jeudi 2 février 2006
Les coraux, les animaux de récifs et l'urgence de leur protection
J'espère que cet article fera découvrir au plus grand nombre les
merveilles des récifs coralliens, mais aussi l'appréhension de la
nécessaire urgence de les placer sous protection totale avec
interdiction de pêcher et de pratiquer toute activité dommageable.
"Il
faut que de nombreux gouvernements reconnaissent la fragilité de leurs
ressources coralliennes, car les récifs sont importants pour environ
cinq cents millions d'êtres humains à qui ils apportent alimentation,
matériaux de construction et protection de côte sableuse, à l'instar de
certains récifs qui ont protégé la côte d'Afrique lors du tsunami du 26
décembre 2004."
Tels sont les propos de Laurent Ballesta, photographe sous-marin, biologiste et plongeur professionnel et Pierre Descamp, biologiste marin et plongeur professionnel, tous deux à la base du magnifique ouvrage qu'est Planète Mers aux Editions Michel Lafon.

Photo proposée en téléchargement pour fond d’écran (1024) sur le site du livre planete-mers.fr
La découverte de ce livre passe par l’étape qui consiste à feuilleter ces volumineuses pages où ne semblent apparaître que des images. Des photographies souvent imprimées en pleines pages et doubles pages, très discrètement légendées du nom de l’espèce, du lieu de la prise de vue, la taille de l’animal étant également minutieusement précisée. Cette dernière information apparait presque comme gratute ou superflue initialement, tant les océans représentent, pour l’homme, une dimension parfaitement insaisissable, qui se confronte difficilement avec le côté épars et divers des richesses naturelles renfermées par ceux-ci. Mais tout prend tout son sens lorsque l’on s’aperçoit que ce sont, dans le cas d’espèces quasi microscopiques de quelques centimètres à peine, non pas de simples reproductions, mais bel et bien leurs agrandissements que l’on tient entre les mains. Le plaisir de parcourir cet objet passe donc presque au rang de visite d’exposition, le sentiment de déambuler dans les galeries d’un musée n’est pas loin.
La classification beau livre est en réalité assez inappropriée pour cet ouvrage, il faudrait plutôt le représenter au rang des très beaux livres, voir même des livres d’exception. Tant la qualité est là, réunie sur les plans documentaire et photographique, mais aussi sur la forme, puisque c’est avec une grande pédagogie, par de petites touches poétiques, anecdotiques, et pleines de recul sur la beauté du spectacle de la vie, que le message du texte qui accompagne ces fabuleuses images est véhiculé.
Source :
http://www.photosapiens.com/
"Les
coraux sont des bâtisseurs acharnés. Depuis quatre cents millions
d'années, génération après génération, centimètre par centimètre, ces
animaux pourtant minuscules ont réussi un exploit encore inégalé :
construire des édifices visibles de l'espace... Leur secret ? Le
travail d'équipe..." par Laurent Ballesta et Pierre Descamp.

L'atoll de Bora Bora vu du ciel
Le corail est composé de plusieurs centaines polypes partageant le même squelette
calcaire. Chaque polype est un animal en soi dont le corps est composé d'une
partie creuse pour la digestion, surmontée d'une bouche entourée de
tentacules.

Polypes
La croissance d'un récif est lente, environ un mètre par millénaire. Les vagues et certains animaux marins, érodent le récif dont le sable s'accumule sur les plages. C'est ainsi que l'on peut admirer les belles plages de sable blanc à l'instar des plages des Seychelles...

Plage de sable blanc des Seychelles
Le récif de corail
est un des écosystèmes les plus riches tout comme les forêts tropicales. Il mérite donc largement sa
place en terme d'environnement à protéger de par sa large biodiversité.

Barbiers rouges à queue de lyre - Photo proposée en téléchargement pour fond d’écran (1024) sur le site du livre planete-mers.fr
Les récifs coralliens sont apparus dans les océans il y a plus de quatre cent cinquante millions d'années. Depuis, ils n'ont pas cessé de construire des édifices gigantesques comme la Grande Barrière de Corail à l'Ouest de l'Australie qui s'étend sur plus de 2.500 kilomètres.
Chaque espèce de poisson vivant dans un récif corallien dispose de ses
propres cartes "en main" pour trouver de quoi se nourrir ou échapper aux
prédateurs qui sont légion dans ce biotope.
Les zooxanthelles constituant le tissu corallien apportent de l'oxygène et absorbent le CO2 produit par les polypes. Une vrai machine à vivre.
La croissance des coraux permet son développement et à contrario, l'érosion le détruit.
D'après l'ouvrage Planète Mers, "les poissons
perroquets, eux, croquent directement dans le corail pour se nourrir.
Après digestion, il sera rejeté sous forme de sable blanc,
s'accumulera... et pourra même contribuer à la formation des plages; les
récifs coralliens
servent d'habitat à des dizaines de milliers d'espèces de poissons et
d'invertébrés. Durant la croissance du récif, des abris de toute taille
se forment dans l'entrelacs des colonies et sont aussitôt habités par
une multitude de petits animaux."
Le monde du corail en péril
L'avis des experts
Clive Wilkinson est coordinateur au Global Coral Reef Monitoring Network (GCRMN, Réseau global de suivi des récifs coralliens) qui publie tous les deux ans le rapport sur l'état des coraux dans le monde.
David Obura est coordinateur du Programme CORDIO (Programme sur la dégradation des récifs coralliens de l'océan Indien) à l'Université de Perpignan en France.
Bernard Salva est professeur à l'Ecole pratique des hautes études (EPHE) à l'Université de Perpignan en France.
Les
récifs coralliens je cite "n'occupent que 0,09% de la
surface des océans. Admirés pour leur beauté et leur diversité
biologique, ils sont importants pour environ cinq cents millions
d'êtres humains à qui ils apportent alimentation, matériaux de
construction et protection des côtes sableuses. On estime à trois cent
soixante-quinze milliards de dollars les biens et services rendus par
ces récifs chaque année."
Les
récifs coralliens que l'ont peut admirer aujourd'hui ont commencé leur formation il y a huit
mille ans, après la dernière période glaciaire. Alors qu'à cette période le niveau de la mer était d'environ 100 à 120m inférieur au niveau actuel, les récifs coralliens jouxtant les
plateaux continentaux tropicaux ont permis certaines
migrations humaines, lesquelles ont alors causés peu de dégâts.
Les
récifs subissent toutes sortes de catastrophes
naturelles comme les cyclones tropicaux, les
tremblements de terre, et autre éruptions volcaniques.
Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, ils étaient restés à peu près intacts. Dès lors que les nombreuses batailles du Pacifique ont fait rage, ils ont commencé à se dégrader, dégradation qui s'est amplifiée avec l'augmentation
rapide de la populationdans les régions tropicales. La pollution et l'occupation des zones côtières sont elles aussi responsables de la détérioration des récifs coralliens. Sans compter les pêches destructives à coup de dynamite, l'exploitation du corail à des fins notamment commerciales, sans oublier les changements climatiques actuels.
Selon les experts de Planète Mers, sus-mentionnés, "l'augmentation de la température de l'eau de surface stresse et tue le corail par blanchissement(1).
L'élévation des concentrations en gaz carbonique dans l'eau réduit la
calcification du corail, des algues coralligènes et des mollusques.
Pire encore, il semble que l'apparition des maladies du corail et
l'augmentation des invasions de prédateurs du corail, comme l'étoile de
mer, soient liées au changement climatique."
et que
"les récifs de corail
pourraient être les premiers écosystèmes du monde à s'effondrer sous
toutes ces pressions. On estime à environ 20% les coraux si durement
endommagés que leur capacité de récupération est très compromise; 50%
des coraux restants sont sous une telle pression qu'ils pourraient être
perdus dans les vingt à quarante prochaines années. Le taux de déclin
est en hausse avec l'augmentation des populations humaines. Les menaces
les plus sévères se situent dans le Sud-Est et le Sud asiatiques, le
long des côtes de l'Afrique de l'Est et dans les Caraïbes."
Pour protéger cette fabuleuse biodiversité que représentent les récifs de corail et leurs habitants non moins fabuleux, il faut placer les zones récifales sous
protection totale, pratiquer le tourisme vert, et en interdire toute exploitation.
(1)
Une élévation de température entraîne un stress du corail et peut le
tuer par blanchissement. Cela advient lorsque les coraux perdent leurs
algues symbiotiques, les zooxanthelles, qui leur apportent la plupart
de leur énergie, leur résistance aux radiations ultraviolettes et leur
couleur.
Je remercie tout particulièrement Marie Guillot de l'Oeil d'Andromède qui a permis l'utilisation de certaines citations de l'ouvrage Planète-Mers et de Messieurs Ballesta et Descamp, tous deux photographes du même ouvrage.
Source :
Planète Mers - Michel Lafon. Imprimé avec des encres végétales et sur papier blanchi sans chlore par SVI-PUBLICEP Arts Graphiques
Crédit photos :
http://oprhardy.free.fr/
http://www.planete-mers.fr/
http://www.perso.ch/
http://www.seychelles.com
http://www.nettavisen.no
http://tuamotu.plongee.free.fr/
http://www.plonger-en-corse.com/






















