mercredi 19 octobre 2005
Les écosystèmes aquatiques
Ecosystèmes aquatiques continentaux

Qui n’a jamais apprécié le charme bucolique qu’apportent à nos paysages, la très grande variété des eaux continentales : la douceur d’un étang, le tumulte d’un torrent, la langueur d’une rivière au cours paresseux, la sauvagerie d’un grand fleuve…
Mais l’eau n’est pas la seule composante importante de ces milieux. Ils sont aussi le siège d’une vie foisonnante, tant animale que végétale, qui joue un rôle primordial dans leur fonctionnement.
Ainsi, l’équilibre d’un écosystème aquatique est-il le fruit d’échanges multiples et permanents entre les différents éléments qui le composent. Mais, naturellement ou sous la pression de certaines activités humaines, des désordres peuvent naître en leur sein et dégrader les ressources en eau comme en matières vivantes. Connaître le fonctionnement et la dynamique de ces systèmes est donc primordial pour pouvoir comprendre leur évolution, évaluer leur " état de santé " et mieux les protéger.
Qu'est-ce qu'un écosystème aquatique?
Un cours d’eau, un lac, une zone littorale… sont des systèmes complexes.
Ils abritent en effet en leur sein nombre d’espèces vivantes très diverses, végétales et animales, qui interagissent entre elles de façons variées en établissant des relations de cohabitation, de compétition, de prédation ou de parasitisme. De plus, ces espèces ne peuvent se suffire à elles-mêmes.

Ecosystème
Pour croître, elles ont besoin de l’énergie et des aliments qui leur sont fournis par le milieu extérieur constitué par l’eau, les sols et l’atmosphère. La composition de ces populations dépend donc étroitement des conditions de vie qui leur sont offertes, à savoir du courant, de la température, de l’oxygénation et de la composition chimique de l’eau, de la nature des fonds, du relief et de la végétation du bassin versant, des conditions atmosphériques… Inversement la composition chimique de l’eau est constamment modifiée par les espèces vivantes présentes dans le milieu surtout en ce qui concerne les teneurs en matières minérales et en gaz dissous.

Embouchure de la rivière Dumbéa en Nouvelle-Calédonie
(© CNRS/B. Thomassin)
Ainsi, les espèces biologiques vivent-elles en interdépendance étroite entre elles et avec le milieu physique environnant.
Les échanges sont multiples, sous forme d’énergie ou de matière et l’équilibre délicat à maintenir. Pour tenir compte de cette complexité, le concept d’écosystème aquatique a été créé qui prend en compte toutes ces composantes : il recouvre l’ensemble formé par le biotop, c’est-à-dire le milieu physique, les conditions de vie, et la biocénose, l’ensemble des êtres vivants qui s’y développent. Un écosystème aquatique forme ainsi un système doué d’une certaine autonomie et il est possible de l’étudier isolément.

Bords du Nil
(© CNRS/Miller/Rivière)
Il existe
une très grande variété d’écosystèmes aquatiques continentaux que l’on peut
regrouper en trois grands types suivant que leurs eaux sont stagnantes, courantes ou
souterraines.
Les milieux aquatiques aux eaux stagnantes sont les lacs, grandes étendues d’eau libre à l’intérieur des terres, les marais peu profonds et envahis par la végétation, les mares, les étangs et réservoirs créés de toute pièce par l’homme, ou encore les zones humides, lesquelles recouvrent différents types de milieux peu profonds à la végétation exubérante comme par exemple les tourbières, les marécages, les bras morts des plaines inondables,…

Étang des Dames dans la Brenne, région dite " aux mille étangs ", dans le Berry
(© CNRS/Dreuillaux)
Les milieux aux eaux courantes sont tous les torrents, ruisseaux, rivières et fleuves dont les eaux sont manifestement en mouvement le long des pentes.

Torrent
Quant aux milieux aquatiques souterrains, ce sont le plus souvent des
nappes d’eau imbibant le sous-sol. Ce sont aussi parfois de véritables cours d’eau disparaissant dans des galeries souterraines.

Galerie d'eau souterraine et Spéléologue
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Les espèces vivant dans un écosystème aquatique
Depuis l’apparition de la vie au fond des océans primordiaux, les organismes n’ont fait que se multiplier en se diversifiant de façon considérable. Aujourd’hui, les divers
écosystèmes aquatiques
continentaux abritent en leur sein une multitude d’espèces vivantes fort
différentes.
La population d’un écosystème aquatique donné dépend fortement de ses conditions d’habitat, c’est-à-dire de facteurs tels que la température, la profondeur et la qualité des eaux, la vitesse des courants, la luminosité, le type de fond… Flore et faune peuvent donc être extrêmement différentes d’un écosystème à l’autre, ou même d’un lieu à l’autre au sein d’un même écosystème.

Mare de la Grande Terre de Guadeloupe. Dans cette région, les milieux aquatiques sont principalement constitués par des mares naturelles ou artificielles qui hébergent une faune d’invertébrés d’eau douce très variée.
Elles peuvent aussi varier en fonction des saisons. Dans les cours d’eau, par exemple, les populations de poissons varient de l’amont vers l’aval. Dans les écosystèmes souterrains où la lumière ne pénètre jamais, on ne trouve en règle générale que des bactéries et quelques rares espèces animales, alors que les écosystèmes de surface recèlent une grande variété d’espèces animales et végétales.

Marécages
Les espèces vivantes les plus petites, le plus souvent de taille microscopique et donc invisibles à l’œil nu, vivent en suspension dans l’eau, souvent près de la surface, flottant au gré des courants. Elles forment le plancton : le plancton végétal appelé phytoplancton, qui est le premier maillon de la chaîne trophique, et le plancton animal appelé zooplancton. Seules les eaux courantes très rapides ne permettent pas, ou peu, le développement du plancton.

Diverses Variétés de Plancton
De nombreux autres végétaux de tailles plus conséquentes et visibles à l’œil nu se développent dans les écosystèmes aquatiques continentaux de faibles profondeurs. Certains flottent à la surface de l’eau comme les lentilles d’eau des étangs, ou dérivent avec les courants comme certaines algues dans les cours d’eau. D’autres sont fixés au sol comme les roseaux ou les nénuphars dont les feuilles flottent en surface.

Nénuphars
Les animaux,
quant à eux, invertébrés, poissons, mammifères, oiseaux, insectes, reptiles ou
amphibiens en tout genre, se déplacent à leur convenance. Leur variété est très
grande. On recense ainsi jusqu’à quelque cinquante espèces différentes de
poissons dans les cours d’eau d’Europe du Nord : certains chérissent les eaux froides et
courantes, comme la truite et le vairon, d’autres préfèrent les eaux calmes des
lacs, des étangs ou des rivières au courant faible, comme le brochet, ou
encore la
tanche qui affectionne particulièrement les milieux riches en végétation
aquatique.

Batracien

Insectes
A leur côté, suivant la latitude et le type d’écosystème, peuvent s’ébattre loutres, castors, ragondins ou hippopotames, poules d’eau, héron, grèbes ou martins pêcheurs, moustiques, libellules ou araignées d’eau, crocodiles, grenouilles, crapauds, salamandres ou tritons… Les anguilles quant à elles colonisent tous les milieux aquatiques d’eau douce à l’exception des torrents.
Castor

Salamandre
Source :
http://www.cnrs.fr/






















