mercredi 26 septembre 2007
Ecolo ou mangeur de viande ? Il faut choisir
Vous vous croyez écologiquement impeccable parce que vous pédalez, achetez
bio, et choisissez votre boucher avec soin ?
Raté ! Vous êtes plus dangereux pour
la planète qu’un végétarien qui roule en 4x4.
Telle est la dernière antienne des environnementalistes américains.

Que manger de la viande soit une aberration énergétique n’est pas un scoop : on
sait depuis les années 60 qu’il faut 10 kilos de céréales pour produire un kilo
de bœuf ; qu’on utilise cinq fois plus d’eau pour produire des protéines de bœuf
que des protéines de soja ; et qu’on a besoin de cinq à dix fois plus de sol pour
générer des protéines animales que des végétales.
A cette liste de défauts déjà susceptible de filer la honte à n’importe quel
carnivore socialement responsable, on doit désormais ajouter l’impact de
l’élevage sur le changement climatique. Attention : pas seulement à cause des pets et des émissions des déjections des bestiaux
(lesquels, on commence à le savoir, sont constitués de méthane et de protoxyde
d’azote cinquante fois plus générateurs d’effet de serre que le CO2). La
nouveauté, c’est qu’on a enfin mesuré avec précision la quantité de combustibles fossiles utilisée au cours de la chaîne de production alimentaire.
En novembre 2006, un rapport de l’ONU http://www.un.org/apps
avait sonné l’alarme : l’industrie de la viande génèrerait plus de gaz à effet de serre que tous les modes de transport combinés. Le 12 septembre, la prestigieuse revue médicale The Lancet enfonçait le clou dans un
dossier " Energie et santé " http://www.thelancet.com/ :
l’élevage des animaux destinés aux assiettes compte pour un quart des émissions
de gaz à effet de serre de la planète.
L’un des auteurs, le docteur John Powles http://www.phpc.cam.ac.uk,
de Cambridge University, http://www.cam.ac.uk/ nous informe
au passage que la consommation moyenne de viande dans les pays développés
est de 224 g par jour, contre 31 g en Afrique. Etonnant, non ?
Mais la première étude fouillée http://www-news.uchicago.edu/
sur ce thème – et la plus intéressante, en date du 13 avril 2006, venait
de l’université de Chicago : Gidon Eshel et Pamela Martin, tous deux
professeurs de sciences géophysiques, publiaient leurs travaux.
http://geosci.uchicago.edu/
dans la revue Earth Interactions. Aliment par aliment, les chercheurs comparaient la consommation d’énergie des modes de culture, d’élevage, de
transformation, de transport et de distribution.
Sur cette base, ils plaçaient en vis à vis cinq régimes alimentaires type : complètement végétarien, ou principalement composé de viande rouge, ou de poisson, ou de poulet, ou " américain varié " (soit 72 % d’aliments d’origine végétale, fut-ce surtout du ketchup, des patates, de l’huile, du sucre, le reste se partageant entre la viande, les œufs et
les produits laitiers). Précision importante : chaque régime comportait 3774 calories, la ration moyenne aux Etats-Unis.
A l’époque, cette étude avait été abondamment commentée dans les médias.
Elle était pourtant ardue, pleine
d’équations mathématiques et de courbes exponentielles. Mais elle contenait plusieurs messages choquants. Notamment celui-ci : en 2002, l’énergie utilisée pour la production alimentaire américaine a représenté 17 % de la quantité totale
de carburant consommé dans le pays (tous secteurs confondus). A lui seul,
ce poste " alimentaire " est l’équivalent, en gaz à effet de serre, d’un
tiers du poste américain " transports individuels ". Comme il faut ajouter à
ces émissions de CO2 les quantités pharamineuses de déjections gazeuses du
bétail, on voit l’importance du problème.
Autre énorme surprise : le régime poisson est à peine moins énergivore que
le régime bœuf, ce que Pamela Martin explique ainsi : " Le poisson peut
venir du ruisseau près de chez vous, et là tout va bien. Les sardines et
les anchois abondent près des côtes et peuvent être récoltés avec une consommation énergétique minimale. Mais les espadons, les thons, les saumons et les morues, qui sont de loin préférés par les consommateurs,
requièrent des voyages au long cours ".
Résultat : si vous tenez à la viande, mangez-en peu ou plutôt du poulet,
ou devenez végétarien. Et avant de rayer la carrosserie d’un 4x4 pour crime de lèse planète, faites l’inventaire de votre propre frigo.
* CO2 http://www.rue89.com/co2
* environnement http://www.rue89.com
* gaz à effets de serre http://www.rue89.com/
* végétariens http://www.rue89.com/
Source :
http://terresacree.org/





















