mardi 24 juillet 2007
L'Irian Jaya
La forêt de l'Irian Jaya ou Nouvelle-Guinée occidentale
L'Irian Jaya, la province la plus orientale de l'Indonésie, s'étend sur environ 50% du territoire de la Nouvelle-Guinée, l'autre moitié étant occupée par l'état indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Lorsque les Portugais ont vu l'île pour la première fois, ils l'ont nommée Ilha dos Papuas (« l'île des chevelures crépues »), du malais papuwah. Plus tard, les explorateurs hollandais l'ont appelée Nouvelle-Guinée car les habitants de couleur noire leur rappelaient la population de la Guinée, en Afrique.
Irian est un terme provenant de la langue Biak, qui signifie « terre brûlante émergeant de la mer ». Sous la colonisation hollandaise, l'Irian Jaya était connue sous le nom de Nouvelle-Guinée hollandaise et lors du transfert de la souveraineté à l'Indonésie, elle a été rebaptisée Irian Jaya (jaya signifiant « victorieux »).
En décembre 2005, l'organisation écologiste Conservation
International, basée à Washington a organisé
pendant quinze jours une expédition au plus profond de l'Irian Jaya dans ce que son principal organisateur, Bruce Beehler,
a appelé « le dernier jardin d'Eden » de la Terre.
L'expédition, qui comptait vingt-cinq chercheurs dont un bon
nombre étaient issus de l'Institut scientifique indonésien (LIPI,
Lembaga Ilmu Pengetahuan), a découvert vingt espèces inconnues
d'amphibiens, quatre espèces de papillons, cinq de palmiers, et reconnu
des centaines d'espèces d'oiseaux rares ainsi qu'une quarantaine
d'espèces de mammifères très peu observés.

Champignon endémique à l'Irian Jaya
Les naturalistes ont ainsi observé une espèce d'oiseau de paradis (Parotia berlepschi) qui n'avait plus été vue depuis plusieurs
décennies. Examiné un kangourou arboricole qu'on n'avait jamais aperçu
dans l'île. Découvert une grenouille de 14 millimètres de long.
Recensé Plus de 2.770 espèces d'orchidées ont été documentées pour 134 genres, dominé par la Dendrobium et la Bulbophyllum ainsi que plus de 250 espèces différentes de rhododendron. Identifié une espèce de hérisson si placide que les scientifiques ont
pu ramasser un couple et le ramener au camp pour l'étudier.
Ce manque de méfiance de la part de ce couple de hérissons à l'égard des humains est un signe, pour les
chercheurs, de l'absence de présence humaine dans ce lieu, que même les
guides papous ne connaissaient pas. Située dans le massif montagneux de
Foja, la région explorée couvre près de 300.000 hectares de forêt
primaire (c'est-à-dire n'ayant jamais été exploitée) à des altitudes
atteignant 4.000 mètres.
Seul un savant, Jared Diamond, avait
auparavant parcouru ces montagnes, en 1979 et 1981. Elles ont été
classées par l'Indonésie comme sanctuaire national.
« Cette région est un étonnant laboratoire de l'évolution, écrit
Bruce Beehler dans le quotidien britannique The Independent. Elle nous
donne un regard sur la façon dont peuvent apparaître de nouvelles
espèces dans une montagne isolée. » Aux marges de la région visitée
vivent des tribus Kwerba et Papasena. Selon Bruce Beehler, « ils nous
ont dit qu'aucun de leurs clans n'avait jamais pénétré dans cette zone ».
Le varan crocodile ou crocodile des arbres
Le
dragon de Komodo est considéré comme le plus grand lézard du monde,
mais l'est-il vraiment ? Mark Strickson expert en reptile et
réalisateur se lance, avec le scientifique allemand Thomas
Schultze-Westrum, dans les profondeurs de la forêt de l'Irian Jaya à
la recherche d'un autre lézard géant connu sous le nom de " crocodile
des arbres ". Et le trouve... Même si force est de constater qu'il n'a
pu le voir à sa taille ultime, le specimen rencontré atteignait
toutefois déjà 4 mètres de long. Ce qui ferait de ce lézard le plus
grand du monde, tient surtout à la longueur de sa queue dont il se sert
pour assurer son équilibre en grimpant aux arbres.
C'est
un animal magnifique, que j'ai pu observer au travers du reportage
filmé lors de la visite de Mark Strickson, reportage diffusé sur la
chaîne Animaux. Sa tête est plus longue et plus fine que celle du Varan
de Komodo, son corps également plus fin, lui permet, même en atteignant
une taille "gigantesque" pour un lézard, de se mouvoir dans les arbres.
Ce qui a caractérisé son deuxième nom de "crocodile des arbres". Il
faut le voir grimper à la fois lentement mais également d'une manière
assurée et rapide lo long des gros troncs de ces arbres gigantesques
composant la forêt de l'Irian Jaya. Les recherches se sont révélés fort
difficile, dans un premier temps, par la nature même de l'environnement
de ce lézard, la forêt de l'Irian Jaya qui
est un des derniers joyaux des forêts tropicales d'Asie, mais également
et malheureusement, par la destruction de cet environnement, la forêt
d'Irian Jaya faisant l'objet d'une destruction systématique et
massive... Encore une...
Après plusieurs
semaines de recherches, c'est avec regret que Mark Strickson se voit
dans l'obligation de partir, mais le scientifique allemand Thomas
Schultze-Westrum est lui, resté sur place afin de continuer ses
recherches. Celles-ci, en apportant la preuve de l'existence de ce
lézard géant, permettrait, semble-t-il, de faire cesser l'infernale
destruction de cette magnifique forêt. Sans oublier que d'autres
espèces animales (dont un kangourou arboricole jamais vu ailleurs
jusqu'alors) et végétales sont particulièrement endémiques à cette île,
et que nos deux scientifiques ont pu certains jours, et avec l'aide de
certains autochtones, établir l'existence de nouvelles espèces, d'ores
et déjà menacées d'extinction par la destruction de leur environnement.
On prend les mêmes et on recommence !!!
Le Varanus salvadorii nommé
varan crocodile ou " crocodile des arbres " pour sa dentition, son museau, ou sa taille, ce varan
est assurément singulier. Il semblerait, au vu du reportage de nos deux scientifiques, qu'il puisse dépasser les 4 mètres.
Dans tous les cas, la queue représente plus des deux tiers de l’animal.
Arboricole, il est assez svelte pour un lézard de cette taille. Vif et
observateur, c’est un superbe animal qui conserve ses couleurs à l'âge adulte.
Endémique à la forêt de l'irian Jaya, presque rien n’est connu de ce géant
dans la nature.
L'Irian Jaya est également un formidable réservoir d'espèces marines. La densité de vie marine est impressionnante avec de nombreux bancs de
plusieurs espèces de poissons, carangues, fusiliers, chirurgiens,
ludjians, barracudas etc.. Les thazars, thons et grosses carangues
chassent sous l’oeil curieux des mérous et l’indifférence des tortues
et des massifs perroquets à bosse. Malheureusement, comme partout en Asie du Sud-Est, la pêche à la dynamite entraîne des dégats irréparables sur les espèces ainsi que sur les récifs de corail, qui comme on le sait, sont déjà fort fragilisés. Sans omettre le fait qu'il faut des milliers d'années au corail pour se former.
Dans l'Irian Jaya, près de 200.000 km2 de
forêt primaire, soit la moitié de la région (421.000 km2), ont déjà
disparu, du fait de l'industrie du bois tropical, de la pollution
minière (argent, cuivre et or) et des cycles de sécheresse.
Les forêts exploitables sont estimées couvrir 54 % du
territoire d'Irian Jaya. Depuis ces dernières années, la province
augmente considérablement sa production, en modernisant ses techniques.
Les exploitations forestières sont ainsi en nombre grandissant. Dans le
même temps, des lois sur la reforestation existent mais ne sont pas
appliquées.
L'Irian Jaya cherche à augmenter son infrastructure, en perçant
des routes, en ouvrant des mines, en accroissant l'exploitation
forestière et l'industrie papetière; il est certain que nombre de
problèmes écologiques et humains se poseront très
rapidement.
L’Irian Jaya est très peu
peuplé. Certains endroits sont totalement inhabités, la densité moyenne étant
inférieure à six habitants au km2.
900.000 Papous environ y vivent, essentiellement de chasse, de pêche et
d’une culture semi-itinérante de maigre rapport. Sagou, taro et patate douce
constituent pour eux les principales ressources.

Tribu de l'Irian Jaya (des Papous)
Les
insulaires peuvent se diviser en plus de deux cent cinquante sous-groupes qui comprennent les Marind-ahims, les YahYravs, les Asmats, les Mandobos, les Danis et les Alyats. Les habitants des hautes terre centrales ont su maintenir leurs coutumes et traditions pratiquement vierges de toute influence étrangère. Les différentes tribus ont vécu, pour la plupart, en autarcie complète, isolées les unes des autres et, a fortiori, du monde extérieur. Il en est résulté une incroyable diversité culturelle. A titre d'exemple, le peuple Asmat, qui vit le long de la côte sud-est, est réputé pour ses sculptures sur bois "primitives". Les Asmats, autrefois cannibals et chasseurs de têtes, abandonnent peu à peu leur style de vie nomade pour s'installer dans des villes bénéficiant d'écoles financées par le gouvernement.
Les tribus de la vallée de Baliem, que l'on regroupe sous le nom " Danis ", se sont farouchement accrochées à leur coutumes traditionnelles, et les efforts investis pour les modifier, comme le programme destiné à faire oublier le port des célèbres gourdes à pénis, se sont avérés largement inutiles. D'une façon générale, les peuples de l'Irian Jaya n'ont aucune parenté ni dans le physique, ni dans la culture, ni dans la langue avec les Indonésiens malais et se rapprochent beaucoup plus des Aborigènes australiens.
Le gouvernement
indonésien essaye depuis une vingtaine d’années de mettre les terres en
valeur, et de construire quelques barrages pour produire de l’électricité.
L’exploitation du sous-sol a commencé il y a une centaine d’années. Or,
uranium et surtout cuivre sont l’objet d’une extraction intensive. Les mines
de cuivre des monts Ertsbey, découvertes en 1936 dans la région de Tembagapura,
figurent parmi les plus grandes du monde. Autre ressource non négligeable, le pétrole,
dont d’importants gisements, aussi bien terrestres que maritimes, sont exploités
depuis une vingtaine d’années. Selon des estimations fiables, les réserves
seraient supérieures à celles de Sumatra. La forêt, où abondent les bois
rares et précieux, est également explorée et certaines régions, en
particulier dans le Sud, dans la région asmat, commencent à être la proie de
compagnies étrangères, japonaises surtout.
Malheureusement ces richesses naturelles ne profitent pas aux autochtones ; les Indonésiens — et au premier titre les Javanais — et les grandes compagnies étrangères, américaines et japonaises en majorité, recueillent seuls les dividendes du sol. Les Papous, eux, continuent de mener une existence précaire, beaucoup n’étant pas encore sortis de la préhistoire. Un tel décalage ne peut que déboucher sur des mouvements revendicatifs et indépendantistes qui s’appuient sur un profond sentiment d’injustice.
La modernité représente
aussi une menace pour l'Irian Jaya et ses habitants. Au cœur d'une
région montagneuse, une mine géante, gérée par une compagnie
américaine, est le plus gros gisement d'or au monde et se classe au
troisième rang pour le cuivre. Le problème, ce sont les résidus de la
mine puisque seulement trois pour cent (3 %) de ce qui est extrait
constitue le véritable minerai, le reste étant répandu dans le paysage,
étouffant ainsi la végétation. Certains autochtones revendiquent la
propriété des terres exploitées et veulent des redevances. La compagnie
minière reste sur ses positions, mais en planifiant d'exploiter la mine
pour les 30 prochaines années, certains pensent qu'elle devra soigner
ses relations avec les autochtones.
Les grandes plaines sont rares en Indonésie et généralement marécageuses
: on y retrouve donc la principale plaine orientale au sud de
l'Irian Jaya ainsi qu' un des plus longs fleuves d'Indonésie : le Mamberamo - 690
km.
L'Irian Jaya porte la cicatrice d'une subduction et se trouve hâché
par de grandes failles transformantes induites par les mouvements locaux
des plaques. Il en résulte que la moitié nord ainsi que l'extrêmité
ouest de l'île appartiennent à la plaque pacifique, tandis
que le reste appartient à la plaque indo-australienne.
Liens :
Tout sur la biodiversité de l'Irian Jaya (en anglais) - http://members.tripod.com/wwfsahul_cs/ffij.htm
Les Papous dépossédés de l'Irian Jaya - http://www.monde-diplomatique.fr/1996/10/PATAUD_CELERIEZ/7283
Les ressources de l'Irian Jaya, territoire à fort potentiel économique - http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/irianjaya
Source :
http://www.ese.u-psud.fr/
http://www.mpl.ird.fr/
http://www.radio-canada.ca/
http://www.indonesia-mrs.com/
Crédit photos :
http://www.mpl.ird.fr/
http://eur.i1.yimg.com/
http://www.islandream.com/
http://www.emp.pdx.edu/
http://users.wired.net.au/
http://www.photochris.com/
http://members.tripod.com/
mardi 17 juillet 2007
Les conséquences dramatiques de notre surconsommation alimentaire
Une montagne de chiffres à méditer,
alerter,
ingurgiter,
digérer,
analyser,
comprendre,
réduire,
modifier,
etc.
Plus de la moitié de l'eau potable des
États-Unis va au bétail.
Il faut 5.000m² (1/2 ha) de terre cultivable
pour produire 70 kg de boeuf ou 10.000 kg de pommes de terre.
De 7 à
16 kg de céréales ou de produits végétaux sont nécessaires pour produire 1
kg de viande.
Il faut 30.000 à 60.000 litres d'eau pour faire 1 kg de
viande de boeuf et 800 litres d'eau pour 1 kg de blé.
Près de 50% de
toutes les récoltes alimentaires dans le monde sont mangées par le
bétail.
64% des terres cultivables du monde servent à la production de
viande (pâturage et fourrage).
Un « Multi Dommage » s'ouvre toutes
les 17 heures dans le monde ce qui entraîne la désertification de 125 km²
par jour de forêt humide.
Les pays industrialisés avec 26% de la
population mondiale utilisent 56% des ressources alimentaires.
Il
faut 5 kg de poissons pour produire 1 kg de farine ; il faudra 5 kg de cette
farine pour qu'un boeuf ou un porc produise 1 kg de viande. Donc 25 kg de
poissons pour 1 kg de viande !
Une ferme de saumons de 8 ha aux USA
produit autant de déchets qu'une ville de 100.000 habitants.
La
consommation mondiale d'engrais de synthèse est passée de 7 millions de
tonnes en 1945, à 53 millions de tonnes en 1968, et atteint 150 millions de
tonnes par an aujourd'hui.
500 pesticides différents sont employés
dans « l'industrie culture » : 1,5 à 2 tonnes / par ha / par culture / par
an, en Europe.
En 1997, la quantité d'antibiotiques utilisée dans l'Union
européenne s'est élevée à 10.493 tonnes.
Plus de 80 produits
différents peuvent être injectés aux cochons modernes avant d'être
abattus.
Les producteurs de volailles, de porcs, de bovins et poissons
utilisent au Canada plus de 20.000 tonnes d'antibiotiques par an en
injections, ou incorporées à la moulée.
80% des animaux élevés en
batterie sont malades.
Une trentaine d'hectares de forêts sont détruites
chaque minute.
300 tonnes d'humus disparaissent chaque minute.
Les
excréments de bétail représentent 110 tonnes par seconde pour les USA et
l'Europe : cela entraîne 50% de toute la pollution des nappes phréatiques du
monde.
En Thaïlande, ont été produites en région marécageuse, 120.000
tonnes de crevettes sur 5 ans, qui ont ravagé les marécages en détruisant
800.000 tonnes d'autres espèces.
Plus de 75% des terres arables qui
existaient lorsque les Européens colonisèrent l'Amérique ont
disparu.
Environ 97% des variétés de légumes qu'on trouvait
habituellement sur la liste du ministère de l'Agriculture des États-Unis
sont maintenant considérées comme disparues.
Le bétail des pays
riches mange autant de céréales que les Indiens et les Chinois
réunis.
Un boeuf fournit 200 kg de viande, soit 1.500 repas. Les céréales
qu'il a mangées auraient pu servir 18.000 repas.
La consommation de «
viande » utilise 60% des réserves d'eau mondiale.
Il faut 400 litres
d'eau/heure, 24h/24h pour faire face aux besoins alimentaires d'une seule
personne carnivore.
Plus de 50 millions d'enfants meurent de faim chaque
année.
Un Américain sur trois et un Français sur quatre sont
obèses.
En une année, vous absorbez environ 2,7 kg d'additifs, surtout
les enfants, avec les sucreries et les boissons artificielles.
71%
des graisses et protéines qui sont consommées en France sont d'origine
animale.
90% de tous les résidus de pesticides se retrouvent dans les
produits animaux alors que les fruits, les légumes et les céréales en
recèlent moins de 10%.
Pour fournir 50 kg de protéines, un animal a
du consommer au minimum 800 kg de protéines végétales.
5 espèces
végétales sont définitivement perdues chaque jour.
Tout individu
supplémentaire dans les pays riches « pèse » aussi lourd sur l'environnement
que 20 Indiens ou Bengalis.
Nous avons fait plus de dégâts en 30 ans que depuis que l'homme existe sur la terre.
Source :
http://www.infomicheldogna.net/page12.html
jeudi 12 juillet 2007
Le changement climatique s'emballe et deviendra bientôt incontrôlable
Notre planète bientôt climatisée ?
Toutes les études importantes publiées récemment prévoient que le changement climatique - annoncé voici plus de trente ans par plusieurs rapports officiels, des personnalités et des associations écologistes - est inéluctable et qu'il sera beaucoup plus rapide que prévu précédemment. Pour contrer une catastrophe imminente, des équipes de scientifiques renommés, appuyés par des politiciens, ont conçu des projets de refroidissement artificiel de la Terre dignes de la science fiction, qui inquiètent de nombreux climatologues. L'expérimentation de certaines de ces nouvelles technologies pourrait avoir déjà commencé.
par Joëlle Pénochet
LE CHANGEMENT CLIMATIQUE S'EMBALLE ET DEVIENDRA BIENTÔT INCONTRÔLABLE
Selon le dernier rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC - IPCC en anglais)1, le premier organisme de surveillance du climat, le réchauffement global au cours du XXIe siècle sera compris entre 2° C et 5° C selon les scenarii. Il pourrait atteindre 8° C, voire 11° C, selon une équipe de chercheurs de l'université d'Oxford. Un changement radical pourrait survenir en une seule décennie. Cette éventualité est au centre des problèmes de sécurité aux USA. Le rapport pour le Pentagone " Le scénario d'un changement climatique brutal et ses implications pour la sécurité nationale des Etats-Unis " élaboré en 2003 par Peter Schwartz, consultant à la CIA, et Doug Randall, du réseau Global Business Network, prévoit des famines, des pandémies, des émeutes et des guerres civiles et inter-étatiques pour l'appropriation des dernières ressources naturelles.
" Le réchauffement global est proche du point de non-retour ", avertit le président du GIEC, qui ajoute qu'" il n'y a plus une minute à perdre... c'est l'avenir de l'humanité qui est en jeu ".
Onze des douze années les plus chaudes se situent au cours des douze dernières années, et 2007 pourrait battre tous les records de températures enregistrés. Selon James Hansen, directeur du Goddard Institute for Space Studies (GISS) de la NASA à New York, " les températures actuelles sont dans la fourchette haute de celles qui prévalent depuis le début de l'Holocène, il y a 12 000 ans ". Il poursuit : " Si le réchauffement atteint au total deux ou trois degrés Celsius, nous verrons probablement des changements qui feront de la Terre une planète différente de celle que nous connaissons. (...) La dernière fois que la planète était aussi chaude au milieu du Pliocène, il y a environ trois millions d'années, le niveau des océans était environ de 25 mètres au-dessus de celui d'aujourd'hui, selon les estimations. " (Le Monde, 29 septembre 2006).
Le premier rapport de l'Observatoire national du réchauffement climatique (ONERC), paru en 2005, montre que le réchauffement est 50 % plus important dans l'Hexagone que le réchauffement moyen global, ce qui devrait entraîner des " conséquences colossales " pour notre pays. La multiplication des phénomènes extrêmes apporterait " des changements profonds sur le mode de vie des Français. "
Nous n'avons subi jusqu'ici que les prémices des catastrophes environnementales qui devraient se produire à grande échelle : inondations rayant de la carte de nombreuses îles et certains pays, multiplication des cyclones, grosses pénuries d'eau potable, famines consécutives à une aggravation des sécheresses et de la désertification, diminution drastique de la biodiversité (au moins un quart des espèces animales terrestres et des plantes serait condamné à disparaître d'ici 2050), poussée vers le nord des maladies tropicales, pandémies...
Selon le 4e rapport du GIEC (février 2007), ces événements conduiraient à la migration de centaines de millions de personnes dans le monde. Ces réfugiés climatiques viendront surtout des régions les plus pauvres et les plus vulnérables, comme les zones côtières (où vit la moitié de la population mondiale) et l'Afrique subsaharienne.
Le réchauffement climatique pourrait s'auto alimenter, en raison de la libération des gaz à effet de serre emprisonnés dans le permafrost (sol des régions polaires gelé en permanence), les forêts tropicales et les sédiments des océans. Ainsi, depuis quatre ans, et pour la première fois depuis l'ère glaciaire, l'immense tourbière gelée sibérienne est en train de se transformer en marécages, relâchant des milliards de tonnes de méthane (CH4), un gaz à effet de serre vingt fois plus puissant que le CO2. Les actuels " puits de carbone " pourraient bientôt se transformer en sources, comme cela a été le cas du continent européen en 2003 : la croissance des forêts et des végétaux, qui absorbent le carbone atmosphérique, s'était interrompue en raison du manque d'eau. (Or, l'été 2003 sera considéré comme " frais " en 2050, selon un modélisateur de Météo France).
De même, le réchauffement des eaux des océans - qui a atteint une profondeur de 3 km - réduit de plus en plus leur capacité d'absorption du CO2. Cet emballement pourrait faire sortir le réchauffement des fourchettes de prévision actuelles.
Sans le phénomène opposé " d'assombrissement global " (" global dimming "), observé depuis les années cinquante (de 1950 à 1985, le rayonnement solaire à la surface de la terre a diminué globalement de 8 à 30 % - avec des disparités importantes selon les régions du monde) et qui s'inverserait depuis quelques années, le réchauffement climatique serait encore plus important.
UNE HUMANITÉ SUICIDAIRE, OU LA GRANDE BOUFFE DU PÉTROLE
Plutôt que de remettre en cause le mode de vie aberrant des sociétés développées, devenu le modèle désastreux des sociétés " en développement ", les autorités continuent de rassurer le public en lui proposant des solutions illusoires et souvent très polluantes - comme les biocarburants et la voiture électrique - et dangereuses, comme le nucléaire dit " de la deuxième génération " (en réalité, une technologie ancienne et obsolète qui n'a jamais fonctionné). Alors qu'aujourd'hui, seul un changement radical et immédiat de système économique, vers un modèle de " décroissance ", pourrait sauver la planète.
Pendant plusieurs décennies, nos gouvernants sont restés sourds aux avertissements de personnalités et d'associations écologistes, et de rapports alarmistes (comme " Halte à la croissance ", le rapport Meadows...).
Leur absence de volonté politique de réduire les gaspillages et les pollutions, due à leur crainte de perdre leurs sponsors (aux Etats-Unis, essentiellement des pétroliers) ou leur clientèle électorale, alliée à la désinformation des media " incorporés " au système, ont conduit à la catastrophe reconnue maintenant comme imminente par les climatologues les plus modérés. Ce comportement irresponsable permet aujourd'hui à des scientifiques éminents de l'Establishment de justifier le recours à des technologies d'apprentis sorciers.
LES TECHNOLOGIES DE MODIFICATION DU TEMPS : LE MARCHÉ PROMETTEUR DE XXIE SIÈCLE ?
La " géoingénierie " est une nouvelle technologie, à l'origine étroitement liée au secteur militaire. Le physicien John Von Neumann commença à travailler sur les manipulations climatiques juste après la seconde guerre mondiale. À la fin des années quarante, le Département de la Défense américain investit dans ce domaine dans le cadre d'une " guerre de l'ombre " contre l'Empire soviétique, pour provoquer notamment des sécheresses susceptibles d'anéantir ses récoltes. En 1967, le projet " Popeye " appliqué au VietNam réussit à prolonger la saison des moussons en ensemençant les nuages avec de l'iodure d'argent pour détruire les cultures de l'ennemi, empêcher le mouvement de ses troupes et leur ravitaillement le long de la piste Ho Chi Min.
A la même époque, on commençait d'utiliser la même technique dans le secteur agricole pour augmenter localement les précipitations.
Depuis les années cinquante, les sociétés privées de modifications du temps se sont multipliées (parmi les plus anciennes aux Etats-Unis : Atmospherics Inc., créée en 1960, ou TRC North American Weather Consultants). Plus d'un millier de projets ont été déposés aux Etats-unis et dans d'autres pays du monde depuis plusieurs décennies.
Les Chinois, champions dans ce secteur, possèdent un Bureau de modification du Temps (dépendant de l'administration météorologique chinoise), dont la préoccupation actuelle est de garantir un temps idéal pour les Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Quant au président russe Poutine, il se vante de préparer un soleil radieux lors de chaque grande manifestation officielle.
Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), plus de cent projets de modification artificielle du temps sont mis en œuvre aujourd'hui par plusieurs dizaines de pays.
Mais ces manipulations climatiques semblent très anodines comparées à celles qui sont à l'étude au niveau planétaire. Les deux principales institutions impliquées dans ces programmes de géoingénierie sont le Lawrence Livermore National Laboratory et l'université de Stanford (Californie), dont Edward Teller, le père de la bombe H, considéré comme l'un des savants les plus brillants du XXe siècle, resta le directeur émérite jusqu'à sa récente disparition.
LA GÉOINGÉNIERIE GLOBALE OU LA MANIPULATION CLIMATIQUE À L'ÉCHELLE PLANÉTAIRE
" La politique actuelle sur le climat semble ne pas fonctionner. Nous ne disons pas que nous avons la baguette magique, mais c'est une situation désespérée et les gens devraient commencer à penser à des moyens non conventionnels. Des projets préventifs à grande échelle sont nécessaires ".
PR John Schellnhuber, responsable du principal groupe de scientifiques du climat britannique, cité in The Guardian 11 janvier 2004. C'est nous qui soulignons.
Les appels au recours aux technologies de modifications artificielles du climat se multiplient depuis plusieurs années.
Ainsi, James Hansen estime que " Nous devons stabiliser les émissions de CO2 en moins de dix ans, sinon les températures augmenteront de plus de un degré. Elles seront plus élevées que celles que nous connaissons depuis cinq cent mille ans, et beaucoup de choses ne pourront plus être stoppées. Si nous voulons éviter cela, nous devons dès maintenant mettre en œuvre les nouvelles technologies (...) Il nous reste peu de temps pour agir ".
Le PR Schellhuber pense que la géoingénierie offre des options beaucoup plus réalistes, plus efficaces et moins coûteuses que les mesures fixées par le protocole de Kyoto.
Dès 1997, dans un article du Wall Street Journal, Edward Teller, l'un des plus ardents défenseurs du projet " La guerre des étoiles " (et l'inspirateur du personnage du " Docteur Folamour " de Stanley Kubrick), préconisait d'utiliser les grands moyens pour refroidir la planète. Son " projet Manhattan pour la planète " consiste à créer autour de la terre un énorme bouclier chargé de détourner les rayons du soleil pour stabiliser le climat. Cet écran solaire géant coûterait moins d'un milliard de dollars par an - moins que les mesures imposées par le protocole de Kyoto.
Selon les calculs de Teller, un million de tonnes de particules d'aluminium et de soufre feraient chuter l'insolation terrestre de 1 %, contrebalançant ainsi l'effet de serre. Les climatologues russes de l'Institut du climat mondial et de l'Ecologie préconisent des mesures similaires.
Ces idées, déjà anciennes, ont été réactivées par les résultats d'études sur les conséquences de grosses éruptions volcaniques comme celles du El Chichon en 1982 : les particules de dioxyde de soufre (SO2) crachées par les volcans dans l'atmosphère font chuter significativement la température terrestre pendant quelques semaines, voire plusieurs années. Ainsi, l'éruption du Pinatubo (Indonésie, 1991) a fait baisser les températures au sol d'environ 0,5 °C en moyenne pendant plusieurs mois. Cela a correspondu en réalité à des refroidissements importants dans certaines régions, et des réchauffements dans d'autres, comme l'Europe du Nord.
En 1992, l'Académie nationale des sciences américaines envisageait dans un article d'utiliser les avions de ligne pour combattre le réchauffement climatique (" Policy implications of Greenhouse Mitigation, Adaptation and the Science Base ").
L'utilisation de la géoingénierie est le moyen de permettre aux pays développés de ne rien changer à leur mode de vie. C'est ce que sous-entendait Colin Powell lors du Sommet sur le développement de 2002, au cours duquel il avait réitéré le refus des Etats-Unis de ratifier le protocole de Kyoto. Il avait alors révélé que les Etats-Unis étaient engagés " dans des actions pour satisfaire les défis environnementaux, y compris le changement climatique global, et pas seulement dans des rhétoriques ", précisant qu'ils avaient déjà " des milliards de dollars dans des technologies de pointe " beaucoup plus efficaces que les mesures préconisées par ce protocole.
Le Centre national américain des recherches atmosphériques estime, lui aussi, que le moyen le plus efficace de réduction du réchauffement global est l'épandage par des avions de composés d'aérosols (particules en suspension dans l'air) réfléchissant une partie des rayons solaires dans l'atmosphère.
Le marché de la géoingénierie est un marché très prometteur. D'autant que le rapport Stern (octobre 2006) commandité par le chancelier de l'Echiquier britannique, a annoncé une récession économique " d'une ampleur catastrophique " si rien n'était rapidement engagé à l'échelle planétaire contre l'effet de serre : le produit intérieur brut mondial (PIB) pourrait baisser de 5 à 20 % d'ici à 2100, entraînant un coût dépassant 5 500 milliards d'euros.
Roger Higman de Greenpeace, qui estime comme les autres spécialistes que " le changement climatique représente la plus grande menace environnementale que nous devons affronter ", pense que les solutions technologiques ne doivent pas être utilisées comme excuse d'avoir failli dans la réduction des gaz à effet de serre.
LES RISQUES DE L'APPLICATION DE CES PROJETS SUR LE SYSTÈME CLIMATIQUE ET LA SANTÉ DES ETRES VIVANTS
Hervé le Treut, directeur de recherche au CNRS, craint que " les aérosols modifient notre monde ", et rappelle qu'ils génèrent des pluies acides. Le système climatique est très complexe et très fragile ; Il fait intervenir notamment l'atmosphère, les océans, les continents et la biosphère, via des processus chimiques, biologiques et physiques. Le recours à l'injection d'aérosols perturberait " un phénomène naturel appelé oscillation arctique, ce qui provoquerait des réchauffements locaux en hiver dans certaines régions, le refroidissement se concentrant sur d'autres ".
S'inquiète de son côté le climatologue Edouard Bard, PR au Collège de France, qui ajoute qu'avec " de tels dispositifs de géoingénierie globaux, ce n'est pas seulement l'atmosphère qui est en jeu, mais le système climatique dans son ensemble, c'est-à-dire un gigantesque jeu de dominos d'une grande complexité. Prévoir et évaluer les effets collatéraux à l'échelle mondiale requiert, avant tout, un travail scientifique considérable impliquant climatologues, océanographes, géologues, astronomes, biologistes, agronomes, etc. " (Le Monde du 30 octobre 2006). Ces manipulations ne sont soumises à aucune législation dans la plupart des pays.
Selon la NASA, le triméthylène d'aluminium et le baryum, métal qui a la propriété d'absorber le dioxyde de carbone (CO2), seraient parmi les produits chimiques les plus utilisés. La toxicité de l'aluminium est aujourd'hui reconnue comme facteur favorisant l'apparition de la maladie d'Alzheimer. Henri Pezerat, éminent toxicologue, directeur de recherches au CNRS rapporte que plusieurs études épidémiologiques menées dans six pays différents ont toutes conclu " à une augmentation notable de l'incidence de la maladie d'Alzheimer en relation avec une concentration trop importante dans l'eau de boisson " (cette relation est niée par l'Institut de veille sanitaire qui refuse de prendre en compte les risques liés à ce métal lors du traitement des eaux).
Le baryum est un élément dangereux. Les sels de baryum pénètrent l'organisme par voie pulmonaire et orale. Les sels insolubles inhalés peuvent se déposer et s'accumuler dans les poumons à la suite d'une l'exposition à long terme. Les sels solubles dans l'eau et les acides sont très toxiques lorsqu'ils sont ingérés.
Le baryum entraîne des arythmies, des troubles digestifs, une asthénie intense et une hypertension artérielle. Les analyses de baryum sont très délicates et coûteuses. Les tests effectués au Canada auraient révélé la présence de ce métal à des taux anormalement élevés dans l'eau de pluie.
D'une manière générale, l'augmentation des aérosols en suspension dans l'air, d'origines diverses, pourrait contribuer à la multiplication des cas de maladies respiratoires, d'allergies, d'irritations oculaires, de migraines, de symptômes grippaux sans fièvre, de pertes de mémoire et de confusion mentale, d'insomnies et de dépressions. Les symptômes dépressifs dus à la baisse de la luminosité sont de plus en plus soignés par la luminothérapie, pratiquée jusqu'ici dans les seuls pays nordiques en hiver.
DES EXPÉRIMENTATIONS SONT-ELLES DÉJÀ EN COURS ?
Depuis quelques années, une polémique sévit sur Internet, au sujet d'expérimentations secrètes qui seraient déjà menées depuis plus d'une décennie pour atténuer le réchauffement climatique. Les tenants de la théorie des manipulations du climat justifient leur point de vue par les observations à travers le monde, depuis une décennie environ, de longues traces blanches persistantes laissées par des avions quadrillant le ciel. Les autorités interrogées répondent que ces tracés ne sont que des " contrails " (abréviation anglaise pour " tracés de condensation ") correspondant à la vapeur d'eau émise par les avions à très haute altitude, qui se transforme en cristaux de glace à des altitudes où la température de l'air est inférieure à -40 °C.
Ils insistent également sur l'intensification croissante du trafic aérien.
Les tenants de la théorie des " chemtrails " (" tracés chimiques ") leur rétorquent que les contrails disparaissent au bout de quelques minutes, alors que les " chemtrails " peuvent persister pendant des heures ; ils s'élargissent peu à peu pour former un voile laiteux, avant de se superposer et de se métamorphoser en nuages de plus en plus épais et foncés, qui finissent par former une chape de plomb au-dessus de nos têtes entre 24 et 36 h après ces épandages. Ils prétendent que de nombreux avions laissant des traces persistantes volent à des altitudes beaucoup trop basses pour que des contrails puissent se former, qu'ils volent souvent en dehors des couloirs aériens, et ont parfois des trajectoires anormales (comme des virages à 90 °).
En Amérique du Nord, des associations de lutte contre les " chemtrails ", et quelques personnalités dénoncent vigoureusement ces pratiques et leur dangerosité, parfois avant de se rétracter, comme le sénateur américain démocrate de gauche Denis Kuccinich.
Que des expérimentations aient déjà commencé ou non, le grand battage médiatique sur le réchauffement climatique, qui s'intensifie depuis plusieurs années au niveau mondial pourrait préparer les esprits à l'inéluctabilité du recours à la géoingénierie. Ainsi, en mars 2005, le Sénat américain a voté en " fast track " une loi officialisant les manipulations climatiques (U.S. Senate Bill 517, et U.S. House Bill 2995).
LES APPLICATIONS MILITAIRES DE LA GÉOINGÉNERIE
Comme toutes les nouvelles technologies (biotechnologies, nanotechnologies...), la géoingénierie est étroitement liée au secteur militaire. Dès 1970, le conseiller à la sécurité de la Maison Blanche Zbigniew Brzezinski avait prévu dans son ouvrage " Entre deux âges " que " la technologie donnera aux dirigeants des principales puissances les moyens de conduire des guerres secrètes mobilisant un minimum de forces de sécurité ".
Ainsi, " les techniques de modification du climat pourront être utilisées pour produire des périodes prolongées de sécheresse ou d'orage ".
En 1977, alors que les Américains dépensaient 2,8 millions de dollars par an dans des recherches militaires sur les modifications climatiques, les Nations Unies votèrent la convention ENMOD qui interdit ces techniques à des fins " hostiles " (la France et la Chine ne font partie des quatre-vingt dix signataires).
Cependant, ni les Etats-Unis, qui ratifièrent le traité en 1978, ni l'Union soviétique n'ont jamais cessé leurs recherches, alors que d'autres pays comme la Chine les développaient à leur tour. Un rapport de 1996 commandité par l'Air Force montre que les Etats-Unis ont prévu d'avoir la contrôle total sur le temps en 2025 (" Le temps comme démultiplicateur de force : maîtriser les conditions météorologiques en 2025).
Le PR Chossudovsky, de l'université d'Ottawa (Canada), affirme, dans une série d'articles parus sur son site, que le changement climatiques ne serait pas dû aux seuls gaz à effet de serre (GES), mais également aux manipulations effectuées par l'armée américaine à partir de sa base de Gacona (Alaska). Selon lui, il est en effet aisé de mettre sur le compte des seules GES les dégâts dus à ces expérimentations militaires clandestines.
En février 1998, la commission des Affaires étrangères, de la sécurité et de la politique de défense du Parlement européen a tenu à Bruxelles une série d'auditions sur les effets néfastes possibles sur l'environnement des manipulations effectuées par ce centre. Elle a déploré le refus de l'administration américaine de répondre à ses questions, sans aller plus loin, afin d'éviter de créer des tensions avec Washington.
De leur côté, les Américains rendent régulièrement les Russes responsables de la multiplication des phénomènes extrêmes aux Etats-Unis, comme des ouragans de plus en plus dévastateurs.
En 1997, William S. Cohen, Secrétaire à la Défense américaine de William Clinton, a accusé certaines groupes de " s'adonner à un terrorisme de type écologique qui aurait pour but " d'altérer le climat ", et même de " déclencher des tremblements de terre et des éruptions volcaniques à distance par le biais et l'utilisation d'ondes électromagnétique ". Luc Mampey, chercheur au Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (GRIP, Bruxelles) indique que le concept de " guerre environnementale " fait bien partie du langage et des manuels militaires.
S'il est difficile de prouver que ces technologies sont déjà utilisées aujourd'hui, que ce soit à des fins pacifiques ou militaires, le sujet fait l'objet de nombreux articles depuis les années quatre-vingt-dix dans les grands media étrangers, notamment anglo-saxons (CBS, CNN, le New York Times, The Guardian...) et russes (la Pravda, Novye Izvestia). Pour l'hebdomadaire américain Business Week, " une technologie capable de contrôler les conditions atmosphériques serait une puissante arme militaire et politique ". C'est seulement depuis 2006 la grande presse française se fait l'écho ces débats (Cf. par exemple " La météo comme arme de guerre " dans Courrier International). Et le mot " géoingénierie " n'a fait son apparition dans le quotidien " Le Monde " qu'en octobre 2006.
Joëlle PENOCHET copyright 2007
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Publié sur le site de Planète non violence.
































