vendredi 25 janvier 2008
L'Australie, pays de mega-diversité végétale et animale
UN ENVIRONNEMENT TRÈS RICHE MAIS FRAGILE
Le refuge d'une végétation et d'une faune exceptionnelles
L'Australie est l'un des 17 pays dits de «méga-diversité» qui ont des écosystèmes d'une variété et d'une richesse exceptionnelles. On ne peut qu'y être impressionné par la biodiversité. La variété de formes végétales et animales de l'Australie permet aux scientifiques d'étudier mieux qu'ailleurs les éléments du processus d'évolution à travers les âges. On y retrouve les deux seuls animaux préhistoriques à la fois ovipares et mammifères : l'ornithorynque et l'échidné.
De
nombreux végétaux et animaux n'existent qu'en Australie et sont si
caractéristiques que chaque Etat et territoire de la fédération a un
emblème floral et animal :
Au Queensland, l'orchidée de Cooktown, une fleur tropicale, ainsi que le koala et la brolga, un oiseau local ;
En Nouvelle-Galles du Sud, le waratah comme emblème floral, l'ornithorynque comme emblème animal et le kookaburra (martin-chasseur géant) comme emblème oiseau ;
Waratah
L'emblème
floral du Territoire de la capitale est la jacinthe royale;
L'emblème floral de l'Etat de Victoria est la bruyère rose, son emblème animal, l'opossum de Leadbeater, l'emblème oiseau, le mange-miel casqué ;
La Tasmanie a seulement un emblème floral, l'eucalyptus bleu ;
L'emblème floral de l'Australie-Méridionale est le pois du désert de Sturt, son emblème animal, le wombat à nez velu, et son emblème oiseau, la pie-grièche ;

Pois du désert de Sturt

Wombat
L'emblème floral de l'Australie-Occidentale est une fleur sauvage, la patte de kangourou de Mangle (anygosenthe rouge et verte), son emblème animal, le numbat (fourmilier à rayures) et son emblème oiseau, le cygne noir ;

Numbat
Enfin l'emblème floral du Territoire du nord est la rose du désert de Sturt, son emblème animal, le kangourou roux, et son emblème oiseau l'aigle.
En Australie poussent 22.000 espèces végétales. La flore y est apparue il y a 55 millions d'années lorsque l'île s'est détachée du Gondwana. Avec la dérive du continent, le climat est devenu plus aride et a fait apparaître les eucalyptus ou gommiers comptant à eux seuls quelques 700 espèces et les acacias, comprenant 400 espèces, dont le mimosa doré, très répandu, est l'emblème floral national.
Les banksias sont des arbres à épines couvertes de fleurs. Les casuarinas sont des arbres à petites branches en forme de plumes. Le waratah (Telopea speciosissima), à fleurs rouges, est l'emblème floral de Nouvelle-Galles du Sud. Le baobab pousse du Kimberley au Territoire du nord. Plusieurs conifères sont endémiques : le pin bunya, dans les forêts tropicales du sud du Queensland, le pin de l'île de Norfolk et, en Tasmanie, le pin de King William. La fougère arborescente, pouvant atteindre 20 mètres de hauteur au Queensland, est une plante de la préhistoire. Parmi les arbustes et fleurs caractéristiques, on dénombre les callistémons, poussant en particulier en Nouvelle-Galles du Sud, les grevilleas aux fleurs piquantes rouges, le kangaroo paw et le pois du désert de Sturt.
L'Australie abriterait jusqu'à 300.000 espèces animales différentes, dont environ 100.000 ont été répertoriées, parmi lesquelles, notamment, les seuls mammifères au monde à pondre des œufs, les monotrèmes primitifs, véritables fossiles vivants, tel l'ornithorynque, curiosité zoologique et mammifère à fourrure doté d'un bec de canard et d'ergots venimeux et ayant un mode de vie amphibie. Celui-ci ne se trouve qu'en Australie orientale et centrale et en Tasmanie. L'échidné est un petit monotrème à bec droit avec de longues pointes sur le dos et de la fourrure sur le ventre. On connaît les mammifères les plus caractéristiques, les marsupiaux, dont les petits se développent dans une poche marsupiale, ou poche abdominale : le groupe endémique de l'Australie comprend près de 120 espèces.
Le kangourou est un symbole de l'Australie. Il orne ses timbres-poste, ses manteaux, ses pièces de monnaies, et même sa ligne aérienne internationale principale. On dénombre aujourd'hui plus de kangourous qu'à l'arrivée des Européens. Trois millions de kangourous sont légalement abattus chaque année, car certains considèrent que l'animal, herbivore menace pâturages et cultures. Le kangourou est caractérisé par une grande taille, des membres postérieurs très adaptés au saut. La queue est grande et puissante, elle sert de balancier pendant les sauts et l'animal se repose dessus comme une «troisième patte» au repos.
Le kangourou compte une cinquantaine d'espèces divisées en onze genres.
Les kangourous roux sont les plus représentatifs et les plus grands. Ils vivent en bande et les mâles arborent une belle couleur rousse d'où leur vient leur nom.
Le wallaby est un kangourou de petite taille, 1m70 à l'âge adulte ; mais le wallaby des rochers, plus petit, ne mesure pas plus d'un mètre. Les wallabies les plus communs sont le wallaby de Bennett insulaire, le wallaby agile et le wallaby bicolore.
Les opossums ou phalangers sont des marsupiaux herbivores arboricoles. Ils se rencontrent même dans les villes. L'opossum à fourrure ou phalanger-renard est le plus courant.
Le koala, tirant son nom d'un mot aborigène signifiant «pas d'eau», vit surtout sur la côte orientale, entre Townsville et Melbourne ainsi qu'en Australie-Méridionale.
Le wombat, dont le nom a été donné par les aborigènes, marsupial trapu, à tête large et à pattes courtes, qui vit en Australie depuis 15 millions d'années, se trouve surtout dans le nord et le sud-est.

Wombat
Parmi les autres mammifères figure, par ailleurs, le dingo, chien sauvage chassant la nuit et grand prédateur de moutons.
Parmi les reptiles, le lézard à collerette, répandu dans le bush, dans le nord et l'est, et le varan sont très caractéristiques. Dans le nord et le Queensland du nord, on trouve des crocodiles d'eau douce et des crocodiles marins, mesurant jusqu'à 7 mètres, les salties, très dangereux pour l'homme, dans les estuaires et sur les plages à proximité.

Lézard à collerette
Salties ou crocodile marin
Varan de Komodo, sans doute le plus grand lézard du monde
Varan arboricole
Le long de la côte septentrionale, entre Shark Bay et la Grande Barière de corail, vit le dugong, mammifère aquatique herbivore.
L'Australie est par ailleurs riche en oiseaux. Plus de 750 espèces sont répertoriées : l'émeu, un peu moins haut qu'une autruche est l'un des emblèmes de l'Australie. Le kookaburra vit près de côtes, l'oiseau-lyre vit dans les forêts humides. Le casoar, ressemblant à une autruche avec un casque sur la tête, une crête osseuse, lui servant à avancer, tête baissée à travers la végétation, vit dans les forêts du nord et du nord du Queensland. Il existe aussi de nombreuses variétés de perroquets, perruches et cacatoès.
Des richesses marines incomparables
Les eaux territoriales australiennes forme un fabuleux écosystème aquatique et abritent une grande variété de poissons et de mammifères aquatiques ; ainsi peut-on rencontrer plusieurs espèces de baleines, des phoques et 70 espèces de requins.
Comme un immense jardin sous-marin, la Grande Barrière de corail offre une incomparable richesse naturelle. Cette chaîne de récifs coralliens longe la côte nord-est de l'Australie, de la pointe du cap York à Cairns, en mer de Corail. S'étirant sur 2.000 km, au large de Bundaberg ou de Gladstone et jusque dans le détroit de Torres, c'est la plus grande barrière de corail au monde, juste avant celle de Nouvelle-Calédonie, 1.600 km.
La Grande Barrière est un ensemble de 2.600 récifs dont la majeure partie s'est formée il y a 2 millions d'années et dont les parties les plus anciennes ont 18 millions d'années.
Le corail est formé par des colonies de polypes marins de la famille des cnidaires. Les récifs de corail sont le produit de l'accumulation des squelettes calcaires déposés au fil des siècles par les madrépores, de minuscules animaux marins. Au-dessus de cette masse se développent des coraux vivants, qui ne peuvent subsister que dans une eau peu profonde et bien chaude (18°C minimum). Quelque 1.500 espèces de poissons, certaines extrêmement rares, 4.000 types de mollusques et 350 variétés d'échinodermes vivent dans les eaux de la Grande Barrière. En surface, de multiples îlots abritent des milliers d'oiseaux. Entre le récif et la côte et sur le récif extérieur se forment les îles de corail (cays) lorsqu'un récif dépasse le niveau de la mer et que le corail mort se transforme en sable sur lequel parfois se fixent des végétaux.


Anémone de mer et poisson clown



Poissons de corail


Echinodermes

Mollusques : Calmar et Bénitier
Une prise de conscience de l'enjeu de la protection de la nature
Des transformations inquiétantes de l'environnement
L'Australie, comme toute la zone du Pacifique, peut être soumise à des intempéries violentes voire à des catastrophes naturelles.
Dans la nuit du 24 décembre 1974, le cyclone Tracy a dévasté Darwin, l'ayant menacée d'être rayée de la carte. En 1989 un tremblement de terre a eu lieu à Newcastle, au nord de Sydney.
Les feux de brousse sont très courants en Australie. Dans de nombreuses régions, des incendies dévastateurs se déclarent pendant les longues périodes de sécheresse. On impute les incendies à des causes diverses : un contexte paléontologique et climatique spécifique, avec des sécheresses à répétition, l'utilisation du feu par les aborigènes, les arbustes inflammables des sous-bois, la prolixité des eucalyptus et des acacias, les départs de feu dus à la foudre. Chaque été, 14.000 incendies de forêt se déclarent dans les régions côtières de l'Australie. Si certaines espèces parviennent à résister aux incendies et même si elles en dépendent pour leur reproduction, il reste que les incendies sont une menace pour l'homme, les animaux et leur environnement.
En 1967, les feux de brousse les plus dévastateurs de l'Histoire de l'Australie avaient menacé la Tasmanie. En 1995 des incendies ont détruit les parcs nationaux autour de Sydney et en décembre 2001, dévastant la région de Sydney, ils ont même menacé certains quartiers de la ville : les flammes se sont propagées jusqu'à 15 km de Sydney et l'odeur de la fumée était perceptible en plein cœur de la ville ; 20.000 pompiers se sont rendus au front. En janvier 2003, les incendies ont été si violents dans le territoire de la capitale et dans la partie adjacente de Nouvelle-Galles du Sud, dans les massifs de Brindabella, Namadgi et Kosciuszko, puis la plantation D'Urriara, le Mont Strolo et la banlieue de Canberra, que le Canberra Times du 19 janvier titrait «Le jour le plus sombre de Canberra». En quelques heures l'incendie a atteint les portes de la ville, formant un front continu de plus de 35 km. Le bilan a été lourd : des centaines de milliers d'ha de forêt ont été perdus sur un front de 300 km ayant brûlé pendant un mois.
Jason-1, satellite franco-américain CNES-NASA, lancé en décembre 2001 depuis la base de Vandenberg en Californie, a observé une anomalie du niveau de la mer de plus de vingt centimètres le long du Pacifique équatorial caractéristique d'un événement El Niño qui, sans atteindre l'intensité du précédent en 1997, a déjà fait sentir ses effets en Australie et en Nouvelle-Calédonie. Au-delà d'El Niño les changements climatiques globaux ont pu être à l'origine de la troisième plus forte sécheresse du sud-est de l'Australie depuis un siècle.
Au-delà
des phénomènes climatiques, l'environnement se transforme sous l'effet
de l'activité économique. En deux siècles, 70% de la végétation
d'origine a été détruite ou dégradée de façon irréversible ; 75% des
forêts humides ont disparu ; 600.000 ha en moyenne sont déboisés tous
les ans. Les superficies nettes défrichées représentent 300.000 à
340.000 hectares par an. On a même enregistré dans le Queensland un
taux de déboisement supérieur à celui de L'Amazonie.
Le tourisme lui-même fait peser une menace sur l'environnement. L'agriculture est une cause de dégradation de l'environnement en raison de productions végétales intensives et de la concentration des élevages. La salinisation des sols et des eaux constitue un problème spécifique à l'Australie car le climat, caractérisé par de faibles précipitations et une forte évaporation, ainsi que la géologie favorisent la concentration de sel. Dans les zones de terres arides, la culture du blé et les pâturages attirent à la surface des sols le sel des nappes phréatiques. Dans les zones d'irrigation, le problème est dû aux infiltrations des nappes phréatiques.
Les coraux constituent un atout important pour l'Australie. Outre que les récifs assurent une protection des côtes contre les vagues et les tempêtes, ils abritent d'importantes ressources en poissons et fruits de mer. Les coraux sont utilisés en médecine, dans le cadre des greffes et de la lutte contre certaines infections bactériologiques et contre le cancer. Au total l'Australie a la plus grande surface de coraux au monde, 57.000 km2 soit 17% de la surface mondiale.
Mais
le site de la Grande Barrière est très fragile. Selon une étude de 2002
de l'Institut australien de science marine, 30% des récifs sont
gravement endommagés et près de 60% pourraient disparaître dans les
trente ans. Le site est sujet à plusieurs menaces : les aménagements
portuaires, la déforestation, les divers rejets en mer ainsi que la
prolifération d'une dangereuse étoile de mer se nourrissant de corail,
l'étoile de mer couronne d'épines (crown of thorns) ou
acanthaster planci, qui proviendrait du lest des bateaux venant du
Japon. Les coraux tendent à s'éclaicir, expulsant les algues, les
zooxanthelles, avec lesquelles ils vivent en symbiose, blanchissent et
meurent.
Afin d'accroître la productivité, les producteurs de canne à
sucre et de bananes de la côte du Queensland ont quadruplé en 50 ans la
surface des plantations atteignant 400.000 ha et y répandent environ
150 kilos d'engrais par ha, ce qui provoque des pertes d'azote vers la
mer. La pêche dans la Grande Barrière tend à détruire la biomasse.
L'élevage et la pêche constituent une ressource essentielle de l'économie du Queensland. Les éleveurs du Queensland détiennent 45% du cheptel bovin d'Australie ; un habitant du Queensland sur 4 travaille pour l'agriculture et les autorités de l'Etat doivent consentir des arbitrages douloureux entre l'intérêt économique à court terme, dans la mesure où le taux de chômage est plus élevé que dans d'autres Etats, et la défense de l'environnement.
L'attrait touristique de ce lieu unique s'est considérablement accru : le nombre annuel de visiteurs, d'un million en 1985 a atteint 10 millions en 1999 (World Atlas of coral reefs, septembre 2001). Le tourisme de masse, s'il est mal maîtrisé, est aussi à l'origine de transformations de l'environnement.
Les principales mesures de protection de la Grande Barrière de corail
A la suite de l'échouage d'un porte-conteneur en 2000, le Gouvernement fédéral, à la demande de l'Etat du Queensland, a mis au point en 2002, des mesures de restriction et de contrôle du transport maritime et de protection de l'environnement autour de la Grande Barrière de corail et du détroit de Torres.
En 1981, le site a été classé par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité. Quatre sites comprenant des récifs coralliens relèvent depuis 1996 de la convention RAMSAR visant à protéger les écosystèmes constitués par les zones humides. Il convient de souligner que le classement n'est pas en soi une garantie de préservation du récif si l'on ne peut en assurer la surveillance et si des normes contraignantes de protection ne sont pas appliquées. C'est, du reste, la raison pour laquelle la Nouvelle-Calédonie est réticente pour que ses propres richesses coralliennes fassent l'objet d'une telle inscription.
Soucieuses
de protéger ce patrimoine de la biodiversité, les autorités
australiennes ont créé des organismes de gestion et mis en œuvre des programmes de recherche. Le site est désormais un parc naturel (The Great Barrier Reef Marine Park). Un établissement est chargé de la gestion de la Grande Barrière, la Great Barrier Reef Marine Park Authority,
dont le siège est à Townsville, au nord du Queensland. Représentant les
autorités du parc marin de la Grande Barrière et chargée de conseiller
le Gouvernement fédéral, l'autorité assure la gestion du site en
liaison avec le service de l'environnement et du patrimoine du
Queensland. Elle est également liée au CRC Reef Center, centre
coopératif de recherche siégeant à Townsville et associant les agents
de tourisme du parc, l'Université James Cook, l'Institut australien des
sciences marines (AIMS), les industries primaires de l'Etat du
Queensland, les industries de fruits de mer et la Compagnie de pêche du
Queensland.
L'autorité a pris des mesures concrètes de protection en matière de pêche, de tourisme, de surveillance de la qualité de l'eau. Le tourisme est une activité maîtrisée dont profite la ville de Cairns dont la population est passée de 30.000 habitants en 1980 à près de 200.000 en 2003. Ainsi les touristes ne sont acheminés par catamaran géant que dans des zones bien déterminées correspondant à 5% de la superficie du parc national. Les opérateurs sont tenus responsables de l'état de conservation des sites et sont passibles du retrait de leur licence d'exploitation s'ils dégradent les récifs.
Parmi
les principales institutions de recherche, on retiendra le rôle
d'évaluation de l'état des récifs coralliens de l'Institut des sciences
marines. Le Centre d'études marines de l'Université du Queensland à
Brisbane est un des leaders mondiaux en recherche spécialisée dans les
récifs coralliens : grâce aux observations recueillies par trois
stations de recherche implantées sur des îles coralliennes, le centre
étudie le stress des coraux et les liens entre le blanchissement et le
réchauffement global, la diversité génétique et physiologique des
coraux.
Le laboratoire de géochimie et de géochronologie de la Research School of Earth Sciences de l'Université nationale d'Australie, à Canberra, a établi que la progression du blanchissement en 2002 était due à un réchauffement provoqué par El Niño.
Une protection de l'environnement réelle mais, dans l'ensemble, assez peu contraignante
Des initiatives sont bien réelles. L'Australie a toujours été très sensible à la protection du milieu naturel. Créé en 1879, le Royal National Park est le deuxième parc naturel au monde après celui de Yellowstone. Les parcs des Blue Mountains et du Kanangrata ont été fondés dès le milieu du siècle dernier. En 1972 a été créé l'United Tasmania Group,
l'un des tout premiers partis écologistes au monde. Récemment, l'île de
Fraser a été sauvée de l'exploitation forestière, de l'extraction de
sable et, tout comme la Grande Barrière de corail, elle a été préservée
des forages de pétrole. Il existe 500 parcs naturels permettant une
protection des espèces en voie de disparition.
L'Australian Rainforest Foundation,
siégeant à Cairns, rachète des terrains transformés en champs de canne
à sucre pour reconstituer une continuité de la forêt humide. Mais il
est paradoxal qu'aient été accordées des concessions d'exploitation de
mines d'uranium situées dans le parc national de Kakadu inscrit par
l'Unesco dans la liste du patrimoine mondial. Le classement en 1988 du
parc national de Daintree, dans le Queensland, a certes pu enrayer la
menace que fait peser l'exploitation forestière sur la région et en
particulier le tracé par les bulldozers du Bloomfield track. Mais le secteur de Cow Bay,
dans lequel poussent des espèces végétales en voie d'extinction, a été
divisé en un millier de parcelles immobilières privées à vendre. Le
programme de sauvetage de Daintree vise à réagir contre cette autre
menace de déforestation par le rachat de ces parcelles.
Depuis le début des années 1990, ont été mises en place des structures de planification régionale visant au respect et à la prise en compte de l'ensemble des écosystèmes, au moyen, notamment de zones protégées pour la conservation de la biodiversité. Au cours des dernières années, une plus grande attention a été prêtée à l'utilisation de méthodes traditionnelles en vue du maintien de l'habitat des animaux.
Selon
la répartition des compétences découlant de la Constitution du
Commonwealth d'Australie, le Gouvernement fédéral n'est pas en principe
responsable de la gestion des ressources naturelles, qui relève des
Etats. Toutefois, il est compétent en ce qui concerne la négociation
des traités. Or du fait de la ratification par l'Australie en 1993 de
la convention sur la diversité biologique, les autorités fédérales ont
saisi cette compétence pour adopter en 1996 la Stratégie nationale pour
la conservation de la diversité biologique de l'Australie.
En revanche,
le
Gouvernement australien a indiqué en juin 2002 qu'il ne ratifierait pas
le protocole de Kyoto visant à la réduction des émissions de gaz à
effet de serre des pays industrialiés à un seuil inférieur à celui de
1990 d'ici 2008-2012, tant que les Etats-Unis et les pays en
développement n'en seraient pas partie prenante. M. John Howard avait
déclaré devant le Parlement d'Australie : «La raison pour laquelle il
n'est pas de l'intérêt de l'Australie de ratifier le protocole de Kyoto
est que pour le moment les pays en développement et les Etats-Unis en
sont exclus. Ratifier ce texte entraînerait par ailleurs des
licenciements en Australie et porterait préjudice à notre industrie».
L'Australie a décidé de suivre la position exprimée par les Etats-Unis
(36,1% des émissions de référence) qui ont décidé leur retrait de
l'accord, et préfère un plan national moins contraignant.
Mais
l'Australie, attachée à la poursuite des réductions d'émissions de gaz
à effet de serre, s'est engagée, en fait, à respecter l'objectif de réduction d'émissions annuelles
d'oxyde de carbone, fixé en annexe B du protocole, de 8% par rapport à
leur niveau de 1990. Il convient de noter que l'Australie est
actuellement au troisième rang des pays de l'OCDE pour l'intensité
d'émission de dioxyde de carbone.
D'après les extrapolations, si rien
n'est changé les émissions de gaz à effet de serre pourraient dépasser
de 23 % leur niveau de 1990. En effet, le charbon représente 75% de la
production d'électricité en Australie au lieu de 37% à l'échelle du
monde. L'ensemble du secteur énergétique emploie 120.000 personnes et a
un chiffre d'affaires de 50 milliards AUD. C'est l'un des principaux
moteurs économiques du pays. Ainsi en 1998 a été lancée une stratégie
nationale relative aux gaz à effet de serre (National Greenhouse Strategy). Mais celle-ci fait largement appel aux mesures appliquées de plein gré par les entreprises. D'autre part, un programme Greenhouse Gas Abatement Programme
vise à subventionner dans le cadre d'appels d'offre, les projets de
réduction des gaz à effet de serre. Le Gouvernement australien a fixé
l'objectif d'élever la part des énergies renouvelables dans la
production d'électricité de 10,7% actuellement à 12,7% en 2010.
Le Livre Blanc Securing Australia's Energy Future, publié en juin 2004, annonce qu'un budget de 75 millions AUD sera investi dans le développement de cités solaires (solar cities), quartiers pilotes conjuguant énergie solaire et efficacité énergétique, et que des aides d'un montant de 134 millions AUD seront affectées au développement de nouvelles technologies d'énergies renouvelables.
Les
autorités fédérales se sont efforcées, dans le cadre des pouvoirs
constitutionnels, de développer des stratégies nationales en
coopération avec les Etats. C'est, par exemple, le cas du Plan national
d'action contre la salinisation et pour la qualité de l'eau lancé en
2000. Elles s'efforcent aussi de mettre en place des organismes de
coordination lorsqu'un problème de gestion affecte directement
plusieurs Etats. A l'échelon fédéral peu d'instruments incitatifs ou
réglementaires sont mis enœuvre. En 1999 a été adoptée une loi relative à la protection de l'environnement et à la préservation de la biodiversité (Environment Protection and Biodiversity Conservation Act) entrée en vigueur en juillet 2000.
La
loi définit pour la première fois les compétences de l'administration
fédérale en matière d'environnement. Elle élargit les pouvoirs des
autorités fédérales sur les questions d'environnement ayant un
caractère national en attribuant un droit de veto au Ministre fédéral
de l'environnement sur des projets susceptibles d'avoir un impact
économique et social sur l'environnement au plan national. Elle réduit
les chevauchements de compétence entre l'administration fédérale et les
Etats en ce qui concerne l'évaluation et l'approbation des projets de
développement grâce à la conclusion d'accords relatifs aux procédures
d'évaluation entre les autorités des deux échelons. En effet, les
leviers d'action sont essentiellement le partenariat avec les Etats et
la «labellisation» des mesures locales et de celles des entreprises.
La fiscalité est encore très peu utilisée. Les incitations fiscales
destinées à la protection des terres agricoles apparaissent d'ailleurs
peu efficaces dans la mesure où 25% des exploitants ne payent pas
d'impôt, et que le taux marginal d'imposition des ménages agricoles est
d'environ 15 points inférieur à la moyenne. Les subventions fédérales
visent à l'accompagnement des démarches administratives.
Cependant il est à noter que le Conservation of Environment and Biodiversity Act de 2002, au niveau fédéral, a introduit une réglementation des études d'impact sur l'environnement et la biodiversité préalable à tout projet public ou privé, en fait, les habitats et les espèces relevant de conventions internationales.
En
revanche, les Etats ont développé, à l'échelle locale, des instruments
économiques relatifs à la gestion des biens collectifs, et notamment de
l'eau et du sol. Il s'agit notamment de politiques de subvention des
productions agricoles ou forestières respectueuses de l'environnement,
et des normes figurant dans les marchés ainsi que de la fiscalité. Les
redevances sur l'eau sont destinées à couvrir les dépenses de gestion
de la qualité de l'eau. En Nouvelle-Galles du Sud, le DSNR (Department of Sustainable Natural Ressources)
est responsable de la gestion de l'eau, de la protection des sols, du
littoral et des espèces endémiques. L'établissement de protection de
l'environnement (Environmental Protection Agency) exerce un
contrôle des pollutions de l'eau et de l'air provoquées par les
entreprises, du transport des matières dangereuses, des déchets. Les
autorisations administratives délivrées par l'établissement sont
établies sur la base d'une nomenclature de secteurs d'activités.
Les
autorisations sont subordonnées aux déclarations des émissions
polluantes dans l'eau et dans l'air. De 1989 à 1994 le produit d'une
taxe sur la distribution d'eau et l'évacuation des eaux usées avait été
pré-affecté à un programme de défense de l'environnement, et en 1998
est entrée en vigueur une taxe fondée sur des facteurs de toxicité des
polluants, ainsi que sur la localisation de l'entreprise.
L'office de
gestion des ressources en eau de Sydney et la compagnie des eaux du
fleuve Hunter perçoivent une redevance sur la consommation d'eau, ce
qui a eu pour effet de faire diminuer la consommation d'eau par les
entreprises industrielles grosses consommatrices.
La réforme des actions de maîtrise des rejets salins des charbonnages et des entreprises de production d'électricité du Hunter a fait l'objet d'une réforme en 1995 : en période de hautes eaux, les rejets salins sont limités par des seuils et autorisés en fonction des critères de respect de l'environnement, de production et d'effectifs. Le résultat du dispositif a eté de ne pas dépasser les objectifs fixés en matière de rejets.
L'action des autorités fédérales peut aussi être conjuguée à celle des Etats. Ainsi dans le cadre de la loi relative à l'accord sur le bassin Murray-Darling, le gouvernement fédéral et les gouvernements de Nouvelle-Galles du Sud, du Victoria et d'Australie-Méridionale ont financé un programme de travaux de pompage en vue de lutter contre la salinisation.
Certains résultats sont encourageants comme le démontre le rapport de 2002 sur l'état des récifs coralliens dans le monde. Alors que dans plusieurs régions du monde l'état des récifs coralliens est de plus en plus préoccupant, la Grande Barrière de corail australienne serait en train de se remettre du blanchissement qui ne toucherait plus que 6 % des coraux au lieu de la moitié selon le rapport de 1999.
Même si l'on peut encore regretter la timidité de certaines actions de protection des écosystèmes, il faut être bien conscient que l'Australie est le seul pays industriel parmi les douze ayant la plus grande biodiversité, que la pollution y est concentrée dans certaines zones et que ses vastes étendues restent heureusement préservées.
04042006_L'Australie_pays_de_mega_diversité_végétale_et_animale. PDF
Source :
http://www.assemblee-nationale.fr/
Crédit photos :
http://koalas.org/
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http://naturendanger.canalblog.com/
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lundi 17 décembre 2007
Niger : la ruée sur les dernières forêts accélère la désertification
Niamey
Le jour n'est pas encore levé que des camions, des ânes et des caravanes de chameaux quittent Niamey en traversant le pont Kennedy. A la nuit tombée, ils reviennent chargés d'énormes cargaisons de bois arrachées aux dernières forêts du sud-ouest du Niger.
Dans cet immense pays essentiellement désertique, les populations continuent de décimer les forêts pour se fournir en bois de chauffe, sans se soucier qu'ils donnent un grand coup d'accélérateur au réchauffement climatique et au désert.
Le Sahara a déjà englouti les deux-tiers du territoire (1,2 million de km2) et avance inexorablement à raison de 200 000 ha par an selon le site écologiste Mongabay.com, malgré la plantation de plus de 60 millions d'arbres entre 1985 et 1997.
D'après des spécialistes, le désert avance en moyenne de 6 km par an vers l'ouest et le sud où se trouvent les dernières zones boisées du pays.
Le Niger a perdu 679.000 hectares de forêts tropicales entre 1990 et 2005, plus du tiers, à raison d'un taux annuel de déforestation de 1%, selon Mongabay.com.
Le ministère de l'environnement reconnait la perte annuelle de 120 000 ha de forêts tropicales, sans compter quelque 340.000 ha détruits entre 200O et 2006 par des feux de brousse, souvent allumés volontairement par des paysans.
«Le bois se fait rare, on part le chercher à plus de 150 km près du Burkina Faso», affirme à l'AFP Ali Amadou, un bûcheron de «Dar-el-Salam», un des marchés de bois de Niamey.
En 2006, le pays a consommé plus de 3,4 millions de tonnes de bois et il en faudra 4,2 millions en 2010, d'après des prévisions officielles.
«Le bois représente plus de 90% de l'énergie domestique des ménages», assure Moustapha Kadi, de l'Ong SOS-Kandaji.
«C'est un paradoxe dans un pays riche en gisements de charbon et voisin de grands producteurs de gaz et de pétrole (Algérie et Nigeria)», commente un expert.
Face à la flambée de l'or noir et du gaz, le bois est la seule d'énergie abordable pour la majorité de la population rurale qui vit avec moins d'un dollar par jour, reconnaît ce même expert.
«Ignorance et pauvreté ne sauraient excuser ce +crime+ écologique», s'indigne Mamane Lamine, un agent des Eaux et Forêts.
«Partout où il y a des forêts classées, les riverains créent des coopératives, coupent le bois, le vendent, et ils n'épargnent même plus les espèces protégées», renchérit Moustapha Kadi.
A Niamey, le bois se négocie à prix d'or: entre 200.000 à 300.000 CFA (de 303 à 455 euros) la cargaison de camion, 2.000 à 2.500 CFA (plus de 3 à 3,79 euros) le chargement d'âne ou de chameau.
Faute de statistiques précises, on estime qu'il y a entre dix et trente fois moins de grands arbres au Niger aujourd'hui qu'en 1975.
Pour l'essentiel, ce bois finit sous les marmites de cuisine à Niamey, d'après l'Institut de recherche pour le développement (IRD).
Pour les climatologues, cette déforestation a trois conséquences directes et inquiétantes: le sol nu réfléchit davantage le soleil, rien n'arrête plus le vent et l'air est de moins en moins humide.
Qui plus est la désertification, aggravée par la rareté des pluies, est une des causes directes des crises alimentaires cycliques qui frappent le Niger, dont la population croît de plus de 3% par an.
Les municipalités de Niamey, qui perçoivent des taxes sur les ventes du bois, avouent leur impuissance à contenir les abus d'une filière contrôlée par d'influents commerçants.
Dans ces conditions, le Niger risque à à terme d'être pris dans un infernal cercle vicieux: pour échapper à la misère, de nombreux paysans ont le choix entre émigrer ou... devenir bûcherons, sans savoir qu'ils scient eux-mêmes les dernières branches du déjà fragile équilibre écologique du pays.
Source :
http://www.cyberpresse.ca:80/article/20071120/CPENVIRONNEMENT/71120061/6108/CPENVIRONNEMENT
LA FORET SE MEURE ET SEULES QUELQUES TACHES EPARSES COULEUR SANG ATTESTENT SUR LES SOUCHES RESTANTES QUE CETTE GRANDE DAME, NOTRE MERE A TOUS, A EXISTE.
QUE RESTERA-T-IL DANS LES PROCHAINES ANNEES DU FORMIDABLE TRESOR QU'EST LA BIODIVERSITE DANS LE MONDE ?
RIEN, CAR NOUS PILLONS NOS PROPRES RESERVES DE SURVIE...

Crédit photographique : Myriam Kieffer - NaturenDanger®
lundi 26 novembre 2007
Artistique - Ecologique - Ethique... C'est GREEN IS BEAUTIFUL®

photographie : cyril ruoso - GREEN IS BEAUTIFUL®
Toutes
choses naissent et périssent pour le bien commun de l'ensemble, par une
incessante transformation d'éléments.
« Le n° 3 du Webzine* de GREEN IS BEAUTIFUL® aborde un sujet qui nous tient particulièrement à cœur : un spécial « Bêtes & Hommes » en écho à l’exposition éponyme qui se tient jusqu’au 20 janvier 2008 à La Grande Halle de la Villette. »
Téléchargez le PDF du numéro spécial " Bêtes & Hommes " ICI.
Vous avez également la possibilité de télécharger la version éco-conçue pour impression en Noir&Blanc ICI.
La défense de la cause animale est souvent caricaturée, mal comprise, relayée au second plan, voire ignorée car ne correspondant pas aux enjeux cruciaux que représentent aujourd’hui le réchauffement climatique et le développement durable. Les conflits géopolitiques deviennent d’ores et déjà de plus en plus violents au fur et à mesure que les territoires sont affectés par ces bouleversements (pénurie d’eau, de nourriture, pandémies, .) et doivent nous faire prendre conscience de la priorité mondiale : nous ne devrions plus distinguer « la cause animale » de « la cause environnementale » ; de même que la « crise environnementale », la « crise du développement », la « crise de l’énergie », ne font qu’une. Nos actions envers le vivant détermineront notre capacité à survivre dans le futur.

Crédit photographique : Myriam Kieffer - NaturenDanger®
Le
taux d’extinction des espèces animales et végétales anormalement et extrêmement
élevé à ce jour, doit être au centre de nos préoccupations car nous, êtres
humains, sommes un maillon de cette chaîne qu’est la biodiversité de notre
planète. Et, lorsque le collier se casse, les perles tombent une à une… deux
par deux… dix par dix… se répandant au sol si rien ne les arrête.
La nécessité d’apprendre à respecter le vivant qui partage notre quotidien est tout sauf de la sensiblerie ou du sentimentalisme ; il s’agit d’une question de survie de l’humanité. Les changements actuels sont les plus rapides dans son histoire, la propulsant à un niveau de danger d’extinction globale jamais atteint et produite par l’empreinte de l’homme lui-même.

Crédit photographique : Myriam Kieffer - NaturenDanger®
Cette nouvelle morale du respect de la vie devrait permettre à notre pensée de transcender les raisonnements anthropocentriques où elle se cantonnait jusqu'ici pour découvrir la profonde unité du monde vivant et la solidarité des choses d'un bout à l'autre de la chaîne des organismes. Il faut retrouver ce que l'homme moderne a depuis longtemps perdu, le sens du cosmique.

Crédit photographique : Myriam Kieffer - NaturenDanger®
Léonard
de Vinci : « J'ai rejeté la viande depuis très tôt dans mon enfance, et le
temps viendra où les hommes, comme moi, regarderont le meurtre des animaux
comme ils regardent maintenant le meurtre de leurs semblables. »
Voir les autres articles écrits sur NaturenDanger à propos de GREEN IS BEAUTIFUL® ICI et ICI
Crédits photographiques :
Myriam Kieffer - NaturenDanger - Toutes reproductions interdites
Photo introductive au Webzine n° 3 de GREEN IS BEAUTIFUL® :
cyril ruoso - GREEN IS BEAUTIFUL®
mercredi 14 novembre 2007
GEO-4 : les problèmes les plus graves de la planète persistent...
... avertit un rapport du PNUE.
Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) avertit aujourd'hui que les menaces les plus graves pour la planète, notamment le changement climatique, le taux d'extinction des espèces et le défi consistant à alimenter une population croissante figurent parmi les nombreux problèmes qui n'ont pas été résolus et qui mettent l'humanité en danger.
« Mais des problèmes "persistants" et chroniques restent sans solution. Des problèmes anciens demeurent et de nouveaux problèmes apparaissent, depuis la hausse rapide de "zones mortes" dans les océans jusqu'à la résurgence de maladies anciennes et nouvelles liées en partie à la dégradation de l'environnement. Pendant ce temps, des institutions telles que le PNUE, établies pour s'attaquer aux causes profondes des problèmes, restent faibles et souffrent d'un manque de ressources, » a souligné Achim Steiner.
Le rapport avertit aussi que nous vivons bien au dessus de nos moyens.
« La population humaine est désormais si importante que "la quantité de ressources nécessaires pour la faire vivre dépasse les ressources disponibles... l'empreinte de l'humanité (c'est-à-dire les besoins relatifs à l'environnement) est de 21,9 hectares/personne, alors que la capacité biologique de la Terre est, en moyenne, seulement de 15,7 ha/personne... ».
Parmi les autres points critiques identifiés dans le rapport figure d'abord la gestion de l'eau.
« L'irrigation consomme déjà environ 70% de l'eau disponible, pourtant atteindre l'Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) concernant la faim impliquera de doubler la production alimentaire d'ici 2050 ».
L'eau douce diminue : d'ici 2025, l'utilisation d'eau devrait selon les prévisions augmenter de 50% dans les pays en voie de développement et de 18% dans le monde développé. Selon GEO-4, « le fardeau croissant de la demande d'eau deviendra intolérable dans les pays qui connaîtront une pénurie d'eau ».

Crédit photographique : Myriam Kieffer - NaturenDanger®
La qualité de l'eau décline aussi, car elle est polluée par des pathogènes microbiens et des nutriments excessifs. La contamination de l'eau reste la cause la plus importante de maladies et de décès à l'échelle mondiale.
Concernant la biodiversité, les changements actuels sont les plus rapides dans l'histoire de l'humanité.
L'extinction des espèces se produit à une vitesse 100 fois supérieure à celle indiquée par les fossiles. Le commerce de la viande de brousse dans le bassin du Congo est estimé comme étant six fois supérieur au taux durable. Parmi les groupes vertébrés qui ont complètement évolués, plus de 30 % des amphibiens, 23 % des mammifères, et 12 % des oiseaux sont menacés. L'introduction d'espèces étrangères ou exotiques est un problème croissant.
Une sixième extinction majeure est en cours, cette fois-ci causée par le comportement humain, affirme le rapport.

Crédit photographique : Myriam Kieffer - NaturenDanger®
Selon GEO-4, le futur sera largement déterminé par les décisions que les individus et la société prennent actuellement : « Notre futur commun dépend de nos actions aujourd’hui, pas demain ou à un moment du futur ».
Liens :
GEO4_Communiqué_de_presse_mondial
Source :
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=15090&Cr=PNUE&Cr1=environnement
lundi 5 novembre 2007
Un monde sans fruits ni légumes. La disparition des abeilles en cause...
Albert Einstein avait prédit ce qui arrive... :
" Si les abeilles venaient à disparaître, l’homme n’aurait plus que quatre années devant lui. Sans abeilles, plus de pollinisation, plus de plantes, plus d’animaux, plus d’hommes ".
Pierre MELQUIOT - Grenelle de l'Environnement - 24 octobre 2007
" La
disparition des abeilles équivaudrait à un bouleversement sans
précédent dans l'histoire de l'humanité. Une telle modification de la
biodiversité met en danger la diversité alimentaire vitale. Ce
dérèglement en profondeur des écosystèmes anéantit toute perspective
pour les générations futures ".
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Les enjeux de la disparition des abeilles

Crédit photographique : Myriam Kieffer - NaturenDanger®
Sur l'ensemble de la planète, les abeilles sont en déclin (Le Monde du 30 août). Ces pollinisatrices essentielles peuvent-elles disparaître ?
Il y a cinq ans, j'aurais considéré cette hypothèse comme totalement futuriste. Aujourd'hui, je la prends au sérieux, car le déclin se mesure désormais à l'échelle mondiale. Chez les populations sauvages comme chez l'abeille domestique.
PROGRAMME EUROPÉEN
Alarm, le programme européen sur la biodiversité (www.alarmproject.net), a pour objectif, sur cinq ans (2004-2008), d'évaluer les risques encourus par la biodiversité et l'impact potentiel de son déclin à l'échelle de l'Europe. Alarm comprend quatre modules : changements climatiques, produits chimiques, espèces invasives et pollinisateurs. C'est à ce dernier module que participe le laboratoire de pollinisation entomophile de l'INRA d'Avignon, sous la responsabilité de Bernard Vaissière.
CULTURES TROPICALES
Cacao, vanille, courges et potirons, melons et pastèques, fruits de la passion, annones et sapotilles, noix du Brésil et de macadamia : toutes ces cultures tropicales sont totalement dépendantes des pollinisateurs pour leur production de fruits et de graines. A moins d'être fécondées par la main de l'homme.
Sur tous les continents, et de plus en plus souvent, les productrices de miel meurent dans des proportions trop importantes à la sortie de l'hiver. En Europe, nombre d'apiculteurs ont dû mettre la clé sous la porte. Aux Etats-Unis, où l'on parle d'un "syndrome d'effondrement des colonies", 25 % du cheptel aurait disparu pendant l'hiver 2006-2007. En ce qui concerne les abeilles sauvages (soit mille espèces différentes en France), le doute a subsisté plus longtemps. Mais le débat a été récemment tranché par deux publications scientifiques. La première, parue dans Science en juillet 2006, démontre que les populations en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas ont considérablement baissé depuis la fin des années 1970. La seconde, émanant de l'Académie des sciences des Etats-Unis, concluait en octobre 2006 au déclin significatif des pollinisateurs en Amérique du Nord (Canada, Etats-Unis, Mexique).
S'il n'y a plus d'abeilles dans le monde, que se passera-t-il ?
Un bouleversement sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Actuellement, plus de 80 % des espèces de plantes à fleurs dans le monde et 80 % également des espèces cultivées en Europe dépendent directement de la pollinisation par les insectes : des abeilles, pour l'essentiel. Le plus souvent, d'autres agents, comme le vent ou l'autopollinisation passive, contribuent également à leur reproduction sexuée. Mais, sans les butineuses, la plupart des cultures n'atteignent plus une production satisfaisante. C'est le cas de nombreuses espèces sauvages (romarin, thym, lavande, moutarde), des arbres fruitiers (pommiers, poiriers, abricotiers, amandiers), des grandes cultures oléagineuses (colza, tournesol) et protéagineuses, des cultures maraîchères (cucurbitacées, tomates, fraises). Et aussi des semences de crucifères (radis, choux, navets), d'ombellifères (carottes, céleri, persil) et d'alliacées (oignons, poireaux). Difficile d'imaginer un repas auquel les abeilles ne soient pas associées de près !
Un monde sans fleurs, sans fruits ni légumes, est-ce cela qui nous menace ?
Il y a un an, une étude internationale a évalué, pour la première fois à cette échelle, la dépendance aux pollinisateurs de la production agricole mondiale. Elle s'est intéressée aux 115 cultures les plus importantes, directement utilisées pour l'alimentation humaine dans plus de 200 pays. Conclusion : rapportée au tonnage, 35 % de la production de nourriture dépend des insectes.
Concrètement, la disparition des abeilles ne signifie donc pas que l'espèce humaine mourra de faim, puisque 60 % des cultures - principalement les céréales comme le blé, le maïs et le riz - ne sont pas concernées. Mais la diversité alimentaire en serait profondément altérée.
Pourra-t-on suppléer, par la technique ou l'élevage, à l'absence des pollinisateurs naturels ?
Aucune des solutions envisagées n'est satisfaisante. Polliniser les cultures par des espèces d'élevage, comme on le fait déjà avec des bourdons pour les tomates sous serre ? Peu réaliste en plein champ. Les polliniser manuellement, à l'instar de ce qui est mis en oeuvre pour la vanille ? Non rentable à grande échelle. Augmenter techniquement la pollinisation par le vent ? Plusieurs entreprises s'y sont déjà essayées dans le monde, qui avec des hélicoptères, qui avec des machines secouant les plantes... Mais aucune méthode n'a jamais été retrouvée sur le marché.
Dans certains cas, d'autres espèces pollinisatrices - des mouches, par exemple - viendront peut-être remplacer les abeilles. Et certaines variétés végétales, moins dépendantes des insectes que celles que nous avons sélectionnées depuis des siècles, prendront peut-être leur essor. Enfin, certaines cultures peuvent produire des fruits sans fécondation, soit de façon spontanée (la banane), soit grâce à la pulvérisation d'hormones spécifiques (tomate, courgette). Mais ces techniques sont loin d'être applicables à toutes les espèces, et les conséquences sur la qualité gustative des fruits sont parfois catastrophiques.
Que faire pour tenter d'enrayer le déclin des abeilles ?
Les causes de leur régression sont connues : élimination de leurs sites de nidification, raréfaction des plantes qui leur fournissent nectar et pollen, maladies et parasites... Et, surtout, épandage de pesticides, particulièrement destructeurs pour les abeilles. Celles-ci, en effet, possèdent très peu de gènes de détoxification, comme l'a confirmé tout récemment le séquençage du génome de l'abeille domestique.
Comment agir ? En ce qui concerne la réduction et la fragmentation de leurs habitats, on peut tout à fait renverser la tendance. Si on se contente de faucher les talus une fois par an, si on préserve un peu mieux les prairies naturelles, si on optimise l'utilisation des jachères fleuries, les abeilles se porteront déjà mieux. De même si l'on prend des mesures plus efficaces d'un continent à un autre contre les espèces invasives, tel le frelon asiatique. Mais, avant tout, il faut réduire l'usage des pesticides. Les agriculteurs comme les jardiniers doivent prendre conscience que les abeilles sont totalement démunies vis-à-vis de ces produits toxiques. Et qu'elles sont de précieuses auxiliaires de leurs cultures, à protéger en priorité.

Crédit photographique : Myriam Kieffer - NaturenDanger®
Dans le cadre du programme de recherche européen Alarm sur la biodiversité, votre équipe est chargée d'évaluer l'impact agronomique et économique des pollinisateurs sur l'agriculture européenne.
Quelles sont les premières conclusions de cette étude ?
Il apparaît que l'impact des pollinisateurs est considérable : au niveau mondial, il représente environ 10 % du chiffre d'affaires de l'ensemble de l'agriculture. Et les pays qui en sont les plus dépendants sont les pays développés.
Par Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l'INRA
Propos recueillis par Catherine Vincent
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-966593@51-966673,0.html
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JE VOUS INVITE EGALEMENT à découvrir l'article édifiant du Webzine n°2 du collectif d'artistes environnementalistes GREEN IS BEAUTIFUL®, intitulé " La mort des abeilles ". Vous pouvez également télécharger leur Webzine en couleur ou télécharger la version éco-conçue au format économique en noir&blanc
http://www.green-is-beautiful.com.fr/WEBZINE-GREEN-IS-BEAUTIFUL-R-No2.html
Pour rappel :
" Quand il s’agit de mettre en œuvre une pensée écologique, collective et
militante, le premier geste est souvent de décloisonner les espaces de
réflexion. Notre parti pris a suscité quelques étonnements : voici un
webzine dont les auteurs semblent plus souvent tremper leur plume dans
le vitriol, composé chimique toxique, sel acide et sulfureux, que dans
une eau florale aux vertus apaisantes, et nous parlent d’écologie en
nous parlant de mode. "
Laure Maud - GREEN IS BEAUTIFUL®
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http://terresacree.org SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée, parce qu'on la massacre! Base vivante d'informations incroyables, souvent abominables, mais VRAIES. L'actualité de la planète au jour le jour, enjeux écologiques planétaires, réchauffement climatique, déforestation, surpopulation mondiale, érosion de la biodiversité, derniers peuples premiers, dignité animale et humaine... Un dossier énorme sur les nouvelles menaces biotechnologiques! Des milliers d'articles indispensables.









































