mardi 24 juillet 2007
L'Irian Jaya
La forêt de l'Irian Jaya ou Nouvelle-Guinée occidentale
L'Irian Jaya, la province la plus orientale de l'Indonésie, s'étend sur environ 50% du territoire de la Nouvelle-Guinée, l'autre moitié étant occupée par l'état indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Lorsque les Portugais ont vu l'île pour la première fois, ils l'ont nommée Ilha dos Papuas (« l'île des chevelures crépues »), du malais papuwah. Plus tard, les explorateurs hollandais l'ont appelée Nouvelle-Guinée car les habitants de couleur noire leur rappelaient la population de la Guinée, en Afrique.
Irian est un terme provenant de la langue Biak, qui signifie « terre brûlante émergeant de la mer ». Sous la colonisation hollandaise, l'Irian Jaya était connue sous le nom de Nouvelle-Guinée hollandaise et lors du transfert de la souveraineté à l'Indonésie, elle a été rebaptisée Irian Jaya (jaya signifiant « victorieux »).
En décembre 2005, l'organisation écologiste Conservation
International, basée à Washington a organisé
pendant quinze jours une expédition au plus profond de l'Irian Jaya dans ce que son principal organisateur, Bruce Beehler,
a appelé « le dernier jardin d'Eden » de la Terre.
L'expédition, qui comptait vingt-cinq chercheurs dont un bon
nombre étaient issus de l'Institut scientifique indonésien (LIPI,
Lembaga Ilmu Pengetahuan), a découvert vingt espèces inconnues
d'amphibiens, quatre espèces de papillons, cinq de palmiers, et reconnu
des centaines d'espèces d'oiseaux rares ainsi qu'une quarantaine
d'espèces de mammifères très peu observés.

Champignon endémique à l'Irian Jaya
Les naturalistes ont ainsi observé une espèce d'oiseau de paradis (Parotia berlepschi) qui n'avait plus été vue depuis plusieurs
décennies. Examiné un kangourou arboricole qu'on n'avait jamais aperçu
dans l'île. Découvert une grenouille de 14 millimètres de long.
Recensé Plus de 2.770 espèces d'orchidées ont été documentées pour 134 genres, dominé par la Dendrobium et la Bulbophyllum ainsi que plus de 250 espèces différentes de rhododendron. Identifié une espèce de hérisson si placide que les scientifiques ont
pu ramasser un couple et le ramener au camp pour l'étudier.
Ce manque de méfiance de la part de ce couple de hérissons à l'égard des humains est un signe, pour les
chercheurs, de l'absence de présence humaine dans ce lieu, que même les
guides papous ne connaissaient pas. Située dans le massif montagneux de
Foja, la région explorée couvre près de 300.000 hectares de forêt
primaire (c'est-à-dire n'ayant jamais été exploitée) à des altitudes
atteignant 4.000 mètres.
Seul un savant, Jared Diamond, avait
auparavant parcouru ces montagnes, en 1979 et 1981. Elles ont été
classées par l'Indonésie comme sanctuaire national.
« Cette région est un étonnant laboratoire de l'évolution, écrit
Bruce Beehler dans le quotidien britannique The Independent. Elle nous
donne un regard sur la façon dont peuvent apparaître de nouvelles
espèces dans une montagne isolée. » Aux marges de la région visitée
vivent des tribus Kwerba et Papasena. Selon Bruce Beehler, « ils nous
ont dit qu'aucun de leurs clans n'avait jamais pénétré dans cette zone ».
Le varan crocodile ou crocodile des arbres
Le
dragon de Komodo est considéré comme le plus grand lézard du monde,
mais l'est-il vraiment ? Mark Strickson expert en reptile et
réalisateur se lance, avec le scientifique allemand Thomas
Schultze-Westrum, dans les profondeurs de la forêt de l'Irian Jaya à
la recherche d'un autre lézard géant connu sous le nom de " crocodile
des arbres ". Et le trouve... Même si force est de constater qu'il n'a
pu le voir à sa taille ultime, le specimen rencontré atteignait
toutefois déjà 4 mètres de long. Ce qui ferait de ce lézard le plus
grand du monde, tient surtout à la longueur de sa queue dont il se sert
pour assurer son équilibre en grimpant aux arbres.
C'est
un animal magnifique, que j'ai pu observer au travers du reportage
filmé lors de la visite de Mark Strickson, reportage diffusé sur la
chaîne Animaux. Sa tête est plus longue et plus fine que celle du Varan
de Komodo, son corps également plus fin, lui permet, même en atteignant
une taille "gigantesque" pour un lézard, de se mouvoir dans les arbres.
Ce qui a caractérisé son deuxième nom de "crocodile des arbres". Il
faut le voir grimper à la fois lentement mais également d'une manière
assurée et rapide lo long des gros troncs de ces arbres gigantesques
composant la forêt de l'Irian Jaya. Les recherches se sont révélés fort
difficile, dans un premier temps, par la nature même de l'environnement
de ce lézard, la forêt de l'Irian Jaya qui
est un des derniers joyaux des forêts tropicales d'Asie, mais également
et malheureusement, par la destruction de cet environnement, la forêt
d'Irian Jaya faisant l'objet d'une destruction systématique et
massive... Encore une...
Après plusieurs
semaines de recherches, c'est avec regret que Mark Strickson se voit
dans l'obligation de partir, mais le scientifique allemand Thomas
Schultze-Westrum est lui, resté sur place afin de continuer ses
recherches. Celles-ci, en apportant la preuve de l'existence de ce
lézard géant, permettrait, semble-t-il, de faire cesser l'infernale
destruction de cette magnifique forêt. Sans oublier que d'autres
espèces animales (dont un kangourou arboricole jamais vu ailleurs
jusqu'alors) et végétales sont particulièrement endémiques à cette île,
et que nos deux scientifiques ont pu certains jours, et avec l'aide de
certains autochtones, établir l'existence de nouvelles espèces, d'ores
et déjà menacées d'extinction par la destruction de leur environnement.
On prend les mêmes et on recommence !!!
Le Varanus salvadorii nommé
varan crocodile ou " crocodile des arbres " pour sa dentition, son museau, ou sa taille, ce varan
est assurément singulier. Il semblerait, au vu du reportage de nos deux scientifiques, qu'il puisse dépasser les 4 mètres.
Dans tous les cas, la queue représente plus des deux tiers de l’animal.
Arboricole, il est assez svelte pour un lézard de cette taille. Vif et
observateur, c’est un superbe animal qui conserve ses couleurs à l'âge adulte.
Endémique à la forêt de l'irian Jaya, presque rien n’est connu de ce géant
dans la nature.
L'Irian Jaya est également un formidable réservoir d'espèces marines. La densité de vie marine est impressionnante avec de nombreux bancs de
plusieurs espèces de poissons, carangues, fusiliers, chirurgiens,
ludjians, barracudas etc.. Les thazars, thons et grosses carangues
chassent sous l’oeil curieux des mérous et l’indifférence des tortues
et des massifs perroquets à bosse. Malheureusement, comme partout en Asie du Sud-Est, la pêche à la dynamite entraîne des dégats irréparables sur les espèces ainsi que sur les récifs de corail, qui comme on le sait, sont déjà fort fragilisés. Sans omettre le fait qu'il faut des milliers d'années au corail pour se former.
Dans l'Irian Jaya, près de 200.000 km2 de
forêt primaire, soit la moitié de la région (421.000 km2), ont déjà
disparu, du fait de l'industrie du bois tropical, de la pollution
minière (argent, cuivre et or) et des cycles de sécheresse.
Les forêts exploitables sont estimées couvrir 54 % du
territoire d'Irian Jaya. Depuis ces dernières années, la province
augmente considérablement sa production, en modernisant ses techniques.
Les exploitations forestières sont ainsi en nombre grandissant. Dans le
même temps, des lois sur la reforestation existent mais ne sont pas
appliquées.
L'Irian Jaya cherche à augmenter son infrastructure, en perçant
des routes, en ouvrant des mines, en accroissant l'exploitation
forestière et l'industrie papetière; il est certain que nombre de
problèmes écologiques et humains se poseront très
rapidement.
L’Irian Jaya est très peu
peuplé. Certains endroits sont totalement inhabités, la densité moyenne étant
inférieure à six habitants au km2.
900.000 Papous environ y vivent, essentiellement de chasse, de pêche et
d’une culture semi-itinérante de maigre rapport. Sagou, taro et patate douce
constituent pour eux les principales ressources.

Tribu de l'Irian Jaya (des Papous)
Les
insulaires peuvent se diviser en plus de deux cent cinquante sous-groupes qui comprennent les Marind-ahims, les YahYravs, les Asmats, les Mandobos, les Danis et les Alyats. Les habitants des hautes terre centrales ont su maintenir leurs coutumes et traditions pratiquement vierges de toute influence étrangère. Les différentes tribus ont vécu, pour la plupart, en autarcie complète, isolées les unes des autres et, a fortiori, du monde extérieur. Il en est résulté une incroyable diversité culturelle. A titre d'exemple, le peuple Asmat, qui vit le long de la côte sud-est, est réputé pour ses sculptures sur bois "primitives". Les Asmats, autrefois cannibals et chasseurs de têtes, abandonnent peu à peu leur style de vie nomade pour s'installer dans des villes bénéficiant d'écoles financées par le gouvernement.
Les tribus de la vallée de Baliem, que l'on regroupe sous le nom " Danis ", se sont farouchement accrochées à leur coutumes traditionnelles, et les efforts investis pour les modifier, comme le programme destiné à faire oublier le port des célèbres gourdes à pénis, se sont avérés largement inutiles. D'une façon générale, les peuples de l'Irian Jaya n'ont aucune parenté ni dans le physique, ni dans la culture, ni dans la langue avec les Indonésiens malais et se rapprochent beaucoup plus des Aborigènes australiens.
Le gouvernement
indonésien essaye depuis une vingtaine d’années de mettre les terres en
valeur, et de construire quelques barrages pour produire de l’électricité.
L’exploitation du sous-sol a commencé il y a une centaine d’années. Or,
uranium et surtout cuivre sont l’objet d’une extraction intensive. Les mines
de cuivre des monts Ertsbey, découvertes en 1936 dans la région de Tembagapura,
figurent parmi les plus grandes du monde. Autre ressource non négligeable, le pétrole,
dont d’importants gisements, aussi bien terrestres que maritimes, sont exploités
depuis une vingtaine d’années. Selon des estimations fiables, les réserves
seraient supérieures à celles de Sumatra. La forêt, où abondent les bois
rares et précieux, est également explorée et certaines régions, en
particulier dans le Sud, dans la région asmat, commencent à être la proie de
compagnies étrangères, japonaises surtout.
Malheureusement ces richesses naturelles ne profitent pas aux autochtones ; les Indonésiens — et au premier titre les Javanais — et les grandes compagnies étrangères, américaines et japonaises en majorité, recueillent seuls les dividendes du sol. Les Papous, eux, continuent de mener une existence précaire, beaucoup n’étant pas encore sortis de la préhistoire. Un tel décalage ne peut que déboucher sur des mouvements revendicatifs et indépendantistes qui s’appuient sur un profond sentiment d’injustice.
La modernité représente
aussi une menace pour l'Irian Jaya et ses habitants. Au cœur d'une
région montagneuse, une mine géante, gérée par une compagnie
américaine, est le plus gros gisement d'or au monde et se classe au
troisième rang pour le cuivre. Le problème, ce sont les résidus de la
mine puisque seulement trois pour cent (3 %) de ce qui est extrait
constitue le véritable minerai, le reste étant répandu dans le paysage,
étouffant ainsi la végétation. Certains autochtones revendiquent la
propriété des terres exploitées et veulent des redevances. La compagnie
minière reste sur ses positions, mais en planifiant d'exploiter la mine
pour les 30 prochaines années, certains pensent qu'elle devra soigner
ses relations avec les autochtones.
Les grandes plaines sont rares en Indonésie et généralement marécageuses
: on y retrouve donc la principale plaine orientale au sud de
l'Irian Jaya ainsi qu' un des plus longs fleuves d'Indonésie : le Mamberamo - 690
km.
L'Irian Jaya porte la cicatrice d'une subduction et se trouve hâché
par de grandes failles transformantes induites par les mouvements locaux
des plaques. Il en résulte que la moitié nord ainsi que l'extrêmité
ouest de l'île appartiennent à la plaque pacifique, tandis
que le reste appartient à la plaque indo-australienne.
Liens :
Tout sur la biodiversité de l'Irian Jaya (en anglais) - http://members.tripod.com/wwfsahul_cs/ffij.htm
Les Papous dépossédés de l'Irian Jaya - http://www.monde-diplomatique.fr/1996/10/PATAUD_CELERIEZ/7283
Les ressources de l'Irian Jaya, territoire à fort potentiel économique - http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/irianjaya
Source :
http://www.ese.u-psud.fr/
http://www.mpl.ird.fr/
http://www.radio-canada.ca/
http://www.indonesia-mrs.com/
Crédit photos :
http://www.mpl.ird.fr/
http://eur.i1.yimg.com/
http://www.islandream.com/
http://www.emp.pdx.edu/
http://users.wired.net.au/
http://www.photochris.com/
http://members.tripod.com/

































