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La Nature sous toutes ses formes ou comment la préserver : animaux, en danger, sauvages, volcans, ouragans, environnement, effet de serre, couche d'ozone, que pouvons-nous faire, calotte glaciaire, ressources énergétiques, climats, flore, faune, habitats,







    vendredi 11 novembre 2005

    Les plantes carnivores

    Les plantes carnivores ont un type d'adaptation remarquable dans le monde végétal.

    Ces plantes développent des formes exceptionnelles, parfois accompagnées de mouvements d'une extrême rapidité et de systèmes de nutrition très particuliers.


    © Futura-sciences




    Introduction

    Les plantes dites "carnivores" représentent un type d'adaptation remarquable dans le monde végétal.

    A ce titre, on en trouve des représentations exagérées dans des films de science fiction et des bandes dessinées. En particulier, leur taille a été souvent surestimée et il n'est pas rare, dans des bandes dessinées, de voir un aventurier se faire attraper la jambe par une Drosera gigantesque.

    Elles ont été longtemps considérées par le public comme des plantes mystérieuses douées de propriétés spectaculaires et dangereuses.



    En réalité la taille des piéges des plantes carnivores est modeste, une dizaine de cm au plus. Elle atteint exceptionnellement 50 cm. Côté proies, ce sont essentiellement des Insectes, des Mollusques et des Araignées.

    Connues des scientifiques depuis longtemps et faisant l’objet de nombreux travaux, leur image est devenue plus réelle au grand public depuis que des horticulteurs ont entrepris de cultiver de nombreuses espèces et de les commercialiser. Aujourd'hui, non seulement on peut les observer dans les jardins et les serres botaniques, mais il est également très facile d'en acheter et de les observer chez soi car certaines espèces sont faciles à cultiver. Heureusement que ce ne sont pas des plantes dangereuses !


    Figure 1. Un exemple, le Darlingtonia. Cette plante vit dans le sud de l'Orégon et le nord de la Californie. Ses feuilles peuvent atteindre un mètre. La silhouette de la plante ressemble à celle d'un crotale.
    Le piège est typiquement un piège passif de type "urne".
    © Biologie et Multimedia



    Les plantes carnivores vivent le plus souvent dans des milieux où la nutrition azotée est difficile (comme par exemple les sols très acides des tourbières) et où d’autres éléments sont en quantité limitée comme les ions Phosphates, Magnésium, Potassium et Soufre.

    Elles développent des systèmes de capture de petits animaux et des systèmes de digestion de leurs proies qui leur permettent notamment un supplément azoté indispensable. Cette adaptation leur permet d’être souvent les seules à coloniser des milieux défavorables aux autres plantes.

    Les plantes carnivores sont nombreuses. Sans vouloir être exhaustif, à partir de quatre exemples parmi les plus connus, ce document essaie de montrer les différentes méthodes de capture.



    La Drosera, un piège à glue

    Il existe 80 à 110 espèces de Drosera localisées principalement dans l'hémisphère Sud. La moitié des espèces vit dans le Sud-Ouest de l'Australie. Il existe en Europe trois espèces de Drosera. Ces dernières présentent une rosette de feuilles colorées. Souvent ces espèces sont peu visibles car elles se trouvent mélangées à des Ericacées sombres ou à des Sphaignes rougeâtres. Les Drosera françaises sont des espèces protégées que l'on ne doit pas récolter.

    Les photos suivantes ont été réalisées sur Drosera aliciae.



    Figure 2. Une Drosera vue du dessus. Les feuilles sont recouvertes de poils terminés par une sécrétion de mucilage collant. © Biologie et Mulitmedia





    Figure 3. Feuilles de Drosera couvertes de poils. © Biologie et Mulitmedia





    Figure 4. Les poils des feuilles de Drosera sont extrêmement collants comme le montrent ces deux images. © Biologie et Mulitmedia



    Les poils de Drosera sécrètent un mucilage. Il est collant, et bouche l’entrée des trachées des insectes qui sont asphyxiés. Ces deux propriétés contribuent à immobiliser ces proies.



    Figure 5. Poils collants à la surface d’une feuille de Drosera. © Biologie et Mulitmedia



    Ensuite les poils se recourbent vers la proie et la feuille se replie.



    Figure 6. Détail de l’extrémité d’un poil collant (à gauche). La gouttelette de colle n’est plus visible (à droite), par contre on distingue la complexité de l’extrémité du poil. © Biologie et Mulitmedia



    Des glandes situées sur la surface de la feuille secrètent alors des enzymes digestives qui, petit à petit vont dégrader les protéines de la proie mais non la carapace chitineuse des insectes. Les petites molécules azotées obtenues (acides aminés, …) seront absorbées par les cellules superficielles et constitueront un supplément nutritionnel, principalement azoté, pour la plante.


    Les Népenthes et les Sarracenia, des urnes comme pièges passifs



    Figure 7. Urnes de Népenthes. La plante est épiphyte et les feuilles modifiées en urnes sont pendantes.
    © Biologie et Mulitmedia



    Les Népenthès sont des plantes carnivores très spectaculaires et très décoratives de l’hémisphère Sud (Madagascar, Nouvelle Calédonie, Asie du Sud-Ouest et Nouvelle Guinée).

    Ce sont souvent des lianes qui peuvent atteindre plus d’un mètre, les urnes par contre dépassent rarement 35 cm. Il y a près de 90 espèces connues, auxquelles il faut ajouter les nombreux cultivars que l’on trouve actuellement chez les fleuristes.

    Ces plantes présentent une morphogenèse foliaire tout à fait remarquable. L'extrémité des feuilles est transformée en une urne terminée par un couvercle.


    Figure 8. Jeunes urnes en formation. © Biologie et Mulitmedia



    A l’extrémité des feuilles la nervure médiane se prolonge par un filament réduit à la nervure médiane. Ce filament s’allonge puis s’élargit à l’extrémité. Cette partie terminale se transforme en une urne creuse.


    Figure 9. Formation de l’urne adulte. La partie terminale de l’urne se découpe et se transforme en un couvercle qui se soulève. © Biologie et Mulitmedia



    L'urne se remplit d'eau de pluie. A maturité, cette solution se modifie par la sécrétion d'enzymes digestifs. Les insectes tombent dans l’urne dont les bords sont glissants, ne peuvent remonter à cause de la présence de poils, se noient et sont digérés par les enzymes secrétées par l'urne de la plante, mais aussi par les bactéries qui y ont élu domicile.


    Figure 10. Extrémités de deux urnes de Saracenia. © Biologie et Mulitmedia



    Les Sarracenia forment des urnes allongées, verticales qui partent du sol. Le genre Sarracenia comporte huit espèces, vivant à l'est et au nord de l'Amérique du Nord, principalement dans la région centrée sur la Floride.
    Une espèce, Sarracenia purpurea, très souvent cultivée, s’est naturalisée en Irlande et en Suisse.


    Figure 11.Urne de Saracenia vue de dessus. © Biologie et Mulitmedia



    La capture de la proie s'effectue en plusieurs étapes dues à différents types d’attraction des proies :

    - attraction visuelle : la feuille de Sarracenia flava possède un capuchon qui peut protéger l'urne de la pluie. Ce capuchon joue aussi un rôle d'attracteur visuel pour les insectes ;

    - attraction gustative : présence sur les deux faces du capuchon de zones nectarifères. La marge du capuchon est marquée par une ligne discontinue de nectar, ainsi qu'à l'intérieur du bord supérieur de l'urne.


    Figure 12. Urne de Saracenia. Bord lisse de l‘urne (à gauche) et fond de l’urne rempli de cadavres d’insectes (à droite).
    © Biologie et Mulitmedia



    Attirée près de l'ouverture de l'urne, la proie est susceptible de tomber dans celle-ci. A l'oeil nu, on peut distinguer plusieurs zones internes de l'urne :

    - une zone cireuse sur laquelle les insectes attirés glissent ;

    - une zone de poils dirigés vers le bas qui empêchent la remontée des insectes ;

    - une partie inférieure lisse dans laquelle les cadavres d'insectes s'accumulent


    La Dionée gobe-mouche, un piège terriblement actif

    Le genre Dionaea comprend une espèce unique (Dionaea muscipula Ellis.). Sa répartition est limitée à l'Amérique du Nord, dans la seule région à la limite du sud de la Caroline du Nord et du nord de la Caroline du Sud. (aire discontinue sur un territoire de 45000 km2). Cette espèce est en régression. Elle pousse sur des sols pauvres en sels minéraux, où l'eau est généralement accessible aux racines. Comme de nombreuses plantes carnivores, elle supporte mal la concurrence. En revanche, elle se développe bien sur des sols soumis à des feux fréquents.


    Figure 13. Dionée adulte cultivée en pot. © Biologie et Mulitmedia



    Le piège ressemble à une paire de mâchoires garnies de dents. Le développement de ces feuilles est le résultat d’une morphogenèse complexe.


    Figure 14. Dionée jeune. On observe plusieurs jeunes feuilles à différentes étapes de leur développement.
    © Biologie et Mulitmedia



    Les feuilles s'élargissent à leur extrémité pour se diviser en deux parties.

    Le piège de la Dionée au repos apparaît comme une paire de mâchoires grandes ouvertes au point d’offrir à la vue une surface horizontale. Il est garni de dents à la périphérie. La nervure médiane semble une charnière autour de la laquelle les mâchoires s’articulent.


    Figure 15. Détail d’une feuille adulte de Dionée ouverte. © Biologie et Mulitmedia



    Sur chacune des mâchoires du piège 3 poils rigides sont insérés. La base du poil est constituée de cellules plus souples. Au contact d'une proie, le poil se penche, comprimant les membranes des cellules du pied. Celles-ci émettent un signal électrique. Si l'intervalle de temps entre deux stimulations est plus grand que 20 secondes on peut déclencher néanmoins une fermeture en augmentant le nombre de stimulations.



    Figure 16. Poils sensibles des mâchoires de Dionée. © Biologie et Mulitmedia



    La stimulation modérée d'un seul poil ne suffit pas à engendrer la fermeture du piège. Il faut en quelque sorte une confirmation d’un mouvement pour déclencher la fermeture. On peut imaginer que c’est une protection contre la fermeture à vide du piége. Le piège peut se fermer selon certains en 1/30e de seconde à 3 secondes pour d’autres.


    Figure 17. Fermeture des mâchoires d’une feuille de Dionée. 4 photographies sélectionnées dans une séquence vidéo. Plusieurs secondes séparent la première et la dernière photographie. © Biologie et Mulitmedia



    Voici un résumé schématique de la capture d'une proie par la Dionée.


    Figure 18. Représentation schématique de la capture d’un insecte par une feuille de Dionée. L’insecte se pose sur les mâchoires (à gauche) et touche des poils sensibles. Ceci produit un signal électrique qui déclenche la fermeture brutale du piège (à droite) et l’insecte est capturé. © Biologie et Mulitmedia



    La fermeture s’accompagne de changements complexes de forme :

    - une phase rapide de fermeture qui se traduit par le rapprochement des mâchoires, le croisement des dents de la périphérie du piège. La face supérieure de chaque mâchoire qui était plane devient concave ;

    - plus lentement, les marges du piège se joignent étroitement. Il se forme une poche pouvant contenir une proie, puis les dents du piège se redressent.  Des glandes situées sur la marge du piège secrètent, en présence d’une proie digestible, un mucilage qui fait office de joint d'étanchéité.


    Figure 19. Piège entièrement fermé. © Biologie et Mulitmedia



    La présence, notamment d'acide urique émis par la proie, déclenche l'excrétion d'enzymes digestives contenues dans un liquide. Ce dernier est absorbé une fois la digestion finie. Il y a un cycle digestif qui est très différent de l'activité continue de la digestion des plantes à urnes. La réouverture du piège est lente. Elle est due à un phénomène de croissance.

    L'efficacité du piège est renforcée, comme chez beaucoup de plantes carnivores, par des traits qui miment une fleur. En particulier les mâchoires possèdent à leur périphérie des glandes à nectar.

    Lorsque le piège se referme à vide ou lorsque la proie est digérée, le piège se rouvre lentement grâce à des phénomènes complexes de croissance. La croissance des pièges n'étant pas illimitée, ceux-ci ne peuvent fonctionner que quelques fois.


    L'Utriculaire, un piège à succion

    Il existe plus de 180 espèces d'Utriculaires qui ont une répartition cosmopolite. Elles peuvent avoir un habitat aquatique ou terrestre, être épiphytes ou volubiles.
    En Europe, il existe six espèces qui sont présentes en France. Attention, certaines espèces sont protégées localement ou nationalement. Les espèces françaises sont aquatiques, normalement flottantes et sans racine (même si des rameaux peuvent s'ancrer dans la vase). Elles ont la capacité de faire des turions qui leur permettent de subsister pendant les gelées.


    Figure 20. Une utriculaire. On observe des feuilles ramifiées portant de petites outres, les utricules. © Biologie et Mulitmedia



    Certaines ramifications des feuilles portent de petites outres ou utricules (d'où le nom du genre). Ces utricules sont des pièges actifs à succion.

    L'utricule est fermé par une porte entourée de poils ramifiés qui constituent un leurre simulant des algues.


    Figure 21. Un utricule. On observe des poils ramifiés. La taille de l’utricule est d’environ 1,5 mm. © Biologie et Mulitmedia



    La porte est elle même recouverte de poils sensibles. Lors de l'effleurement par une proie de certains de ces filaments, l’utricule s’ouvre, se gonfle et aspire l'eau ainsi que la proie. Ces pièges n'existent donc que chez les plantes aquatiques ou de milieux humides.


    Figure 22. Représentation schématique du fonctionnement de l’utricule. L’utricule est sous tension. Lorsque la porte s’ouvre, l’utricule se gonfle et l’eau (et la proie éventuelle) sont aspirées. © Biologie et Mulitmedia



    L'ouverture de la trappe et l'entrée de l'animal dans la vésicule sont rapides (moins de 1/500 de seconde) alors que le temps que met la plante pour reprendre sa forme originale peut durer jusqu'à une demi-heure.


     
     Source : Futura-Sciences


    Posté par Myriam Kieffer à 11:44 PM - Arbres et Forêts - Déboisement - Flore - Permalien [#]


    Les volcans influent sur le niveau de l'océan


    Le niveau des océans fluctue en fonction des éruptions volcaniques

    Les éruptions volcaniques ont souvent des effets catastrophiques. De nombreux exemples historiques font état de ces déchaînements de la nature. Mais ces derniers peuvent aussi avoir des effets inattendus.

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    Source : Google

    Une équipe scientifique australo-américaine, dirigée par John Church (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation, Tasmanie), vient de montrer, pour la première fois, que les particules et les gaz émis dans la stratosphère lors des grosses éruptions diminuent l'insolation de la Terre.

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    Et, ce faisant, font baisser le niveau des mers de quelques millimètres. Le niveau océanique initial se rétablit une quinzaine d'années plus tard. "L'effet volcanique contrebalance et masque provisoirement la montée des eaux provoquée par le réchauffement climatique", expliquent les chercheurs dans la revue Nature du 3 novembre.

    L'équipe scientifique est parvenue à ce constat en utilisant un modèle climatique, le Parallel Climate Model, et en recensant les données relatives à la température de surface des océans de 1890 à 2000. Elle a pu alors évaluer la dilatation thermique des mers ainsi que l'élévation de leur niveau pendant cette période.

    Ils ont alors remarqué que les grosses éruptions volcaniques qui se sont produites depuis 1960 (mont Agung en Indonésie en 1963, El Chichon au Mexique en 1982 et mont Pinatubo aux Philippines en 1991) ont fait baisser le niveau océanique de quelques millimètres. La baisse la plus importante 5 mm étant correlée à l'explosion du Pinatubo.

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    Au total, précise l'équipe de chercheurs, "entre 1890 et 2000 , l'action des volcans s'est traduite par une baisse du niveau océanique de 6 mm, la plus grande partie de cette élévation ayant eu lieu de 1960 à 2000". Ensuite, il faut environ quinze ans pour que le niveau des mers retrouve son niveau précédant l'éruption. L'éruption du Pinatubo se fait encore sentir sur les océans.


    De ce fait, une partie de l'élévation du niveau des océans, observée depuis cinquante ans, "reflète peut-être un retour progressif à la normale suivant l'éruption du Pinatubo", explique dans le même numéro de Nature Anny Cazenave, chercheur au Legos (Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiale de Toulouse) et expert auprès du GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat). "Cela peut expliquer aussi une partie de la montée du niveau des océans détectée par les satellites altimétriques depuis 1993 (3 mm/an comparés à 1,8 mm/ an).

    Les données fournies par les marégraphes et par les satellites altimétriques Topex-Poseidon ont, en effet, montré que le niveau des océans s'est élevé de 10 à 20 cm durant le XXe siècle. Depuis 1950, cette ascension a été de 1,8 mm/an, puis est passée à 3 mm/an entre 1993 et 2003. Deux tiers de ce chiffre sont dus à la dilatation thermique des océans et un tiers à la fonte des glaciers de montagne et des glaces du Groënland.

    maregraphe

    Deux marégraphes
    Source Google


    Elévation du niveau des océans : de 40 à 50 cm d'ici 2100

    La dilatation thermique des océans se produit mécaniquement quand les eaux se réchauffent. A masse égale, l'eau chaude occupe plus de volume que l'eau froide.



    Variations du niveau de la mer (exprimées en mm/an). On remarque de fortes disparités géographiques.
    L'étude des variations de la température de l'eau révèle le même graphique.
    En rouge, les fortes augmentations, en bleu les fortes baisses.

    Source : cyberzoide.developpez.com

    Ainsi, même si l'espèce humaine n'émettait plus aujourd'hui de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, la réponse des océans se ferait sentir encore pendant plusieurs siècles et produirait une montée des eaux. Car les océans emmagasinent la chaleur et la restituent très longtemps après, en raison de leur inertie thermique.



    Echanges en eau entre océan, atmosphère et calottes polaires.

    Source : cyberzoide.developpez.com

    Pour l'heure, les émissions de gaz à effet de serre d'origine anthropique continuent. Selon les modélisations et les données les plus récentes, le niveau des océans devrait s'élever de 40 à 50 cm d'ici a 2100. Un chiffre moins élevé que celui prévu il y a quelques années. Il y aura cependant, ajoute Anny Cazenave, "une forte variabilité de la réponse, avec des effets beaucoup plus importants sur l'Arctique que sur l'Antarctique".

    groenland
    Source Google

    Les observations indiquent, en effet, que l'Antarctique est à peu près en équilibre, car il y autant de glace qui se forme (à l'est) que de glace qui fond (à l'ouest). Au Groënland, il y a un peu de fonte, mais de manière modeste : 0,15 mm/an. Cependant, "à l'horizon 2100, la plus grande contribution viendra de la fonte du Groënland" , précise Anny Cazenave.

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    Source Google

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    Quelques grandes éruptions historiques


    La première grande éruption, qui a marqué le début de la civilisation en Europe, est celle du volcan Santorin, dans les iles des Cyclades, en 1650 av. J.-C. Elle pourrait être à l'origine de la disparition de la civilisation minoenne. La catastrophe du Vésuve, en l'an 79, a provoqué la destruction de Pompei et d'Herculanum. Plus tard, l'éruption du Laki, en Islande, en 1783, a émis une telle quantité de cendres et de gaz qu'elle a entrainé la mort d'une grande partie du cheptel de l'ile et provoqué une famine qui a duré plusieurs années.

    On peut aussi citer l'éruption du Tambora en Indonésie, en 1815, qui a causé la mort de 92 000 personnes ; celle du Krakatau, en Indonésie, en 1883, a entrainé un gigantesque tsunami et fait 36 000 victimes. Et, en 1902, les nuées ardentes émises lors de l'explosion de la montagne Pelée, en Martinique, provoquaient la mort de 29 000 personnes.

    http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-706928@51-690189,0.html

    Source : Le Monde, 05/11/05

    Christiane Galus

    Posté par Myriam Kieffer à 03:57 PM - Feu - Volcanisme - Permalien [#]

    jeudi 10 novembre 2005

    L'Eléphant d'Asie et l'Eléphant d'Afrique

    La trompe de l'éléphant est une merveille de l'évolution, polyvalente, elle sert de pommeau de douche, de grattoir, de tuba, de périscope, de brosse, de verre et de fourchette. Puissante comme une grue, elle pousse, arrache, déracine, tue et sait attraper délicatement le fruit le plus fragile.


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    Source : Google


    L'éléphant d'Asie a le derme aussi épais (4 centimètres), mais beaucoup moins ridé que celui de son cousin d'Afrique. La trompe, plus lisse également, est terminée par une seule "lèvre". Les pattes postérieures sont bordées de quatre ongles au lieu de trois. Le crâne est plutôt concave, quant aux défenses, seuls les mâles en possèdent, et encore. Près de 40 % des Eléphants d'Asie en sont dépourvus ou n'en ont qu'une. Les indiens les appellent ganeshas. Ces détails anatomiques confirment que l'éléphant d'Asie est d'allure moins majestueuse que son confrère américain : l'éléphant d'Asie s'est adapté à son milieu.


    Cet éléphant sacré d'Asie, "Elephas maximus", bénit avec sa trompe une jeune femme en visite dans le temple de la ville de Tanjore, dans l'Etat de Tamil Nadu, au Sud de l'Inde. De nombreux temples entretiennent à grands frais des éléphants sacrés pour y représenter dans le lieu, le dieu Ganesha.


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    Source : National Geographic Hors-Série


    En Afrique, l'éléphant règne sur tous les types de savane. Mais pour pénétrer les denses futaies des jungles asiatiques, le pachyderme a dû se résoudre à rapetisser jusqu'à former une espèce nouvelle, le facteur le plus limitant étant la chaleur. Avec son cuir dépourvu de glandes sudoripares, l'éléphant est interdit de sudation. Ce sont ses oreilles, notamment qui font office de thermostat. Dans ces milieux à l'ombre rare que sont les savanes africaines, elles font 8 mètres carrés chacune en moyenne : très fines, particulièrement vascularisées sur leur face avant, elles sont des échangeurs de chaleur indispensables.


    En Inde, sous un couvert végétal plus important, il fait moins chaud et plus humide. De vastes oreilles ne lui sont donc pas nécessaires. Il suffit qu'elles puissent brasser l'air lorsque l'hyperthermie menace le cerveau. Quand le soleil, au plus haut, fige néanmoins la jungle de par sa chaleur, l'éléphant d'Asie se vautre dans la boue. En séchant, la fange lui rafraîchit l'épiderme, et, ce n'est pas la moindre de ses qualités, le déparasite en profondeur. Néanmoins, l'éléphant d'Afrique adopte exactement la même attitude.


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    Source : Google


    Une dizaine de litres à chaque coup de trompe, soit de 80 à 250 litres d'eau par jour. Sans compter l'eau que le corps récupère via les 150 à 200 kilos de végétaux que l'éléphant broie chaque jour. Si vraiment la soif devient trop forte, l'éléphant s'enfonce la trompe dans la gueule jusqu'à la garde, dans le but de récupérer le précieux liquide mis en réserve dans son estomac.

    Le système digestif de l'éléphant est très long, une quarantaine de mètres... parce qu'il faut beaucoup de temps et de travail pour assimiler les végétaux extrêmement coriaces qui constituent l'ordinaire des pachydermes.


    "C'est que, explique Pierre Pfeffer, zoologue, les premiers éléphants sont arrivés sur une planète sous le conrôle des ongulés". Pour survivre, les proto-éléphants se sont adaptés au seul créneau alimentaire laissé à peu près vacant par les autres espèces (antilopes, cochons, chevaux, qui occupaient tout le terrain disponible), le créneau des plantes les plus fermes, très difficile à digérer, peu nutritives, mais présentes en toute saison et en très grand nombre, contrairement aux fruits.


    Evolution de l'éléphant

    A gauche en haut, le premier éléphant, où l'on peut constater en visionnant les suivants, l'évolution de la trompe et l'apparition des défenses. En bas à droite, l'éléphant tel que nous le connaissons encore, de nos jours.


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    Source : National Geographic Hors-Série


    De nos jours, l'animal dispose de deux molaires grosses comme des briques pour broyer cette nourriture (couvertes de crêtes rapeuses, elles sont remplacées six fois au fil de la vie d'un éléphant.  La mixture est ensuite difficilement assimilée par un système digestif peu performant : trop court, trop pauvre en micro-organismes comparé à celui des ongulés, il n'absorbe que 40 % du bol alimentaire. Pour compenser, l'éléphant doit manger de seize à vingt heures par jour.

    L'animal, qui doit son énormité à ce volumineux appareil digestif, se meut sur de fortes pattes à la base élargie. Tel une ballerine, il s'appuie sur d'épais coussinets situés sous ses "doigts". Constitués de fibres tendineuses noyées dans un gros volume de graisse, ces amortisseurs sont dotés d'une épaisse semelle de corne antidérapante. Lorsqu'il marche, l'éléphant disperse sa masse. A dix mètres, on ne l'entend pas : ses pattes absorbent les craquements des branches qu'elles brisent. Un silence qui laisse coi et confère au plus gros mammifère terrestre une allure de seigneur.


    Au gré des hasards de l'évolution, il n'a cessé de prendre de la hauteur pour continuer d'arracher les plantes au sol, le nez et la lèvre supérieure ont lentement fusionné et se sont allongés en trompe. Les deux incisives du haut sont progressivement sorties de la bouche et se sont incurvées jusqu'à devenir défenses, utiles pour écorcer un arbre ou creuser le sol. Ces trois appendices étant pesants, le crâne a lui aussi évolué. Afin d'éviter que la nuque ne se rompe sous son poids, les os se sont creusés de cavités emplies d'air. La tête de l'éléphant, pneumatisée, est finalement très légère. Son cerveau certes, peu volumineux (1/1800è contre 1/50è chez l'homme), mais particulièrement circonvolué.


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    Source : Google


    Un signe de bonnes capacités cognitives. Chez l'éléphant, l'acquis et la connaissance sont plus importants que l'inné et l'instinct. L'animal doit cette singularité à sa trompe, merveille de l'évolution. C'est aussi un formidable organe sensoriel : son extrémité goûte; son cuir couvert de poils sensibles capte les vibrations de l'air; elle renifle, énormément; se dresse en radar pour récupérer odeurs, molécules et pollens à des kilomètres à la ronde. Grâce à sa trompe, l'éléphant même sourd et aveugle reste vaillant. Cet organe joue aussi un rôle essentiel dans la vie sociale des éléphants, riche en contacts physiques.


    L'éléphant serait doué de mémoire et c'est encore par sa trompe qu'il apprend. Le petit doit donc en découvrir le mode d'emploi auprès de sa mère et de ses tantes. Sans cela, il mourrait. Au milieu de sa harde, l'éléphanteau est protégé. Avec les autres il suit la mère la plus âgée qui, seule, connnaît les routes de la soif et de la faim. L'éléphant est un forestier Il prend garde à ce que le milieu ouvert où il évolue ne se ferme pas. Il détruit les arbres trop nombreux, perce les haies, ouvre des sentiers, creuse des puits pour trouver de l'eau, arrache de la végétation, qui devient disponibles pour d'autres herbivores. Ses dents éclatent l'enveloppe ds graines les plus dures, qui vont germer dans ses nombreux crottins. L'éléphant est le vrai roi de la Jungle, car il veille à son entretien. Le tuer, c'est la tuer.


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    Source : Google


    Il reste trente mille éléphants sauvages en Asie, un peu moins à l'état domestique. Ces derniers, apprivoisés il y a 5 500 ans, sont menacés parce qu'on ne les utilise plus assez. Les autres sont la cible du commerce de l'ivoire. En ce début XXIè siècle, il resterait à peine 1 500 mâles dans la nature asiatique, laissant les 28 500 femelles dans la difficulté d'être fécondées.


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    Source : Google


    L'habitat menacé

    Contrairement aux hardes d'éléphants d'Afrique, les éléphants d'Asie étaient déjà souvent domestiqués il y a 4 000 ans. Quant aux individus encore sauvages, ils partagent le même destin que leurs frères d'Afrique : la restriction de l'habitat.

    Si l'on échoue à inverser ce processus, le plus grand mammifère terrestre perdra la possibilité de vivre libre.

    Un jour, la créature la plus intelligente de la jungle ne sera plus que du bétail entretenu à grands frais dans des réserves jardinées pour le bonheur de touristes pressés.


    Posté par Myriam Kieffer à 08:35 PM - Espèces Animales Terrestres - Oiseaux - Reptiles - Insectes - Permalien [#]

    La Norvège tue plus de 600 baleines

    Baleine : plus de 600 petits rorquals tués par la Norvège

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    Source Google


    Malgré deux prolongations de la date de clôture, fixée initialement à la fin du mois d’août, la saison 2005 de chasse à la baleine en Norvège s’est terminée sans que les 797 prises autorisées, par le gouvernement norvégien, soient atteintes. Au 31 octobre à minuit, le bilan faisait état de 639 prises de petits rorquals depuis avril, début de la saison de chasse.

    Pourtant pour parvenir à ces quotas, les plus élevés jamais fixés depuis la reprise de la chasse commerciale, le gouvernement avait autorisé une période de chasse record, jamais vue depuis que

    la Norvège

    a repris ses activités de chasse commerciale à la baleine, en 1993.
    Par ailleurs, pour les baleiniers les campagnes sont moins coûteuses, car il n’est plus demandé aux bateaux d’avoir un inspecteur à bord afin de vérifier que les navires se conforment à la réglementation norvégienne en matière de chasse à la baleine.

    En effet, un nouveau système de surveillance électronique, connu sous le nom de « boîte bleue » remplace la plupart des inspecteurs, en enregistrant le nombre de harpons lancés, la position du navire, le temps écoulé entre le tir et la traction de la baleine à bord…

    P
    arallèlement à ces quotas en hausse, une grande campagne de marketing a été menée pour encourager les ventes de viande de baleine par la commercialisation dans les boutiques norvégiennes de nouveaux produits (hamburgers de baleine, jambon de baleine et steaks de baleine).


    rorqual_en_libert_
    Source Google


    Au-delà des chiffres, on peut s'interroger sur la volonté norvégienne d'augmenter ses quotas officiels au cours de ces dernières années, ses chasseurs n'atteignant jamais les objectifs fixés et l'observation des cétacés devenant de plus en plus intéressant pour le pays (20 000 personnes vont observer les baleines en Norvège chaque été).

    Rappelons qu'à l'instar du Japon et de l'Islande,

    la Norvège

    ne respecte pas le moratoire international sur la chasse commerciale à la baleine, entrée en vigueur en 1986.

    D
    epuis cette date, les baleines ne peuvent plus faire l'objet d'une chasse commerciale et si certaines espèces ont vu leur population se reconstituer, la plupart des grands cétacés ne se sont toujours pas remis de l’exploitation abusive dont ils ont été victimes. En outre, aujourd'hui ils doivent faire face à de nouvelles menaces avec la pollution chimique (stérilité, cancer....) et sonore (échouage) des océans. La sagesse veut donc que le moratoire à la chasse à la baleine soit régulièrement prolongé.


    Source :
    Univers Nature

    Posté par Myriam Kieffer à 10:32 AM - Maltraitances Animales - Permalien [#]

    mercredi 9 novembre 2005

    Comment gérer la pénurie de pétrole


    La fin de l’or noir approche, il est temps d’engager des politiques publiques ambitieuses. La France comme l’Europe tardent pourtant à réagir.

    petrole_mouettes_pas_contentes




    Annoncée depuis des années, la fin du pétrole se profile cette fois distinctement aàl’horizon. Certes, la dernière goutte d’or noir n’est pas sur le point d’être extraite : même si les chiffres doivent être manipulés avec précaution, il reste l’équivalent de quarante années de réserves à exploiter au rythme actuel de consommation, selon les compagnies pétrolières et l’Agence internationale de l’énergie. Mais il y a d’ores et déjà un problème de débit : alors que l’exploitation du pétrole a depuis ses origines été caracterisée par un surplus de capacités de production, l’offre peine désormais à suivre la demande.

    Il faut dire que la consommation mondiale de pétrole s’est accrue de 160 % depuis 1965. Elle est aujourd’hui tirée en particulier par l’essor de la Chine, responsable à elle seule de 30 % de la hausse de la demande mondiale depuis quinze ans. Et les projections sur la consommation future ne laissent pas espérer de véritable inflexion. Les compagnies pétrolières ne restent pas totalement inertes, même si la hausse du prix du pétrole qui gonfle leurs profits ne les incite guère à investir. Elles exploitent de plus en plus de gisements de pétrole dit « non conventionnel » : huiles lourdes, sables asphaltiques, etc. Mais la production supplémentaire qu’on peut en attendre ne devrait pas repousser beaucoup les échéances.


    petrole_impact

     

    On se rapproche en effet de ce que les géologues appellent le pic de production : le moment où la moitié des ressources de pétrole disponibles dans le monde auront été extraites. A partir de ce moment, la production baisse inexorablement jusqu’à l’épuisement final, pendant que les coûts de production explosent. Ce qui signifie que le choc pétrolier ultime fera sentir ses effets bien avant la fin des réserves elles-mêmes. Les plus pessimistes avancent la date de 2007 pour ce tournant, tandis que les plus optimistes – les compagnies pétrolières et l’Agence internationale de l’énergie – le situent autour de 2025 ou 2030. En tout état de cause, c’est moins d’une génération, c’est-à-dire demain dans la vie économique. S’y ajoutent les problèmes colossaux liés à l’effet de serre et au changement climatique.

    D’où l’urgence de développer les alternatives. Mais les clients ne se pressent pas au portillon pour se substituer au pétrole sans créer de nouveaux problèmes majeurs. En fait, il est surtout temps de multiplier les économies d’énergie. Tout en veillant à ce que ces changements ne peèent pas trop lourdement sur les plus modestes. Vaste programme, qui exigerait des politiques publiques ambitieuses et prévisibles. On ne les voit guère se dessiner pour l’instant. Ni en France ni en Europe.




    Source :
    Alternatives economiques n°239, septembre 2005

    Marc Chevallier et Guillaume Duval

    Posté par Myriam Kieffer à 02:18 PM - Ressources Energétiques de la Planète - Permalien [#]


    mardi 8 novembre 2005

    Trafic d'animaux menacés

    L'Europe en guerre contre les trafics d'animaux sauvages et menacés d'extinction

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    Source : Google

    L'Union Européenne met en place de nouvelles mesures pour lutter contre le trafic des animaux et plantes sauvages protégées. Pour l'heure des contrôles systématiques n’ont lieu qu’aux frontières extérieures de l’Union. Une fois entrés dans l’UE, ces animaux, plantes et produits illégaux circulent relativement aisément au sein du marché unique.

    Jeudi dernier les policiers, douaniers et experts de tous les états membres de l’Union européenne ont conclu un accord jetant les bases d’un futur plan d’action visant à renforcer la mise en application de contrôles par les différentes autorités telles la police, la douane et autres services d’inspection à l'intérieur même de l'Union européenne. Parmi les outils mis à disposition par ce nouvel accord, la base de données EU-TWIX centralise toutes les informations sur les saisies effectuées au sein des états membres et les moyens nécessaires pour identifier les espèces sauvages (pour les douaniers, le plus dur est de déterminer si tel animal ou telle plante sont protégés et menacés ou non.).

     

    Pour idée, l'aéroport d'Orly enregistre au moins une saisie par jour, saisie pouvant aller jusqu'à 300 individus pour les araignées, par exemple.

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    La liste rouge 2004, des espèces menacées, indique que 15 589 espèces (7 266 animales et 8 323 végétales) sont confrontées à une crise d'extinction majeure : un amphibien sur trois et près de la moitié des tortues d'eau douce sont menacés, de même qu'un oiseau sur huit et un mammifère sur quatre.

    Leur commerce est encadré par la convention sur le commerce des espèces menacées (CITES) qui les répertorie en quatre catégories : A, B, C et D. Les espèces les plus menacées 'A' sont interdites à l'importation et à l'exportation. II s'agit par exemple des gorilles, lémuriens, ou de certains perroquets très rares. Elles ne doivent par circuler sur le territoire européen sans un permis CITES, une sorte de passeport obligatoire pour passer les frontières. Le permis CITES vérifie la provenance du spécimen mais aussi les futures conditions d'hébergement et de soin de l'animal. Les espèces 'B' peuvent être commercialisées plus facilement, mais elles doivent aussi bénéficier d'un permis. Les catégories 'C' et 'D' doivent bénéficier d'une autorisation d'importation, mais les formalités administratives sont moins contraignantes.


    C'est l'image d'un garde forestier qui vient de trouver une patte d'éléphant.
    Livre de la collection ''Géo, Découvrons la terre'' no. 37

    Source : Google

    Après la drogue et les armes, le trafic d'animaux et de végétaux sauvages est considéré comme la 3e source importante de revenu illicite avec un chiffre avoisinant les 15 milliards d'euros annuel et 40 millions d'animaux soustraits à leur milieu naturel.

    Source : Univers Nature


    HARO SUR E-BAY


    Trafic illégal d'espèces menacées sur Internet
    crédit : IFAW

    Une enquête du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), publiée le 16 août, révèle que de grandes quantités de produits d’origine animale et que nombre d’animaux vivants sont vendus illégalement sur Internet. Ce commerce lucratif, qui s'amplifie de jour en jour, entraîne au bord de l’extinction les espèces les plus menacées du monde et provoque des souffrances indicibles.

    Chaque jour, des milliers d’animaux et des produits d’origine animale – qu’il s’agisse de chimpanzés vivants, de défenses gigantesques ou de minuscules hippocampes séchés – sont vendus et achetés dans le cyberespace international. Pendant trois mois, IFAW a mené au Royaume-Uni une enquête qui a montré qu’en une semaine seulement, plus de 9 000 animaux vivants ou produits issus de la faune sauvage avaient été proposés à la vente sur des sites Web de langue anglaise, notamment des forums de discussion et le célèbre site d’enchères eBay. Au moins 70% de ces animaux étaient des espèces protégées par la législation internationale. L’enquête a été restreinte à cinq catégories d’animaux ; ses conclusions ne représentent donc que la partie visible de l’iceberg (1).

    Le rapport, "Caught in the web: wildlife trade on the Internet" ("pris dans la toile, le commerce de la faune sauvage sur l’Internet") confortera les craintes des écologistes : le commerce sur Internet, toujours croissant et très peu contrôlé, pourrait être une catastrophe pour les espèces menacées. Il ouvre de nouveaux marchés aux trafiquants d’animaux sauvages et beaucoup de ces animaux sont visés par les braconniers pour répondre aux demandes de riches consommateurs étrangers et pour être commercialisés comme "animaux de compagnie". L'Internet est notoirement difficile à contrôler parce qu'il dépasse les frontières nationales et géographiques ; les ventes transfrontalières correspondent actuellement à 15% de toutes les transactions sur eBay.

    IFAW a découvert que certaines des espèces les plus menacées au monde sont proposées en ligne, à partir de sites Web basés au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Inde, en Israël et en Allemagne, et que la plupart d'entre eux sont vendues ou échangées de manière illégale. Les enquêteurs d'IFAW ont trouvé des animaux exotiques, notamment un gorille vivant en vente à Londres, un tigre de Sibérie et quatre bébés chimpanzés sur un site américain, ainsi que d'autres espèces sérieusement menacées. On trouve également sur Internet des carapaces de tortues Caret, des châles shahtoosh confectionnés avec la laine des antilopes du Tibet, ainsi que des lions et des ours polaires empaillés. Les articles en ivoire et les remèdes de la médecine asiatique traditionnelle contenant des organes d'espèces menacées de tigres et de rhinocéros sont également courants.

    Phyllis Campbell-McRae, Directrice du bureau britannique d’IFAW, le confirme : « Le commerce sur Internet est facile, bon marché et anonyme. Cependant, il est clair que des commerçants peu scrupuleux et des organisations criminelles complexes tirent parti des occasions fournies par le Web. Le résultat en est un cyber-marché noir où l'avenir des animaux les plus rares de la planète est bradé. Il est indispensable que les pouvoirs publics et les propriétaires de sites Web s'attaquent immédiatement à cette situation, avant qu'il ne soit trop tard. »

    « Chacun de nous a également la responsabilité d'arrêter d'acheter et de vendre des animaux sauvages et des produits issus de la faune sauvage. Le commerce des animaux sauvages est poussé par la demande des consommateurs. Quand ceux-ci s'arrêteront d'acheter, les meurtres s'arrêteront également. Notre message aux clients en ligne est donc simple : acheter des animaux sauvages en ligne est un acte aussi détestable que de les tuer vous-même », ajoute Mme Campbell-McRae.

    Notes
    1. L'enquête menée par IFAW sur une semaine visait 5 catégories : les primates vivants, les articles en ivoire, les produits issus des tortues, les sacs et articles de mode fabriqués à partir de reptiles et de félins sauvages menacés d'extinction.
    2. Le commerce international d'espèces en voie de disparition est réglementé par la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES). Cette convention interdit le commerce des espèces figurant à son Annexe I (les plus menacées) et réglemente le commerce des espèces figurant à l'Annexe II (potentiellement menacées par le commerce).
    3. IFAW en appelle à un développement de la coopération internationale entre les gouvernements et les pouvoirs publics, notamment en assurant une capacité suffisante pour l'application des lois, par une collaboration étroite avec Interpol et par une meilleure surveillance du commerce illicite en ligne.
    4. IFAW demande également aux propriétaires et gestionnaires de sites Web d'assumer la responsabilité des articles illégaux figurant sur leurs sites, et de mettre en place des informations supplémentaires, des mécanismes de reporting efficaces et une coopération étroite avec les agences chargées de la mise en œuvre de la législation.

    En savoir plus
    Télécharger l'enquête Caught in the Web (en anglais - format PDF)

    Source : Notre planète Info

    Posté par Myriam Kieffer à 02:44 PM - Animaux en Voie de Disparition - Espèces Menacées - Permalien [#]

    Les lingettes encombrent nos poubelles


    Les lingettes et l’ère du tout jetable encombrent nos poubelles


    L'usage de la lingette (1) est apparu en France en 1994, précisément pour les bébés, puis s'est étendu au démaquillage en 1998, avant de gagner les sols, les sanitaires et la cuisine. Depuis, ses usages se démultiplient dans notre vie quotidienne et elles ont la fâcheuse tendance à se démultiplier.

    Aujourd’hui 56 % des ménages français en utilisent. Pour les industriels, c'est tout bénéfice, puisqu'elles ne se substituent pas aux détergents traditionnels et représentent un chiffre d'affaires supplémentaire de 175 millions d'euros. Pourtant, nettoyer la maison avec des lingettes revient 15 fois plus cher qu'à la serpillière et au balai (555 euros par an contre 35 euros) et génère 23 kg de déchets par an contre 1,1 kg, selon une étude de l'Observatoire de la consommation durable à Bruxelles.


    Plus effrayant encore, un ménage qui n'utiliserait que des lingettes pour la maison, le linge et l'hygiène dépenserait 1 108 euros par an et produirait 58 kg supplémentaires de déchets par an, dont la quasi-totalité (55 kg) ne sont pas repris par la collecte sélective et donc pas recyclés. Car le problème de ces lingettes, contrairement au flacon vide de détergents que nous trions, c'est qu’elles vont directement dans le 'tout-venant' des déchets ménagers incinérés. Or le volume de déchets ne cesse de croître. En 40 ans, notre consommation de déchets a été multipliée par deux, et elle continue de croître de 1 à 2 % chaque année.



    Chaque Français produit en moyenne 1 kg de déchets ménagers par jour. En 2002, 50 millions de tonnes de déchets ont dû être gérés, dont 21,9 millions de tonnes provenant des ménages. Les emballages pèsent 30 % du poids et 50 % du volume de nos poubelles. La plupart d’entre nous, consommateurs, ne semblent pas percevoir le produit jetable comme dommageable pour l'environnement, “absorbés” par le côté pratique et facile de son utilisation. Du coup, nous oublions que la tendance récente à la mini-dose et à l’emploi unique, comme les lingettes, est responsable d'une prolifération de sachets et conditionnements. Surtout, lorsqu’on y pense, que dans la plupart des cas, il suffirait d'une éponge, d’un peu d'eau et d’un peu de savon.



    Certains consommateurs soucieux d'environnement, et accros de la lingette, tentent de se repérer avec des labels, comme NF Environnement ou le label européen, qui certifient des produits présentant des impacts moindres sur l’environnement et une aptitude à l’usage au moins équivalente à celle d’autres produits similaires.
    A titre d’information, rappelons juste que ces labels sont payants pour les entreprises qui, si elles présentent un discours vertueux, doivent avoir obligatoirement un portefeuille bien garni. L’obtention d’un écolabel génère en effet des dépenses : frais de dossier, visite d’audit, droits d’usage de la marque, tests des produits… Ces frais peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros par an.
    L’écolabellisation constitue donc pour l’entreprise, un investissement et tout investissement vise avant tout, on le sait, au bien être de l’entreprise et, dans ce cas-là, à la promotion de ses produits.

    (1) Pour rappel la lingette est un carré de tissu non-tissé en cellulose, en viscose ou en polyester imbibé de produits actifs et qui n'est pas recyclable.

    Source : Univers Nature

    Posté par Myriam Kieffer à 01:45 PM - Que Faire Pour Notre Environnement ? - Permalien [#]

    lundi 7 novembre 2005

    Qu'est-ce qu'un cyclone ou tornade ? Comment fonctionnent-ils ?

    COMMENT ET POURQUOI LES CYCLONES, LES TORNADES ET LES TYPHONS FONCTIONNENT-ILS?


    Perturbation atmosphérique tourbillonnaire, de grande échelle, due à une chute importante de la pression atmosphérique
    . On la rencontre dans les régions tropicales ; elle est caractérisée par des pluies diluviennes et des vents très violents (jusqu'à 350 km/h), tournant dans le sens des aiguilles d'une montre (hémisphère sud) ou dans le sens inverse (hémisphère nord) ; les vents les plus violents se rencontrent autour de l'oeil, qui est une zone de calme.

    Divers termes sont employés dans le monde pour désigner ce phénomène : typhon, hurricane, kamikaze... Dans l'Atlantique nord, on parle d'ouragan.


    © Nasa


    Pour identifier les ouragans, les scientifiques les baptisent de prénoms féminins ou masculins, dont l'initiale est fonction de leur rang d'apparition dans l'année et de la région concernée : ainsi Hugo était le 8ème cyclone de l'année 1989 dans l'océan Atlantique, Allison le premier...


    Introduction

    Au premier rang des phénomènes atmosphériques dévastateurs, les cyclones tropicaux fascinent les hommes par leur puissance, leurs conditions de développement et de déplacement. Lors du passage d'un cyclone, tous les phénomènes sont extrêmes : les vents peuvent atteindre 350 km/h, les pluies diluviennes engendrent des crues et des glissements de terrain et la marée de tempête provoque une élévation du niveau de la mer dévastant les zones côtières.

    On dénombre, pour près de quatre-vingt-dix phénomènes par an en moyenne, plusieurs milliers de morts dans le monde. Les pertes financières peuvent se chiffrer, pour les cyclones les plus puissants, à plusieurs dizaines de milliards d'euros, comme cela a été le cas pour le cyclone Andrew aux États-Unis en 1992 et ceux de septembre 2004.

    Cependant, alors que les tentatives pour s'opposer au phénomène cyclonique sont restées vaines, les progrès accomplis ces dernières années en matière de prévention ont permis d'en réduire les conséquences, en particulier sur le plan humain. Dans les zones où l'action préventive est une priorité (c'est notamment le cas pour les territoires français), la surveillance météorologique et l'information de la population menacée rendent aujourd'hui peu probable l'occurrence de phénomènes générant plusieurs milliers, voire dizaines de milliers de victimes, comme c'est encore le cas par ailleurs.


    © Prim-net

    Le monde est très inégalement menacé par le risque cyclonique. Compte tenu des conditions thermiques et dynamiques nécessaires à sa formation et à son développement, ce phénomène ne concerne que sept zones géographiques, avec comme région la plus active le Pacifique nord-ouest. La France métropolitaine n'est pas exposée, contrairement aux départements antillais, à l'île de la Réunion, Wallis et Futuna, la Nouvelle-Calédonie et les territoires polynésiens.

    Quelques définitions avant d'aller plus loin :

    * L'aléa correspond à la probabilité de manifestation d'un phénomène accidentel se produisant sur un site industriel.

    * L'enjeu est l'ensemble des personnes et des biens susceptibles d'être affectés par un phénomène naturel ou technologique.


    © Prim-Net

    * Le risque majeur est la conséquence d'un aléa d'origine naturelle ou technologique, dont les effets peuvent mettre en jeu un grand nombre de personnes, occasionnent des dégâts importants et dépassent les capacités de réaction des instances directement concernées.

    * La vulnérabilité exprime et mesure le niveau de conséquences prévisibles de l'aléa sur les enjeux. Différentes actions peuvent réduire cette vulnérabilité en atténuant l'intensité de certains aléas ou en limitant les dommages sur les enjeux.


    Le phénomène cyclonique : quelques définitions

    Les paramètres météorologiques qui régissent l'état atmosphérique

    Trois grands paramètres permettent de caractériser l'état de l'atmosphère et de prévoir, par leur quantification et leur variation, ses perturbations.

     

  • La pression atmosphérique
  • correspond à la pression exercée sur une unité de surface, par la masse de la colonne d'air située à l'aplomb de cette surface. Dans les basses couches de l'atmosphère elle diminue avec l'altitude d'environ 3 hectopascals par tranche de 25 m. La pression de référence, utilisée pour définir « haute » et « basse » pression est de 1 013 hPa (soit 1 013 mbar), correspondant à la pression d'une colonne de mercure de 760 mm de haut (baromètre de Torricelli). Il s'agit de la pression exercée au sol pour une température de 0 °C, au niveau de la mer et à une latitude de 45 °. Au niveau de la mer, en France métropolitaine, la pression atmosphérique varie entre 950 hPa et 1 050 hPa. Les zones de « basse pression » sont appelées dépressions, celles de « hautes pressions » anticyclones.

     

  • La température est variable en fonction de l'altitude,
  • de la latitude, de la saison, des conditions météorologiques, etc. Elle diminue depuis le sol jusqu'au sommet de la troposphère, suivant une variation moyenne de 0,6 °C par 100 m d'élévation.

     

  • Le taux d'humidité (ou hygrométrie)
  • correspond à la quantité d'eau contenue dans l'air sous forme de vapeur, provenant notamment de l'évaporation des océans, mers et lacs, et de la transpiration des plantes. Plus l'air est chaud, plus il peut contenir de vapeur d'eau.

    Le cyclone

    Cyclone, du mot grec kuklos (qui signifie cercle, rond) est un terme générique. En fonction de la localisation géographique, la terminologie diffère :

    - cyclone dans l'océan Pacifique sud-ouest et nord et l'océan Indien sud-ouest ;



    © Nasa

    - ouragan (de Hunraken, dieu maya de la tempête, qui a donné hu-ra-kan dans les Caraïbes, huracàn en espagnol et hurricane en anglais) dans l'océan Atlantique nord et l'océan Pacifique nord-est et sud-ouest (à l'est du 160E) ;

    - typhon (du chinois t'ai fung, « grand vent » qui a donné l'indien toofan, l'arabe tufan, le portugais tufão et l'anglais typhoon) dans l'océan Pacifique nord-ouest ;

    - le cyclone est aussi appelé kamikaze (« vent divin ») au Japon, badai en Indonésie, willy-willy en Australie et baguio aux Philippines.


    © Carte de localisation des noms du cyclone - © Prim-net

    Un cyclone est une perturbation atmosphérique de grande échelle, une zone de basses pressions des régions tropicales ou subtropicales (on parle de cyclones tropicaux ou sub-tropicaux). Au sein de cette zone se développent des nuages convectifs, et autour d'elle le vent se déplace dans une circulation dite « fermée » en surface, autour d'un centre de rotation. La formation d'un cyclone nécessite un certain nombre de conditions météorologiques de départ dont les principales sont la température de l'océan et la latitude.

    Le cyclone est le phénomène climatique le plus puissant connu par les scientifiques. Les variations maximales des éléments météorologiques (exception faite des tornades et trombes marines) ont pu y être observées : variation de pression de 45 hPa en 20 min, pression minimale de 867 hPa (Philippines), précipitations de 1 340 mm en 12 h (Réunion), rafales de vent atteignant 360 km/h.

    Les différences entre cyclones et tempêtes « classiques »

    Une tempête est une perturbation atmosphérique pouvant s'étirer sur plus de 2 000 km et le long de laquelle deux masses d'air aux caractéristiques différentes s'affrontent. De cette confrontation naissent notamment des vents violents et des pluies souvent importantes. L'essentiel des perturbations touchant l'Europe se forme sur l'océan Atlantique, sur le front polaire séparant la zone d'air froid polaire et la zone d'air chaud tropical.

    Les tempêtes des latitudes tempérées et les cyclones tropicaux se distinguent par quatre caractéristiques principales :

    - leur source d'énergie : les cyclones tirent l'essentiel de leur énergie de l'évaporation de l'eau de mer sur une zone de basses pressions, et ne peuvent donc prendre naissance qu'au-dessus des zones océaniques. Les tempêtes naissent quant à elles des contrastes thermiques horizontaux existant dans l'atmosphère, et peuvent donc se former (et se renforcer) sur terre.

    - leur morphologie : tandis que les cyclones présentent une symétrie autour de leur œil, les dépressions « tempérées » sont fortement asymétriques.

    - la répartition des vents forts et des contrastes : une couronne de vents forts se forme autour de l'œil pour les cyclones, alors que pour les tempêtes ils s'organisent en tubes, près des fronts.

    - la répartition géographique : les tempêtes touchent les régions tempérées du globe et parmi elles l'Europe. Les cyclones ont pour zone de prédilection l'océan Atlantique nord, l'océan Pacifique et l'océan Indien (entre 5 ° et 35 ° de latitude nord et sud) et ne constituent donc pas une menace pour le territoire français métropolitain.

    Les différences entre cyclones et tornades

    Il s'agit dans les deux cas de tourbillons atmosphériques. Toutefois les tornades sont des phénomènes de petite taille (exceptionnellement jusqu'à quelques centaines de mètres de diamètre), d'une durée de vie limitée (jusqu'à quelques dizaines de minutes dans la majeure partie des cas) et elles parcourent rarement plus de 40 km (sauf dans le cas des tornades américaines, qui peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres).



    © Formation d'une tornade - © Prim-net

    Pour qu'une tornade se développe, il faut que l'air soit instable, ce qui est rendu possible par :

    - le réchauffement de l'air près de la surface grâce à l'action du rayonnement solaire et par un apport d'air chaud et humide ;
    - le refroidissement de l'air en altitude provoqué par un apport d'air.

    La formation d'une tornade

    1 L'air chaud et humide s'élève graduellement
    2 Si le courant ascendant est assez fort, il atteint les couches les plus froides de l'atmosphère, où la vapeur qu'il contient se condense et crée d'énormes
    cumulonimbus .
    3 En montant, l'air chaud entrecoupe des vents de direction et de vitesse différentes et provoque un mouvement de spirale .
    4 La formation de la tornade a lieu quand, dans une petite zone du phénomène qui se situe près du sol, les vents convergent de plus en plus

    Les cyclones sont des phénomènes de grande échelle (jusqu'à 1 000 km de diamètre), susceptibles de parcourir des distances considérables sur plusieurs semaines. On notera toutefois que les vents maximaux générés par certaines tornades peuvent être supérieurs à ceux des cyclones les plus violents.

    D'autre part, alors que les cyclones sont dans leur mécanisme de formation des phénomènes « océaniques », les tornades sont principalement des phénomènes terrestres (bien que le phénomène existe également sur mer : ce sont les trombes marines). Leur naissance est notamment tributaire de la chaleur du soleil réchauffant la terre et favorisant le développement de conditions orageuses.

    La classification des cyclones

    Les cyclones sont classés en fonction de l'intensité des vents maximums qu'ils génèrent. C'est le paramètre le plus facile à estimer et qui caractérise bien les destructions potentielles. L'Organisation météorologique mondiale a ainsi défini les trois stades suivants, en fonction des vitesses du vent maximum soutenu :

    - dépression tropicale ou sub-tropicale lorsque ce vent ne dépasse pas 63 km/h (force 7 de l'échelle de Beaufort) ;

    - tempête tropicale ou sub-tropicale lorsque ce vent est compris entre 63 km/h (force 7) et 117 km/h (force 11) ;

    - cyclone tropical lorsque ce vent dépasse 117 km/h (force 12). C'est à ce stade que se forme l'œil.

    Deux échelles de classification existent, en fonction de la valeur minimale de la pression au centre de la dépression et de la vitesse des vents :

    - l'échelle de Saffir-Simpson, utilisée principalement dans l'océan Atlantique nord et dans l'océan Pacifique nord-est, établit cinq classes ;

    - l'échelle de Dvorak relie un chiffre de 0 à 8 à une valeur de vent maximal soutenu et correspond à une pression centrale estimée dans les bassins océaniques de l'Atlantique et du Pacifique nord-ouest.

    La dénomination des cyclones

    Les cyclones tropicaux sont dénommés pour faciliter la communication entre les prévisionnistes et le public pendant les phases de prévision et d'alerte. Les cyclones ont une durée de vie qui peut dépasser une semaine et plusieurs de ces phénomènes peuvent exister en même temps sur le même bassin. Les baptiser par des noms courts et familiers (donc faciles à mémoriser) permet de réduire le risque de confusion entre les phénomènes.

    Un nom est affecté à toute perturbation dans laquelle le vent moyen dépasse 63 km/h. Les noms (généralement des prénoms alternativement masculin et féminin) sont donnés à partir de listes alphabétiques préétablies, desquelles ont été retirés les noms des cyclones les plus dévastateurs.

    Les noms des cyclones

    - Le centre de Miami utilise six listes de prénoms par roulement annuel, le premier ouragan de l'année porte un nom commençant par la lettre A.

    - Le centre météorologique de l'île de la Réunion attribue aux tempêtes tropicales et cyclones des prénoms d'origine française, malgache ou mauricienne.

    - Les tempêtes tropicales et cyclones du nord de l'océan Indien ne sont pas désignés par un prénom mais un numéro d'identification suivi d'une lettre, A ou B, selon que le phénomène se forme en mer d'Arabie ou dans le golfe du Bengale.

    - Les typhons du Pacifique nord-ouest, du sud-est de l'océan Indien, du nord de l'Australie et du Pacifique sud-ouest portent un nom pris dans quatre listes sans initialisation annuelle.


    La vie d'un cyclone

    Les zones de naissance des cyclones

    Il existe dans le monde sept bassins susceptibles de réunir les conditions nécessaires à la formation du phénomène, et où se produit de manière régulière une activité cyclonique voir carte ci-dessous.

    Les statistiques des trente dernières années indiquent qu'il y a 80 à 85 cyclones chaque année (dépression ayant au moins atteint le stade de tempête tropicale), dont 45 ont dépassé le seuil d'ouragan (plus de 117 km/h en vent maximum soutenu).

    La répartition des cyclones tropicaux est très inégale entre les deux hémisphères : environ 70 % dans l'hémisphère nord contre 30 % dans l'hémisphère austral. La région la plus active, avec plus de 35 % des cyclones tropicaux du globe, est représentée par l'océan Pacifique nord-ouest. Il s'agit également de la région où les phénomènes sont les plus étendus et les plus violents.

    Sur l'ensemble du globe, seulement 22 % des perturbations évoluant en cyclones tropicaux prennent naissance au-dessous de 10 ° de latitude, contre 65 % entre 10 ° et 20 °, et seulement 13 % au-dessus de 20 °.

    Les zonesde formation des cyclones et les trajectoires habituelles. © Prim-net
    Les zones de formation des cyclones et les trajectoires habituelles. © Prim-net Cliquez pour agrandir la carte'

    Les amas de nuages nécessaires à la formation des cyclones se trouvent en particulier entre les tropiques, au niveau d'une vaste zone de mauvais temps, qu'on dénomme zone intertropicale de convergence ou zone de convergence intertropicale (ZIC ou ZCIT). Certains cyclones peuvent également se former à partir de perturbations d'origine tempérée, qui sont descendues en latitude et ont pris peu à peu des caractéristiques tropicales (le « cœur » froid notamment devenant alors un « cœur » chaud). On retrouve là-aussi à l'origine, un amas nuageux qui a trouvé forte humidité et instabilité. Certaines de ces perturbations évoluent en cyclones, lorsque les autres conditions sont réunies, d'autres non et restent des amas nuageux, ondes tropicales ou zones perturbées.

    Les saisons cycloniques

    Dans l'hémisphère nord, la saison cyclonique s'étend de juin à novembre. Dans le bassin océanique de l'Atlantique et des mers adjacentes, si les cyclones restent rares en juin et novembre, la saison cyclonique bat son pleinentre début juillet et fin octobre.

    Dans l'hémisphère sud, la saison cyclonique s'étend de novembre à avril, voire mai.

    Les conditions de formation

    Un cyclone naît et se développe uniquement si les conditions suivantes sont réunies :

    - une condition thermique : une température de la mer supérieure à 26 °C sur une épaisseur minimale de 50 m. L'évaporation de surface de grandes quantités d'eau fournit l'énergie nécessaire pour entretenir le système de machine à vapeur qu'est une formation cyclonique. Si l'eau est trop froide, le cyclone ne peut pas se former ou, s'il était déjà formé préalablement, il s'affaiblit puis finit par perdre ses caractéristiques cycloniques tropicales. Cette condition thermique en fait ainsi un phénomène essentiellement maritime (depuis sa naissance jusqu'à sa maturité). En pénétrant sur terre, son énergie tend rapidement à décroître ;

    - une condition géographique : être suffisamment éloigné de l'Équateur (cinq degrés de latitude, soit une distance voisine de 550 km) de façon à ce que la force de Coriolis ne soit pas nulle. Cette force, engendrée par la rotation terrestre, imprime une déviation du vent vers la droite dans l'hémisphère nord et vers la gauche dans l'hémisphère sud. Elle est nulle à l'Équateur. C'est elle qui intervient pour déclencher le mouvement tourbillonnaire initial. En dessous de cinq degrés de latitude, la force de Coriolis est trop faible pour un tel déclenchement (il n'y a donc jamais de cyclone entre 5 ° sud et 5 ° nord) ;


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    - une forte humidité, indispensable à la formation des cumulonimbus. La formation d'un cyclone est impossible pour une humidité inférieure à 40 %, fréquente lorsqu'elle est supérieure à 70 % ;

    Enroulement des vents

    Dans le mouvement des vents entre les zones de hautes et basses pressions un équilibre se crée entre la force de Coriolis, centrifuge, et la force qui les attire vers le « creux » de la dépression (force de gradient de pression). Il en résulte un mouvement d'enroulement des vents autour de la zone de basse pression, suivant à peu près les lignes d'égale pression.

    - la pré-existence d'une zone dépressionnaire, d'un amas nuageux, d'une ligne de grains ou encore d'une onde tropicale associée à de la convection et à un faible mouvement d'air convergent de basses couches. Cette convergence crée les mouvements ascendants, permettant à l'air humide de s'élever ;

    - la présence de vents en altitude (jusqu'à 15 km). Ces vents doivent être relativement homogènes : même direction et même force ou presque. Dans le cas contraire, l'énergie développée par le système va se disperser et le système a tendance à se « cisailler ».

    La structure des cyclones

    La structure des cyclones est caractérisée par une masse nuageuse pouvant s'étendre sur 1 000 km pour les plus importants. Elle est organisée en bandes spiralées s'enroulant autour d'un centre de rotation, anneau central compact et droit. Au stade de tempête tropicale, ce centre est noyé au milieu des nuages de type cumulonimbus, à fort potentiel pluvieux et orageux. Il est parfois difficilement discernable.

    Au stade de cyclone, ce centre de rotation, l'œil du cyclone est plus nettement identifiable. L'œil a un diamètre généralement compris entre 30 et 60 km (exceptionnellement de plus de 200 km). Il est caractérisé par des vents faibles et des précipitations nulles ou très faibles, tandis que la pression atmosphérique y est au plus bas et la température en altitude la plus chaude (jusqu'à 10 °C de plus dans l'œil qu'à sa périphérie à 12 km d'altitude). Il y régne ainsi un calme apparent très temporaire (des lambeaux de ciel bleu sont quelquefois visibles).


    La structure d'un cyclone © Prim-net

    L'œil du cyclone est constitué par de l'air subsident (mouvement descendant), tandis que dans le mur, les mouvements ascendants sont rapides. Les températures chaudes de l'œil s'expliquent par la compression de l'air subsident. Les mécanismes généraux de la formation de l'œil ne sont pas encore tous clairement explicités.


    La variation des paramètres dans un cyclone
    © Prim-net

    L'œil est entouré par le mur de l'œil, constitué de cumulonimbus et pouvant s'étendre sur un rayon de 150 km. Ce mur qui abrite les mouvements convectifs les plus puissants, est le siège des effets du cyclone les plus dévastateurs (vents, pluies, marée cyclonique).

    Le déclin des cyclones

    Un cyclone s'affaiblit dès qu'une de ses sources d'alimentation en énergie disparaît ou s'atténue. C'est ainsi notamment le cas :

    - lorsqu'il arrive sur terre. Ainsi, un cyclone passant sur les Caraïbes se retrouve privé de « carburant » et sort de ces îles souvent très affaibli. S'il rentre (on dit atterrit) sur un continent, comme les États-Unis, il peut mourir (se dissiper) en vingt-quatre heures. Toutefois, les phénomènes les plus puissants peuvent conserver une énergie suffisante pour « traverser » l'étendue terrestre et se développer à nouveau au contact d'un océan, si les conditions nécessaires à leur renforcement sont présentes. Par ailleurs, les forces de frottement sur terre (action de résistance due au relief terrestre et « freinant » les mouvements d'air) ne jouent pas un rôle prépondérant dans la dégénérescence du cyclone ;

    - lorsqu'il arrive sur des océans dont les eaux de surface ne sont pas assez chaudes ;

    - lorsqu'il subit les effets du cisaillement vertical du vent qui déforme sa structure verticale ;

    - lorsque sa trajectoire se rapproche trop de l'Équateur.

    Certains cyclones en fin de vie peuvent être « repris » par la circulation d'ouest des latitudes moyennes et engendrer de violentes tempêtes, sur les côtes européennes notamment (c'est le cas de près d'un cyclone sur deux dans l'océan Atlantique nord).

    Les trajectoires des cyclones

    Les trajectoires peuvent être définies à partir de deux circulations différentes :

    - aux latitudes tropicales, une circulation équatoriale d'est en ouest (sauf dans l'océan Pacifique sud-ouest où la circulation se fait généralement d'ouest en est) ;

    - l'entrée du cyclone dans la circulation des régions tempérées après un changement plus ou moins brutal de direction. Cette incurvation de la trajectoire vers le pôle est due à la force de Coriolis, qui dévie les cyclones vers la droite dans l'hémisphère nord et vers la gauche dans l'hémisphère sud.


    Les trajectoires habituelles des cyclones
    © Prim-net

    Ces deux composantes confèrent en théorie aux cyclones une trajectoire parabolique. Dans la réalité, les trajectoires observées sont plus ou moins complexes et peuvent présenter des boucles, des retours en arrière, etc.


    La trajectoire atypique du cyclone Mitch en 1998
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    La vitesse de déplacement des cyclones est modérée au début (inférieure ou égale à 20 km/h généralement). Elle s'accélére avec le changement de trajectoire, lorsque la composante principale du mouvement devient ouest - est (ce qui se produit en moyenne vers 23 ° de latitude), avec une vitesse pouvant dépasser 45 km/h.

    Les manifestations des cyclones

     

  • Les signes précurseurs
  • Le premier signe précurseur est la houle cyclonique, qui se propage à une vitesse supérieure à celle du cyclone. L'importance et les variations de sa direction, hauteur et fréquence renseignent sur la distance du phénomène et sur l'orientation de sa trajectoire.

    Une pression anormalement élevée par rapport aux jours précédents, associée à une atmosphère limpide, peuvent renseigner sur la présence encore éloignée d'un cyclone.

    La présence de nuages, et notamment cirrus et cirrostratus, avant que la pression n'ait commencé à chuter, renseignent sur la direction dans laquelle se trouve le phénomène et sur son importance. Les animaux perçoivent les ultrasons émis par le cyclone, tandis que les oiseaux de mer s'éloignent loin à l'intérieur des terres.


    Les signes précurseurs
    © Prim-net

     

  • Les vents
  • L'intensité des vents et leurs changements brutaux de direction sont à l'origine de dégâts considérables. Ils dépassent aisément les 150 km/h et peuvent exceptionnellement atteindre 370 km/h environ à proximité de l'œil (et plus particulièrement, dans l'hémisphère nord, dans sa partie avant droite où le gradient de pression est le plus fort). On notera que l'énergie d'un vent est proportionnelle au carré de sa vitesse (un vent de 200 km/h exerce une force quatre fois supérieure à celle d'un vent de 100 km/h). La dangerosité des vents est également liée aux objets plus ou moins volumineux qu'ils sont en mesure de projeter.

    Dans un cyclone, les vents de surface se caractérisent par ailleurs par leur turbulence, avec une alternance entre séries de rafales violentes et accalmies passagères ; cette variabilité a tendance à augmenter à l'intérieur des terres.

    Un autre danger résulte du changement à 180 ° de la direction des vents après le passage de l'œil (de part et d'autre de l'œil, les vents soufflent dans des directions opposées).


    Vitesse des vents
    © Prim-net

     

  • Les pluies
  • Le cumul de précipitations peut être considérable, y compris pour des cyclones d'intensité relativement modeste (en terme de vents), alors que certains « gros » cyclones ne génèrent que peu de pluies. Différents paramètres influencent le cumul des précipitations :

    - le relief montagneux qui amplifie les mouvements verticaux, et donc l'instabilité, et les processus de condensation de la vapeur d'eau ;

    - l'orientation de la trajectoire du système pluvieux par rapport à celle d'une chaîne montagneuse ou d'un obstacle naturel ;

    - la vitesse de déplacement du cyclone, dont la lenteur tend à accentuer les cumuls pluviométriques (le phénomène séjournant plus longtemps au même endroit).

    Les pluies peuvent être génératrices d'inondations, de glissements de terrains et de coulées boueuses d'ampleur variable.

    En Guadeloupe en 1995, Marilyn (ouragan de classe 1 seulement) a déversé 500 à 600 mm d'eau en douze heures sur la ville de Basse-Terre dans la nuit du 14 au 15 septembre.

    Le record de précipitations est détenu par l'île de la Réunion avec notamment 1 170 mm en douze heures lors du cyclone Hyacinthe le 26 janvier 1980.

     

  • Les effets dus à l'état de la mer
  • Les cyclones tropicaux menacent davantage les îles et les régions côtières en raison des risques maritimes engendrés.

    L'onde de tempête est la montée rapide du niveau de la mer lorsqu'une tempête s'approche de la côte. Le niveau de la mer monte près des côtes, à cause des forts vents du large qui « poussent » l'eau vers elles. De plus, l'eau est « aspirée » vers le haut par la pression très basse régnant près de l'œil du cyclone (phénomène d'intumescence). Les régions basses sont les plus vulnérables, alors que celles où le relief s'élève rapidement ne sont pas touchées.

    L'onde de tempête peut se superposer à la marée astronomique (liée à la Lune) pour constituer la marée de tempête. L'amplitude de cette dernière varie de 1 à 2 m pour les cyclones peu intenses, mais peut dépasser 5 m pour les phénomènes plus puissants et être particulièrement dévastatrice.

    La mer « monte » sur la droite du déplacement dans l'hémisphère nord (sur la gauche dans l'hémisphère sud), elle « baisse » de l'autre coté.


    Marée haute normale et marée de tempête
    © Prim-net

    Les dégâts dus à la mer sont également liés aux vagues. Pour les cyclones les plus importants, leur hauteur peut atteindre 30 m. Leur déferlement répétitif sur la côte peut provoquer des érosions et menacer d'effondrement les constructions du littoral. Leur dangerosité est d'autant plus importante qu'elles se conjuguent avec la marée de tempête. Le vent génère des vagues très différentes par leur direction, leur hauteur et leur fréquence, créant un état de mer particulièrement « démonté ». La houle cyclonique peut parfois être observée jusqu'à 1 000 km en avant du cyclone et ses effets peuvent continuer à se faire sentir après son passage.

    Dans le delta du Mississippi aux États-Unis, la marée de tempête occasionnée par le passage de Camille en 1969 est montée brusquement jusqu'à près de 8 m.

    En Australie en 1899,
    le cyclone connu sous le nom de Bathurst Bay Hurricane aurait produit une marée de tempête de 13 m de hauteur dans la baie de Bathurst.


    Les conséquences des risques cycloniques

    Du fait de la pluralité de leurs effets, de l'étendue souvent importante des zones touchées, mais aussi en raison de la vulnérabilité d'une large partie des zones affectées (densité de population importante, bâti fréquemment peu résistant, vétusté des infrastructures publiques, etc), les conséquences humaines et économiques des cyclones sont souvent considérables.

    Effets et conséquences des cyclones


    1 Les préjudices humains

    Depuis le développement des moyens de prévention et de protection, les bilans humains tendent à diminuer sensiblement. On estime toutefois que le phénomène cyclonique fait encore en moyenne 6 000 morts par an, ainsi qu'un nombre de blessés et de sans-abris considérable. Une grande part des décès est due aux noyades par montée de la mer ou des rivières, ou aux conséquences des glissements de terrains et coulées de boue. Le vent engendre également des décès, survenant de façon directe, suite à la projection de la victime ou par projection d'un objet, ou indirecte (effondrement d'une construction par exemple).

    2 - Les préjudices économiques

    Les dommages matériels dépendent de l'intensité du cyclone (vents) et de son potentiel de pluie. Les pertes ou perturbations d'activités résultent de destructions ou de dommages. Outre les habitations, l'économie est également touchée par la destruction des infrastructures (ponts, routes, voies ferrées, etc), la détérioration des outils de production industrielle, l'impact sur les réseaux d'eau, de téléphone et d'électricité (susceptibles de provoquer incendies, explosions et électrocutions). Il s'ensuit une interruption plus ou moins prolongée de la vie économique.

    En Floride en 1992, l'ouragan Andrew (classe 4 de l'échelle de Saffir-Simpson) aurait causé 25 à 30 milliards de dollars de pertes.





    3 - Les conséquences environnementales

    Elles sont potentiellement identiques à celles résultant des tempêtes des latitudes moyennes. On peut distinguer les effets directs (destructions de forêts dues aux vents, dommages résultant des inondations, etc) et les effets indirects (pollution plus ou moins grave et étendue du littoral suite à un naufrage, pollution à l'intérieur des terres résultant de dégâts occasionnés aux infrastructures de transport, etc).

    4 - Le risque cyclonique sur le territoire français

    La menace cyclonique concerne une large part des départements et territoires d'outre-mer.

    Dans l'hémisphère nord, il s'agit des Antilles, où la saison cyclonique s'étend de juillet à octobre, avec une période plus particulièrement active du 15 août au 15 octobre. L'ensemble des communes de la Guadeloupe et de la Martinique notamment est exposé au phénomène cyclonique, et plus particulièrement aux effets des vents dévastateurs et aux fortes précipitations. La menace liée à la marée de tempête et à la houle concerne bien entendu plus particulièrement les communes du littoral, en fonction de la direction d'arrivée du cyclone. Le cyclone d'octobre 1780 est le phénomène connu ayant fait le plus de victimes aux Antilles françaises (9 000 personnes). Le cyclone du 12 septembre 1928 a causé de 1 200 à 1 500 décès en Guadeloupe.


    Les communes de l'archipel de la Guadeloupe
    Les communes de l'archipel de la Guadeloupe



    Dans l'hémisphère sud, il s'agit de la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie, Wallis et Futuna et la Réunion. La pleine saison cyclonique s'étire de fin décembre à début avril. Sur l'île de la Réunion, le cyclone le plus violent du XXe siècle est celui de 1948, ayant provoqué la mort de 165 personnes.



    Les actions de prévention et de secours

    Un
    cyclone est un risque majeur contre lequel l'Homme ne peut que se protéger de manière passive : on ne peut en effet l'empêcher de naître. Les seules mesures possibles relèvent de la protection et de la mitigation. Ces dispositions, à la fois individuelles et collectives, sont destinées à limiter l'impact humain et économique.

    La gestion du risque cyclonique repose en grande partie sur la surveillance météorologique et sur une mise en alerte progressive de la population exposée, ainsi que sur les actions d'information sur la conduite à tenir avant, pendant et après le passage du cyclone. Ces dispositions ont permis de faire chuter considérablement le nombre de victimes et l'ampleur des dégâts à déplorer par rapport aux bilans terrifiants des siècles, voire des décennies, antérieurs.

    La réduction des bilans humains et économiques passe également par la mise en œuvre de stratégies constructives adaptées et par une maîtrise rigoureuse de l'occupation des sols.

    1 - La prévention

    Affiche d'informations préventives


     

  • L'information préventive


  • La loi du 22 juillet 1987 a instauré le droit des citoyens à une information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis sur tout ou partie du territoire, ainsi que sur les mesures de sauvegarde qui les concernent. Cette partie de la loi a été reprise dans l'article L 125.2 du Code de l'environnement.

    Établi sous l'autorité du préfet, le dossier départemental des risques majeurs (DDRM) recense à l'échelle d'un département l'ensemble des risques majeurs par commune. Il explique les phénomènes et présente les mesures de sauvegarde. À partir du DDRM, le préfet porte à la connaissance du maire les risques dans la commune, au moyen de cartes au 1 : 25 000 et décrit la nature des risques, les événements historiques, ainsi que les mesures d'État mises en place.

    Le maire élabore un document d'information communal sur les risques majeurs (DICRIM). Ce document présente les mesures de prévention et les mesures spécifiques prises en vertu des pouvoirs de police du maire.
    Le DICRIM doit être accompagné d'une communication (au moins tous les deux ans si la commune est couverte par un plan de prévention des risques) et d'une campagne d'affichage. Ces deux documents sont disponibles en mairie.

    Le plan de communication établi par le maire peut comprendre divers supports de communication, ainsi que des plaquettes et des affiches, conformes aux modèles arrêtés par les ministères chargé de l'environnement et de la sécurité civile (arrêté du 27 mai 2003).

    2 - La surveillance

    Comme pour les phénomènes tempétueux des régions tempérées, la prévention cyclonique s'appuie en grande partie sur la surveillance de l'évolution des perturbations atmosphériques (prévision) et sur les dispositifs d'information de la population voir ci-dessous: la gestion de crise.

    Les cyclones sont des phénomènes sous haute surveillance. La coordination de la veille cyclonique est assurée au plan international par l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Celle-ci a désigné dans chaque bassin océanique un centre météorologique régional spécialisé (CMRS) : Miami pour l'océan Atlantique nord et Pacifique nord-est ; Tokyo pour l'océan Pacifique nord ; New-Delhi pour le golfe du Bengale et la mer d'Oman ; Fidji pour l'océan Pacifique sud-ouest ; Saint-Denis-de-la-Réunion pour le sud-ouest de l'océan Indien). Ces centres ont pour mission de détecter les phénomènes le plus tôt possible et de prévoir leur trajectoire jusqu'à leur dissipation. Si nécessaire, ils assurent la diffusion de messages à tous les centres météorologiques de la région concernée, afin d'avertir du danger potentiel.

    Les données diffusées concernent le comportement des cyclones tropicaux, leurs déplacements et leurs variations d'intensité ainsi que l'importance des marées de tempête et des inondations qu'ils sont susceptibles de provoquer. Ces prévisions permettent alors aux décideurs des zones concernées de déclencher éventuellement les dispositifs d'alerte prévus à cet effet.

    La prévision cyclonique repose sur la modélisation numérique de l'atmosphère en zone tropicale, la modélisation numérique « perturbée » par un certain nombre d'observations fictives pour prendre en compte de façon réaliste le tourbillon, la climatologie et l'adaptation statistique à partir des prédicteurs fournis par le modèle numérique.

    Un modèle numérique météorologique est d'abord un ensemble d'hypothèses sur la nature et l'évolution de l'atmosphère
    voir en bas de page les différents types de modèles numériques météorologiques. Ces hypothèses sont traduites en équations mathématiques, puis numérisées pour pouvoir être appliquées aux variables à l'aide d'un ordinateur. Les différentes observations effectuées sur le cyclone sont " rentrées " dans ce programme, capable de donner à la fin du calcul les paramètres relatifs à l'évolution prévisible du phénomène.

    Effets et conséquences des cyclones



    3 - Veille météorologique mondiale

    L'OMM coordonne à l'échelle mondiale, par le biais de la Veille météorologique mondiale - VMM - la collecte et la diffusion des observations nécessaires aux prévisions.

    Le réseau de mesures permettant d'observer à l'échelle de la planète l'état de l'atmosphère, appelé Système mondial d'observation (SMO), s'appuie sur :

    - les mesures régulières réalisées à partir de stations météorologiques de surface et à partir de navires ;

    - les profils verticaux de vents, température et humidité obtenus à partir de ballons sondes lâchés sur terre et sur mer à heures fixes ;

    - les mesures effectuées par les avions commerciaux,
    ainsi que les reconnaissances aériennes réalisées dans l'œil du cyclone (effectuées par des avions « chasseurs de cyclones » spécialement équipés) ;

    - les mesures réalisées en mer par des bouées dérivantes ou fixes
    (environ 300) ;

    - les mesures effectuées par des satellites en orbite polaire.

    La prévision fournie dans les messages des CMRS provient de sources diverses. Le prévisionniste compare les différents modèles puis établit une synthèse ou fait son choix parmi les différents scénarios bâtis par ces modèles, à partir de son expérience : c'est l'expertise humaine.

    4 - Les autres mesures préventives

    Outre la prévision cyclonique et l'information de la population, les autres piliers de la prévention sont la « prise d'assurances » quant à la non-exposition du futur terrain d'assise du projet aux phénomènes induits par les cyclones et le respect des normes de construction en vigueur.

     
  • La maîtrise de l'aménagement


  • Une attention particulière doit être portée sur le choix du terrain d'implantation des nouveaux projets d'urbanisation (dans l'idéal, un diagnostic du risque pesant sur le bâti existant est également souhaitable). Les principes à respecter sont les suivants :

    - éviter de construire en bordure du littoral, de façon à s'affranchir du risque lié à la houle cyclonique et à la marée de tempête ;

    - ne pas construire dans le lit majeur des cours d'eau (et plus largement dans toute zone inondable) compte tenu des risques de débordements existants pendant et après le passage du cyclone (liés à la pluviométrie souvent importante qui l'accompagne) ;

    - éviter les sites dont les caractéristiques topographiques leur confèrent une trop grande exposition aux vents ;

    - ne pas construire sur un versant soumis aux instabilités de terrain (de même qu'en tête ou au pied de celui-ci) ;

    - ne pas construire sous une ligne électrique haute tension (risque d'électrocution et d'incendie).

    Dans les zones exposées aux risques, selon l'article L 562-1 du Code de l'environnement, les constructions sont soit interdites, soit soumises à des conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation.

     
  • Les dispositions constructives paracycloniques


  • L'objectif du génie paracyclonique repose sur un ensemble de principes conceptuels et de dispositions structurelles. Il ne s'agit pas de garantir une résistance totale du bâti contre tout phénomène cyclonique, mais d'améliorer la résistance générale du bâtiment (tout en conciliant l'objectif de climatisation naturelle du bâtiment, objectif incontournable du fait du climat des zones concernées). Ce dernier objectif est relativement simple à mettre en œuvre.

    Un bâtiment construit selon les règles paracycloniques pourra subir des désordres structurels plus ou moins importants, mais la vie des occupants ne doit pas être menacée.

    Le génie paracyclonique, en cherchant à améliorer la résistance aux vents violents, s'attache notamment à optimiser les paramètres essentiels suivants :

    - la prise au vent (importance des débords de toitures, géométrie et pente du toit). Pour lutter efficacement contre l'effet « prise au vent » il faut réduire autant que possible la taille de ce qui dépasse des murs porteurs (débord de toiture). Au delà d'une trentaine de centimètres, des techniques particulières sont nécessaires pour renforcer le débord et limiter le risque de soulèvement du toit. Dans le cas de la réalisation d'une terrasse couverte, une conception adaptée est indispensable (par exemple non continuité physique entre les toitures de la bâtisse et la terrasse de façon à ce que si cette dernière est emportée, cela ne mette pas en péril la toiture principale). Pour un meilleur compromis entre forces de soulèvement et surpression du versant au vent, la pente du toit doit se situer autour de 30 ° ;


    © Prim-Net

    - La pente du toit est l'élément principal de défense des structures de maisons individuelles contre les forces de soulèvement et d'arrachement de la toiture en cas de vent très fort. Un toit à quatre pentes, avec une inclinaison de 30 °, est recommandé.


    L'effet des vents sur les habitations
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    - la toiture : l'emploi de la tôle ondulée comme couverture, courante dans les régions cycloniques, doit nécessairement s'accompagner de certaines précautions : fixation à l'aide de vis et non par des clous, recouvrement suffisant entre les tôles, ancrage des tôles toutes les trois ondes, aux extrémités du toit fixation des tôles sur les planches ou sur le béton des murs porteurs par des vis tous les 50 cm. Pour les toits en tuiles, il est nécessaire de n'utiliser que des tuiles à emboîtement (romanes, mécaniques). Les tuiles des extrémités et de faîtage doivent être scellées au mortier ;

    Si les dépressions sur le toit dues au vent se conjuguent à une mise en surpression de l'intérieur du logement (impact d'un corps étranger ou ouverture d'une porte ou d'une fenêtre sur la façade au vent), les forces de soulèvement sont fortement augmentées, provoquant ainsi d'importants dégâts.

    - le renforcement ou la protection des ouvertures (portes et fenêtres) : quel que soit le type d'ouverture, elle doit impérativement être protégée par un système de volets paracycloniques. À défaut, l'épaisseur du vitrage doit être d'au moins 6 mm. De trop grandes surfaces « ouvertes » sont dans tous les cas à proscrire (même protégées par des volets). En cas d'absence de volet, l'utilisation de panneaux de contreplaqué peut être une solution d'urgence efficace (fixation des panneaux sur un cadre en bois avec des chevrons). Si l'ouverture est plus étroite que haute, les renforts doivent être horizontaux. Si votre baie est plus large que haute, les renforts doivent être verticaux ;


    Fermetures et ouvertures
    © Prim-Net

    La fermeture des parties au vent et l'ouverture des parties sous le vent permet, durant le cyclone, de créer des dépressions compensatrices sur le profil du bâtiment. Un puits de dépression, ouvert en toiture, constitue une autre application de ce principe.

    - le contreventement correspond à l'agencement des pièces d'une construction, destiné à en assurer la stabilité, à s'opposer à sa déformation due aux efforts horizontaux ou à son renversement. Les contreventements verticaux ne sont pas suffisants. Des contreventements horizontaux doivent également être assurés à l'aide des toitures (charpente bois correctement dimensionnée avec une bonne mise en œuvre, bon choix du bois, bon ancrage de la charpente à la structure, etc) et des planchers. L'ensemble du dispositif de contreventement doit être soigneusement liaisonné. Dans une charpente traditionnelle, le contreventement s'effectue à l'aide de liens placés dans le plan du faîtage. Dans les constructions plus importantes, les contreventements deviennent de véritables poutres triangulées en K ou en N placées dans les plans de la toiture.

    Pour en savoir plus :

    Prim-Net



    Source :
    Futura-sciences


    Posté par Myriam Kieffer à 06:18 PM - Air - Courants aériens - Ouragans - Permalien [#]

    dimanche 6 novembre 2005

    Corse, protection des cétacés Projet LINDA

    Depuis toujours les hommes et les Grands dauphins se côtoient avec plus ou moins de bonheur sur l’étroit plateau continental qui prolonge les côtes sous la mer. Le dauphin est sympathique quand il nage à l’étrave des navires, ou au travers de ces récits de sauvetage qui fondent bien des légendes. Mais il est aussi un redoutable concurrent quand il se nourrit des mêmes stocks de poisson que les pêcheurs et quand il s’en prend à leurs filets.

    Il faut éviter que cette concurrence, si elle devient trop rude, ne dégénère en conflit ouvert.

    En 2000, lors d'un recensement mené dans le cadre de notre programme Cap Ligures, les scientifiques ont tiré la sonnette d'alarme : l'exaspération des pêcheurs, confrontés à la multiplication des attaques des Grands dauphins dans leurs filets, atteignait un point critique. Ces témoignages rejoignaient les constatations des personnels et des scientifiques des aires marines protégées corses travaillant de longue date sur ce terrain.

    Conscients de l’importance de cette problématique, des acteurs locaux - l’Office de l’Environnement de la Corse, le Parc Naturel Régional de Corse, l’Université de Corse et la DIREN-Corse - nationaux - le sanctuaire PELAGOS (partie française) représenté pour le Ministère de l’environnement par le Parc National de Port-Cros - ainsi que le WWF-France, se sont réunis en 2002 pour essayer d’y apporter des solutions.

    C’est ainsi qu’est né le programme Life LINDA, avec le souci de la conservation du Grand dauphin, espèce protégée, autant que du maintien de conditions de travail acceptables pour les pêcheurs.



    Grand dauphin
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    Pour être complet, ce programme ne pouvait pas se limiter à la seule activité de pêche : le développement parfois excessif du trafic nautique de plaisance et de l’observation des dauphins peut être source de nuisance pour les cétacés et doit être régulé par la mise en place de pratiques durables.

    Développer des solutions permettant à chacun de vivre et travailler en mer tout en respectant les espèces et les milieux naturels, telle est l'ambition du programme Life LINDA. Une ambition qui passe par l'étude, le dialogue, la concertation, la coopération, la sensibilisation et l'éducation. Ne serait-ce pas là ce qu'on appelle le "développement durable" ?

    Sommaire

    1. Le programme Life LINDA pour protéger les Grands Dauphins
    2. Les interactions hommes/dauphins
    3. Pour une meilleure compréhension et une large sensibilisation
    4. Identification du Grand Dauphin



    1°) Le programme Life LINDA pour protéger les Grands Dauphins

    Un des grands travaux de conservation du WWF-France a été, au sein de la mission Océans et Côtes, l’étude et la sauvegarde des Cétacés en Méditerranée. Fort de son expérience en conservation des Cétacés acquise au travers du programme Cap Ligures mené pendant 4 ans, le WWF-France a lancé en novembre 2003 un programme LIFE de Limitation des Interactions Négatives entre Dauphins et Activités humaines en Corse, le Life LINDA.

    Un des principaux objectifs du Life LINDA est la protection des populations de Grands dauphins en Corse, en garantissant une cohabitation harmonieuse entre les activités économiques et l'espèce. Il s'agit en particulier d'associer les principaux acteurs de la gestion de l'environnement, les représentants socio-économiques, les populations locales et les touristes plaisanciers à la mise en place de pratiques durables pour les activités de pêche, de nautisme et de whale-watching.

    Le Life LINDA concerne 4 Sites d’Intérêt Communautaire (SIC) où le Grand dauphin est présent :



    Iles Lavezzi
    © Franck Dhermain Gecem - Tous droits de reproduction interdit

    - Les Iles Cerbicales et Lavezzi situées dans la Réserve Naturelle des Bouches de Bonifacio,
    - La façade maritime du Parc Naturel Régional de Corse (du Golf de Porto à la pointe de la Revellata),
    - et enfin au large du désert des Agriates.

  • Actions et moyens prévus
  • Afin de parvenir à ces objectifs, le projet LINDA propose :

    - la mise en œuvre de mesures pour réduire les conflits entre Grands dauphins et pêcheurs : élaboration en concertation avec les pêcheurs de stratégies potentielles d’évitement des Grands dauphins, test de différentes techniques de pêche basées sur des pratiques alternatives, etc.

    - la conduite d'actions de promotion de modes de gestions durable des activités liées au tourisme nautique : charte du motonautisme durable, surveillance du whale-watching, code de bonne conduite, etc.

    - les actions fortes de sensibilisation des enfants et du public : création d'une mallette pédagogique, classes de découverte pour les groupes scolaires, documentaire télévisé, conférences-débats, etc.

    - des actions d'acquisition de connaissance : identification et suivi des populations de dauphins, mesure de la pollution sonore, réalisation d'un plan d’action pour l'espèce, etc.



    Carte de la Corse et des sites d’applications du Life LINDA
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  • Résultats attendus

  • Au terme du Life LINDA, les principaux résultats attendus sont :

    - la réduction des attaques des Grands dauphins dans les filets de pêche.

    - la réduction des risques de conflits entre pêcheurs et Grands dauphins.

    - le contrôle, la régulation du trafic nautique de plaisance sur les zones d'application et la limitation du dérangement des Grands dauphins et des risques de blessures et de collisions.

    2°) Les interactions hommes/dauphins

    L'objectif principal du programme Life LINDA est la diminution des interactions négatives hommes/dauphins en Corse. Ces interactions résultent principalement de la concentration et de l'intense pression des activités humaines sur l’étroite bande côtière qui constitue également l’habitat préférentiel du Grand dauphin. Il s’agit donc d’observer et d’étudier la population de Grands dauphins dans les zones d’application du Life LINDA, et de diminuer l’impact des différentes activités humaines sur l’espèce.

    Le programme Life LINDA se concentre sur deux activités principales : la pêche artisanale, et le tourisme nautique.



    Grands dauphins
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  • Résultats attendus

  • L’observation des populations de Grands dauphins  

    Il s’agit de caractériser la population de Grands dauphins (évolution des effectifs, variations saisonnières, natalité/mortalité, etc.) fréquentant les zones d’application du Life LINDA et d'étudier également leurs comportements face à certaines activités humaines comme le whale-watching ou le trafic maritime de plaisance qui peuvent être très intense à la haute saison. : fuite, perturbation des comportements, etc.…

    A l’issue de ces actions, il sera possible de déterminer les «secteurs d’intérêt particulier» pour le Grand dauphin et d’identifier l’impact des pratiques humaines et d’une forte fréquentation sur le comportement des Grands dauphins. En fin de programme, un plan d’action régional pour le Grand dauphin sera proposé.

    Les tensions avec les pêcheurs

    Le problème des attaques de dauphins sur les filets de pêche est au cœur du programme Life LINDA. Les dégâts occasionnés par ces attaques tant sur les captures que sur les filets engendrent un manque à gagner et une dégradation des conditions de travail des professionnels qui sont difficilement acceptables s’ils deviennent excessifs.

    Ces attaques ne sont pas nouvelles. Pêcheurs et dauphins exploitent la même ressource et ont toujours été en compétition. Il fut même un temps où les autorités de tutelle de la pêche préconisaient l’emploi du fusil pour écarter les cétacés qualifiés de nuisibles !

    En toute logique, dauphins et les pêcheurs se rassemblent sur les secteurs où les poissons sont le plus abondants. En Corse, ces secteurs sont concentrés sur l'étroite bande du plateau continental qui fait souvent à peine 2 km de large, ce qui accentue encore la compétition.
    Le problème de fond qui génère cette tension entre les pêcheurs et les dauphins est donc celui de la raréfaction de la ressource en poissons.

    Ces dernières années, les témoignages des pêcheurs rapportant des attaques de dauphins sur leurs filets se sont multipliés, et leur exaspération vis à vis de l’espèce va croissant. Du côté des dauphins, les préjudices portés par les filets des pêcheurs sont dus à des lacérations et parfois la mort lorsque le dauphin reste coincé dans les filets (ce qui arrive très rarement).

    Pendant les 8 premiers mois du programme Life LINDA (avril à novembre 2004), des écovolontaires ont embarqué à bords des bateaux de pêcheurs professionnels pour étudier les interactions entre Grands dauphins et filets de pêche dans toutes les zones d’application du Life, à l’aide d’un questionnaire élaboré et testé par l’Université de Corse.

    Cette étude permettra d’obtenir une véritable évaluation de ce phénomène afin d’adopter ensuite les mesures de gestion les mieux adaptées pour permettre un équilibre satisfaisant les besoins humains et ceux des populations de Cétacés.



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    La pollution sonore liée au trafic nautique

    La pollution sonore et le dérangement causé par la fréquentation nautique sur les zones d’application du Life LINDA ont été identifiées comme pouvant avoir une influence sur le comportement des Grands dauphins. Le Grand dauphin utilise un système acoustique (sonar biologique) pour se repérer et évoluer dans son environnement. C’est pourquoi, l’ambiance sonore peut avoir un impact direct sur le comportement de l’espèce.
    Par exemple, les gardes de la Réserve Naturelle de Scandola ont observé lors de sorties sur le terrain des comportements particuliers de Grands dauphins, tel que l’éclatement des groupes, au moment des fréquentations importantes par des bateaux à moteur.

    Dans le cadre du programme LINDA, les scientifiques mesurent la pollution sonore sous-marine dans les zones de trafic maritime intense à l’aide d’enregistrements et évaluent son impact sur les Grands dauphins.

    Parallèlement à ces mesures, afin de disposer d'une évaluation plus globale de la pollution sonore liée à la plaisance, le trafic des bateaux est estimé sur les zones d'application du Life LINDA à des périodes de plus ou moins grande fréquentation :

    - par une caractérisation des flux de bateaux traversant les zones.
    - par un comptage des bateaux sur les sites de mouillage.



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    Le développement du tourisme d’observation des Cétacés (le whale-watching)
    Le whale-watching, s'il est mal pratiqué, peut conduire au harcèlement et au dérangement des animaux. Les gardes de la Réserve Naturelle de Scandola ont ainsi observé des comportements de plaisanciers qui affectaient les groupes de dauphins : dès que des animaux sont repérés les plaisanciers se regroupent autours d’eux (jusqu'à plusieurs dizaines de bateaux), perturbent les activités des animaux et leurs interaction sociales, et les poursuivent même parfois jusqu'à la dislocation du groupe.

    Dans le cadre du Life LINDA, l'impact de ces mauvaises pratiques est évalué et si possible quantifié par les agents des agents des Réserves Naturelles des Bouches de Bonifacio et de Scandola. Les plaisanciers sont sensibilisés, en mer et dans les ports voisins, à de meilleures pratiques au travers d'une plaquette présentant un code de bonne conduite pour le Whale-watching.

    Mais le whale-watching, bien encadré, peut soutenir une activité économique touristique profitable et durable. Pour encadrer et contrôler, il faut prévoir. Les potentialités de développement du Whale-watching sont donc étudiées dans le cadre du Life LINDA, en collaboration avec les structures commerciales (organisateurs de promenades en mer, de charter à voile, de pêche au gros, loueurs de bateaux) ou associatives, et en identifiant les opérateurs potentiels afin d’anticiper le développement de leur activité.

    3°) Pour une meilleure compréhension et une large sensibilisation

    Plusieurs opérations de sensibilisation et de communication sont menées depuis 1 an et ce jusqu’en 2007 dans le cadre du Life LINDA à destination du grand public, des scolaires, des professionnels de la mer, des touristes et des populations locales.

    Les actions

    Les « campagnes » estivales : menées par des écovolontaires auprès des touristes. Elles s’échelonnent du 15 juin au 15 septembre en 2004, 2005 et 2006 au sein des zones d’application du Life LINDA et dans les ports limitrophes : Porto-Vecchio, Bonifacio, Porto, Calvi, et Saint Florent.

    La Casa Marina : (structure d’accueil et d’hébergement du Parc Naturel Régional de Corse située à Galeria) accueille des séjours pédagogiques orientés sur la découverte du milieu marin. Une quarantaine de séjours y est assurée chaque année au cours desquelles (pour toute la durée du programme) une demi journée d’animation sur les Grands dauphins et les Cétacés de Méditerranée est proposées aux enfants.

    Les outils

    La mallette pédagogique est réalisée dans le cadre du programme Life LINDA sur la conservation du Grand dauphin. Elle contient une maquette grandeur nature d'un jeune dauphin, 1 jeu, 1 poster, 1 cd rom et des documents pédagogiques. Elle a pour objectif de faciliter la connaissance du Grand dauphin, de son mode de vie, de son biotope et des dangers qui le menacent et servira de support aux animateurs intervenant dans les écoles, au cours de classes de découverte qui se déroulent à la Casa marina et lors de certaines manifestations telles que la Mer en Fête.

    Une plaquette de sensibilisation à destination des usagers de la mer a été réalisée et imprimé en 3 langues : français, anglais et italien. Cette plaquette a pour objectif de diffuser un message informatif sur la présence du Grand dauphin, espèce protégée, sur les côtes corse. 6000 plaquettes de sensibilisation ont été distribuées en 2004 au cours d’entretiens individualisés avec les estivants.

    Le bulletin d’information aux pêcheurs est le lien entre le programme Life LINDA et les professionnels de la pêche. Il leur fournit des informations régulières sur l'actualité du programme.

    Il est complété par des réunions d'informations qui les impliquent directement dans la mise en place et le déroulement des actions qui les concernent.

    La charte du nautisme responsable sera élaborée en concertation avec les professionnels du secteur, et proposera une série de recommandations limitant l'impact de l'activité sur les populations de Grands dauphins en prenant en compte les résultats des études et des campagnes de sensibilisation réalisées dans le cadre du programme LINDA.

    Le site Internet : LINDA , pour tenir informer sur le contenu et les évolutions du Life LINDA.


    4°) Identification du Grand Dauphin

    Tursiops truncatus, Grand dauphin, Bottlenose dolphin



    Tursiops truncatus
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    - Nom : Tursiops truncatus
    - Taille : de 2,5 m à 3,5 m
    - Poids : entre 200 et 300 kg
    - Signe distinctif : corps gris foncé sur le dos et s’éclaircit graduellement en allant vers le ventre
    - Durée de vie : environ 40 ans
    - Alimentation : poissons, calamars voire crustacés, capturés sur le fond. C’est pourquoi ils préfèrent les zones côtières ne dépassant pas 200 mètres de profondeur.
    Reproduction : les femelles ont des jeunes tous les 2 ou 3 ans après une gestation de 12 mois.
    - Vie sociale : les clans regroupent en moyenne une dizaine d’individus. L’espèce présente d’importantes variations de taille, de coloration et de comportement suivant les régions.

    Les Grands dauphins, Tursiops truncatus, sont essentiellement grégaires. Ils exploitent une grande variété de milieux, baies, lagons, estuaires et plus largement toutes les zones côtières marines de moins de 200 mètres de profondeur ; mais ils sont aussi observés au large. Les zones de passage entre la haute mer et la côte sont des zones très fréquentées par cette espèce.

    Espèce prédatrice, le Grand dauphin se nourrit essentiellement de poissons benthiques comme les sparidés, les rougets, les mulets, mais peut également consommer des calmars.
    Les Grands dauphins ont appris à utiliser les moyens de pêche mis en œuvre par l’homme : soit ils profitent des rassemblements de poissons encerclés par les filets, soit ils vont directement se nourrir dans les filets en occasionnant alors des déchirures. La consommation de poissons peut représenter 3 à 7% du poids de son corps soit une ration quotidienne d’une dizaine de kilos.



    Distribution du Grand dauphin en Méditerranée : zone hachurée : présence potentielle, zone pleine : présence assurée
    © NOTARBARTOLO di SCIARA G, DEMMA M, Guida dei Mammiferi Marini del Mediterranea, Franco Muzzio ed -

    En Méditerranée, les Grands Dauphins se rencontrent généralement en groupes d’une dizaine d’individus. Mais à certaines périodes de l’année, des rassemblements de plusieurs dizaines d’individus peuvent être observés, dus à la présence de nourriture sur une zone donnée, ou à la période de reproduction qui s’étale du printemps à l’automne. En 2000, un recensement mené par le GECEM dans le cadre du programme Cap Ligures du WWF estimait la population corse et de l'île d'Elbe entre 198 et 242 individus. En 2003, l’estimation réalisée par la même équipe est de 130 à 173 individus.

    La population mondiale de Grands Dauphins Tursiops truncatus est considérée comme insuffisamment connue par l'UICN1. Peu d'estimations de populations ont été réalisées dans le monde, et elles ne concernent habituellement que des régions très localisées.

    L’espèce n’est pas considérée comme menacée à l’échelle mondiale, mais localement, de nombreuses populations sont menacées d’extinction et évolution.



    UICN1

    L’Union mondiale pour la nature (UICN) définit plusieurs degrés de risque. La catégorie «éteint à l’état sauvage » correspond à des espèces qui ne sont connues qu’en captivité, et dont aucun individu sauvage n’a pu être observé.

    Les espèces « gravement menacées d’extinction » ne pourront sans doute survivre si l’homme n’intervient pas ; leur risque d’extinction à l’état sauvage est très élevé dans un futur immédiat.

    Pour les espèces « menacées d’extinction », le risque est élevé dans un futur proche et, pour les « espèces vulnérables », élevé à moyen terme. La catégorie « faible risque » comprend notamment des espèces dont la survie dépend des mesures de protection.


    Source : Futura-Sciences

    Posté par Myriam Kieffer à 09:26 PM - Animaux en Voie de Disparition - Espèces Menacées - Permalien [#]

    samedi 5 novembre 2005

    Les animaux ont la parole

    Chez l'homme, le lien social est d'une importance capitale… Mais est-ce également vrai pour d'autres espècesinsectes, volatiles ou mammifères ? La question est au centre des recherches du laboratoire « Éthologie, évolution, écologie ». Visite d'une ménagerie pas comme les autres… d'animaux.

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    Dans le bâtiment 25 du campus universitaire de Beaulieu, à Rennes, ça gazouille, ça bruisse, ça crie, ça caquette… Tout cela sous l'œil et l'oreille attentifs des cinquante chercheurs et doctorants de l'unité mixte de recherche « Éthologie, évolution, écologie ». « Notre laboratoire, né dans les années soixante, est l'un des tout premiers à s'être consacrés à l'éthologie, c'est-à-dire à l'étude du comportement animal, raconte sa directrice, Martine Hausberger. Il s'agit d'une approche véritablement interdisciplinaire, au carrefour de la psycho­logie, de la neurobiologie, de la génétique, de l'écologie… »

    C'est aussi l'un des rares laboratoires français à étudier autant d'espèces : insectes (la blatte), oiseaux (l'étourneau, la caille, la poule) et mammifères (le cheval, le singe, l'homme). « Nous travaillons de façon comparative à plusieurs échelles, explique Martine Hausberger. D'abord à celle de l'individu (depuis le neurone jusqu'au comportement), puis du groupe, de la population et enfin de l'espèce. » L'objectif commun : comprendre le fonctionnement social, ses implications sur les populations et sa dimension évolutive.


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    La guêpe parasitoïde, qui pond sa larve dans un puceron, permet d'étudier l'influence du comportement sur l'évolution de l'espèce. © S. Dourlot/Univ. Rennes


    Étudier le comportement individuel d'animaux… Cela peut paraître cocasse.


    Pourtant, l'homme ne serait peut-être pas le seul animal doué d'états d'âme, comme le suggèrent les observations des éthologistes faites sur plusieurs espèces. La caille japonaise (domestique), par exemple, est réglée comme du papier à musique. Sans référence temporelle extérieure, elle est capable de s'alimenter aux mêmes heures, jour après jour… Du moins on le pensait, jusqu'à ce que les chercheurs bretons enregistrent les rythmes d'alimentation d'une centaine d'oiseaux pendant quinze jours. Résultat : environ 20 % d'entre eux ne sont pas si bien rythmés que cela. « C'est un constat surprenant que nous ne nous expliquons toujours pas, admet Sophie Lumineau. Mais influent sur ces rythmes des facteurs comme la lignée génétique ou l'environnement social. »


    Chez les mammifères aussi, l'individualité est de mise. À quelques dizaines de kilomètres de Rennes, au cœur de la forêt de Brocéliande, la station biologique de Paimpont accueille une antenne du laboratoire. Cet écrin de verdure est le lieu de résidence d'une quarantaine de singes d'espèces différentes. Là, Catherine Blois-Heulin leur soumet plusieurs tâches manuelles, visuelles ou auditives, afin d'étudier leur latéralité, c'est-à-dire leur préférence pour l'une ou l'autre main par exemple. L'homme, lui, a cette particularité d'être droitier à 90 %, quelle que soit sa culture. Les études montrent que cette latéralité n'existe pas de façon aussi forte chez ces primates. « Elle peut cependant apparaître lorsque l'exercice est complexe », précise la chercheuse.

    Si chaque animal a bel et bien un comportement qui lui est propre, il est aussi fortement influencé par ses congénères. « Nous comparons des individus maternés à des non maternés chez la caille et la poule », expliquent Cécilia Houdelier et Marie-Annick Richard. Là encore, les différences de comportement sont saisissantes. Les petits restés avec leur mère exploitent plus leur environnement, sont plus curieux. Le comportement de la mère a également des conséquences : un petit élevé avec une mère émotive (il existe des lignées sélectionnées pour ce trait de caractère) sera lui aussi plus émotif ! De la même façon, des poulains dont la mère apprécie le contact de l'homme rechercheront aussi ce contact. Freud aurait sans doute apprécié…


    Chez certaines espèces très sociales, la mère n'est pas la seule à influencer les jeunes.


    Dans ce domaine, l'espèce de prédilection du laboratoire est l'étourneau. Cet oiseau chanteur possède une vie sociale très complexe. Il se reproduit en colonies d'une dizaine de membres, s'alimente sur des lieux que se partagent plusieurs colonies et passe la nuit dans des « dortoirs » qui peuvent regrouper trois millions d'individus ! Et pendant tout ce temps, l'oiseau gazouille et siffle. « Le chant de l'étourneau est présent dans tous les aspects de la vie sociale, explique Laurence Henry. Il existe des structures de base, partagées par tous les oiseaux, mais se surajoutent des motifs sonores propres à la région, à la colonie et même à l'individu. »

    En particulier le jeune, par la mère et les autres adultes. En effet, un étourneau apprend de nouveaux chants toute sa vie. Les expériences menées dans les chambres sourdes (des caissons insonorisés dotés de micros) du laboratoire ont montré que, privé de la présence de ses congénères dans sa jeunesse, non seulement il est incapable de chanter mais son cerveau ne se développe pas normalement. Des groupes de jeunes montrent même des comportements très agressifs lorsqu'il n'y a pas d'adultes avec eux. Tous les tests effectués sont sans équivoque : le lien social s'avère très important dans l'apprentissage du chant. « L'oiseau est en fait considéré comme un très bon modèle de l'apprentissage du langage et de compréhension des bases neurobiologiques de la communication vocale », assure Laurence Henry. Ces travaux, qui s'inscrivent dans des programmes de recherche comparatifs (Cognitique et « Origine de l'homme, du langage et des langues ») révèlent aussi des parallèles chez des primates non humains, comme les mones de Campbell. Des travaux récents faits au laboratoire ont démontré chez ces singes une plasticité vocale insoupçonnée.


    Ce n'est pas Stéphanie Barbu qui dira le contraire, tant ses recherches sur les enfants sont au diapason des autres travaux du laboratoire sur la vie sociale et la communication. En collaboration avec des psycho- et sociolinguistes, la chercheuse étudie la variabilité du langage chez les jeunes enfants. « Les données, recueillies depuis 2000 dans différentes écoles de la région sont très longues à dépouiller, et nos résultats sont préliminaires, ­prévient-elle. Mais déjà, nous observons que même les très jeunes enfants semblent posséder une variabilité linguistique, c'est-à-dire une manière de parler différente selon leur interlocuteur.


    Comportement individuel, organisation du groupe social…


    Les éthologistes poursuivent leur « zoom arrière » et s'intéressent à la population et à sa dynamique, « c'est-à-dire à l'ensemble des processus démographiques et sociaux – naissances, mortalité, relations sociales – qui contribuent à son évolution », précisent Éric Petit et Nelly Ménard, qui suivent depuis plusieurs années, en Afrique, des populations de gorilles des plaines et de magots. Avec une particularité : ils se servent de la génétique pour comprendre la dynamique sociale. « Nous avons mis au point une technique fiable qui nous permet d'extraire l'ADN des fèces (selles) des animaux », explique-t-il. Les données sont en cours de dépouillement.

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    Les éthologistes exploitent les outils de la génétique pour comprendre la dynamique sociale des populations de gorilles. Ici, un mâle adulte (Gorilla gorilla gorilla) dans le parc national d'Odzala, Congo.
    © F. Levréro, D. Caillaud et S. Gatti/CNRS



    Quel peut bien être l'impact d'un comportement particulier sur l'évolution d'une espèce ?


    Pour le savoir, Joan van Baaren et Jean-Sébastien Pierre étudient quant à eux des parasitoïdes, sortes de petites guêpes qui pondent leur larve dans un insecte (en l'occurrence un puceron). « En dix jours, nous pouvons évaluer les conséquences d'un comportement de la femelle sur le nombre de sa descendance et construire des modèles de prédiction », assure la chercheuse. De son côté, Pierre Deleporte montre que l'évolution d'une espèce n'est pas linéaire, loin de là… Il s'intéresse aux comportements grégaires des blattes, à leur faculté de vivre en groupe.

    Elles ne l'auraient pas acquise progressivement, passant d'un état solitaire à un état grégaire, considéré comme plus « évolué » car préfigurant la socialisation. Le grégarisme serait plutôt une « convergence fonctionnelle », c'est-à-dire une même solution mise en place par des espèces différentes de blattes, en réponse à des contraintes environnementales similaires. Impossible alors de dire ce qu'était leur ancêtre, solitaire ou grégaire. Mais assurément, ces éthologistes-là savent faire parler les bêtes…


    Source :
    Futura-Sciences


    Posté par Myriam Kieffer à 10:48 PM - Espèces Animales Terrestres - Oiseaux - Reptiles - Insectes - Permalien [#]


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