que le bien de tous, et notamment des générations futures, soit victime d´une mainmise des producteurs de viande ovine et donc détourné au profit de quelques-uns ?

 Le Maroc peut-il se soustraire aux exigences légitimes du développement durable et de la préservation de la biodiversité ?

 Nul écocitoyen ne doit ignorer que cette « non assistance à Nature en danger » fait encourir l´anéantissement du dernier écran vert entre le Sahara et l´Europe et nous ne doutons pas que l´Administration marocaine en charge du biopatrimoine va prendre rapidement les dispositions qui s´imposent en ouvrant le débat avec la filière de la viande ovine, afin que cesse cette mutation d´un écosystème unique en bergerie intensive, et que la sauvegarde du plus somptueux des arbres du monde méditerranéen soit assuré in extremis. Touchons du bois !

 Naturaliste, écologue, connaisseur et amoureux de ces contrées, mon éthique m'interdit de me taire, m'oblige à témoigner. Je n'ai ni les réponses, ni le pouvoir des remèdes, mais j'espère poser les bonnes questions. Mon souhait est de réveiller les consciences, que les décideurs mandatés pour veiller à la bonne gouvernance de ces régions parviennent au plus vite à inverser les tendances, à trouver une solution consensuelle autre que celle se satisfaisant de la gestion des préjudices. Ils disposent des moyens légaux et budgétaires adéquates, de conseillers nationaux et internationaux suffisamment éclairés qui doivent se mettre au travail pour en finir une fois pour toutes avec ce laisser-aller ordinaire, aux conséquences incommensurables. Aujourd´hui, la finitude de l´abus d´usage de cet écosystème et de bien d´autres saute aux yeux et condamne irrémédiablement l´avenir. Il faut soulager la cédraie. Quand les ressources devenues non renouvelables sont ainsi taries, ce qui est pris n´est plus à prendre.

 Même si, non visionnaire de l´actuelle démographie galopante et du consumérisme à tout va, l´ancestrale règle coutumière n´indiquait pas de limitation d´effectifs du cheptel, il n´est personne pour contredire que le parcours forestier dans son excès est un antagonisme de la biodiversité. La charge pastorale des écosystèmes maghrébins, et particulièrement de la cédraie marocaine, est jusqu´à dix fois supérieure à celle officiellement recommandée, a fortiori dans les figures dites de protection que sont les parcs, les réserves et les aires protégées. Pour ces derniers espaces, on peut d´ailleurs se demander de quoi sont-ils protégés, et compte tenu de la disparité entre la théorie et la pratique, entre les textes et la réalité du terrain, en conclure pathétiquement à des concepts schizophréniques induisant des formalités cosmétiques.

 Les stigmates les plus évidents de la pandémie écologique générée par un surpâturage chronique à nul autre pareil sont alarmants pour quiconque ne confond pas la forêt avec un simple alignement d´arbres, mais sait que l´avenir se décide dans les parties confuses d´un sous-bois bien garni, couvert d´une strate végétative, gage de croissance des semis naturels et d´un minimum de régénération. Ici, la forêt est bien loin d´être pluristratifiée, elle est dénaturée par un sol partout et systématiquement tondu, dénudé, scalpé, écorché, étrépé, squelettique. L´écosystème est défiguré par une extrême mortalité et certains versants ne montrent que des lambeaux de cédraie, ponctués de vétérans moribonds et de chandelles sur pied. Les griffes d´une désertification accélérée se traduisent par des pans qui se sont dégarnis en moins d´une décennie. A chaque retour des pluies, les lessivages cataclysmiques induits par un substrat ayant perdu toute porosité infligent d´irrémédiables destructions. Le parcours forestier de troupeaux sédentarisés grève ainsi lourdement les dernières forêts en place, et souvent même leurs lambeaux vestigiaux. La dent du bétail élimine par broutage les jeunes semis, les rejets, les basses branches et même le feuillage quand en période de disette les ramées ou les cimes sont coupées par les bergers. Mais le piétinement du même bétail, dont l´effet peut sembler à prime à bord négligeable, peut avoir aussi de terribles conséquences sur la compaction du sol par les jeux du tassement, de la solifluxion, de l´écrasement des plantes non appétibles.

 Tels sont les ravages de ce pastoralisme intempestif. Il engendre un écocide lent, une extinction massive des plantes et de la faune. Il condamne le formidable château d´eau national que constitue ce Moyen Atlas  forestier humide, ainsi que toutes les ressources naturelles sans exception. Il menace la vie locale, son économie, les nobles traditions d´une société berbère séculaire, et exacerbe ainsi l´exode vers les grandes villes et l´étranger. Enfin, il coupe l´herbe sous le pied (!), non seulement aux moutons de demain, mais aussi aux écotouristes que l´on désirait tant.

 Avec la précaution de ne confondre ni le berger traditionnel de l´Atlas (déjà orphelin de sa forêt) avec le producteur de viande ovine qui tend à le remplacer, ni le pâturage itinérant et extensif avec le parcours sédentaire pour « faire du mouton », filière spéculative dérivante, il semble opportun de se poser quelques questions :

 - Où est passée la biodiversité des 130.000 ha de cédraie marocaine, enveloppe de forêt monospécifique désormais vidée de sa flore et de sa faune, y compris lorsque le cèdre n´est pas dépérissant ? Où sont les 700 espèces botaniques, dont 60 endémiques,  les 37 espèces de mammifères, la plupart des 142 espèces d´oiseaux, les 33 espèces de reptiles et d´amphibiens recensés, les centaines de papillons et les milliers d´invertébrés dans les 53.000 hectares du Parc national d´Ifrane, où partout le sol est celui d´un terrain de football ? Même l´écrevisse à pied rouge de l´oued Tizguite, devenu cloaque, vit ses dernières heures.

 - Le Maroc peut-il ainsi anéantir ses beaux restes en les livrant sans réserve aux saccages des moutons et des chèvres ?

 - L´oviculture exponentielle a-t-elle sa place dans un fragile écosystème, organisé par une essence à valeur patrimoniale ?

 - Est-il raisonnable que le bien de tous, et notamment des générations futures, soit victime d´une mainmise des producteurs de viande ovine et donc détourné au profit de quelques-uns ?

 - Le Maroc peut-il se soustraire aux exigences légitimes du développement durable et de la préservation de la biodiversité ?

 - L´enjeu pastoral ne doit-il pas prendre en compte la pérennité des paysages naturels ?

 - Les droits usagers et le souci démocratique doivent-ils être au service de l´éradication des ressources ? Faut-il placer l´intérêt économique à très court terme au-delà du souci de préservation du capital naturel ? La fin justifie-t-elle les moyens ?

 - Une réelle volonté de débattre ne peut-elle se manifester entre les gestionnaires de la forêt et ces citadins privilégiés que sont les représentants de la filière ovine, gros propriétaires des troupeaux destructeurs, avec d´éventuelles compensations à la réduction du nombre de têtes ? 

 - Aucune instance experte n´est-elle apte à proposer des solutions économiques alternatives aux simples bergers, aux petits propriétaires de cheptel caprin dont les dégâts sont démesurés pour un bien modeste profit, voire à ces familles défavorisées et en charge de la garde des troupeaux surnuméraires incriminés ?

 - Les bailleurs de fonds doivent-ils continuer à dilapider de faramineux budgets en soutenant des programmes de reboisements et de régénérations illusoires, dont les périmètres en défens sont toujours et trop rapidement livrés  à la dent des ovins et des caprins, donc à la faillite ?

 - Faut-il poursuivre les coupes rases du sous-bois de chênaie verte pour exposer le sol à l´érosion hydrique et produire ainsi « une désertification locale sans qu´il y ait diminution dans les volumes des précipitations annuelles » (Benabid, 2000) (Le niveau de pluviosité des montagnes ifranaises atteignent 1200 mm sur les sommets !)

 - Faut-il continuer à se gargariser des statistiques amphigouriques de forêts abiotiques et fossilisées, de carcasses vidées de leurs biocénoses, au substrat scalpé, à la flore tondue et piétinée, à la faune évincée, agrémentées des chiffres aléatoires de reboisements en sursis ? En un mot, faut-il surenchérir avec des effets d´annonces et des communications redondantes afin d´occulter, par un batelage médiatique, une vérité qui est celle de la politique de la terre brûlée ? Ou convient-il d´utiliser au mieux cette énergie du désespoir en prenant à témoins les citoyens pour un effort collectif, un respect de fer des normes légitimes de préservation, un meilleur discernement garant d´avenir ?

 - Faut-il encore et enfin, au nom du sempiternel et juteux système des connivences, semer le trouble en jetant l´opprobre sur l´hurluberlu désintéressé qui témoigne du gaspillage et porter au pinacle, voire subventionner, l´agresseur de la biosphère comme éternel partenaire économique ?

 - Si la vision (dimension prospective) est reconnue comme la qualité première d´un homme politique, où va-t-elle se nicher quand il s´agit de veiller sur les ressources naturelles de notre planète ?

 - Ici et là, l´âge de raison pourrait-il prévaloir dans la conduite environnementale du XXIe siècle ?

 - Enfin, si l´on voulait vraiment pérenniser ce qu´il reste des écosystèmes du Maroc et de notre planète, il faudrait vraiment commencer par baisser notre ration irraisonnée de barbaque ! Respect à nos amis végétariens et végétaliens qui l´ont compris depuis longtemps !

 

La sauvegarde de la forêt de cèdres, comme de l´essentiel des écosystèmes marocains et de leurs sites, passe obligatoirement par une politique volontariste d´allègement et de régulation de la charge du cheptel, actuellement en complète inadéquation avec les ressources disponibles. Faute d´un tel contrôle de la pression pastorale devenue intolérable et de propositions de solutions alternatives, tout programme conservatoire serait vain. Pour ce qui concerne les sites les plus atteints, et notamment ceux de la cédraie, un répit radical doit être adopté par la promulgation in extremis de réserves biologiques, intouchables et sans limitation de durée.

Quant aux coûteuses plantations de jeunes et fragiles semis, si le piétinement et la dent du cheptel ne sont pas éloignés à très long terme, ils ne correspondent qu´à des ersatz de reboisements, à des programmes pour le prestige, parce que sans la moindre chance de transformation. Quand la forêt est libérée des pressions tant de l´élevage que des manies de la foresterie, les semis naturels et « gratuits » sont les garants d´une parfaite régénération.

C´est maintenant et tout de suite que les pouvoirs publics concernés doivent s´interroger et agir dans la foulée.

On a beaucoup parlé ces derniers temps de cèdres coupés illégalement et de bois délestés dans le Moyen Atlas. Il est certes désolant qu´il puisse exister une mafia du cèdre, qui plus est de connivence avec quelques représentants des autorités. Il faut combattre cette délinquance et la corruption qui la permet. Mais il faut aussi veiller à ce que l´existence d´un tel fait divers ne serve pas à occulter les agissements des vrais fossoyeurs de la cédraie que sont les acteurs de la filière ovine, du petit berger innocemment responsable au grand propriétaire absent et gravement coupable. Les tribulations évènementielles d´une prétendue mafia du cèdre permettent de dresser un écran de fumée trop pratique sur une problématique beaucoup plus réelle, ravageuse, permanente et tenace que sont le surpâturage et la mort biologique du sol qu´il induit. Comme l´arbre ne doit pas cacher la forêt, le cèdre volé ici ou là ne doit pas cacher la fin de la cédraie par la faute d´un abus d´usage généralisé et décomplexé.

 

Cet article fut rédigé pour l´excellent site de la Buvette des Alpages :

http://www.buvettedesalpages.be/2011/08/-cedraie-au-maroc-non-assistance-a-nature-en-danger.html

 

On peut noter un pareil constat dans les années 1950, avec ce vieux reportage à fort relent colonialiste :

http://www.ina.fr/economie-et-societe/environnement-et-urbanisme/video/AFE01000187/la-foret-marocaine.fr.html

 

Du même cru et de Louis Emberger (1938 !) : 

« La montagne marocaine, si l´on y prend garde, court vers sa ruine définitive. La destruction de la végétation engendre la ruine économique, et celle-ci provoque la dépopulation. »

 

 Accès au script d´un  film très édifiant sur le pastoralisme du Moyen Atlas, tourné il y a déjà un bout de temps par l´un des plus éminents experts en élevage pastoral :

http://museum.agropolis.fr/pages/savoirs/berger/complements.htm

 

Cette interview critique date de 2005 mais reste toujours valide dans ses assertions :

http://www.medi1.com/player/player.php?i=1292917

 

************

 

Nuançons ! Une suite s´impose pour ne pas paraître ingrat. La voici.

 

LES EFFORTS DU MAROC

 

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Rien n´est simple quand on est face à l´infernal binôme développement-conservation.

 On peut toujours prendre la posture du discours critique, c´est un peu mon métier. C´est facile d´invectiver quand on a pour seul souci la tranquille défense de l´arbre, du mouflon et du papillon. Les esprits du Vivant reconnaîtront leur avocat.

 Mais désireuses d´une hausse du pouvoir d´achat comme ils disent, d´une meilleure qualité de vie comme on dit, et sans cesse stimulées par l´incitation au consumérisme par les maîtres du monde, les populations demandent majoritairement autre chose que la douceur d´un paradis terrestre, ce en quoi elles se trompent probablement.

 Alors, quand on veut être élu, on sacrifie les trésors de la maison du Quaternaire sur l´autel-béton de la demande publique, et ça tombe bien puisque c´est aussi l´autel du profit. Construire sans détruire est un challenge hasardeux, pardonnez-leur ils ne savent pas ce qu´ils font.

 Pour ce qui me concerne, j´ai déjà été le témoin accablé des limites vite franchies de l´éthique de conservation, rattrapée par la hantise d´aménagement, tant dans le Sud-est de la France qu´en Andalousie espagnole, deux régions défigurées, dénaturées. Les résultats sont affligeants et ont l´outrage d´un déshéritement pour les générations à venir. À tel point que l´ombre d´un promoteur suscite à tout humaniste l´éloge de la dénatalité.

 Les désastreuses leçons du Nord n´ont pas le moindre écho au Sud. Le Sud est peu enclin à prendre la leçon et n´entend pas être le gentil jardinier de son sempiternel mentor. Réitérer l´erreur du « modèle » est historiquement correct. Le Maroc se réclame de démocratie, le Maroc est en route pour la modernité, le Maroc se prend au piège de l´effet miroir qui brille d´une rive à l´autre, le Maroc veut faire « Costa del Sol » et partager les pages du même catalogue qui fleure bon les devises. Pourtant, il paraîtrait que dès demain, le souhait des touristes ne sera pas de se retrouver dans le même décor de béton et d´artifice que celui jusqu´à maintenant offert sur le rivage européen. Il serait peut-être bon de ne pas dresser un mur aussi luxueux qu´affreux tout au fil du littoral, depuis Saïdia jusqu´à Plage Blanche, et de se souvenir que le pays de la Méditerranée occidentale le plus riche en biodiversité pourrait préserver un peu de paysages naturels pour des lendemains plus enchanteurs. Attention : une fois massacrés, les écosystèmes ne se reconstruisent pas !

 Entre surpâturage des forêts exténuées et aménagements touristiques des littoraux souillés, il y a des pauses vertueuses. Que les deux exemples qui suivent soient vénérés, ainsi que leurs acteurs ! Ces efforts certains en faveur de la pérennisation des espèces et des espaces réconfortent, on n´y croyait plus. De quoi ravir les écotouristes de demain qui risqueraient de venir au Maroc pour pouvoir découvrir et apprécier autre chose que l´uniformisation qu´ils ont chez eux !

 Liberté, égalité, biodiversité !

 

UNE INITIATIVE JUDICIEUSE COMME REMÈDE AU SURPÂTURAGE

 Il s´agit tout simplement d´un programme de compensation des mises en défens forestières, promulgué dès 1999 mais fortement activé dans le présent. On ne se contente pas d´exproprier l´éleveur de son habituel parcours en forêt, une compensation palpable lui est attribuée par l´intermédiaire d´une coopérative organisée pour le besoin. En échange de leur engagement à respecter la mise en défens de l´espace à régénérer, les bergers, usagers traditionnels du domaine forestier, perçoivent durant tout le temps requis une indemnité annuelle versée en espèces. Elle est de 250 MAD par hectare et par an pour toutes les essences, sauf pour l´arganeraie pour laquelle elle atteint 350 MAD. L´espace minimal est de l´ordre de 300 ha pour l´ensemble des essences forestières et de 100 ha pour l´arganier. 5 millions de MAD pour presque 20 000 ha avaient été attribués rien qu'en 2007. Beaucoup plus aurait été financé depuis.

 Ces nouveaux périmètres mis hors pâturage sont choisis parmi les habitats les plus fragilisés et abritant des espèces remarquables. Il reste à souhaiter la plus grande longévité à ces sites en repos, car trop souvent les programmes de régénération sont insuffisamment prolongés.

 

1 PAPILLON = 1 PLANTE, UN PROGRAMME PIONNIER DE PROTECTION RAPPROCHÉE

 À mon initiative, un projet est bien avancé et a reçu le soutien de la Direction de la Conservation et de la Lutte contre la Désertification du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts. Il s´agit de mettre sous cloche des biotopes modestes en superficie mais riches en contenu, choisis parce qu´ils abritent au moins une espèce de papillon endémique ou remarquable, associé à sa plante-hôte, elle-même de grande valeur patrimoniale. Ce réseau de petites réserves biologiques clôturées devrait regrouper en final une cinquantaine de pôles de forte biodiversité et couvrir notamment le Rif, le Moyen Atlas, le Haut Atlas et l´Anti-Atlas. Les premiers maillons recensés ont été exécutés dès 2008 dans le cadre du Parc national d´Ifrane, ainsi qu´entre Marrakech et Taroudannt, aux alentours du Tizi-n-Test. Tous les détails sur les espèces concernées peuvent être fournis aux personnes intéressées.

 Même si cela ressemble à de la muséologie du Vivant, il n´y avait pas d´autre manière pour mettre hors de portée destructive le peu qui reste d´une biodiversité de papillons qui était absolument flamboyante jusqu´il y a une trentaine d´années, et dont bien des composantes sont déjà irrémédiablement perdues.

 

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Un beau livre d´approche naturaliste et militante sur le thème couronne mes années de prospections éco-entomologiques au Maroc et leur million de kilomètres :Les Papillons de jour du Maroc. Guide d´identification et de bio-indication

Par Michel Tarrier et Jean Delacre

Préfaces de Serge Orru (WWF-France), d´Abdeladim Lhafi (Haut Commissaire aux Eaux et Forêts et à la lutte contre la désertification du Maroc) et de Thierry Deuve (Muséum national d´Histoire naturelle de Paris), 480 pages, 700 photos, aux éditions Biotope.

 

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http://www.biotope.fr/editiondiffusion/fichelivre/papillons-maroc/index.php

http://www.amazon.fr/Papillons-jour-Maroc-didentification-bio-indication/dp/2914817169

 

Michel Tarrier

Écologue, écosophe

Posté par Myriam Kieffer à 11:02 AM - Arbres et Forêts - Déboisement - Flore - Permalien [#]

lundi 20 juin 2011

Il faut protéger les Baobabs malgaches

Les baobabs de Morondova à Madagascar forment l'allée végétale la plus célèbre au monde. Madagascar compte sept espèces de baobabs, alors qu'il n'en existe qu'une seule en Afrique.
Tous les voyageurs passent par ici et les Japonais ayant lu aussi “Le Petit Prince” de Monsieur Antoine de Saint Exupéry, font le déplacement rien que pour eux.
Habituellement, les Baobabs aiment les biotopes secs ou rocailleux comme sur le continent africain, mais à Madagascar, ils sont entourés de rizières et marécages, sans oublier les moustiques, spécialement aux couchers et levers de soleil.

baobabs_au_coucher_de_soleil


Comparé à
l’Adansonia digitata d’Afrique et à l’Adansonia gregorii d’Australie, l’Adansonia grandidieri a un port très élancé et un tronc bien droit sans branches. Il possède de massives et courtes branches à son sommet.

C'est une des six espèces de baobabs endémiques de Madagascar, certainement   le plus connu des baobabs malgaches et, pour beaucoup de gens, le plus beau   des baobabs. C'est une pure merveille. Souvent représenté sur   les couvertures des livres traitant de Madagascar.

baobabs_dans_rizi_res

Ce sont de grands arbres de plus de 25m de haut et 3m de diamètre,   au tronc à la forme caractéristique de cylindre. La courone est   au sommet de l'arbre et applatie , les branches reparties de manière   irrégulière et la plupart horizontales.

L'écorce   est rouge grisatre, lisse. Les   fleurs sont blanches, jaunissant avec l'age. Les   fruits sont presque ronds à ovoides, avec un indumentum rougeatre. Le   pericarpe est peu épais et fragile.

baobabs_1


Il est très difficile de voir de jeunes
Baobabs. En effet, les jeunes pousses sont bien souvent le repas des zébus, autres herbivores et peuples locaux. Sans oublier les feux de brousses. Le paysage du Ménabé ne possède que de vieux spécimens de Baobabs d’un minimum d’une centaine d’années voir des milliers d’années. Alors quel est l’avenir de ces mastodontes si on ne préserve pas leurs progénitures ? Si aucun projet de plantations n’est entrepris à grande échelle, ce symbole malgache du Ménabé disparaîtra car rien n’est éternel.

Le symbole malgache est donc en danger !


Il arrive même que de gros Baobabs soient déracinés pour faire pousser les fameux champignons de Baobab. Les locaux racontent que l’on ne voit jamais grandir les Baobabs.

Par ailleurs un spécialiste allemand viendrait chaque année à la même date pour mesurer ces fameux arbres. Les Adansonia grandidieri pousseraient de un à trois millimètres/an.

baobab


La légende raconte
que certains de ces gigantesques arbres auraient été plantés à l’envers par la Hyène ou par le diable en colère, mais cela ne les empêchent pas de déployer une aura formidable.


Ce sont les piliers du Ménabé, de Madagascar. Il faut les sauver.


Comme en Afrique, les Baobabs sont sacrés. Celui de
Tsarafotra (Adansonia grandidieri) qui mesure treize mètres soixante de diamètre, en est un bon exemple.

Comme l’écorce est utilisée à des fins médicinales ou pour fabriquer les cordes et flotteurs de pirogues, une plaie béante y a été incisée, mais cas très particulier au Baobab, l’écorce se régénère au bout de plusieurs années.

L’Allée des Baobabs est constituée d’une concentration de baobabs sur une partie de la route nationale n°38, Morondava- Belo/Tsiribihina. Elle forme un paysage spectaculaire formé par les ports majestueux du Reniala, caractéristique du Menabe et reconnu mondialement. Actuellement les baobabs de cette allée sont menacés de disparition, suite à une inondation prolongée de l’ensemble du site.

all_e_des_baobabs
Allée des Baobabs


Cette inondation est due au déversement des eaux usées de l’usine sucrière SUCOMA et des excès d’eau en saison de pluie. Les eaux usées par leur récupération par les paysans pour la riziculture sont ramenées aux abords immédiats de l’allée. Une mauvaise réhabilitation de la piste, d’autre part, augmente la stagnation des excès d’eau en saison de pluie. Les pieds de baobab sont fragilisés par cette immersion prolongée de leur base. On observe ces derniers 5 ans des chutes d’arbres, des pieds inclinés due aux vents et des pertes de cimes.

La Commune de Rurale de Bemanonga où se trouve l’allée des Baobabs, a pris les initiatives pour la sauvegarde du site. Une délibération du Conseil Communal pour la restauration de l’allée des Baobab a été prise. Les éléments du plan de sauvegarde sont identifiés et discutés avec les populations riveraines :cas des futurs travaux de drainage, de mise en réserve d’une partie des terrains aux environs immédiats, de déplacement des habitations temporaires, de création de nouvelles zones d’implantation d’habitation et de rizière,….

baobab_en_milieu_humide


Cette initiative a reçu l’appui de la Région du Menabe par la mise en place d’une « Cellule Technique Baobab ». Le 28 juin 2005, une équipe pluridisciplinaire est mise en place à Morondava, pour l’établissement d’un plan d’ensemble de la sauvegarde de cette fameuse « Allée des baobabs » et pour l’encadrement technique des actions urgentes.

Au mois de juillet 2005, le comité technique a accompagné les visites du Ministres de la Fonction Publique et du Ministre de l’Environnement, en présence des Sénateurs et Député du Menabe et des représentants de la Cellule Baobab. La cellule technique, avec des missionnaires du Ministère de l’Environnement et des Eaux et Forêts et du Ministère de l’Industrie, ont effectué une autre visite de l’usine sucrière SUCOMA, pour voir les mesures déjà prises et encore à prendre par cette Industrie.
La Région par ces initiatives, priorise les actions pour la sauvegarde de cet emblème de la Région et entend mobiliser tous les acteurs régionaux autour des mesures urgentes à prendre.


3_baobabs

 

02022006_Il_faut_protéger_les_baobabs_malgaches.pdf

 

Avec les sincères remerciements de Jérôme Hutin, photographe explorateur et profondément amoureux des arbres...

A voir :

http://arbresvenerables.fr/
http://arbresvenerables.arborethic.com
http://arborethic.com/


Source :
http://arbresvenerables.free.fr/
http://www.baobabs.com/

Crédit photos :
http://www.overnoise.noosblog.fr
http://www.adventureassociates.com

Posté par Myriam Kieffer à 06:30 PM - Arbres et Forêts - Déboisement - Flore - Permalien [#]


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