dimanche 26 mars 2006
La biodiversité des espèces, enjeu écologique
Peut-on conserver toute la biodiversité ? Peut-on se permettre d'en perdre sans obérer la satisfaction de nos besoins et de ceux – que nous ne connaissons pas – des générations qui viennent ? Peut-on se satisfaire d'une nature simplifiée, mais efficacement fonctionnelle, au risque de restreindre gravement les options pour l'avenir ?
Ce que les développements de
l'écologie et des sciences de l'évolution nous apprennent, c'est qu'à l'échelle
globale comme à l'échelle locale, la biodiversité observée aujourd'hui résulte
d'une histoire unique. Elle est un patrimoine irremplaçable, la mémoire de
l'évolution dont nous aussi sommes issus. Elle constitue l'unique panoplie des
possibles. La modifier a donc nécessairement des conséquences sur nos
possibilités de comprendre le passé et sur les possibilités d'évolution à
venir.
On retrouve là le paradoxe du vivant, qui s'est conservé en se transformant. Il tient à nous, aujourd'hui, de ne pas compromettre les évolutions qui feront que les vivants, dont les humains, pourront vivre encore : conserver pour qu'évoluer reste possible, voilà l'enjeu. Il n'y a pas d'évolution sans diversité disponible ; il nous faut donc apprendre à assumer notre responsabilité quant à l'ampleur de la biodiversité que nous gardons, de jour en jour, comme unique compagne de notre évolution.
La Biodiversité, enjeu écologique
La connaissance de la
diversité biologique a depuis toujours préoccupé l’humanité. Les progrès de la
science ont permis l’étude des espèces par celle des gènes, puis dans le souci
d’intégrer les relations entre les êtres vivants, par la connaissance des
écosystèmes et des cultures humaines. Ce sont ces quatre domaines que recouvre
le concept de biodiversité.
QU’EST-CE QUE LA BIODIVERSITE ?
Le terme «biodiversité», entré dans le langage courant à l’occasion du sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, était déjà utilisé depuis plusieurs années par les scientifiques. Il est le résultat de la contraction et traduction, des mots anglais «biological diversity». C’est donc au sens strict, le synonyme de « diversité biologique ». L’étude de la biodiversité ne peut se réduire à la constitution de catalogues ou d’inventaires. Il s’agit d’appréhender la dynamique du monde du vivant et d’en faire une approche globale intégrant les trois niveaux hiérarchiques de la diversité biologique : les gènes, les espèces, les écosystèmes avec lesquels interagissent et interfèrent les cultures des sociétés humaines. Chacun de ces domaines représente un aspect particulier des systèmes vivants exigeant des méthodes d’analyse distinctes.
La diversité génétique est l’ensemble de l’information génétique contenue
dans les êtres vivants et rend compte de la variabilité des gènes entre espèces
et au sein d’une même espèce.
La diversité spécifique désigne la variété en espèces d’une région. Cette
diversité peut être mesurée de diverses manières. Le nombre d’espèces d’un
milieu – sa «richesse» spécifique – est un critère souvent utilisé, de même que
la «diversité taxonomique» (voir dernier paragraphe), qui tient compte des
relations mutuelles entre phylum*.
Par exemple, une île hébergeant deux espèces d’oiseaux et une espèce de lézards a une plus grande diversité taxonomique qu’une île ayant trois espèces d’oiseaux mais pas de lézards. Ainsi, même s’il y a plus d’espèces de coléoptères sur le globe que toutes les autres espèces combinées, celles-là ne rendent pas compte de la plus grande partie de la diversité car elles sont étroitement apparentées.
De même, il y a beaucoup
plus d’espèces vivantes sur la terre que dans la mer, du moins dans l’état
actuel de nos connaissances qui sont loin d’être complètes, mais les espèces
terrestres sont plus étroitement apparentées entre elles que celles vivant dans
l’océan et la diversité est donc plus importante dans les écosystèmes marins
que ne pourrait le suggérer le simple décompte des espèces.
La diversité écosystémique permet de rendre compte de la variabilité des
milieux (lac, prairie, forêt, etc.). L’écosystème est l’ensemble formé par un
biotope* et une biocœnose*. Pour être complète, son étude doit inclure les
relations entre facteurs biotiques* et abiotiques* de même que des relations
entre les êtres vivants. A une grande échelle, mondiale par exemple, les
écosystèmes peuvent être regroupés en biomes* (ex. : déserts, forêts
tropicales, etc.).
La diversité culturelle humaine se manifeste par la pluralité des langues, des structures sociales et des croyances religieuses, mais aussi les régimes alimentaires, le choix des plantes cultivées, les pratiques de gestion des terres, les techniques d’utilisation des ressources naturelles, les arts, les traditions et encore bien d’autres expressions des sociétés. La diversité culturelle est l’expression de la richesse de l’esprit humain, elle permet aux peuples de s’adapter à certains changements de leurs conditions de vie. Comme par exemple, les «solutions» trouvées aux problèmes de survie dans des environnements particuliers (nomadisme, culture sur brûlis, etc.).
Pourquoi préserver la
biodiversité ?
Les motifs écologiques
- pour le maintien
de processus d’évolution du monde vivant,
- pour son rôle
dans la régulation des équilibres physico-chimiques de la biosphère (cycles du
carbone, de l’oxygène, de l’eau, etc.),
- pour les capacités des êtres vivants dans l’absorption et la décomposition de polluants organiques et minéraux dans l’air, le sol et les eaux.
LA NECESSITE DE CLASSER LES ESPECES
La connaissance des espèces vivantes a toujours été nécessaire pour évaluer leur utilisation éventuelle par l’homme. Afin de pouvoir transmettre les informations d’une génération à l’autre, les peuples ont chacun adopté des modes de classification qui leur étaient propres. Dans le monde occidental, les scientifiques recherchèrent un moyen de classification universelle, dont la plus connue fût proposée par Linné et continue à être utilisée aujourd’hui.
La reconnaissance, la
définition et la classification des espèces en fonction de leurs liens de
parenté est l’objet d’une science appelée systématique.
Elle constitue le fondement de toutes les recherches sur le monde vivant
(actuel ou passé). Sa connaissance est nécessaire à l’étude de la biodiversité,
même si, comme vu plus haut elle n’est pas une fin en soi. On estime à 1,7
million le nombre d’espèces connues sur un total approximatif de 20 à 30 millions,
ce qui laisse un champ d’exploration gigantesque.
LES METHODES DE
CLASSIFICATION
On parle de systématique car
les végétaux ou les animaux sont rangés dans un système dont on a préalablement
défini des critères de référence suivant des caractères précis. Elle s’appuie
sur les variations des individus depuis leur aspect morphologique jusqu’à leur
constitution génétique.
Il ne peut exister de classification parfaite ; selon les critères reconnus, certaines espèces ne pourront être répertoriées ou bien, au contraire, se retrouveront plusieurs fois recensées.
Pour effectuer cette
classification, on utilise un système d’écriture précis : la nomenclature,
qui est l’ensemble des règles intégrant les résultats acquis par la
systématique. Pour désigner une seule et même espèce, les noms communs (dits
aussi noms vernaculaires ou vulgaires), peuvent être très nombreux selon les
langues, les cultures, etc. Par exemple, la «digitale pourpre» porte jusqu’à 23
noms différents uniquement en Normandie. De même, il faut souligner la
confusion et le danger que peut engendrer l’utilisation de noms «vulgaires» qui
désignent des plantes très différentes, certaines comestibles, d’autres
toxiques ; comme par exemple le laurier : laurier-sauce (comestible),
laurier-cerise (toxique), laurier-tin (toxique), etc.
Pour faciliter la
communication entre scientifiques de diverses origines et homogénéiser les
dénominations, les êtres vivants sont désignés et décrits en latin. La digitale
pourpre, vue plus haut se nomme Digitalis
purpurea.
Le latin fut d’abord utilisé sous forme de phrases descriptives assez complexes (le nom d’une espèce comprenait parfois une dizaine de mots). Au XVIIè siècle, l’introduction en Europe de nombreuses plantes et animaux nouveaux, ramenés des expéditions des grands explorateurs, fait apparaître une impérieuse nécessité de classification de cette masse de données. Un botaniste suédois, Linné (1707-1778) propose une nomenclature abstraite – comparée aux noms vulgaires, qui eux traduisent souvent un caractère physique ou une utilisation – qui attribue à chaque espèce vivante un nom double. Le code de nomenclature internationale des végétaux et des animaux (dont le premier fut élaboré et admis à Paris en 1867), a valeur juridique pour tous les pays.
NOMENCLATURE ET UNITES
TAXONOMIQUES
La connaissance des êtres
vivants repose en grande partie sur la détermination des espèces*, des genres*
et des familles*. Chacune de ces unités décrites, appelée unité taxonomique ou
taxon, est désignée par un seul nom adopté universellement. Chacun de ces
taxons est regroupé dans un taxon de catégorie supérieure avec les autres taxa
du même niveau, comme par exemple pour le laurier-sauce ou Laurus nobilis. La façon d’écrire chacun des mots suivants
(italique ou romain, majuscule ou minuscule en initiale) fait partie intégrante
du code de la nomenclature.
Règne : Végétal
▼
Embranchement : Angiospermes (plantes à fleurs)
▼
Classe : Dicotylédones
▼
Ordre : Laurales
▼
Famille : Lauraceae
(Lauracées)
▼
Genre : Laurus
(Laurier)
▼
Espèce : nobilis
(laurier-sauce)
PETIT GLOSSAIRE
ABIOTIQUE : qui concerne la matière inerte.
BIOCOENOSE (BIOCENOSE) : ensemble des êtres vivants peuplant un écosystème.
BIOME : communauté vivante qui se rencontre sur de vaste surfaces en milieu continental (déserts, savanes, prairies, forêts, etc;)
BIOTOPE : ensemble des éléments physicochimiques (minéraux du substrat, température et humidité moyennes, etc.) d'un écosystème à l'exclusion de toute forme de vie.
BIOTIQUE : qui a pour origine un être vivant. A ne pas confondre avec biologique, autre adjectif, mais cette fois relatif à l'état vivants comme par exemple, fonction biologique.
ESPECE : unité fondamentale dans la classification du monde vivant, constituée par l'ensemble des individus interféconds ne pouvant être à l'origine de lignées avec des individus n'appartenant pas à la même espèce. Par exemple, un âne et un cheval peuvent donner naissance à un mulet, mais celui-ci sera stérile. A l'inverse, tous les chiens peuvent procréer et avoir une descendance puisqu'il n'existe qu'une seule espèce.
FAMILLE : ensemble homogène de plusieurs tribus (unité de classification intermédiaire entre le genre et la famille) qui, d'origine évolutive commune, regroupe des genres distincts.
GENRE : unité de classification réunissant des espèces très voisines au niveau de leur origine, de leur morphologie et de leur écologie.
NICHE ECOLOGIQUE : place et spécialisation d'une espèce à l'intérieur d'un écosystème.
PHYLUM (lignée) : série évolutive de formes animales ou végétales.
Liens :
Origine des Cultures - Sciences Humaines
Darwin : ce n'est pas une histoire de singe
Le Sommet "planète Terre" à Rio de Janeiro en 1992
Le chaos dans les systèmes inertes et vivants
La biodiversité des espèces vivantes
Les espèces animales et végétales disparaissent sans bruit
La diversité spécifique et écosystémique
La diversité culturelle humaine
Le code de nomenclature des espèces vivantes
26032006_La_biodiversité_des_espèces,_enjeu_écologique. PDF
Source :
http://www.fao.org/
http://www.foretpriveefrancaise.com/
http://www.fnh.org/































