lundi 5 novembre 2007
Un monde sans fruits ni légumes. La disparition des abeilles en cause...
Albert Einstein avait prédit ce qui arrive... :
" Si les abeilles venaient à disparaître, l’homme n’aurait plus que quatre années devant lui. Sans abeilles, plus de pollinisation, plus de plantes, plus d’animaux, plus d’hommes ".
Pierre MELQUIOT - Grenelle de l'Environnement - 24 octobre 2007
" La
disparition des abeilles équivaudrait à un bouleversement sans
précédent dans l'histoire de l'humanité. Une telle modification de la
biodiversité met en danger la diversité alimentaire vitale. Ce
dérèglement en profondeur des écosystèmes anéantit toute perspective
pour les générations futures ".
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Les enjeux de la disparition des abeilles

Crédit photographique : Myriam Kieffer - NaturenDanger®
Sur l'ensemble de la planète, les abeilles sont en déclin (Le Monde du 30 août). Ces pollinisatrices essentielles peuvent-elles disparaître ?
Il y a cinq ans, j'aurais considéré cette hypothèse comme totalement futuriste. Aujourd'hui, je la prends au sérieux, car le déclin se mesure désormais à l'échelle mondiale. Chez les populations sauvages comme chez l'abeille domestique.
PROGRAMME EUROPÉEN
Alarm, le programme européen sur la biodiversité (www.alarmproject.net), a pour objectif, sur cinq ans (2004-2008), d'évaluer les risques encourus par la biodiversité et l'impact potentiel de son déclin à l'échelle de l'Europe. Alarm comprend quatre modules : changements climatiques, produits chimiques, espèces invasives et pollinisateurs. C'est à ce dernier module que participe le laboratoire de pollinisation entomophile de l'INRA d'Avignon, sous la responsabilité de Bernard Vaissière.
CULTURES TROPICALES
Cacao, vanille, courges et potirons, melons et pastèques, fruits de la passion, annones et sapotilles, noix du Brésil et de macadamia : toutes ces cultures tropicales sont totalement dépendantes des pollinisateurs pour leur production de fruits et de graines. A moins d'être fécondées par la main de l'homme.
Sur tous les continents, et de plus en plus souvent, les productrices de miel meurent dans des proportions trop importantes à la sortie de l'hiver. En Europe, nombre d'apiculteurs ont dû mettre la clé sous la porte. Aux Etats-Unis, où l'on parle d'un "syndrome d'effondrement des colonies", 25 % du cheptel aurait disparu pendant l'hiver 2006-2007. En ce qui concerne les abeilles sauvages (soit mille espèces différentes en France), le doute a subsisté plus longtemps. Mais le débat a été récemment tranché par deux publications scientifiques. La première, parue dans Science en juillet 2006, démontre que les populations en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas ont considérablement baissé depuis la fin des années 1970. La seconde, émanant de l'Académie des sciences des Etats-Unis, concluait en octobre 2006 au déclin significatif des pollinisateurs en Amérique du Nord (Canada, Etats-Unis, Mexique).
S'il n'y a plus d'abeilles dans le monde, que se passera-t-il ?
Un bouleversement sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Actuellement, plus de 80 % des espèces de plantes à fleurs dans le monde et 80 % également des espèces cultivées en Europe dépendent directement de la pollinisation par les insectes : des abeilles, pour l'essentiel. Le plus souvent, d'autres agents, comme le vent ou l'autopollinisation passive, contribuent également à leur reproduction sexuée. Mais, sans les butineuses, la plupart des cultures n'atteignent plus une production satisfaisante. C'est le cas de nombreuses espèces sauvages (romarin, thym, lavande, moutarde), des arbres fruitiers (pommiers, poiriers, abricotiers, amandiers), des grandes cultures oléagineuses (colza, tournesol) et protéagineuses, des cultures maraîchères (cucurbitacées, tomates, fraises). Et aussi des semences de crucifères (radis, choux, navets), d'ombellifères (carottes, céleri, persil) et d'alliacées (oignons, poireaux). Difficile d'imaginer un repas auquel les abeilles ne soient pas associées de près !
Un monde sans fleurs, sans fruits ni légumes, est-ce cela qui nous menace ?
Il y a un an, une étude internationale a évalué, pour la première fois à cette échelle, la dépendance aux pollinisateurs de la production agricole mondiale. Elle s'est intéressée aux 115 cultures les plus importantes, directement utilisées pour l'alimentation humaine dans plus de 200 pays. Conclusion : rapportée au tonnage, 35 % de la production de nourriture dépend des insectes.
Concrètement, la disparition des abeilles ne signifie donc pas que l'espèce humaine mourra de faim, puisque 60 % des cultures - principalement les céréales comme le blé, le maïs et le riz - ne sont pas concernées. Mais la diversité alimentaire en serait profondément altérée.
Pourra-t-on suppléer, par la technique ou l'élevage, à l'absence des pollinisateurs naturels ?
Aucune des solutions envisagées n'est satisfaisante. Polliniser les cultures par des espèces d'élevage, comme on le fait déjà avec des bourdons pour les tomates sous serre ? Peu réaliste en plein champ. Les polliniser manuellement, à l'instar de ce qui est mis en oeuvre pour la vanille ? Non rentable à grande échelle. Augmenter techniquement la pollinisation par le vent ? Plusieurs entreprises s'y sont déjà essayées dans le monde, qui avec des hélicoptères, qui avec des machines secouant les plantes... Mais aucune méthode n'a jamais été retrouvée sur le marché.
Dans certains cas, d'autres espèces pollinisatrices - des mouches, par exemple - viendront peut-être remplacer les abeilles. Et certaines variétés végétales, moins dépendantes des insectes que celles que nous avons sélectionnées depuis des siècles, prendront peut-être leur essor. Enfin, certaines cultures peuvent produire des fruits sans fécondation, soit de façon spontanée (la banane), soit grâce à la pulvérisation d'hormones spécifiques (tomate, courgette). Mais ces techniques sont loin d'être applicables à toutes les espèces, et les conséquences sur la qualité gustative des fruits sont parfois catastrophiques.
Que faire pour tenter d'enrayer le déclin des abeilles ?
Les causes de leur régression sont connues : élimination de leurs sites de nidification, raréfaction des plantes qui leur fournissent nectar et pollen, maladies et parasites... Et, surtout, épandage de pesticides, particulièrement destructeurs pour les abeilles. Celles-ci, en effet, possèdent très peu de gènes de détoxification, comme l'a confirmé tout récemment le séquençage du génome de l'abeille domestique.
Comment agir ? En ce qui concerne la réduction et la fragmentation de leurs habitats, on peut tout à fait renverser la tendance. Si on se contente de faucher les talus une fois par an, si on préserve un peu mieux les prairies naturelles, si on optimise l'utilisation des jachères fleuries, les abeilles se porteront déjà mieux. De même si l'on prend des mesures plus efficaces d'un continent à un autre contre les espèces invasives, tel le frelon asiatique. Mais, avant tout, il faut réduire l'usage des pesticides. Les agriculteurs comme les jardiniers doivent prendre conscience que les abeilles sont totalement démunies vis-à-vis de ces produits toxiques. Et qu'elles sont de précieuses auxiliaires de leurs cultures, à protéger en priorité.

Crédit photographique : Myriam Kieffer - NaturenDanger®
Dans le cadre du programme de recherche européen Alarm sur la biodiversité, votre équipe est chargée d'évaluer l'impact agronomique et économique des pollinisateurs sur l'agriculture européenne.
Quelles sont les premières conclusions de cette étude ?
Il apparaît que l'impact des pollinisateurs est considérable : au niveau mondial, il représente environ 10 % du chiffre d'affaires de l'ensemble de l'agriculture. Et les pays qui en sont les plus dépendants sont les pays développés.
Par Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l'INRA
Propos recueillis par Catherine Vincent
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-966593@51-966673,0.html
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JE VOUS INVITE EGALEMENT à découvrir l'article édifiant du Webzine n°2 du collectif d'artistes environnementalistes GREEN IS BEAUTIFUL®, intitulé " La mort des abeilles ". Vous pouvez également télécharger leur Webzine en couleur ou télécharger la version éco-conçue au format économique en noir&blanc
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" Quand il s’agit de mettre en œuvre une pensée écologique, collective et
militante, le premier geste est souvent de décloisonner les espaces de
réflexion. Notre parti pris a suscité quelques étonnements : voici un
webzine dont les auteurs semblent plus souvent tremper leur plume dans
le vitriol, composé chimique toxique, sel acide et sulfureux, que dans
une eau florale aux vertus apaisantes, et nous parlent d’écologie en
nous parlant de mode. "
Laure Maud - GREEN IS BEAUTIFUL®
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Sources :
http://terresacree.org/
http://www.green-is-beautiful.com.fr/WEBZINE-GREEN-IS-BEAUTIFUL-R-No2.html
Crédits photographiques :
Myriam Kieffer - NaturenDanger - Toutes reproductions interdites
Article au format PDF :
Un monde sans fruits ni legumes. La disparition des abeilles en cause.PDF
mercredi 12 avril 2006
Le phoque moine de Méditerranée, espèce quasi disparue
Le phoque moine de Méditerranée Monachus monachus est un mammifère marin, appartenant à l'ordre des Pinnipèdes.
Autrefois largement répandu en Mer Noire, dans tout le bassin Méditerranéen et sur la côte Atlantique Nord-Ouest de l'Afrique jusqu'à la péninsule du Cap Blanc en Mauritanie, sa population est maintenant réduite à quelques groupes dispersés, sous la menace permanente d'une extermination. Actuellement en Méditerranée, il existe une population d'environ 100-150 phoques, dispersée entre les innombrables îles de la Mer Égée. Partout ailleurs, en Méditerranée nord-occidentale, en Adriatique, en Méditerranée orientale, à Madère dans l'Atlantique, les groupes de phoque moine sont réduits à quelques individus.
Plus précisément, le phoque moine a disparu de France continentale vers la fin de la dernière guerre. Le dernier a été aperçu en Corse en 1973. Cette population, très menacée, ne survit qu'en quelques points de Méditerranée (Grèce, Turquie ...) et du nord-ouest de l'Afrique (Maroc, Mauritanie et Madère).
Sur la côte atlantique saharienne subsiste encore la plus importante population mondiale de l'espèce. Composée d’environ trois cent individus jusqu'à mai 1997, elle est actuellement réduite à une centaine d'individus.
A l'exception de certaines localités de la côte saharienne atlantique, le phoque moine occupe toujours des zones côtières rocheuses dans son aire de distribution actuelle. Son habitat formé généralement de grottes, constitue un refuge pour l’espèce qui a probablement dû adapter son lieu de repos à terre au cours des temps en fonction des menaces.
Son pelage est de coloration à
peu près uniforme, variable du fauve clair au brun foncé, plus claire sur la face
ventrale. Les poils sont courts, d'un demi-centimètre environ, formant un pelage ras, puisqu'il vit dans une eau chaude et non dans des océans glacés comme la plupart des autres phoques.
Chez les nouveau-nés, les poils sont plus longs, d'aspect laineux et de couleur franchement noir. Autour de la région ombilicale se trouve généralement une large tache blanche (caractéristique de l'espèce), dont la forme peut être très variable suivant les individus. La tête est de forme arrondie, avec un net décrochement de profil, entre le museau et le crâne.
Le phoque moine mesure 2,40 à 2,80 mètres de long pour un poids variant entre 250 et 400 kg. Sur terre, il est moins sociable que la plupart des autres phoques : la mère vit avec son petit, ou en groupes espacés. La naissance des bébés a lieu dans une grotte, entre mai et novembre, après 11 mois de gestation.
En dehors de la période de reproduction, où les phoques sont observés près des côtes, on ne sait pas vraiment s'ils vivent en pleine mer ou s'ils restent sur le rivage. D'après les spécialistes, il semble que le phoque moine ne s'éloigne guère des côtes. La longévité du phoque moine est estimée à 30 ou 40 ans.
Le phoque moine de Méditerranée cherche les grandes côtes rocheuses abruptes, battues par les vagues et les embruns, où le dérangement par l'homme est minime. Il cherche, sur ces littoraux, de vastes grottes où il aime se reposer et mettre-bas.
Le régime alimentaire apparaît très diversifié, et présente des dominantes selon les espèces les plus abondantes dans un endroit donné (sardines et thon, anguilles, homards et pieuvres). Du fait de ses performances très moyennes en plongée (6 minutes à 10 mètres et 3 minutes à 30 mètres), le phoque moine recherche sa nourriture à une profondeur comprise entre 0 et 100 mètres, principalement dans les quarante premiers mètres.
La reproduction du phoque moine
Dès la fin du printemps, les femelles s'isolent et fréquentent les grottes sous-marines. C'est dans ces grottes, souvent très spacieuses et avec une entrée étroite au dessus du niveau de la mer, que la femelle va mettre bas. Les petits naissent entre mai et novembre, après 11 mois de gestation. Le petit, au pelage noir laineux, mesure moins d'un mètre (90-100 cm) et pèse entre 10 et 20 kg. Au bout de 2 semaines, il pèse déjà 80 kg et effectue son premier bain, en compagnie de sa mère. Enfin, au bout de 6 à 8 semaines, le jeune phoque est sevré et "abandonné" par sa mère, qui cherche à se reproduire.
Malheureusement, la mortalité des bébés est très importante. Près d'un jeune sur deux meurt, avant d'avoir été sevré et de s'être émancipé naturellement. Les raisons sont simples : auparavant, les femelles mettaient bas sur des plages ou des petites criques très tranquilles et protégées. Maintenant, ces paradis étant plus du tout sauvages et fortement prisés par l'homme, les femelles ont choisi de mettre bas dans des grottes sous-marines. Ces grottes sont certes sauvages, mais pas à l'abri des tempêtes et des grosses vagues. Ainsi, très souvent, le niveau d'eau augmente dans la grotte à cause de grosses vagues ou de tempêtes et le petit, arraché à sa mère, est emporté avant même de savoir nager.
Si le jeune réussit à survivre, sa maturité sexuelle interviendra à l'âge de 5 ans environ.
Les autres populations de phoque moine dans le monde
La population de Madère et de Mauritanie
La dernière véritable population de phoques moines de Méditerranée survit sur les côtes mauritaniennes, avec 110 à 120 individus. En effet, contrairement à la population dispersée de Grèce et de Turquie, ces phoques vivent encore en société. De plus, une vingtaine d'individus subsistent du côté de Madère, autour de la zone protégée des îles Désertas.
Cette population se situe donc dans les environ du Cap Blanc, au Sahara Occidental, entre la Mauritanie et le Maroc. La colonie a élu domicile dans des falaises battues par les vagues, où se trouvent de nombreuses grottes, indispensables pour la mise-bas des femelles. Etant donné l'instabilité politique de la zone, cette population n'est pas menacée par le tourisme. De plus, la péninsule du Cap Blanc en Mauritanie est classée en réserve naturelle depuis 1986. En 2001, 22 bébés phoques moines ont vu le jour, mais les tempêtes, très violentes dans cette zone, en ont tué 10 rapidement.
Cependant, la colonie a été victime d'une hécatombe. Sur 300 individus en 1997, les deux tiers sont morts au printemps de cette même année, à cause d'une intoxication par des algues rouges. Il est donc évident que cette population n'est pas à l'abri d'un dégazage sauvage ou d'une épidémie. Les pêcheurs locaux s'attaquent parfois aux phoques, qu'ils jugent concurrents. Mais en fait, tout comme les phoques, ils sont victimes des flottes internationales de pêches qui dévalisent les océans de leurs ressources poissonnières.
Heureusement, une équipe scientifique suit et tentent de protéger les phoques, grâce notamment à des caméras installées dans les grottes afin d'observer les mises-bas... Ainsi, si un jeune est arraché de sa mère par une vague, ils vont tenter de le secourir, de le soigner puis le relâcher dans des zones spécialement adaptées. Cette population est, en plus, loin de tout dérangement humain, ce qui est indispensable au succès des reproductions.
La population de Méditerranée Orientale
La dernière population méditerranéenne de phoques moines compte entre 100 et 150 individus, localisés en Méditerranée Orientale.
Le principal noyau de cette population survit entre la Grèce et la Turquie. Les derniers phoques moines fréquentent donc les innombrables îles de la mer Egée, des Sporades du Nord (plus d'une cinquantaine) à la Crête en passant par les Sporades du Sud (Dodécanèse) et les Cyclades, ainsi que les côtes turques. Quelques individus erratiques sont observés de temps à autres plus à l'ouest, sur les côtes d'Afrique du Nord (Lybie, Algérie, Tunisie, Algérie), de l'Adriatique (Croatie, Albanie...) voire en Sardaigne, mais ne forment pas de populations proprement dites.
Les phoques moines sont très rares et ils sont très difficiles à observer. Ces pinnipèdes sont menacés par le tourisme et la surfréquentation des côtes. Cette surfréquentation oblige les femelles à mettre bas, non plus sur les plages comme avant, mais dans des grottes de falaises rocheuses, ce qui augmente la mortalité des jeunes lors des tempêtes, souvent très violentes. Certainspêcheurs constituent encore une menace pour les phoques, mais la plupart ont maintenant compris que ce mammifère n'est pas un rival. Il suffirait malheureusement d'une marée noire, d'une épidémie comme c'est arrivé récemment en Mauritanie, pour anéantir les quelques survivants. Il faut savoir que cette population est dispersée et ne vit qu'en petits groupes de 2 ou 3, autour des nombreuses îles grecques et le long de la côte turque. En hiver cependant, les groupes observés à Alonnissos se composent de 9 individus environ.
Heureusement, afin de protéger les derniers phoques ainsi que leurs lieux de mise-bas, des parcs marins ont été créés, aussi bien en Turquie qu'en Grèce. D'ailleurs, dans ce dernier pays, il existe un parc national marin, bientôt un deuxième, ainsi que plusieurs zones de protection :
Dans les Sporades du Nord, certaines îles sont très touristiques, tandis que d'autres ne sont habitées que par des pêcheurs et des phoques. En 1990 a donc été créé le National Marine Park of Alonissos - Northern Sporades (NMPA-NS), autour de nombreuses îles et îlots, afin de protéger le phoque moine. Ce parc de 2200 km² comprend une zone B de protection minimale (678 km²) entre les îles d'Alonissos et de Péristera, une zone A de protection renforcée entre les îles de Kyra Panaya, de Yura, de Skantzoura et de Psathura, et une "Core zone" de protection maximale autour de l'île de Pipéri. Cette dernière île est totalement interdite aux pêcheurs et aux plaisanciers et seuls quelques scientifiques ont le droit d'y accéder. En effet, les nombreuses criques et falaises rocheuses de cette île abritent encore une belle petite population de phoques, ainsi que la plupart de leurs lieux de reproduction.
Dans les Cyclades, une nouvelle zone de protection a été mise en place grâce à Natura 2000 : il s'agit des îles de Kimolos et Palyaigos, au nord de l'île de Milos. Ce secteur deviendra prochainement le deuxième parc national marin grec pour la protection des phoques moines.
Enfin, dans le Dodécanèse, une dernière zone de protection a été créée au nord de l'île de Karpathos (entre les îles de Crète et de Rhodes)., toujours dans le cadre de Natura 2000.

Le phoque moine est une espèce menacée d'extinction, il fait parti de la liste des douze espèces animales les plus menacées de disparition du globe, selon l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). C’est en 1978, que l’on commence à prendre conscience de son déclin : si en 1980, il ne restait plus que 600 à 1.000 individus, dix huit ans plus tard la population mondiale n'est plus que de 200 à 300 individus !!
Il est d’ailleurs aujourd'hui presque impossible d'observer des phoques moines en Méditerranée. Ce paisible et sympathique animal est en passe de devenir un mythe.
Les causes de sa disparition
Les causes de ce déclin sont multiples mais toutes d'origine humaine.
Dérangements causés par la navigation de plaisance motorisée
Surfréquentation des plages (sites de mise-bas potentiels de l'espèce)
Hostilité des pêcheurs.
Toutes ces causes cumulées ont eu raison des derniers palmipèdes de Méditerranée Occidentale. En Corse, les derniers survivants ont tous été tués par les pêcheurs locaux.
L'historique de sa disparition en France
Historiquement, les plus importantes colonies se localisaient à l'est de Marseille (Calanques de Marseille et de Cassis, côte varoise, îles d'Hyères...). Un groupe important habitait également les Pyrénées-Orientales, en relation probable avec la population des Baléares.
A la fin du XIXème siècle, le phoque moine était encore présent sur toute la côte méditerranéenne, de Nice et Banyuls. Cependant, à cette époque déjà, il était considéré comme rare sur la côte languedocienne.
Une des populations importantes de France se situaient dans l'archipel des îles d'Hyères.
Jusqu'au début du XXème siècle, le phoque moine de Méditerranée se reproduisait et abondait encore sur les plages de l'archipel des îles d'Hyères. Malheureusement, à partir de 1921, on constate une chute brutale des observations et un déclin très rapide de l'espèce. Le dernier phoque moine des îles d'Or a été tué dans les années 1940 et les derniers individus auraient été aperçus jusque dans les années 1950.
En Corse, l'espèce s'est maintenue quelques décennies de plus. Si la raréfaction débuta entre 1920 et 1930, le plus grand déclin fut observé dans les années 1960.
En 1973, le dernier phoque moine des côtes françaises est observé au sud de Propriano (Corse-du-Sud) au sud-ouest de l'île. Toujours dans le sud de l'île, un autre animal erratique est observé 10 ans plus tôt, en 1963, dans une grotte sous-marine des Bouches de Bonifacio (Corse-du-Sud).
Enfin, en 1970, la dernière observation du nord de l'île fut rapportée de la presqu'île de Scandola, entre Calvi et Porto (Haute-Corse), sur la côte nord-ouest.
Les causes du déclin du phoque
moine sont toutes liées à l'action de l'homme. En dehors des croyances et intérêts
mercantiles du passé, les principales causes de sa disparition sont liées à l'attitude des pêcheurs et à la disponibilité trophique. La Méditerranée est une mer fragile
dont la productivité biologique est inférieure à celle de l'Atlantique, si à cela on
ajoute la surexploitation des stocks de poisson, on peut se rendre compte de la
difficulté pour le phoque moine à se procurer la nourriture dont il a besoin. Il était jusqu'à peu,
pourchassé (abattu à coup de fusil ou autre) par les pêcheurs qui le considéraient comme
un compétiteur et qui lui reprochaient, en outre, de venir manger dans leurs filets en les
détériorant.
D’autre part, la forte expansion touristique et industrielle du littoral, l'effondrement des grottes, la pêche, et les infections virales sont autant de menaces auxquels s'ajoute la pollution des zones où il vit, contribuant également au déclin des populations en réduisant la ressource et l'habitat disponibles du phoque moine.
Le phoque moine de Méditerranée est un des principaux mammifères menacés de disparition. Il est à la sixième place !
A l'heure actuelle, la principale menace - essentiellement pour les individus présents en Méditerranée - semble être la surfréquentation des côtes et leur urbanisation. Les phoques, très sensibles aux dérangements, ont du mal à trouver des grottes sous-marines encore sauvages. Il suffit qu'un bateau ou un plongeur s'approche trop près d'une grotte pour que la femelle abandonne son petit.
De plus, la mortalité des bébés est très importante. Près d'un jeune sur deux meurt avant d'avoir été sevré et de s'être émancipé naturellement. Les raisons sont simples : auparavant, les femelles mettaient bas sur des plages ou des petites criques très tranquilles et protégées. Maintenant, ces paradis n'étant plus du tout sauvages et fortement prisés par l'homme, les femelles ont choisi de mettre bas dans des grottes sous-marines, certes sauvages, mais non protégées des tempêtes et des grosses vagues. Ainsi, très souvent, le niveau d'eau augmente dans la grotte à cause de grosses vagues ou de tempêtes et le petit, arraché à sa mère, est emporté avant même de savoir nager.
Le braconnage, autrefois principale menace pour les phoques moines, semble s'être arrêté en Méditerranée, mais continue en Mauritanie et au Maroc. Dans ces dernières régions, les pêcheurs s'en prennent parfois aux phoques, qui selon eux, constituent une menace pour leur activité, primordiale dans cette région très pauvre. En fait, pêcheurs et phoques moines sont victimes des mêmes flottes multinationales de pêches qui dévalisent les océans de leurs ressources poissonnières.
Enfin, une dernière menace pourrait être la consanguinité, puisqu'il n'existe plus de contacts entre les populations méditerranéenne et atlantique, et puisque les populations sont fortement réduites actuellement.
Divers organisations internationales (CEE, IUCN, etc.) se mobilisent depuis plusieurs années pour la sauvegarde du phoque moine, la tâche à accomplir est très lourde, compte tenu de la longueur de mise en oeuvre effective des mesures adoptées.
Pour protéger des portions de côtes, encore habitées par le phoque moine, il faut créer des parcs ou des réserves marins, susceptibles de protéger le phoque moine. C'est actuellement le cas en Grèce avec le Parc Naturel marin d'Alonissos (Sporades du Nord), la zone protégée de Kilomos-Polyaigos (Cyclades) et la zone protégée de Karpathos-Saria (Dédocanèse) ; à Madère avec la zone protégée des Iles Desertas et en Mauritanie avec la Réserve Naturelle du Cap Blanc. Ces parcs doivent interdire la présence et la navigation des plaisanciers, autour de certaines îles primordiales pour la reproduction du phoque. De plus, dans certains espaces protégés comme les Sporades, toutes les grottes où les femelles mettent bas sont surveillées par des caméras infrarouges, afin de pouvoir intervenir si un petit est emporté par une vague.
Il existe deux centres de soins et de réhabilitation du phoque moine de Méditerranée : le premier en Mauritanie et le deuxième en Grèce. Ils ont pour mission de recueillir des phoques blessés, malades mais surtout orphelins. D'autres centres sont en projet. Après une période de convalescence, les jeunes phoques sont relâchés en mer avec un surplus de poids leur permettant de jeûner quelques semaines.

Phoque moine en phase de soins
La sensibilisation, des pêcheurs comme des plaisanciers, doit se poursuivre et être étendue. Il s'avère que ces mesures sont efficaces, puisqu'en Grèce, la majorité des pêcheurs acceptent le phoque, signalent même leurs observations aux scientifiques et recueillent parfois de jeunes orphelins. Pour l'éventuel manque à gagner dont souffriraient les pêcheurs par la présence du phoque moine, des indemnisations sont prévues.
Enfin, il faudrait prélever quelques phoques dans les colonies méditerranéennes ou atlantiques, les installer en captivité et les faire se reproduire. Dès que l'effectif captif sera important, on pourrait relâcher des individus, soit dans les colonies existantes pour les renforcer, soit sur des sites inoccupés comme en Méditerranée Occidentale. Malheureusement, certains scientifiques sont encore hostiles à cette mesure.
Un Centre de secours et de réhabilitation des phoques moines, fondé en 1990 à Alonissos (dans le Parc National marin), recueille les jeunes phoques orphelins et inexpérimentés.
Après une période de convalescence, ils sont relâchés en mer avec un surplus de poids leur permettant de jeûner pendant quelques jours. De plus, toutes les grottes des Sporades fréquentées par les phoques sont équipées de caméras infra-rouge, afin d'agir si un bébé est en difficulté. 12 biologistes et 2 bateaux sont ainsi prêts à appareiller en cas de danger. Il semblerait même que, depuis quelques années, les naissances augmentent légèrement.
A noter également que les pêcheurs ne constituent plus une menace pour les phoques et aident au contraire très souvent les biologistes en leur faisant part de leurs observations et en recueillant parfois les orphelins. Ainsi, la sensibilisation des pêcheurs et des plaisanciers semble porter ses fruits.
Enfin, les derniers phoques moines semblent se réfugier sur les îles désertiques convoités par les grecs et les turcs et où l'accès est totalement interdit à l'homme. Ces deux pays protègent donc, sans le vouloir, les derniers phoques moines de Méditerranée.
12042006_Le_phoque_moine_de_Méditerranée. PDF
Source :
Le Règne Animal - Editions Gallimard
Inventaire de la Faune menacée en France - Livre rouge - MNHN et WWF chez Nathan (1994)
http://www.aquanaute.com/
Crédit photos :
http://www.aquanaute.com/
http://www.milostravel.com/
http://www.manon.org/
http://www.chene.asso.fr/
http://www.ecogestes.com/
http://www.wwf.be/
samedi 1 avril 2006
Les petits crapauds tanzaniens en tragique disparition
Comment
sauver une espèce dont l’écosystème est détruit à jamais ?
C’est le problème
que posent les derniers crapauds de Kihansi, aujourd’hui hébergés par des zoos américains.
Dans
le zoo du Bronx, après la salle des serpents et ses pythons gigantesques, se
trouve une pièce isolée au taux d’humidité très élevé et au plafond très bas.
Cinq petits terrariums abritent 159 amphibiens de couleur moutarde, à peine
plus gros qu’un ongle, et qui sont sans doute les derniers représentants de
leur espèce.
Douze mille huit cents kilomètres séparent ces crapauds vivipares
de leur habitat naturel, à savoir les gorges de Kihansi, situées dans les
montagnes d’Udzungwa, en Tanzanie.

Cascades de Kihansi
Depuis des millions d’années, une cascade
gigantesque répandait sur ces gorges un crachin constant et y soufflait un vent
perpétuel, créant ainsi un environnement très spécifique où vivaient ces
crapauds en compagnie d’autres créatures endémiques. En 2000, un barrage hydroélectrique
a diminué le débit de la chute d’eau de 90% et l’écosystème humide des gorges a
disparu. Depuis, des scientifiques de toutes les disciplines se sont succédé
afin d’imaginer des moyens sophistiqués et inédits pour sauver le crapaud et
son monde perdu. Cette histoire montre à quel point il est facile pour l’homme
de perturber la nature, et que même les meilleurs scientifiques ne sont pas
toujours capables de réparer les dégâts.
Les
hautes montagnes d’Udzungwa dominent une mer de savane sèche et font partie de
l’arc montagneux de l’Est africain, un archipel en forme de croissant qui
regroupe neuf chaînes de montagnes. On y trouve les forêts vierges les plus
anciennes de la planète.
Grâce à leur isolement et à la stabilité du climat, la
flore et la faune de cette région ont eu 10 millions d’années pour évoluer
tranquillement. Des milliers d’espèces spécifiques de plantes et d’animaux
vivent dans ces neuf chaînes de montagnes. Certaines limitent leur habitat à
une seule chaîne, voire à un endroit très localisé. Le crapaud de Kihansi est
le vertébré qui dispose du territoire le plus petit : 2 hectares seulement.
Et, selon certains biologistes, il vit dans ces gorges ou à proximité depuis au
moins 10 millions d’années. Les gorges commencent à l’endroit où le fleuve
Kihansi chute d’une hauteur de 100 mètres puis de 750 mètres, et poursuit
son cours sur 4 kilomètres
de méandres et de cascades. Le débit du fleuve reste constant toute l’année,
alors que les autres cours d’eau de la région disparaissent à la saison sèche.
Les falaises à pic et les eaux tumultueuses ont longtemps dissuadé les humains
de pénétrer dans ce sanctuaire, permettant ainsi à ces créatures de la bruine
de vivre à l’écart du monde des vivants.
Mais la forte déclivité du terrain et
le débit constant du cours d’eau forment également des conditions idéales pour
les centrales hydrauliques. En 1983, des ingénieurs ont donc imaginé de dévier
le cours du fleuve via un barrage érigé au-dessus des gorges vers un tunnel équipé
d’une turbine. D’après une étude sur ce réservoir de 20 hectares, l’impact écologique
de ce projet de 270 millions de dollars, financé à l’origine par des prêts de la Banque mondiale, devait être
bénin.
“Cette population était vouée à disparaître”
En
1994, les travaux commencèrent. Des banques de développement norvégiennes, suédoises
et allemandes vinrent par la suite participer au projet, en insistant sur le
respect de la faune et de la flore. C’est pourquoi, en 1996, alors que la
construction du barrage était déjà très avancée, on permit aux biologistes, et
notamment au spécialiste en herpétologie Kim Howell, de l’université de Dar
es-Salaam, d’aller explorer les gorges. Ils y découvrirent environ 50.000 représentants
des fameux crapauds, dissimulés dans d’épais tapis de mousse.
Les biologistes
comprirent tout de suite qu’il y avait peu d’espoir de sauver le batracien.
“Des que nous avons découvert l’endroit, nous avons su que cette population était
vouée à disparaître”, explique un consultant étranger, qui, comme beaucoup
d’autres, a tenu à garder l’anonymat du fait des tensions politiques engendrées
par le barrage. Les biologistes cherchèrent alors d’autres sites pour y
transplanter les crapauds. Sans succès. Ils conseillèrent alors de ne dévier
que la moitie du débit du fleuve, mais cette recommandation resta lettre morte.
En
1999, des journaux européens eurent vent de ces études jamais publiées et de
l’existence du Nectophrynoides asperginis, ce crapaud en voie de disparition.
Craignant l’extinction de l’espèce, le gouvernement tanzanien a permis à la Wildlife Conservation
Society (institution américaine de protection et de conservation des animaux et
des écosystèmes, basée a New York, dans le parc zoologique du Bronx) de prélever
500 crapauds afin de les élever en captivité dans une demi-douzaine de zoos américains.
Mais les amphibiens souffraient en captivité et furent rapidement victimes de problèmes
pulmonaires, d’infections, de problèmes osseux, de parasites intestinaux et de
carences nutritionnelles. Toute reproduction semblait exclue. Au printemps
2004, les zoos du Bronx et de Toledo (dans l’Ohio) ne comptaient plus que 70
survivants. Mais, en 2005, les crapauds ressuscitèrent. Les vétérinaires du zoo
avaient prescrit des traitements efficaces et avaient découvert que l’éclairage
ultraviolet du zoo était trop fort : les crapauds préféraient la lumière tamisée
d’ampoules de 12 volts. Ils recommencèrent alors rapidement à se reproduire et
il y a désormais 300 crapauds répartis entre les deux zoos.
L’environnement des gorges ne peut être restauré
Pendant
ce temps-la, à Kihansi, la situation a commencé par s’améliorer. Grâce à un système
d’irrigation par aspersion installé début 2001 (de l’eau envoyée sous pression
retombe en fine pluie artificielle), les plantes des marécages ont doucement récupéré.
Durement touchée, la population des proies du crapaud, comme l’insecte endémique
Ortheziola, a également augmenté, explique Peter Hawkes, un entomologiste
consultant de Pretoria, en Afrique du Sud. Encore plus encourageant, d’après
des rapports internes de juin 2003, environ 20.000 crapauds ont à nouveau
peuple la zone.
Mais, un mois plus tard, cette population s’effondrait à nouveau.
On n’en comptait plus que 40 en août 2003, et seulement 5 en janvier 2004.
Depuis, ils ont sans doute tous disparu.
Pour
les biologistes, il y a plusieurs coupables. La cause première est sans doute
un champignon, la chytridiomycose, une infection mortelle de la peau, qui fait
des ravages chez les amphibiens du monde entier. D’après les données
recueillies, le champignon n’était pas encore présent au début des travaux. Les
systèmes d’aspersion pourraient avoir propagé le virus, tout comme les bottes
des dizaines de scientifiques venus des quatre continents.
D’autres remarquent
que cet effondrement de 2003 coïncide avec la brève ouverture des vannes du
barrage destinée à éliminer les sédiments. D’après des analyses, ces sédiments étaient
gorgés de pesticides utilisés en amont par un nombre croissant de cultivateurs
de maïs, et ces fortes concentrations toxiques auraient pu tuer les crapauds.
Mais
il ne s’agit là que des causes immédiates. Pour de nombreux scientifiques,
l’environnement des gorges a été irrémédiablement altéré et ne peut être
restauré : les changements ont affaibli les crapauds, et les produits chimiques
ou les maladies n’ont fait que les achever. Par exemple, la bruine produite par
la cascade recouvrait le sol de limon fertile, alors que l’arrosage artificiel
se contente de vaporiser de l’eau qui laisse les sols friables et sensibles à
l’érosion. La force des chutes d’eau provoque également un vent incessant, dont
le rôle dans cet écosystème demeure inconnu. “On ignore jusqu’a quel point ce système
artificiel est adéquat”, explique l’ingénieur en ressources hydrauliques John
Gerstle, de Hydrosphere Ressources Consultants, à Boulder, dans le Colorado,
qui a supervisé jusqu’en 2004 une grande partie des travaux de restauration
dans les gorges. “Il est difficile de reproduire une situation que l’on ne
comprend pas parfaitement.”
Source :
http://www.courrierinternational.com/
Crédit photos :
http://www.bronxzoo.com/
http://www.theoaklandpress.com/
http://www.water-technology.net/
lundi 13 mars 2006
Le golfe de Guinée, escale sécurisée pour la tortue verte
L'Union européenne finance
deux projets sur cette côte africaine.
Il fait nuit noire sur la plage de Jale. Seul le ressac des vagues sur le sable brise le silence. Soudain, une ombre sort de l'océan Atlantique, elle entame sa montée longue et fastidieuse sur ce rivage du sud de l'île de Sao Tomé dans le golfe de Guinée. Une tortue verte d'un mètre de long et de large. «Elle est déjà marquée», chuchote le garde santomeen, chargé de la protection des tortues, en apercevant un bout de métal sur sa patte gauche. Une bague, posée par des scientifiques, qui atteste que l'animal est déjà venu pondre ici. Car ces reptiles sont dotés d'un sens de l'orientation exceptionnel qui leur permet de parcourir des milliers de kilomètres pour revenir pondre dans la région de leur naissance, parfois même sur la plage où ils sont nés.
Base de données
Dans
l'obscurité, la tortue verte poursuit sa route, en quête d'un lieu pour délivrer
ses oeufs, 100 à 150 par ponte en moyenne. Ni bruit, ni lumière. Le reptile
doit se sentir en confiance. Apres avoir creusé un trou profond d'un mètre,
l'animal entre «en transe» et commence à pondre, chuchote le Français Bastien
Loloum, membre de l'ONG Marapa, financée en grande partie par l'Union européenne
(UE), en charge depuis trois ans à Sao Tomé de la protection de cette espèce en
danger d'extinction. «Ces animaux ont des zones d'alimentation et de ponte de prédilection.
Ils peuvent se nourrir sur les côtes d'Amérique latine, au Brésil par exemple,
puis traverser l'Océan et venir pondre dans le golfe de Guinée», murmure-t-il,
tandis que la tortue semble sortir de sa transe. Le garde santomeen et le jeune
Français procèdent alors à l'examen général de la bête et prennent ses mesures.
Toutes ces informations sont
ensuite envoyées à Libreville, à 300
km de là. Dans la capitale gabonaise, Alexis Billes,
coordonnateur régional du programme scientifique Kudu (financé par le projet Espèces
phares de l'UE), met en place une base de données sur cinq pays de la région.
«Les tortues marines sont suivies depuis des décennies en Amérique latine,
alors que la recherche sur la côte occidentale d'Afrique est récente»,
explique-t-il. Or le programme Espèces phares arrive à échéance en août et il
faut trouver de nouveaux financements. Une dizaine d'années au moins sont
encore nécessaires, selon lui, pour étudier ici ces animaux apparus il y a 230
millions d'années.
Sur la plage de Jale, la tortue s'éloigne lentement après avoir recouvert son nid. Parce que les oeufs ne sont pas à l'abri d'une vague dévastatrice, des crabes, des chiens ou des habitants de l'île, qui en raffolent, le garde va les emmener dans le centre d'incubation à l'autre bout de la plage où les sphères blanches, de la taille d'une balle de ping-pong, seront à nouveau enfouies.
«Tartarugeros». Le taux de survie de ces reptiles est infime autour
de 1% tant les prédateurs sont nombreux. La pêche industrielle constitue
un des plus gros dangers. «Les bateaux ne respectent pas les zones de pêche,
s'avancent en nombre à proximité des côtes, et il n'y a aucun contrôle», déplore
Alexis Billes. Il existe pourtant une solution, précise-t-il : installer dans
les filets un système d'exclusion des tortues et des gros mammifères marins.
Toutefois, dans les pays de la région, aucune législation interne ne réglemente
la protection de cette espèce.
Sur les étals du marché de Sao Tome, on trouve
de la viande de tortue mais aussi colliers, boucles d'oreilles et autres
bibelots en écailles ou en peau. L'ONG Marapa mise sur l'écotourisme comme
nouveau moyen de subsistance pour les communautés locales et les «tartarugeros»
(ceux qui vivent du commerce de tortues). Sur la plage de Jale, des bungalows
en bois accueillent les touristes depuis août. Cet ecolodge, financé par le
Fonds français pour l'environnement mondial, est quasi entièrement géré par la
population locale. Pour qu'une tortue vivante devienne aussi «rentable» qu'une
tortue morte.
Source :
LISTE FONDATION NICOLAS HULOT POUR LA NATURE ET L'HOMME
Crédit photos :
http://www.seabluesafari.com/
jeudi 9 mars 2006
Le Puma ou Couguar, espèce protégée
Dans la mythologie inca, les
Apus, dieux des montagnes, protégeaient les hommes et leur permettaient de
vivre paisiblement dans une vallée fertile. Ils leur interdisaient en échange
de gravir le sommet des montagnes, où brûlait le feu sacré. Sous l’influence du
diable, les hommes désobéirent pour prouver leur courage. Ils furent surpris
par les Apus et ces derniers décidèrent de les punir : des milliers de
pumas sortirent alors des cavernes et les dévorèrent.
Devant cette scène, Inti,
dieu du Soleil, se mit à pleurer. Ses larmes étaient si abondantes qu’elles
inondèrent la vallée en quarante jours. Quand le soleil brilla à nouveau, un
homme et une femme, qui avaient pu s’échapper et survivre sur une barque en
jonc, réalisèrent qu’ils voguaient sur un lac immense, sur lequel flottaient
les pumas transformés en pierre. Ils appelèrent alors le lac
«Titicaca», ce qui signifie : le lac des pumas de pierre.
DESCRIPTION
Le nom « puma »
est d’origine quetchua (tribu inca du Pérou), tandis que « cougar »
vient du mot brésilien cuguarana,
« lion de montagne ». Pourtant, c’est en Amérique du Nord, que l’on a
retrouvé les plus anciens fossiles datant d’il y a 300.000 ans.
C’est le deuxième félin en taille sur le continent américain, après le jaguar. Son corps est souple, trapu, athlétique, sa fourrure dense et courte ; ses larges pattes lui permettent une progression plus aisée dans la neige. Le puma se sert de ses griffes rétractiles afin de marquer les arbres ou d’y grimper ainsi que pour capturer des proies. Sa tête est petite et présente sur les babines des taches noires qui contrastent avec son museau blanc. Il possède au-dessus du nez une mince bande de peau sans aucun poil. Des ligaments, couplés à des muscles extenseurs et fléchisseurs, lui permettent de rétracter et sortir ses griffes.
Ses oreilles sont petites et arrondies, de couleur gris-noir à l’arrière. Sa queue est longue et s’assombrit vers l’extrémité. Le puma arbore un pelage plutôt uniforme, variant du brun sable ou fauve rougeâtre au gris argenté ou gris ardoise. Les cas de mélanisme sont fréquents chez le puma, les cas d’albinismes, eux sont rares. En fait, les teintes de son pelage varient d’une région à l’autre. Un pelage brun roux est caractéristique d’un puma qui vit dans les zones tropicales, tandis que celui d’un puma des zones septentrionales est bleu gris. Les pumas à fourrure noire sont très rares.
Le puma est doté d’une force
exceptionnelle pour un petit félidé. Traqué par les hommes, il ne prospère que
dans les zones les plus reculées.
L’homme ne lui laisse pas le droit à l’erreur.
HABITAT et REPARTITION
Le puma est l’espèce féline
qui possède l’aire de répartition la plus large : elle s’étend de
l’extrême sud de l’Amérique du Sud au nord de la Colombie-Britannique.
On répertorie aujourd’hui 6 sous-espèces, dont 4 au Canada,
mais il y en a eu jusqu’à 30 décrites. Le puma fréquente les forêts de
conifères, les forêts à feuilles caduques ou tropicales, les marais, les
prairies, mais également les semi-déserts, les montagnes et plateaux de
l’intérieur jusqu’à une altitude de 5.800m. Le puma était autrefois très
répandu dans les forêts boréales du Grand Nord, mais la disparition de grands
ongulés due à la chasse et à la déforestation l’a éliminé dans ces zones.
Le puma sait se contenter de
peu ; un point d’eau ainsi qu’un toit, de préférence minéral lui suffisent. Son
domaine est assez réduit et va de 50 à 85 km² mais peut largement s’étendre si
ses proies migrent.
Le long de la côte
déchiquetée du Pacifique nord, la forêt tropicale humide des massifs côtiers
rencontre l’eau froide de l’océan.
Là où la terre rencontre la
mer, est né un monde aux merveilles incomparables. Au sommet des massifs
côtiers, l’été offre un bref prélude et chacun s’empresse d’emmagasiner de la
graisse pour l’hiver.
Le puma est à l’aise
partout. Ni la chaleur tropicale, ni l’enneigement extrême ne semblent le
gêner.
Cette petite réserve de
Patagonie, d’une surface de 2 500 km², est le fruit d’un programme exemplaire
de conservation de la faune animale.
A tel point que plusieurs scientifiques considèrent désormais qu’il s’agit là d’une nouvelle sous-espèce de Felis concolor.
COMPORTEMENT ET ALIMENTATION
A l’instar de tous les félins, ses habitudes sont plutôt nocturnes et le puma jouit d’une vue excellente. Comme les chats, les pupilles du puma s’adaptent par contraction et dilatation à tous les éclairages.
Comme tous les petits
félins, il pratique l’affût. C’est un maître de l’embuscade. En quelques bonds,
il se retrouve sur le dos de sa victime. Le choc est si puissant qu’en principe
l’animal meurt la nuque brisée. Si ce n’est pas le cas, le couguar l’achève
d’un coup de patte ou en lui enfonçant ses crocs dans la gorge.
Un puma adulte a besoin
d’environ 2 kg
de viande par jour.
L’alimentation du puma est
très variée : élan, caribou, wapiti, coyote, castor, guanaco, capybara,
pécari, oiseaux, souris, chauve-souris et même des insectes. Le puma mange
accroupi et non allongé comme ses grands cousins
REPRODUCTION
Le puma a ceci de particulier qu’il ne peut rugir, mais ses vocalises sont très variées, notamment au moment de la reproduction. Celle-ci peut avoir lieu tout au long de l’année, la femelle ayant ses chaleurs pendant une période de 9 jours. En Amérique du Nord, les naissances ont plutôt lieu entre avril et septembre, pendant les mois les plus chauds, et en Amérique du Sud, entre février et juin. Dans son milieu naturel, la longévité d’un puma est assez courte, environ 20 ans. De ce fait, le mâle atteint sa maturité sexuelle dès 3 ans.
Ce solitaire se montre au
moment des amours particulièrement démonstratif et tendre. Ce sont les femelles
qui attirent leurs partenaires en urinant et en émettant de longs appels aigus.
Après une gestation
d’environ trois mois, la femelle met au monde 2 à 3 petits en moyenne, dans une
cavité rocheuse, un arbre creux ou une végétation dense, pèsent entre 200 et
450g à la naissance et sont tachetés de brun foncé avec de magnifiques yeux bleus.
A la naissance, les jeunes sont aveugles la première semaine et ne mesurent que 30 cm.
La longévité du puma est estimée à environ 15 ans.
STATUT ET PROTECTION
Le puma était autrefois
chassé par les Incas, qui le considéraient comme une menace pour leurs
troupeaux de vigognes et de guanacos. Par contre, les Indiens anasazi (Ouest
américain) le vénéraient. Le puma fut longtemps persécuté à l’aide de
différents procédés : poissons, collets, pièges, chasse au fusil et avec
des chiens… Parfois soutenues par le gouvernement, ces campagnes de chasse
durèrent jusqu’en 1988 aux Etats-Unis. ; les fermiers lui vouent une haine
tenace depuis des décennies. On comptabilisait entre 1910 et 1957 en
Colombie-Britannique une moyenne de 350 pumas tués par an. Il est maintenant
protégé sur la plupart de son aire de répartition, sauf en Equateur, au
Salvador et au Guyana. Au Canada, il bénéficie d’une bonne protection, sauf
dans les territoires du Nord-Ouest. La chasse est sous contrôle au Canada, Etats-Unis,
Mexique et Pérou.
En Floride, il reste moins de 50 individus et un programme de
réintroduction a été mis en place (plusieurs pumas provenant du Texas). La
fragmentation de l’habitat et la présence d’un réseau routier important
menacent cette population (entre 1979 et 1991, 47% de la mortalité était due à
la route), et les animaux réintroduits sont souvent recapturés suite à des
problèmes avec les populations humaines. Le puma repeuple aujourd’hui la partie
ouest du Canada ; on a recensé 300 individus dans l’Ontario et il a été
observé au Nouveau-Brunswick.
La situation du puma en
Amérique du Nord reste très fragile. Bien que sa peau ne soit pas utilisable, il
a été chassé et continue à l’être.
Dans les Everglades, vivait
une sous-espèce de puma, Felis concolor coryi, qui a été protégé à partir de
1958. Mais l’assèchement des marais a conduit à son extinction. Aucun puma n’a
été vu dans cette région de puis 1991. Des tentatives de réintroduction sont en
cours mais sans résultat probant pour le moment.
Fiche d’identification
Nom scientifique: Felis concolor
Ordre des
Carnivores
Famille:
Félidés
Habitat :
Montagnes, Forêts, steppes, prairies
Longueur :
1,45 à 2,75 m
de long
Hauteur à
l’épaule : 60 à 76cm
Poids :
Femelles : 35 à 48kg ; Mâles :53 à 72kg
Répartition:
Argentine, Brésil, Bolivie, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Equateur, Etats-Unis,
Guatemala, Guyana, Guyane française, Honduras, Mexique, Nicaragua, Panama,
Paraguay, Pérou, Salvador, Surinam, Venezuela, Uruguay
Statut CITES : ANNEXE II (ANNEXE I pour les populations de Floride et du Costa-Rica)
09032006_Le_Puma_ou_Couguar,_espèce_protégée. PDF
Source :
Larousse des Félins - Editions Larousse
Le Règne Animal - Editions Gallimard
Dinosoria
Crédit Vidéos :
Dinosoria
Crédit photos :
Larousse des Félins - Editions Larousse
http://www.spottycat.com/
http://rawimages.myphotoalbum.com/
http://www.ilexikon.com/
http://www.maurolasca.it/
http://www.amazonconservation.org/
http://www.arfra.org/
http://www.pa-conservation.org/
http://animaux4.free.fr/
http://www.sfonditalia.it/
dimanche 19 février 2006
Les actions de FNE pour la faune sauvage
La protection de la faune sauvage est un domaine
sensible aussi bien en termes de réglementation que de prise en compte dans les
activités humaines ou d'atteintes aux espèces. Par son travail d'animation et
d'information, le réseau entend apporter une approche et une politique
nationales exploitables par les associations fédérées dans leurs interventions
locales, qu'elles aient lieu auprès des administrations déconcentrées et des
collectivités territoriales ou dans le cadre de commissions consultatives.
Le réseau Nature de notre fédération, dans le domaine de la préservation de la
faune :
- Favorise la mobilisation citoyenne et des
politiques publiques ambitieuses en faveur de la diversité biologique :
En assurant la circulation d'informations pertinentes et synthétiques vers la
presse et le grand public, en mettant à disposition des pouvoirs publics ses
capacités d'expertise, le réseau s'attache à démontrer la nécessité de la
conservation de la faune sauvage et à développer des politiques de protection
durable de celle-ci. Il agit pour l'intégration de cette dimension dans les
politiques agricoles, industrielles ou d'aménagement du territoire qui ont des
répercussions directes et indirectes sur la faune sauvage.
- Veille au respect du statut de l'espèce protégée :
Le réseau agit au niveau du Ministère de l'Ecologie et du Conseil National de
Protection de la Nature
(CNPN) pour que la déconcentration des autorisations administratives
individuelles relatives aux espèces (autorisations exceptionnelles de
prélèvement, certificats de capacités, échanges et exposition d'espèces) ne
remettent pas en cause le statut de protection des espèces. Par ses
interventions juridiques, scientifiques et de communication, le réseau veille
au respect et à l'actualisation de la liste des espèces protégées de France et
de la réglementation afférente à ces espèces.
la Nature
- Agit pour une modernisation de la chasse :
Le réseau s'attache à faire évoluer la chasse pour qu'elle tienne compte des
réalités biologiques des espèces et des réalités sociales. Il s'appuie pour
cela autant sur les outils juridiques et de mobilisation citoyenne que sur la
concertation au sein de différentes commissions consultatives nationales et
régionales.
- Positive la présence des prédateurs :
Notamment par ses interventions au sein de la Commission Faune
du CNPN, le réseau s'assure que les mesures de prévention des dommages
accompagnent la protection des prédateurs, notamment des grands carnivores
(ours, loup, lynx), et que leurs habitats ne soient ni morcelés ni zonés. La Fédération
multiplier
les échanges et les rencontres entre professionnels et naturalistes, à la fois
pour lever sur le terrain les incompréhensions mutuelles, remédier à certaines
difficultés ponctuelles (mise en œuvre des mesures de protection, prévention du
braconnage) et pour développer des solutions communes afin par exemple de
valoriser les productions pastorales respectueuses de la dynamique biologique
des territoires.
la Commission Faune
La Fédération
- Lutte contre l'empoisonnement de la faune sauvage
:
L'utilisation de substances chimiques tels que les anti-coagulants
(bromadiolone, chlorophacinone) pour la lutte contre les ravageurs des cultures
(ragondin, rat musqué et campagnol) provoque des dégâts considérables dans la
faune sauvage non cible. L'emploi de ces produits réautorisé récemment par le
ministère de l'Écologie a conduit à des dommages collatéraux sur les animaux
fréquentant les mêmes milieux et ayant un régime alimentaire identique aux
espèces visées, qui sont loin d'être négligeables. Ainsi les rapaces, les
visons d'Europe, les loutres, les castors, les renards et les sangliers sont
des victimes de ces poisons mettant gravement en danger la population des plus
menacés d'entre eux.
En soutien de ses associations fédérées agissant au niveau local, le réseau
travaille à l'amélioration de la réglementation sur l'utilisation de ces
produits et au développement de méthodes alternatives plus sélectives, en vue
d'une interdiction totale du poison.
- Est l'interlocuteur des ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture. En complément de ses interventions dans les commissions administratives, le réseau rencontre régulièrement les cabinets et les services des ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture sur les différents dossiers qu'il traite.
Source :
France Nature Environnement
mercredi 15 février 2006
L'ours blanc menacé d'extinction à cause du réchauffement climatique
Les ours polaires sont menacés par la destruction de leur habitat.
En hiver, ils utilisent la glace de mer comme plate-forme pour capturer
les phoques qui constituent leur alimentation préféré. Avec le
réchauffement actuel de la planète, la couche de glace de l'océan
Arctique s'amincit, et les ours polaires ont de plus en plus de mal à
obtenir leur nourriture durant cette période critique de l'année.
L'Ours blanc ou Ursus maritimus
Longueur : de 2,10 - 3,40 mètres
Queue : 8 - 13 cm
Poids : 400-680 kg
Sociabilité : Solitaire
Statut : Confronté à un risque d'extinction à l'état sauvage élevé à moyen terme
L'ours
blanc figure parmi les plus gros mammifères terrestres. Le mâle peut
être deux fois plus lourd que la femelle. Il habite les mers couvertes
de glace dans l'hémisphère Nord, où les phoques abondent. En été, ils
peuvent se déplacer de 100 km à l'intérieur des terres et se nourrir de
lemmings, de charognes de caribou ou de boeuf musqué, de lichens, de
mousses ou d'oeufs.
L'ours blanc préfère ordinairement les territoires comprenant une combinaison adéquate de banquises, d'eau libre et de terre ferme; la banquise lui sert de refuge et d'aire de chasse, tandis que l'eau lui permet d'atteindre sa proie favorite lorsque, souvent présents en grand nombre, les phoques remontent à la surface; enfin, la terre ferme lui permet de s'abriter, et il peut y établir sa tanière et compléter son approvisionnement alimentaire quand les phoques manquent ou s'il éprouve le besoin de se nourrir de végétaux. C'est un mammifère maritime plutôt que marin, considéré comme indigène de la côte de l'océan Arctique. Il y a ordinairement des phoques annelés dans tout son habitat, mais il ne vit pas dans toutes les régions fréquentées par ceuxci.
L'ours blanc est présent dans toutes les régions côtières de l'Arctique circumpolaire (voir la carte). Bien qu'il fréquente rarement la zone de glace de plusieurs années de la banquise couvrant le centre du bassin polaire, on a déjà signalé sa présence très au nord, à 88º de latitude N. On l'observe parfois plus au sud, comme à TerreNeuve, dans le golfe du SaintLaurent, en Islande et dans le nord de la Scandinavie (Finnmark) les années oé des plaques de glace serrées et de bonne dimension sont charriées par des courants particulièrement forts.
Les trois régions de mise bas les plus importantes au monde pour l'ours blanc sont l'île Wrangel, en Russie, l'île du RoiCharles, au Svalbard, et la région de Churchill, au Manitoba, sur la côte ouest de la baie d'Hudson.
La
fourrure de l'ours blanc est en réalité jaunâtre. Les poils de jarre
creux et translucides transmettent la chaleur du soleil, abosrbée par
la peau noire. Le duvet et l'épaisse couche de graisse sous la
peau permettent une bonne isolation. Les coussinet des pattes
partiellement velus, conservent la chaleur.
L'accouplement
a lieu sur la glace entre avril et mai. La femelle creuse un trou dans
la glace, ou la terre, pour mettre bas en moyenne 2 petits, de six à
neuf mois plus tard. Les oursons ne sont sevrés qu'au bout de deux ou
trois ans.
L'ours
blanc nage facilement et atteint jusqu'à 10km/h. Il avance avec ses
énormes pattes de devant, celles de derrière servant de gouvernail. Le
pelage se gonfle d'air et facilite la flottaison. Sous l'eau, ses yeux
restent ouverts mais ses narines se ferment. Il retient sa respiration
jusqu'à deux minutes pour surprendre un oiseau ou un phoque.
L'ours polaire chasse le phoque, parfois le morse, de deux façons différentes.
L'ours
traque sa proie grâce à son camoufalge et s'immobilise dès que l'animal
le regarde. Il le charge sur les 15 à 30 derniers mètres à une vitesse
de 55km/h.
A
l'affût, l'ours attend sans bouger à côté d'un trou de respiration
creusé par un phoque, et le saisit à la surface lorsque ce dernier
monte pour respirer. L'ours mord dans la tête du phoque et le traîne
sur une courte distance avant de le consommer.
Le royaume de l’ours polaire…
L’environnement
physique de l’Arctique est particulièrement hostile. Les hivers sont
longs et venteux, le froid cruel ; les étés sont courts et souvent
humides, le soleil ne descend pas sous l’horizon. Le sol est gelé,
partout couvert de neige et de glace permanentes, à l’exception de
quelques zones de basse altitude où une fine couche dégèle durant
l’été. Rares sont les espèces ayant pu s’adapter à des conditions aussi
rudes. Mais parmi ces espèces, quelques-unes ont réussi à prospérer. C’est
surtout vrai dans les mers relativement peu profondes qui couvrent la
plate-forme continentale entourant le profond bassin de l’Océan
Arctique. L’Arctique est en majeure partie occupé par la mer, une mer
couverte d’une épaisse banquise tout au lon de l’année. Pendant
l’hiver, la zone des glaces s’étend vers le sud ; au printemps et en
été, la glace commence à fondre et entame une retraite vers le nord. La
fonte de la glace et l’ensoleillement permanent permettent la
croissance en masse des algues et du phytoplancton en bordure de la
banquise. Le zooplancton et les petits crustacés comme le krill
profitent de cette abondance pour se nourrir. Ils servent à leur tour
de nourriture pour de très nombreux poissons, pour les phoques et les
oiseaux marins.
Le maître des glaces…
L’ours polaire règne
en maître au sommet de la pyramide alimentaire marine de l’Arctique.
Cet animal, le plus grand carnivore terrestre, est réparti tout autour
de l’Arctique en une vingtaine de populations relativement distinctes
dont la taille varie entre quelques centaines et quelques milliers
d’individus. Il existe près de 22.000 ours polaires dans la nature,
dont 60% vivent au Canada.
L’ours polaire
passe la plupart de son existence sur la banquise. C’est là qu’il
chasse ses proies principales, les phoques barbus et les phoques
annelés. L’ours s’en prend également aux phoques du Groenland, ainsi
qu’aux jeunes morses, aux bélougas, aux narvals, aux poissons, aux
oiseaux marins et à leurs oeufs.
Pendant l’été, la banquise fond sur une partie ou sur l’ensemble du domaine vital de plusieurs populations d’ours polaires.
Ceux-ci sont alors obligés de gagner la terre ferme, où ils passent plusieurs mois en attendant que les glaces se reforment. Autrement,
l’ours polaire ne gagne la terre ferme que pour passer d’une zone de
nourrissage vers une autre, pour chercher un partenaire, pour se
reposer ou pour mettre bas.
A la fin de
l’automne, les femelles gravides creusent une tanière dans d’épaisses
congères situées sur la terre ferme ; les autres ours polaires restent
actifs durant tout l’hiver. Les jeunes, généralement au nombre de deux,
naissent dans la tanière en novembre-décembre. Ils pèsent environ 600
grammes à la naissance et ont la taille d’un cochon d’Inde.
Ils sont allaités par leur mère jusqu’à ce qu’ils soient devenus
suffisamment grands pour s’aventurer hors de la tanière, d’ordinaire en
mars ou en avril.
Disposer de suffisamment de
proies durant cette période est capital pour les ours, surtout pour les
femelles gravides. Quand les ours ne trouvent pas suffisamment de
nourriture, par exemple lorsqu’ils sont bloqués sur la terre ferme
suite à la fonte des glaces, ils sont obligés de jeûner pendant de
longues périodes. Le jeûne peut durer trois à quatre mois, voire même
jusqu’à huit mois pour les femelles gravides dans certaines
populations. Ce jeûne prolongé épuise les ours, dont le poids corporel peut diminuer considérablement.
L’ours polaire trouve l’essentiel de sa nourriture sur la banquise entre la fin avril et la mi-juillet.
De par sa position au sommet de la pyramide alimentaire marine de
l’Arctique, l’ours polaire permet mieux que n’importe quelle autre
espèce de mesurer les effets des perturbations provoquées par l’homme
sur l’écosystème, et notamment les effets du changement climatique.
Le domaine de l’ours blanc est en train de fondre
L’Arctique
est une des régions de notre planète où le changement climatique sera
le plus rapidement visible et où ses impacts seront les plus
importants. Les communautés indigènes de l’Arctique ont d’ores et déjà
remarqué plusieurs bouleversements : des hivers plus chauds, des
printemps précoces, et un amincissement anormal de la banquise. Leurs
connaissances empiriques étayent les preuves scientifiques :
- les températures de l’air dans l’Arctique ont augmenté d’environ 5°C en moyenne au cours des cent dernières années ;
- l’étendue de la banquise arctique s’est réduite d’environ 3% par décennie entre 1978 et 1996 ;
- l’épaisseur minimum de la couche de glace durant l’été a diminué de 40 % au cours des trente dernières années.
Les résultats des
simulations informatiques du climat futur ne sont pas unanimes dans les
détails, mais tous montrent une tendance nette vers un réchauffement
global de l’Arctique, qui entraînera une fonte de la banquise. Les
modèles prévoient que d’ici 2080, les glaces marines de l’Arctique
disparaîtront complètement durant les mois d’été.
Ces
changements fondamentaux et rapides transformeront un écosystème dont
la composante principale est le gel. Une légèr modification des
températures moyennes faisant passer celles-ci audessus du niveau de
congélation entraînera des bouleversements profonds du caractère de
cette région. L’Arctique ne sera plus caractérisé par sa banquise
couvrant la mer ni par son permafrost stabilisant les terres : il se
transformera en une région de mer ouverte et de grandes étendues de
terres seront emportées par le dégel. Les conséquences pour toutes les
espèces adaptées à l’écosystème arctique tel que nous le connaissons
aujourd’hui seront très graves.
Un combat perdu… ?
«
Les nouvelles informations dont nous disposons indiquent que les plus
grandes menaces hypothéquant la survie de l’ours polaire seront les
changements écologiques dans l’Arctique suite au changement climatique…
»
Groupe des spécialistes de l’ours polaire, 2001
Dans
la partie sud de l’aire de distribution de l’ours polaire, par exemple
dans la baie d’Hudson et la baie James au Canada, la banquise fond plus
tôt au printemps et se reforme plus tard en automne.
Le
temps dont disposent les ours pour rester sur la glace et constituer
des réserves d’énergie pour les mois d’été et d’automne - pendant
lesquels ils ne trouvent que peu à manger- est en train de diminuer.
Les
périodes de jeûne s’allongent, et la condition physique générale de ces
ours s’affaiblit. Cette évolution est particulièrement préoccupante
dans le cas de femelles gravides ou qui allaitent, et dans le cas des
plus jeunes oursons. Dans la baie d’Hudson les scientifiques ont
prouvé que la principale cause de mortalité des oursons était soit le
manque de nourriture, soit le manque de graisse chez les femelles
allaitant.
«Chaque fois que les
glaces se disloquent avec une semaine d’avance, les ours arrivent à
terre avec un poids diminué d’environ dix kilos, et donc en mauvaise
condition physique. Etant donné que le succès de la reproduction est
étroitement lié à la condition physique des animaux, on peut conclure
que si les températures continuent à augmenter et donc que la mer reste
libre
de glaces pendant de plus longues périodes, les populations d’ours
polaires s’affaibliront dans la partie méridionale de leur aire de
distribution ; certaines populations pourraient même disparaître ».
Dr. Ian Stirling, spécialiste de l’ours polaire
La
situation telle qu’elle est observée actuellement dans la baie d’Hudson
préfigure ce qui pourrait arriver dans d’autres régions de l’Arctique
dans un avenir proche.
En plus de la
réduction de la banquise, on s’attend à ce que le changement climatique
entraîne une augmentation du volume des précipitations. Les phoques
annelés, principales proies de l’ours polaire, abritent leurs petits
dans des tanières sous la neige qui couvre la banquise. Les pluies de
printemps font disparaître ces tanières, ce qui expose les petits
phoques aux éléments et aux prédateurs. Là où le changement climatique
s’accompagnera d’une augmentation des précipitations de printemps, les
populations de phoques RINGED seront décimées. Cela entraînera une
réduction considérable de la masse de nourriture disponible pour les
ours polaires, qui signifiera probablement la disparition de l’espèce à
l’échelle locale.
Les pluies survenant à
la fin de l’hiver peuvent avoir un effet encore plus direct sur la
survie des ours polaires, en provoquant l’écroulement des tanières dans
lesquelles ont eu lieu les naissances. Si les températures printanières
augmentent, elles peuvent faire fondre les tanières, exposant leurs
occupants aux éléments et aux prédateurs.
La tendance observée au cours des 50
dernières années dans certaines parties de l’Arctique met en évidence
le fait que la vitesse du vent et la dislocation de la glace
augmenteront, ce qui entraînera probablement de plus grandes dépenses
d’énergie et un stress accru chez les ours polaires qui passent
l’essentiel de leur temps sur les icebergs à la dérive.
Les
grands carnivores sont de précieux indicateurs de la santé de
l’écosystème et peuvent servir à déterminer la superficie minimum
nécessaire pour préserver des écosystèmes intacts. Dans le cadre de son
action en vue de sauvegarder la diversité biologique pour les
générations futures, le WWF considère l’ours polaire comme un symbole
unique de la complexité et des interdépendances de l’écosystème marin
dans l’Arctique.
Liens :
Le réchauffement climatique
causera la perte des ours polaires à moyen terme -
Communiqué de presse du WWF
15022006_L'ours_blanc_ou_ours_polaire,_menacé_d'extinction. PDF
Source :
Le règne animal aux Editions Encyclopédie Universelle Gallimard
W.W.F.
Crédit photos :
Steve Bloom
Bill Curtsinger
http://ice-glaces.ec.gc.ca/
http://esamultimedia.esa.int/
mercredi 18 janvier 2006
Les idées reçues sur le Grand Requin Blanc
La publicité faite autour du film de Steven Spielberg,
"Jaws" ("Les dents de la mer", 1975), a considérablement
nui à la réputation du Grand blanc, faisant de lui l'ennemi public numéro un.
Dans la foulée, tous les fiers-à-bras de la canne à pêche ont tenu à poser
auprès de la dépouille de l'un de ces "monstres de la mer" devant
l'objectif, dépeuplant ainsi progressivement des zones entières où il était
autrefois abondant.

Le triomphe de la bêtise humaine…
En outre, le faible taux de reproduction n'arrange rien, et cette
merveille de la nature est en passe de disparaître. L'Afrique du Sud est la première
nation entre toutes à en avoir pris conscience en le protégeant totalement. En 1997, l

Le commerce de têtes de requins...
Quelle ironie du sort pour ce grand prédateur marin, qui ne se
retrouve que rarement dans le rôle de la proie (en particulier face à l'orque
[orcinus orca]…), de devenir la principale "attraction" de la race
humaine dans le domaine de la chasse sportive …
Une mauvaise réputation
Le Grand requin blanc a la réputation d'être un tueur, un mangeur
d'homme, un "enfant du Diable" aux yeux des hommes. Et pourtant, les
attaques sur les humains, qu'elles soient mortelles ou non, sont rares. Il y a
chaque année plus de morts par piqûres d'abeilles que par morsures de requins;
seulement dès qu'il se produit une attaque, les journaux la mettent en avant,
exploitant ainsi la peur créée par le film de Steven Spielberg, "Les dents
de la mer".
Par contre, les journaux ne font jamais allusion au fait que des
baigneurs, plongeurs ou surfers se soient retrouvés à proximité d'un Grand
blanc sans pour autant que celui-ci n'attaque !!
Mais en plus d'enjoliver les rares cas d'attaque, beaucoup de
gens profitent du sujet pour amplifier ce phénomène d'hystérie collective,
notamment en truquant des photos. Le principe est simple : deux photos, une
d'un Grand blanc et l'autre d'un homme, sont "mixées" pour n'en
former plus qu'une.
Voici par exemple une photo qui a fait le tour de la planète en
suscitant une véritable panique chez les gens :

Pourtant, cette photo n'est qu'un montage. Et voici les deux
originaux qui ont permis de créer cette combinaison :


Cependant, certains montages sont tellement " énormes"
ou mal réalisés qu'il est difficile, même pour les plus crédules, de croire un
seul instant à la véracité de ces clichés :

Il est clair qu'un grand requin blanc n'a aucune raison de se
trouver dans une rue inondée, à attaquer un homme près de…sa voiture !!!
Surtout quand on voit que le niveau de l'eau n'atteint même pas un mètre !!!

Si beau soit ce cliché, on peut difficilement penser qu'une jeune
fille nagerait en compagnie d'un grand blanc, comme Jacques Mayol nagerait avec
les dauphins, sans éprouver la moindre parcelle de panique !! Et puis la
qualité de l'image (l'insertion du requin dans la photo) laisse quand même à
désirer…
18012006_Les_idées_reçues_sur_le_Grand_Requin_Blanc.pdf
Remerciements : Merci à Julie pour sa contribution à ce post.
Vidéos :
Video un grand blanc monte en vrille pour attraper sa proie (2 mn en 56 K)
Video expérience avec une planche de surf (4 mn en 56 K)
A voir :
http://www.sosgrandblanc.org/
Savoir plus :
http://www.ombrae.freee.fr/
http://www.futura-sciences.com/comprendre/d/dossier303-1.php
Source : Ombrae.free.fr
Crédit photos : Ombrae.free.fr
dimanche 15 janvier 2006
Alerte ! Vers une sixième extinction de masse ?
Lors du Sommet mondial sur le développement durable de 2002, et du
troisième congrès mondial sur la biodiversité, en novembre 2004, les
ONG et les instances gouvernementales s’étaient fixées comme objectif
de réduire le taux de perte de diversité biologique d’ici 2010.
Or les
moyens pour sauver les espèces animales et végétales sont entre les
mains des gouvernements et des citoyens, car les comportements
individuels sont aussi déterminants dans cette lutte que les aides
financières des gouvernements et les volontés politiques. Il faut donc
bien avouer que la nature a encore du souci à se faire ! D’ailleurs, la
communauté scientifique tire à nouveau la sonnette d’alarme.
En 1996, une espèce d’oiseaux sur huit, une espèce de
mammifères sur quatre étaient menacées d’extinction. Aujourd’hui, il
faut ajouter une espèce d’amphibiens sur trois (ces animaux sont très
sensibles aux pollutions de l’air et de l’eau), la moitié des espèces
de tortues, aussi bien terrestres qu’aquatiques, une espèce de requins
sur cinq...
L’UICN estime (tout en sachant que cette estimation doit être
inférieure au nombre véritable) que 15.589 espèces sont menacées
d’extinction. Il est déjà certainement trop tard pour l’olivier de
Sainte-Hélène, la corneille d’Hawaï, le puffin des Baléares, le grand
lézard de l’île d’Hispaniola, le bégonia africain. D’autres espèces,
toujours extrêmement fragiles, doivent faire l’objet d’une protection
maximale si on veut pouvoir les rencontrer encore à l’état sauvage dans
une décennie : le rhinocéros blanc, la loutre d’Europe, le pigeon
impérial de l’île Christmas, le putois aux pieds noirs, le poisson
Napoléon et bien d’autres.
La surexploitation des océans, la déforestation, la destruction des habitats naturels mais aussi le commerce des animaux sauvages, qu’il soit encadré ou illégal, constituent les principales menaces. Le changement climatique est également de plus en plus incriminé dans les causes de disparition des espèces. Or, tous ces facteurs sont dus aux actions humaines. L’homme est seul responsable de cette perte de la biodiversité et malgré les mises en gardes répétées et les rapports alarmistes, les gouvernements, les entreprises de toutes tailles et les citoyens ne semblent guère enclins à prendre des mesures sérieuse et efficaces pour enrayer ce déclin dramatique. Une certaine catégorie de scientifiques avaient déjà analysé et prévu ce désastre. La sixième extinction de masse est en route, mais cette fois, elle sera due à l’Homme et non pas aux bouleversements géologiques. Les taux d’extinction actuels sont entre 100 et 1000 fois supérieurs aux taux qualifiés de « naturels ».
Pendant combien de temps encore les gouvernements fermeront-ils les yeux sur cette crise d’extinction majeure des espèces ? Il faut AGIR maintenant sous peine de provoquer un désastre sans précédent.
A lire, l’excellent ouvrage de Richard Leakey et Roger Lewin :
la sixième extinction, écrit en 1995 (et oui, déjà !!) et paru aux
éditions Champs Flammarion.
15012006_Alerte!_Vers_une_sixième_extinction_de_masse.pdf
Source : Protection-des-animaux.org
Crédit photo : Treknature.com
Les tortues de Polynésie en danger
Le premier centre de soins intensifs pour tortues marines ouvrait
ses portes l’an dernier sur l’île de Moorea. Installé au cœur de
l’hôtel Intercontinental Resort and Spa Moorea, dans les chenaux qui
serpentent entre les bungalows, il devrait servir de tremplin à la
sauvegarde d’animaux marins officiellement protégés, mais toujours
menacés.

Ile de Moorea, Hotel Intercontinental Beachcomber. Centre de soins pour les tortues marines. 26 tortues nées la veille et amenées au centre par un particulier. Elles vont être élevées, et soignées si nécessaire, avant d'être relâchées lorsqu'elles auront atteint la taille de 40 centimètres de long.
Ces bébés tortues se débattent dans un seau avant d’être examinées une par une : elles viennent d’arriver au centre. Toutes les espèces
de tortues marines sont aujourd’hui inscrites dans les textes de la
convention de Washington qui en interdit la capture et le commerce.

Ici une tortue verte (Chelonia mydas) à qui l'on fait avaler un médicament. Les tortues soignées seront ensuite relâchées.
La Polynésie, depuis 1990, a ajouté aux lois
internationales une déclaration locale qui insiste encore sur la
protection totale des tortues vertes et des tortues à écailles qui
peuplent ses eaux. Mais si l’intention est là, les contrôles
manquent cruellement, faute de moyens, notamment dans les atolls
reculés. Les œufs continuent à être consommés, et la viande reste un
plat de fête très recherché : un animal entier se négocie autour de 300
euros, éradiquer le braconnage s’avère une tâche difficile !
Saisies par les autorités
L'une des 26 tortues nées la veille et amenées au centre par un particulier. Elle présente une infection de l'ombilic qui la reliait à son sac vitellin. Elle sera soignée et élevée, comme les autres, jusqu'à ce qu'elle atteigne la taille de 40 centimètres de long.
Nombre d’animaux qui arrivent au Centre, saisis par les autorités, ont
été blessés par les flèches des braconniers. Plaies au cou, dans les
nageoires ou le plastron sont le lot quotidien des soigneurs. Mais
d’autres, non blessées, arrivent dans un état de faiblesse générale,
allant jusqu’à cesser de s’alimenter, sans que l’on sache exactement
pourquoi. Alors
on cherche, on essaie, on échange avec d’autres centres à travers le
monde comme celui d’Hawaï, pour imaginer des traitements efficaces,
tenter d’établir, notamment en ce qui concerne les bilans sanguins, des
références utilisables par tous.

Cliché radiographique de tortue verte (Chelonia mydas). Cette technique est notamment utilisée pour localiser des corps étrangers ou des poches d'air qui empêchent l'animal de plonger.
Les soins aux tortues relèvent encore de la médecine expérimentale, même si l’on utilise l’arsenal classique : antibiotiques, radios pour localiser notamment des poches d’air dans les intestins qui les empêchent de plonger, ou des corps étrangers, anesthésies locales si nécessaire, prises de sang… Chaque jour, devant les pathologies mal connues, c’est pour le docteur Gaspar un défi à relever : trouver une solution, et sauver l’animal.
Et comme toutes les structures pionnières, le centre de soins va
également devoir prendre des décisions difficiles : que faire par
exemple d’une tortue à qui il manque une nageoire, ou d’un animal très
âgé ? Les relâcher, ou les garder définitivement en captivité pour leur
éviter l’affrontement avec d’éventuels prédateurs ?
Un but : retrouver le milieu naturel !
Le retour en mer est bien le but poursuivi : ni parc d’attraction, ni
zoo, le centre doit être pour la majorité des animaux un simple
passage, avant de réapprendre à vivre en milieu naturel.
Et
c’est cette aptitude à se débrouiller seuls qu’il faut évaluer pour
chaque individu, avant de prendre la décision de le relâcher, bagué,
pour permettre de l’identifier s’il est à nouveau capturé, ou observé
lors d’éventuelles missions de recensement. Les tortues, pour
augmenter leurs chances de survie, doivent également avoir pris
suffisamment de poids et mesurer au moins 40 centimètres de long. La première quittait le centre en février 2005, un an après son arrivée, suivie depuis par beaucoup d’autres.

Cette tortue verte (Chelonia mydas), après avoir été soignée au centre, est relâchée dans le lagon par le docteur vétérinaire Cécile Gaspar.
Mais au-delà des soins apportés aux animaux malades ou blessés, le
docteur Gaspar et son équipe souhaitent mettre en place un programme
plus ambitieux. Ils
viennent de créer l’association « Te Mana te Moana » afin d’augmenter
les moyens du centre, en permettant de faire venir des bénévoles et de
faire de la sensibilisation, de créer des supports de communication
grand public, par exemple en partenariat avec le GIE, Groupement
d’Intérêt Economique qui regroupe tous les acteurs du tourisme, ou en
direction des écoles. Financée au départ par l’hôtel
Intercontinental Resort and Spa Moorea, une subvention du Ministère de
l’Environnement permet aujourd’hui à l’association de mettre en place
de véritables missions de terrain, et de communication.
La première étape d'un programme plus ambitieux

Elle fera partie des tortues bientôt relâchées dans le lagon par le docteur vétérinaire Cécile Gaspar.
Dans un centre, explique Cécile Gaspar, en travaillant beaucoup on
peut peut-être sauver 20 ou 30 tortues par an. Mais si on arrive à
protéger un nid, on va peut-être en sauver 80 d’un coup
.
La Polynésie est une zone très importante pour les tortues vertes, qui représentent la majorité des animaux accueillis à Moorea.
Mais jamais les sites de ponte n’ont été répertoriés de manière
précise, ce qui est pourtant indispensable si l’on souhaite avoir un
impact à grande échelle. Il faut pouvoir, sur le terrain, protéger les nids, lutter contre le braconnage.
Dans certains cas, on peut même être amené à prélever des bébés à la
naissance, puisqu’ils arrivent semble-t-il à apprendre à se nourrir en
captivité, et peuvent ensuite être relâchés. L’expérience a été menée à
la Réunion, où les jeunes tortues ont été suivies par satellite : elles
ont bien entamé une migration, preuve qu’elles parvenaient à se nourrir
en mer. Ce genre de méthode fonctionne également au Mexique, où un
centre travaille à la fois sur la protection des plages et sur
l’élevage des petites tortues, pendant environ un an et demi, âge
auquel elles atteignent la limite établie à 40 centimètres si elles
sont correctement nourries.
Je voudrais, explique le Docteur
Gaspar, faire un marquage sur les petites, et voir sur au moins un an
combien s’en sortent. Et si la proportion est bonne, on pourrait
imaginer, pourquoi pas, d’en élever des milliers pour repeupler nos
eaux ".
Une structure privée

Cette tortue verte (Chelonia mydas), après avoir été soignée au centre, est relâchée dans le lagon par le docteur vétérinaire Cécile Gaspar.
Créé en février 2004, le Centre de soins intensifs de Moorea était au
départ une structure entièrement privée, financée par l’hôtel
Intercontinental dans le cadre de sa politique de développement
durable. Il est maintenant référencé et subventionné par le Ministère de l’Environnement Polynésien, qui a appuyé sa création.
Dans chacun des hôtels Intercontinental de Polynésie, des « green team
», littéralement des « équipes vertes », ont par ailleurs été créées,
sous l’impulsion de Richard Bailey, représentant du Conseil
d’Administration du groupe. Elles rassemblent des membres du personnel désireux de mener des actions en faveur de l’environnement.
A Moorea, bien sûr, c’est autour des tortues qu’ils sont mobilisés.
Ces hôtels font tous partie d’une sorte de ligue rassemblant les
établissements qui affichent une vraie volonté de préservation du
milieu naturel.
15012006_Les_tortues_de_Polynésie_en_danger.pdf
Source :
Futura-Sciences
Crédit photos :
Futura-Sciences












































