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    lundi 5 novembre 2007

    Un monde sans fruits ni légumes. La disparition des abeilles en cause...


    Albert Einstein avait prédit ce qui arrive... :
    " Si les abeilles venaient à disparaître, l’homme n’aurait plus que quatre années devant lui. Sans abeilles, plus de pollinisation, plus de plantes, plus d’animaux, plus d’hommes ".


    " La disparition des abeilles équivaudrait à un bouleversement sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Une telle modification de la biodiversité met en danger la diversité alimentaire vitale. Ce dérèglement en profondeur des écosystèmes anéantit toute perspective pour les générations futures ".

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    Les enjeux de la disparition des abeilles

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    Crédit photographique : Myriam Kieffer - NaturenDanger
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    Sur l'ensemble de la planète, les abeilles sont en déclin (Le Monde du 30 août). Ces pollinisatrices essentielles peuvent-elles disparaître ?
    Il y a cinq ans, j'aurais considéré cette hypothèse comme totalement futuriste. Aujourd'hui, je la prends au sérieux, car le déclin se mesure désormais à l'échelle mondiale. Chez les populations sauvages comme chez l'abeille domestique.


    PROGRAMME EUROPÉEN

    Alarm, le programme européen sur la biodiversité (www.alarmproject.net), a pour objectif, sur cinq ans (2004-2008), d'évaluer les risques encourus par la biodiversité et l'impact potentiel de son déclin à l'échelle de l'Europe. Alarm comprend quatre modules : changements climatiques, produits chimiques, espèces invasives et pollinisateurs. C'est à ce dernier module que participe le laboratoire de pollinisation entomophile de l'INRA d'Avignon, sous la responsabilité de Bernard Vaissière.


    CULTURES TROPICALES

    Cacao, vanille, courges et potirons, melons et pastèques, fruits de la passion, annones et sapotilles, noix du Brésil et de macadamia : toutes ces cultures tropicales sont totalement dépendantes des pollinisateurs pour leur production de fruits et de graines. A moins d'être fécondées par la main de l'homme.

    Sur tous les continents, et de plus en plus souvent, les productrices de miel meurent dans des proportions trop importantes à la sortie de l'hiver. En Europe, nombre d'apiculteurs ont dû mettre la clé sous la porte. Aux Etats-Unis, où l'on parle d'un "syndrome d'effondrement des colonies", 25 % du cheptel aurait disparu pendant l'hiver 2006-2007. En ce qui concerne les abeilles sauvages (soit mille espèces différentes en France), le doute a subsisté plus longtemps. Mais le débat a été récemment tranché par deux publications scientifiques. La première, parue dans Science en juillet 2006, démontre que les populations en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas ont considérablement baissé depuis la fin des années 1970. La seconde, émanant de l'Académie des sciences des Etats-Unis, concluait en octobre 2006 au déclin significatif des pollinisateurs en Amérique du Nord (Canada, Etats-Unis, Mexique).

    S'il n'y a plus d'abeilles dans le monde, que se passera-t-il ?

    Un bouleversement sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Actuellement, plus de 80 % des espèces de plantes à fleurs dans le monde et 80 % également des espèces cultivées en Europe dépendent directement de la pollinisation par les insectes : des abeilles, pour l'essentiel. Le plus souvent, d'autres agents, comme le vent ou l'autopollinisation passive, contribuent également à leur reproduction sexuée. Mais, sans les butineuses, la plupart des cultures n'atteignent plus une production satisfaisante. C'est le cas de nombreuses espèces sauvages (romarin, thym, lavande, moutarde), des arbres fruitiers (pommiers, poiriers, abricotiers, amandiers), des grandes cultures oléagineuses (colza, tournesol) et protéagineuses, des cultures maraîchères (cucurbitacées, tomates, fraises). Et aussi des semences de crucifères (radis, choux, navets), d'ombellifères (carottes, céleri, persil) et d'alliacées (oignons, poireaux). Difficile d'imaginer un repas auquel les abeilles ne soient pas associées de près !

    Un monde sans fleurs, sans fruits ni légumes, est-ce cela qui nous menace ?

    Il y a un an, une étude internationale a évalué, pour la première fois à cette échelle, la dépendance aux pollinisateurs de la production agricole mondiale. Elle s'est intéressée aux 115 cultures les plus importantes, directement utilisées pour l'alimentation humaine dans plus de 200 pays. Conclusion : rapportée au tonnage, 35 % de la production de nourriture dépend des insectes.

    Concrètement, la disparition des abeilles ne signifie donc pas que l'espèce humaine mourra de faim, puisque 60 % des cultures - principalement les céréales comme le blé, le maïs et le riz - ne sont pas concernées. Mais la diversité alimentaire en serait profondément altérée.

    Pourra-t-on suppléer, par la technique ou l'élevage, à l'absence des pollinisateurs naturels ?

    Aucune des solutions envisagées n'est satisfaisante. Polliniser les cultures par des espèces d'élevage, comme on le fait déjà avec des bourdons pour les tomates sous serre ? Peu réaliste en plein champ. Les polliniser manuellement, à l'instar de ce qui est mis en oeuvre pour la vanille ? Non rentable à grande échelle. Augmenter techniquement la pollinisation par le vent ? Plusieurs entreprises s'y sont déjà essayées dans le monde, qui avec des hélicoptères, qui avec des machines secouant les plantes... Mais aucune méthode n'a jamais été retrouvée sur le marché.

    Dans certains cas, d'autres espèces pollinisatrices - des mouches, par exemple - viendront peut-être remplacer les abeilles. Et certaines variétés végétales, moins dépendantes des insectes que celles que nous avons sélectionnées depuis des siècles, prendront peut-être leur essor. Enfin, certaines cultures peuvent produire des fruits sans fécondation, soit de façon spontanée (la banane), soit grâce à la pulvérisation d'hormones spécifiques (tomate, courgette). Mais ces techniques sont loin d'être applicables à toutes les espèces, et les conséquences sur la qualité gustative des fruits sont parfois catastrophiques.

    Que faire pour tenter d'enrayer le déclin des abeilles ?

    Les causes de leur régression sont connues : élimination de leurs sites de nidification, raréfaction des plantes qui leur fournissent nectar et pollen, maladies et parasites... Et, surtout, épandage de pesticides, particulièrement destructeurs pour les abeilles. Celles-ci, en effet, possèdent très peu de gènes de détoxification, comme l'a confirmé tout récemment le séquençage du génome de l'abeille domestique.

    Comment agir ? En ce qui concerne la réduction et la fragmentation de leurs habitats, on peut tout à fait renverser la tendance. Si on se contente de faucher les talus une fois par an, si on préserve un peu mieux les prairies naturelles, si on optimise l'utilisation des jachères fleuries, les abeilles se porteront déjà mieux. De même si l'on prend des mesures plus efficaces d'un continent à un autre contre les espèces invasives, tel le frelon asiatique. Mais, avant tout, il faut réduire l'usage des pesticides. Les agriculteurs comme les jardiniers doivent prendre conscience que les abeilles sont totalement démunies vis-à-vis de ces produits toxiques. Et qu'elles sont de précieuses auxiliaires de leurs cultures, à protéger en priorité.


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    Crédit photographique : Myriam Kieffer - NaturenDanger®

    Dans le cadre du programme de recherche européen Alarm sur la biodiversité, votre équipe est chargée d'évaluer l'impact agronomique et économique des pollinisateurs sur l'agriculture européenne.

     

    Quelles sont les premières conclusions de cette étude ?

    Il apparaît que l'impact des pollinisateurs est considérable : au niveau mondial, il représente environ 10 % du chiffre d'affaires de l'ensemble de l'agriculture. Et les pays qui en sont les plus dépendants sont les pays développés.

    Par Bernard Vaissière, spécialiste de la pollinisation à l'INRA
    Propos recueillis par Catherine Vincent

    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-966593@51-966673,0.html


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    JE VOUS INVITE EGALEMENT à découvrir l'article édifiant du Webzine n°2 du collectif d'artistes environnementalistes GREEN IS BEAUTIFUL®, intitulé " La mort des abeilles ".  Vous pouvez également télécharger leur Webzine en couleur ou télécharger la version éco-conçue au format économique en noir&blanc

    http://www.green-is-beautiful.com.fr/WEBZINE-GREEN-IS-BEAUTIFUL-R-No2.html

    Pour rappel :

    " Quand il s’agit de mettre en œuvre une pensée écologique, collective et militante, le premier geste est souvent de décloisonner les espaces de réflexion. Notre parti pris a suscité quelques étonnements : voici un webzine dont les auteurs semblent plus souvent tremper leur plume dans le vitriol, composé chimique toxique, sel acide et sulfureux, que dans une eau florale aux vertus apaisantes, et nous parlent d’écologie en nous parlant de mode. "

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    Sources :
    http://terresacree.org/
    http://www.green-is-beautiful.com.fr/WEBZINE-GREEN-IS-BEAUTIFUL-R-No2.html

    Crédits photographiques :
    Myriam Kieffer - NaturenDanger - Toutes reproductions interdites

    Article au format PDF :
    Un monde sans fruits ni legumes. La disparition des abeilles en cause.PDF





    Posté par Myriam Kieffer à 07:14 PM - Animaux en Voie de Disparition - Espèces Menacées - Permalien [#]

    mercredi 12 avril 2006

    Le phoque moine de Méditerranée, espèce quasi disparue


    Le phoque moine de Méditerranée Monachus monachus est un mammifère marin, appartenant à l'ordre des Pinnipèdes.

     

    Autrefois largement répandu en Mer Noire, dans tout le bassin Méditerranéen et sur la côte Atlantique Nord-Ouest de l'Afrique jusqu'à la péninsule du Cap Blanc en Mauritanie, sa population est maintenant réduite à quelques groupes dispersés, sous la menace permanente d'une extermination. Actuellement en Méditerranée, il existe une population d'environ 100-150 phoques, dispersée entre les innombrables îles de la Mer Égée. Partout ailleurs, en Méditerranée nord-occidentale, en Adriatique, en Méditerranée orientale, à Madère dans l'Atlantique, les groupes de phoque moine sont réduits à quelques individus.

    Plus précisément, le phoque moine a disparu de France continentale vers la fin de la dernière guerre. Le dernier a été aperçu en Corse en 1973. Cette population, très menacée, ne survit qu'en quelques points de Méditerranée (Grèce, Turquie ...) et du nord-ouest de l'Afrique (Maroc, Mauritanie et Madère).

     

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    Sur la côte atlantique saharienne subsiste encore la plus importante population mondiale de l'espèce. Composée d’environ trois cent individus jusqu'à mai 1997, elle est actuellement réduite à une centaine d'individus.

     

    A l'exception de certaines localités de la côte saharienne atlantique, le phoque moine occupe toujours des zones côtières rocheuses dans son aire de distribution actuelle. Son habitat formé généralement de grottes, constitue un refuge pour l’espèce qui a probablement dû adapter son lieu de repos à terre au cours des temps en fonction des menaces.

     

    Son pelage est de coloration à peu près uniforme, variable du fauve clair au brun foncé, plus claire sur la face ventrale. Les poils sont courts, d'un demi-centimètre environ, formant un pelage ras, puisqu'il vit dans une eau chaude et non dans des océans glacés comme la plupart des autres phoques.

    Chez les nouveau-nés, les poils sont plus longs, d'aspect laineux et de couleur franchement noir. Autour de la région ombilicale se trouve généralement une large tache blanche (caractéristique de l'espèce), dont la forme peut être très variable suivant les individus. La tête est de forme arrondie, avec un net décrochement de profil, entre le museau et le crâne.


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    Le phoque moine mesure 2,40 à 2,80 mètres de long pour un poids variant entre 250 et 400 kg. Sur terre, il est moins sociable que la plupart des autres phoques : la mère vit avec son petit, ou en groupes espacés. La naissance des bébés a lieu dans une grotte, entre mai et novembre, après 11 mois de gestation.


    En dehors de la période de reproduction, où les phoques sont observés près des côtes, on ne sait pas vraiment s'ils vivent en pleine   mer ou s'ils restent sur le rivage. D'après les spécialistes, il semble que le phoque moine ne s'éloigne guère des côtes. La longévité du phoque moine est estimée à 30 ou 40 ans.

    Le phoque moine de Méditerranée cherche les grandes côtes rocheuses abruptes, battues par les vagues et les embruns, où le dérangement par l'homme est minime. Il cherche, sur ces littoraux, de vastes grottes où il aime se reposer et mettre-bas.

     

    Le régime alimentaire apparaît très diversifié, et présente des dominantes selon les espèces les plus abondantes dans un endroit donné (sardines et thon, anguilles, homards et pieuvres). Du fait de ses performances très moyennes en plongée (6 minutes à 10 mètres et 3 minutes à 30 mètres), le phoque moine recherche sa nourriture à une profondeur comprise entre 0 et 100 mètres, principalement dans les quarante premiers mètres.



    La reproduction du phoque moine

    Dès la fin du printemps, les femelles s'isolent et fréquentent les grottes sous-marines. C'est dans ces grottes, souvent très spacieuses et avec une entrée étroite au dessus du niveau de la mer, que la femelle va mettre bas. Les petits naissent entre mai   et novembre, après 11 mois de gestation. Le petit, au pelage noir laineux, mesure moins d'un mètre (90-100 cm) et pèse entre 10 et 20 kg. Au bout de 2 semaines, il pèse déjà 80 kg et effectue son premier bain, en compagnie de sa mère. Enfin, au bout de 6 à 8 semaines, le jeune phoque est sevré et "abandonné" par sa mère, qui cherche à se reproduire.

     

    Malheureusement, la mortalité des bébés est très importante. Près d'un jeune sur deux meurt, avant d'avoir été sevré et de s'être émancipé naturellement. Les raisons sont simples : auparavant, les femelles mettaient bas sur des plages ou des petites criques très tranquilles et protégées. Maintenant, ces paradis étant plus du tout sauvages et fortement prisés par l'homme, les femelles ont choisi de mettre bas dans des grottes sous-marines. Ces grottes sont certes sauvages, mais pas à l'abri des tempêtes et des grosses vagues. Ainsi, très souvent, le niveau d'eau augmente dans la grotte à cause de grosses vagues ou de tempêtes et le petit, arraché à sa mère, est emporté avant même de savoir nager.

    Si le jeune réussit à survivre, sa maturité sexuelle interviendra à l'âge de 5 ans environ.

     

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    Les autres populations de phoque moine dans le monde

    La population de Madère et de Mauritanie

     

    La dernière véritable population de phoques moines de Méditerranée survit sur les côtes mauritaniennes, avec 110 à 120 individus. En effet, contrairement à la population dispersée de Grèce et de Turquie, ces phoques vivent encore en société. De plus, une vingtaine d'individus subsistent du côté de Madère, autour de la zone protégée des îles Désertas.

    Cette population se situe donc dans les environ du Cap Blanc, au Sahara Occidental, entre la Mauritanie et le Maroc. La colonie a élu domicile dans des falaises battues par les vagues, où se trouvent de nombreuses grottes, indispensables pour la mise-bas des femelles. Etant donné l'instabilité politique de la zone, cette population n'est pas menacée par le tourisme. De plus, la péninsule du Cap Blanc en Mauritanie est classée en réserve naturelle depuis 1986. En 2001, 22 bébés phoques moines ont vu le jour, mais les tempêtes, très violentes dans cette zone, en ont tué 10 rapidement.

     

    Cependant, la colonie a été victime d'une hécatombe. Sur 300 individus en 1997, les deux tiers sont morts au printemps de cette même   année, à cause d'une intoxication par des algues rouges. Il est donc évident que cette population n'est pas à l'abri d'un dégazage sauvage ou d'une épidémie. Les pêcheurs locaux s'attaquent parfois aux phoques, qu'ils jugent concurrents. Mais en fait, tout comme les phoques, ils sont victimes des flottes internationales de pêches qui dévalisent les océans de leurs ressources poissonnières.

    Heureusement, une équipe scientifique suit et tentent de protéger les phoques, grâce notamment à des caméras installées   dans les grottes afin d'observer les mises-bas... Ainsi, si un jeune est arraché de sa mère par une vague, ils vont tenter de le secourir, de le soigner puis le relâcher dans des zones spécialement adaptées. Cette population est, en plus, loin de tout dérangement humain, ce qui est indispensable au succès des reproductions.



    La population de Méditerranée Orientale

    La dernière population méditerranéenne de phoques moines compte entre 100 et 150 individus, localisés en Méditerranée   Orientale.

    Le principal noyau de cette population survit entre la Grèce et la Turquie. Les derniers phoques moines fréquentent donc les innombrables îles de la mer Egée, des Sporades du Nord (plus d'une cinquantaine) à la Crête en passant par les Sporades du Sud (Dodécanèse) et les Cyclades, ainsi que les côtes turques. Quelques individus erratiques sont observés de temps à autres plus à l'ouest, sur les côtes d'Afrique du Nord (Lybie, Algérie, Tunisie, Algérie), de l'Adriatique (Croatie, Albanie...) voire en Sardaigne, mais ne forment pas de populations proprement dites.


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    Les phoques moines sont très rares et ils sont très difficiles à observer. Ces pinnipèdes sont menacés par le tourisme et la surfréquentation des côtes. Cette surfréquentation oblige les femelles à mettre bas, non plus sur les plages comme avant,   mais dans des grottes de falaises rocheuses, ce qui augmente la mortalité des jeunes lors des tempêtes, souvent très violentes. Certainspêcheurs constituent encore une menace pour les phoques, mais la plupart ont maintenant compris que ce mammifère n'est pas un rival. Il suffirait malheureusement d'une marée noire, d'une épidémie comme c'est arrivé récemment en Mauritanie, pour anéantir les quelques survivants. Il faut savoir que cette population est dispersée et ne vit qu'en petits groupes de 2 ou 3, autour des nombreuses îles grecques et le long de la côte turque. En hiver cependant, les groupes observés   à Alonnissos se composent de 9 individus environ.

     

    Heureusement, afin de protéger les derniers phoques ainsi que leurs lieux de mise-bas, des parcs marins ont été créés, aussi bien en Turquie qu'en Grèce. D'ailleurs, dans ce dernier pays, il existe un parc national marin, bientôt un deuxième, ainsi que plusieurs zones de protection :

     

    Dans les Sporades du Nord, certaines îles sont très touristiques, tandis que d'autres ne sont habitées que par des pêcheurs et des phoques. En 1990 a donc été créé le National Marine Park of Alonissos - Northern Sporades (NMPA-NS), autour de nombreuses îles et îlots, afin de protéger le phoque moine. Ce parc de 2200 km² comprend une zone B de protection minimale (678 km²) entre les îles d'Alonissos et de Péristera, une zone A de protection renforcée entre les îles de Kyra Panaya, de Yura, de Skantzoura et de Psathura, et une "Core zone" de protection maximale autour de l'île de Pipéri. Cette dernière île est totalement interdite aux pêcheurs et aux plaisanciers et seuls quelques scientifiques ont le droit d'y accéder. En effet, les nombreuses criques et falaises rocheuses de cette île abritent encore une belle petite population de phoques, ainsi que la plupart de leurs lieux de reproduction.  

    Dans les Cyclades, une nouvelle zone de protection a été mise en place grâce à Natura 2000 : il s'agit des îles de Kimolos et Palyaigos, au nord de l'île de Milos. Ce secteur deviendra prochainement le deuxième parc national marin grec pour la protection des phoques moines.

    Enfin, dans le Dodécanèse, une dernière zone de protection a été créée au nord de l'île de Karpathos (entre les îles de Crète et de Rhodes)., toujours dans le cadre de Natura 2000.

     

    Le phoque moine est une espèce menacée d'extinction, il fait parti de la liste des douze espèces animales les plus menacées de disparition du globe, selon l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). C’est en 1978, que l’on commence à prendre conscience de son déclin : si en 1980, il ne restait plus que 600 à 1.000 individus, dix huit ans plus tard la population mondiale n'est plus que de 200 à 300 individus !!

    Il est d’ailleurs aujourd'hui presque impossible d'observer des phoques moines en Méditerranée. Ce paisible et sympathique animal est en passe de devenir un mythe.


    Les causes de sa disparition

    Les causes de ce déclin sont multiples mais toutes d'origine humaine.

    Dérangements causés par la navigation de plaisance motorisée
    Surfréquentation des plages (sites de mise-bas potentiels de l'espèce)

    Hostilité des pêcheurs.

    Toutes ces causes cumulées ont eu raison des derniers palmipèdes de Méditerranée Occidentale. En Corse, les derniers survivants ont tous été tués par les pêcheurs locaux.

     

    L'historique de sa disparition en France

    Historiquement, les plus importantes colonies se localisaient à l'est de Marseille (Calanques de Marseille et de Cassis, côte   varoise, îles d'Hyères...). Un groupe important habitait également les Pyrénées-Orientales, en relation probable avec la population des Baléares.

    A la fin du XIXème siècle, le phoque moine était encore présent sur toute la côte méditerranéenne, de Nice et Banyuls. Cependant, à cette époque déjà, il était considéré comme rare sur la côte languedocienne.

    Une des populations importantes de France se situaient dans l'archipel des îles d'Hyères.

     

    Jusqu'au début du XXème siècle, le phoque moine de Méditerranée se reproduisait et abondait encore sur les plages de l'archipel des îles d'Hyères. Malheureusement, à partir de 1921, on constate une chute brutale des observations et un déclin très rapide de l'espèce. Le dernier phoque moine des îles d'Or a été tué dans les années 1940 et les derniers individus auraient été aperçus jusque dans les années 1950.

     

    En Corse, l'espèce s'est maintenue quelques décennies de plus. Si la raréfaction débuta entre 1920 et 1930, le plus grand déclin fut observé dans les années 1960.

    En 1973, le dernier phoque moine des côtes françaises est observé au sud de Propriano (Corse-du-Sud) au sud-ouest de l'île. Toujours dans le sud de l'île, un autre animal erratique est observé 10 ans plus tôt, en 1963, dans une grotte sous-marine des Bouches de Bonifacio (Corse-du-Sud).

    Enfin, en 1970, la dernière observation du nord de l'île fut rapportée de la presqu'île de Scandola, entre Calvi et Porto (Haute-Corse), sur la côte nord-ouest.


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    Les causes du déclin du phoque moine sont toutes liées à l'action de l'homme. En dehors des croyances et intérêts mercantiles du passé, les principales causes de sa disparition sont liées à l'attitude des pêcheurs et à la disponibilité trophique. La Méditerranée est une mer fragile dont la productivité biologique est inférieure à celle de l'Atlantique, si à cela on ajoute la surexploitation des stocks de poisson, on peut se rendre compte de la difficulté pour le phoque moine à se procurer la nourriture dont il a besoin. Il était jusqu'à peu, pourchassé (abattu à coup de fusil ou autre) par les pêcheurs qui le considéraient comme un compétiteur et qui lui reprochaient, en outre, de venir manger dans leurs filets en les détériorant.

    D’autre part, la forte expansion touristique et industrielle du littoral, l'effondrement des grottes, la pêche, et les infections virales sont autant de menaces auxquels s'ajoute la pollution des zones où il vit, contribuant également au déclin des populations en réduisant la ressource et l'habitat disponibles du phoque moine.


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    Le phoque moine de Méditerranée est un des principaux mammifères menacés de disparition. Il est à la sixième place !

    A l'heure actuelle, la principale menace - essentiellement pour les individus présents en Méditerranée - semble être la surfréquentation des côtes et leur urbanisation. Les phoques, très sensibles aux dérangements, ont du mal à trouver des grottes sous-marines encore sauvages. Il suffit qu'un bateau ou un plongeur s'approche trop près d'une grotte pour que la femelle abandonne son petit.

     

    De plus, la mortalité des bébés est très importante. Près d'un jeune sur deux meurt avant d'avoir été sevré et de s'être émancipé naturellement. Les raisons sont simples : auparavant, les femelles mettaient bas sur des plages ou des petites criques   très tranquilles et protégées. Maintenant, ces paradis n'étant plus du tout sauvages et fortement prisés par l'homme, les femelles ont choisi de mettre bas dans des grottes sous-marines, certes sauvages, mais non protégées des tempêtes et des grosses vagues. Ainsi, très souvent, le niveau d'eau augmente dans la grotte à cause de grosses vagues ou de tempêtes et le petit, arraché à sa mère, est emporté avant même de savoir nager.

     

    Le braconnage, autrefois principale menace pour les phoques moines, semble s'être arrêté en Méditerranée, mais continue en Mauritanie et au Maroc. Dans ces dernières régions, les pêcheurs s'en prennent parfois aux phoques, qui selon eux, constituent une menace pour leur activité, primordiale dans cette région très pauvre. En fait, pêcheurs et phoques moines sont victimes des mêmes flottes multinationales de pêches qui dévalisent les océans de leurs ressources poissonnières.

    Enfin, une dernière menace pourrait être la consanguinité, puisqu'il n'existe plus de contacts entre les populations méditerranéenne et atlantique, et puisque les populations sont fortement réduites actuellement.

     

    Divers organisations internationales (CEE, IUCN, etc.) se mobilisent depuis plusieurs années pour la sauvegarde du phoque moine, la tâche à accomplir est très lourde, compte tenu de la longueur de mise en oeuvre effective des mesures adoptées.

    Pour protéger des portions de côtes, encore habitées par le phoque moine, il faut créer des parcs ou des réserves marins, susceptibles de protéger le phoque moine. C'est actuellement le cas en Grèce avec le Parc Naturel marin d'Alonissos (Sporades du Nord), la zone protégée de Kilomos-Polyaigos (Cyclades) et la zone protégée de Karpathos-Saria (Dédocanèse) ; à Madère avec la zone protégée des Iles Desertas et en Mauritanie avec la Réserve Naturelle du Cap Blanc. Ces parcs doivent interdire la présence et la navigation des plaisanciers, autour de certaines îles primordiales pour la reproduction du phoque. De plus, dans certains espaces protégés comme les Sporades, toutes les grottes où les femelles mettent bas sont surveillées par des caméras infrarouges, afin de pouvoir intervenir si un petit est emporté par une vague.

     

    Il existe deux centres de soins et de réhabilitation du phoque moine de Méditerranée : le premier en Mauritanie et le deuxième en Grèce. Ils ont pour mission de recueillir des phoques blessés, malades mais surtout orphelins. D'autres centres sont en projet. Après une période de convalescence, les jeunes phoques sont relâchés en mer avec un surplus de poids leur permettant de jeûner quelques semaines.


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    Phoque moine en phase de soins

     

    La sensibilisation, des pêcheurs comme des plaisanciers, doit se poursuivre et être étendue. Il s'avère que ces mesures sont efficaces, puisqu'en Grèce, la majorité des pêcheurs acceptent le phoque, signalent même leurs observations aux scientifiques et recueillent parfois de jeunes orphelins. Pour l'éventuel manque à gagner dont souffriraient les pêcheurs par la présence du phoque moine, des indemnisations sont prévues.

     

    Enfin, il faudrait prélever quelques phoques dans les colonies méditerranéennes ou atlantiques, les installer en captivité et les faire se reproduire. Dès que l'effectif captif sera important, on pourrait relâcher des individus, soit dans les colonies existantes pour les renforcer, soit sur   des sites inoccupés comme en Méditerranée Occidentale. Malheureusement, certains scientifiques sont encore hostiles à cette mesure.


     

    Un Centre de secours et de réhabilitation des phoques moines, fondé en 1990 à Alonissos (dans le Parc National marin), recueille les jeunes phoques orphelins et inexpérimentés.

    Après une période de convalescence, ils sont relâchés en mer avec un surplus de poids leur permettant de jeûner pendant quelques jours. De plus, toutes les grottes des Sporades fréquentées par   les phoques sont équipées de caméras infra-rouge, afin d'agir si un bébé est en difficulté. 12 biologistes et 2 bateaux sont ainsi prêts à appareiller en cas de danger. Il semblerait même que, depuis quelques années, les naissances augmentent légèrement.

     

    A noter également que les pêcheurs ne constituent plus une menace pour les phoques et aident au contraire très souvent les biologistes en leur faisant part de leurs observations et en recueillant parfois les orphelins. Ainsi, la sensibilisation des pêcheurs et des plaisanciers semble porter ses fruits.

    Enfin, les derniers phoques moines semblent se réfugier sur les îles désertiques convoités par les grecs et les turcs et où l'accès est totalement interdit à l'homme. Ces deux pays protègent donc, sans le vouloir, les derniers phoques moines de Méditerranée.


    12042006_Le_phoque_moine_de_Méditerranée.  PDF


    Source :
    Le Règne Animal - Editions Gallimard
    Inventaire de la Faune menacée en France - Livre rouge - MNHN et WWF chez Nathan (1994)
    http://www.aquanaute.com/

    Crédit photos :
    http://www.aquanaute.com/
    http://www.milostravel.com/
    http://www.manon.org/
    http://www.chene.asso.fr/
    http://www.ecogestes.com/
    http://www.wwf.be/



    Posté par Myriam Kieffer à 04:59 PM - Animaux en Voie de Disparition - Espèces Menacées - Permalien [#]

    samedi 1 avril 2006

    Les petits crapauds tanzaniens en tragique disparition

     

    Comment sauver une espèce dont l’écosystème est détruit à jamais ?
    C’est le problème que posent les derniers crapauds de Kihansi, aujourd’hui hébergés par des zoos américains.

    Dans le zoo du Bronx, après la salle des serpents et ses pythons gigantesques, se trouve une pièce isolée au taux d’humidité très élevé et au plafond très bas. Cinq petits terrariums abritent 159 amphibiens de couleur moutarde, à peine plus gros qu’un ongle, et qui sont sans doute les derniers représentants de leur espèce.


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    D
    ouze mille huit cents kilomètres séparent ces crapauds vivipares de leur habitat naturel, à savoir les gorges de Kihansi, situées dans les montagnes d’Udzungwa, en Tanzanie.

    gorges_de_kihansi
    Cascades de Kihansi


    D
    epuis des millions d’années, une cascade gigantesque répandait sur ces gorges un crachin constant et y soufflait un vent perpétuel, créant ainsi un environnement très spécifique où vivaient ces crapauds en compagnie d’autres créatures endémiques. En 2000, un barrage hydroélectrique a diminué le débit de la chute d’eau de 90% et l’écosystème humide des gorges a disparu. Depuis, des scientifiques de toutes les disciplines se sont succédé afin d’imaginer des moyens sophistiqués et inédits pour sauver le crapaud et son monde perdu. Cette histoire montre à quel point il est facile pour l’homme de perturber la nature, et que même les meilleurs scientifiques ne sont pas toujours capables de réparer les dégâts.

    Les hautes montagnes d’Udzungwa dominent une mer de savane sèche et font partie de l’arc montagneux de l’Est africain, un archipel en forme de croissant qui regroupe neuf chaînes de montagnes. On y trouve les forêts vierges les plus anciennes de la planète.

    G
    râce à leur isolement et à la stabilité du climat, la flore et la faune de cette région ont eu 10 millions d’années pour évoluer tranquillement. Des milliers d’espèces spécifiques de plantes et d’animaux vivent dans ces neuf chaînes de montagnes. Certaines limitent leur habitat à une seule chaîne, voire à un endroit très localisé. Le crapaud de Kihansi est le vertébré qui dispose du territoire le plus petit :
    2 hectares seulement. Et, selon certains biologistes, il vit dans ces gorges ou à proximité depuis au moins 10 millions d’années. Les gorges commencent à l’endroit où le fleuve Kihansi chute d’une hauteur de 100 mètres puis de 750 mètres, et poursuit son cours sur 4 kilomètres de méandres et de cascades. Le débit du fleuve reste constant toute l’année, alors que les autres cours d’eau de la région disparaissent à la saison sèche. Les falaises à pic et les eaux tumultueuses ont longtemps dissuadé les humains de pénétrer dans ce sanctuaire, permettant ainsi à ces créatures de la bruine de vivre à l’écart du monde des vivants.

    kihansi1


    M
    ais la forte déclivité du terrain et le débit constant du cours d’eau forment également des conditions idéales pour les centrales hydrauliques. En 1983, des ingénieurs ont donc imaginé de dévier le cours du fleuve via un barrage érigé au-dessus des gorges vers un tunnel équipé d’une turbine. D’après une étude sur ce réservoir de
    20 hectares, l’impact écologique de ce projet de 270 millions de dollars, financé à l’origine par des prêts de la Banque mondiale, devait être bénin.

     

     

    kihansi_barrage


    “Cette population était vouée à disparaître”

    En 1994, les travaux commencèrent. Des banques de développement norvégiennes, suédoises et allemandes vinrent par la suite participer au projet, en insistant sur le respect de la faune et de la flore. C’est pourquoi, en 1996, alors que la construction du barrage était déjà très avancée, on permit aux biologistes, et notamment au spécialiste en herpétologie Kim Howell, de l’université de Dar es-Salaam, d’aller explorer les gorges. Ils y découvrirent environ 50.000 représentants des fameux crapauds, dissimulés dans d’épais tapis de mousse.

    Les biologistes comprirent tout de suite qu’il y avait peu d’espoir de sauver le batracien. “Des que nous avons découvert l’endroit, nous avons su que cette population était vouée à disparaître”, explique un consultant étranger, qui, comme beaucoup d’autres, a tenu à garder l’anonymat du fait des tensions politiques engendrées par le barrage. Les biologistes cherchèrent alors d’autres sites pour y transplanter les crapauds. Sans succès. Ils conseillèrent alors de ne dévier que la moitie du débit du fleuve, mais cette recommandation resta lettre morte.

    En 1999, des journaux européens eurent vent de ces études jamais publiées et de l’existence du Nectophrynoides asperginis, ce crapaud en voie de disparition. Craignant l’extinction de l’espèce, le gouvernement tanzanien a permis à la Wildlife Conservation Society (institution américaine de protection et de conservation des animaux et des écosystèmes, basée a New York, dans le parc zoologique du Bronx) de prélever 500 crapauds afin de les élever en captivité dans une demi-douzaine de zoos américains.


    Mais les amphibiens souffraient en captivité et furent rapidement victimes de problèmes pulmonaires, d’infections, de problèmes osseux, de parasites intestinaux et de carences nutritionnelles. Toute reproduction semblait exclue. Au printemps 2004, les zoos du Bronx et de Toledo (dans l’Ohio) ne comptaient plus que 70 survivants. Mais, en 2005, les crapauds ressuscitèrent. Les vétérinaires du zoo avaient prescrit des traitements efficaces et avaient découvert que l’éclairage ultraviolet du zoo était trop fort : les crapauds préféraient la lumière tamisée d’ampoules de 12 volts. Ils recommencèrent alors rapidement à se reproduire et il y a désormais 300 crapauds répartis entre les deux zoos.


    crapaud_de_kihansi


    L’environnement des gorges ne peut être restauré

    Pendant ce temps-la, à Kihansi, la situation a commencé par s’améliorer. Grâce à un système d’irrigation par aspersion installé début 2001 (de l’eau envoyée sous pression retombe en fine pluie artificielle), les plantes des marécages ont doucement récupéré. Durement touchée, la population des proies du crapaud, comme l’insecte endémique Ortheziola, a également augmenté, explique Peter Hawkes, un entomologiste consultant de Pretoria, en Afrique du Sud. Encore plus encourageant, d’après des rapports internes de juin 2003, environ 20.000 crapauds ont à nouveau peuple la zone.

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    ais, un mois plus tard, cette population s’effondrait à nouveau. On n’en comptait plus que 40 en août 2003, et seulement 5 en janvier 2004. Depuis, ils ont sans doute tous disparu.

    Pour les biologistes, il y a plusieurs coupables. La cause première est sans doute un champignon, la chytridiomycose, une infection mortelle de la peau, qui fait des ravages chez les amphibiens du monde entier. D’après les données recueillies, le champignon n’était pas encore présent au début des travaux. Les systèmes d’aspersion pourraient avoir propagé le virus, tout comme les bottes des dizaines de scientifiques venus des quatre continents.

    D
    ’autres remarquent que cet effondrement de 2003 coïncide avec la brève ouverture des vannes du barrage destinée à éliminer les sédiments. D’après des analyses, ces sédiments étaient gorgés de pesticides utilisés en amont par un nombre croissant de cultivateurs de maïs, et ces fortes concentrations toxiques auraient pu tuer les crapauds.

    Mais il ne s’agit là que des causes immédiates. Pour de nombreux scientifiques, l’environnement des gorges a été irrémédiablement altéré et ne peut être restauré : les changements ont affaibli les crapauds, et les produits chimiques ou les maladies n’ont fait que les achever. Par exemple, la bruine produite par la cascade recouvrait le sol de limon fertile, alors que l’arrosage artificiel se contente de vaporiser de l’eau qui laisse les sols friables et sensibles à l’érosion. La force des chutes d’eau provoque également un vent incessant, dont le rôle dans cet écosystème demeure inconnu. “On ignore jusqu’a quel point ce système artificiel est adéquat”, explique l’ingénieur en ressources hydrauliques John Gerstle, de Hydrosphere Ressources Consultants, à Boulder, dans le Colorado, qui a supervisé jusqu’en 2004 une grande partie des travaux de restauration dans les gorges. “Il est difficile de reproduire une situation que l’on ne comprend pas parfaitement.”


    tanzanie.carte_afrique

     


    Source :
    http://www.courrierinternational.com/

    Crédit photos :
    http://www.bronxzoo.com/
    http://www.theoaklandpress.com/
    http://www.water-technology.net/


    Posté par Myriam Kieffer à 11:48 AM - Animaux en Voie de Disparition - Espèces Menacées - Permalien [#]

    lundi 13 mars 2006

    Le golfe de Guinée, escale sécurisée pour la tortue verte

     
    L'Union européenne finance deux projets sur cette côte africaine.

    Il fait nuit noire sur la plage de Jale. Seul le ressac des vagues sur le sable brise le silence. Soudain, une ombre sort de l'océan Atlantique, elle entame sa montée longue et fastidieuse sur ce rivage du sud de l'île de Sao Tomé dans le golfe de Guinée. Une tortue verte d'un mètre de long et de large. «Elle est déjà marquée», chuchote le garde santomeen, chargé de la protection des tortues, en apercevant un bout de métal sur sa patte gauche. Une bague, posée par des scientifiques, qui atteste que l'animal est déjà venu pondre ici. Car ces reptiles sont dotés d'un sens de l'orientation exceptionnel qui leur permet de parcourir des milliers de kilomètres pour revenir pondre dans la région de leur naissance, parfois même sur la plage où ils sont nés.

    tortue_verte

    Base de données

    Dans l'obscurité, la tortue verte poursuit sa route, en quête d'un lieu pour délivrer ses oeufs, 100 à 150 par ponte en moyenne. Ni bruit, ni lumière. Le reptile doit se sentir en confiance. Apres avoir creusé un trou profond d'un mètre, l'animal entre «en transe» et commence à pondre, chuchote le Français Bastien Loloum, membre de l'ONG Marapa, financée en grande partie par l'Union européenne (UE), en charge depuis trois ans à Sao Tomé de la protection de cette espèce en danger d'extinction. «Ces animaux ont des zones d'alimentation et de ponte de prédilection. Ils peuvent se nourrir sur les côtes d'Amérique latine, au Brésil par exemple, puis traverser l'Océan et venir pondre dans le golfe de Guinée», murmure-t-il, tandis que la tortue semble sortir de sa transe. Le garde santomeen et le jeune Français procèdent alors à l'examen général de la bête et prennent ses mesures.

    Toutes ces informations sont ensuite envoyées à Libreville, à 300 km de là. Dans la capitale gabonaise, Alexis Billes, coordonnateur régional du programme scientifique Kudu (financé par le projet Espèces phares de l'UE), met en place une base de données sur cinq pays de la région. «Les tortues marines sont suivies depuis des décennies en Amérique latine, alors que la recherche sur la côte occidentale d'Afrique est récente», explique-t-il. Or le programme Espèces phares arrive à échéance en août et il faut trouver de nouveaux financements. Une dizaine d'années au moins sont encore nécessaires, selon lui, pour étudier ici ces animaux apparus il y a 230 millions d'années.

    Sur la plage de Jale, la tortue s'éloigne lentement après avoir recouvert son nid. Parce que les oeufs ne sont pas à l'abri d'une vague dévastatrice, des crabes, des chiens ou des habitants de l'île, qui en raffolent, le garde va les emmener dans le centre d'incubation à l'autre bout de la plage où les sphères blanches, de la taille d'une balle de ping-pong, seront à nouveau enfouies.

    ponte_de_la_tortue_verte

    «Tartarugeros». Le taux de survie de ces reptiles est infime autour de 1%  tant les prédateurs sont nombreux. La pêche industrielle constitue un des plus gros dangers. «Les bateaux ne respectent pas les zones de pêche, s'avancent en nombre à proximité des côtes, et il n'y a aucun contrôle», déplore Alexis Billes. Il existe pourtant une solution, précise-t-il : installer dans les filets un système d'exclusion des tortues et des gros mammifères marins. Toutefois, dans les pays de la région, aucune législation interne ne réglemente la protection de cette espèce.

    Sur les étals du marché de Sao Tome, on trouve de la viande de tortue mais aussi colliers, boucles d'oreilles et autres bibelots en écailles ou en peau. L'ONG Marapa mise sur l'écotourisme comme nouveau moyen de subsistance pour les communautés locales et les «tartarugeros» (ceux qui vivent du commerce de tortues). Sur la plage de Jale, des bungalows en bois accueillent les touristes depuis août. Cet ecolodge, financé par le Fonds français pour l'environnement mondial, est quasi entièrement géré par la population locale. Pour qu'une tortue vivante devienne aussi «rentable» qu'une tortue morte.



    Source :
    LISTE FONDATION NICOLAS HULOT POUR LA NATURE ET L'HOMME

    Crédit photos :
    http://www.seabluesafari.com/

    Posté par Myriam Kieffer à 08:55 PM - Animaux en Voie de Disparition - Espèces Menacées - Permalien [#]

    jeudi 9 mars 2006

    Le Puma ou Couguar, espèce protégée

    Dans la mythologie inca, les Apus, dieux des montagnes, protégeaient les hommes et leur permettaient de vivre paisiblement dans une vallée fertile. Ils leur interdisaient en échange de gravir le sommet des montagnes, où brûlait le feu sacré. Sous l’influence du diable, les hommes désobéirent pour prouver leur courage. Ils furent surpris par les Apus et ces derniers décidèrent de les punir : des milliers de pumas sortirent alors des cavernes et les dévorèrent.

    Devant cette scène, Inti, dieu du Soleil, se mit à pleurer. Ses larmes étaient si abondantes qu’elles inondèrent la vallée en quarante jours. Quand le soleil brilla à nouveau, un homme et une femme, qui avaient pu s’échapper et survivre sur une barque en jonc, réalisèrent qu’ils voguaient sur un lac immense, sur lequel flottaient les pumas transformés en pierre. Ils appelèrent alors le lac «Titicaca», ce qui signifie : le lac des pumas de pierre.


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    DESCRIPTION

    Le nom « puma » est d’origine quetchua (tribu inca du Pérou), tandis que « cougar » vient du mot brésilien cuguarana, « lion de montagne ». Pourtant, c’est en Amérique du Nord, que l’on a retrouvé les plus anciens fossiles datant d’il y a 300.000 ans. Cela démontre que ce mammifère a d’abord colonisé le nord de l’Amérique pour progressivement descendre vers le sud en passant par l’isthme de Panama.

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    C’est le deuxième félin en taille sur le continent américain, après le jaguar. Son corps est souple, trapu, athlétique, sa fourrure dense et courte ; ses larges pattes lui permettent une progression plus aisée dans la neige. Le puma se sert de ses griffes rétractiles afin de marquer les arbres ou d’y grimper ainsi que pour capturer des proies. Sa tête est petite et présente sur les babines des taches noires qui contrastent avec son museau blanc. Il possède au-dessus du nez une mince bande de peau sans aucun poil. Des ligaments, couplés à des muscles extenseurs et fléchisseurs, lui permettent de rétracter et sortir ses griffes.

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    Ses oreilles sont petites et arrondies, de couleur gris-noir à l’arrière. Sa queue est longue et s’assombrit vers l’extrémité. Le puma arbore un pelage plutôt uniforme, variant du brun sable ou fauve rougeâtre au gris argenté ou gris ardoise. Les cas de mélanisme sont fréquents chez le puma, les cas d’albinismes, eux sont rares. En fait, les teintes de son pelage varient d’une région à l’autre. Un pelage brun roux est caractéristique d’un puma qui vit dans les zones tropicales, tandis que celui d’un puma des zones septentrionales est bleu gris. Les pumas à fourrure noire sont très rares.

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    Le puma est doté d’une force exceptionnelle pour un petit félidé. Traqué par les hommes, il ne prospère que dans les zones les plus reculées. Pourtant, il est bien obligé de pénétrer sur le territoire occupé par les humains pour y chasser. De ce fait, il se montre d’une extrême prudence et d’une très grande efficacité. Ses attaques surprises sont couronnées de succès dans 90% des cas.

    Lhomme ne lui laisse pas le droit à l’erreur.


    HABITAT et REPARTITION

    Le puma est l’espèce féline qui possède l’aire de répartition la plus large : elle s’étend de l’extrême sud de l’Amérique du Sud au nord de la Colombie-Britannique. On répertorie aujourd’hui 6 sous-espèces, dont 4 au Canada, mais il y en a eu jusqu’à 30 décrites. Le puma fréquente les forêts de conifères, les forêts à feuilles caduques ou tropicales, les marais, les prairies, mais également les semi-déserts, les montagnes et plateaux de l’intérieur jusqu’à une altitude de 5.800m. Le puma était autrefois très répandu dans les forêts boréales du Grand Nord, mais la disparition de grands ongulés due à la chasse et à la déforestation l’a éliminé dans ces zones.

     

    puma

    Le puma sait se contenter de peu ; un point d’eau ainsi qu’un toit, de préférence minéral lui suffisent. Son domaine est assez réduit et va de 50 à 85 km² mais peut largement s’étendre si ses proies migrent. Il exploite d’ailleurs son territoire avec intelligence. Très mobile, il couvre de grandes distances chaque jour sans avoir de gîte précis. Son exploration s’effectue par zones en une sorte de rotation. Depuis des centaines de milliers d’années, le puma chasse dans l’univers glacé des montagnes rocheuses. Résistant à toutes les saisons, le puma prédateur suprêmement efficace et adaptable, possède toutes les armes à la survie. Chassé par l’homme, il s’est réfugié dans cette région inaccessible où l’hiver peut durer 9 mois. Il partage son territoire avec l’ours baribal.

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    Le long de la côte déchiquetée du Pacifique nord, la forêt tropicale humide des massifs côtiers rencontre l’eau froide de l’océan. Malgré son éloignement des rocheuses et du désert brûlant, elle est aussi une terre d’accueil pour le puma.
    Là où la terre rencontre la mer, est né un monde aux merveilles incomparables. Au sommet des massifs côtiers, l’été offre un bref prélude et chacun s’empresse d’emmagasiner de la graisse pour l’hiver. Avec sa végétation luxuriante, la forêt rivalise avec sa cousine amazonienne. Pour les jeunes pumas, cette forêt regorge de promesses mais aussi de dangers.
    L
    e puma est à l’aise partout. Ni la chaleur tropicale, ni l’enneigement extrême ne semblent le gêner. C’est sous l’égide des Nations Unis que s’est créé le parc national de Torres del Paine, au sud du Chili.

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    Cette petite réserve de Patagonie, d’une surface de 2 500 km², est le fruit d’un programme exemplaire de conservation de la faune animale. Ce parc est la zone d’habitat la plus australe du puma. Bien que la topographie ne soit pas idéale, ce félin s’y est parfaitement bien adapté. La morphologie des spécimens y prospérant s’est renforcée pour faire face au climat rigoureux.

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    A tel point que plusieurs scientifiques considèrent désormais qu’il s’agit là d’une nouvelle sous-espèce de Felis concolor.


    COMPORTEMENT ET ALIMENTATION

    A l’instar de tous les félins, ses habitudes sont plutôt nocturnes et le puma jouit d’une vue excellente. Comme les chats, les pupilles du puma s’adaptent par contraction et dilatation à tous les éclairages.

    puma_de_nuit

    Comme tous les petits félins, il pratique l’affût. C’est un maître de l’embuscade. En quelques bonds, il se retrouve sur le dos de sa victime. Le choc est si puissant qu’en principe l’animal meurt la nuque brisée. Si ce n’est pas le cas, le couguar l’achève d’un coup de patte ou en lui enfonçant ses crocs dans la gorge. Fin gourmet, il dévore en premier le museau et les entrailles puis cache le reste de son repas qui le nourrira plusieurs jours. Sa force lui permet de traîner de très grosses proies et de les dissimuler sous un tapis de végétaux.

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    Un puma adulte a besoin d’environ 2 kg de viande par jour. Il s’approche de sa proie en silence, puis terrasse sa victime par suffocation après deux ou trois bonds. Le puma est capable d’effectuer des bonds prodigieux à plusieurs mètres de haut. A cet effet, ces membres postérieurs sont nettement plus longs que ses membres antérieurs. On a mesuré un saut de 12 m grâce à des traces dans la neige. Sans élan, un puma peut effectuer un bond de 4 m.    

    L’alimentation du puma est très variée : élan, caribou, wapiti, coyote, castor, guanaco, capybara, pécari, oiseaux, souris, chauve-souris et même des insectes. Le puma mange accroupi et non allongé comme ses grands cousins Les individus d’Amérique du Nord consomment surtout des grosses proies, tandis qu’en Amérique du Sud, le jaguar ne lui laisse que des proies de taille moyenne. Il s’attaque aussi aux animaux domestiques : chevaux, chèvres, moutons, vaches. Lorsque le puma tue une grosse proie, il l’enfouit sous la végétation et reste à proximité afin de se nourrir fréquemment. Le puma est un excellent grimpeur et un très bon nageur.

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    REPRODUCTION

    Le puma a ceci de particulier qu’il ne peut rugir, mais ses vocalises sont très variées, notamment au moment de la reproduction. Celle-ci peut avoir lieu tout au long de l’année, la femelle ayant ses chaleurs pendant une période de 9 jours. En Amérique du Nord, les naissances ont plutôt lieu entre avril et septembre, pendant les mois les plus chauds, et en Amérique du Sud, entre février et juin. Dans son milieu naturel, la longévité d’un puma est assez courte, environ 20 ans. De ce fait, le mâle atteint sa maturité sexuelle dès 3 ans.

    bebe_puma

    Ce solitaire se montre au moment des amours particulièrement démonstratif et tendre. Ce sont les femelles qui attirent leurs partenaires en urinant et en émettant de longs appels aigus. Si plusieurs mâles répondent à ces appels, un combat est inévitable. Les deux partenaires entament un cérémonial, en se frottant et se reniflant. L’acte sexuel est bref mais répété. Un puma peut ainsi consommer une soixantaine de coïts par jour. Le couple reste ensemble quelques jours, partageant le même gîte puis le mâle retourne à sa vie de nomade solitaire.

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    Après une gestation d’environ trois mois, la femelle met au monde 2 à 3 petits en moyenne, dans une cavité rocheuse, un arbre creux ou une végétation dense, pèsent entre 200 et 450g à la naissance et sont tachetés de brun foncé avec de magnifiques yeux bleus. A la naissance, les jeunes sont aveugles la première semaine et ne mesurent que 30 cm. Les yeux changeront de couleur à l’âge de seize mois et les taches disparaîtront graduellement jusqu’à prendre leur couleur uniforme. Les bébés puma ouvrent les yeux à dix jours et consomment de la viande à six semaines. Les petits mangent de la viande dès l’âge de six semaines mais ne seront sevrés que vers 3 mois. Ils resteront avec leur mère jusqu’à l’hiver suivant, puis pourront chasser ensemble quelques mois durant. C’est entre 18 mois et 24 mois, qu’ils devront se débrouiller seuls.

     

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    Leur mère est très attentionnée et les protège des prédateurs mais aussi des autres pumas. En effet, si un mâle découvre les petits, il n’hésitera pas à les tuer pour que la femelle soit rapidement fécondable. En quittant leur mère, les jeunes restent ensemble quelques temps avant de conquérir leur propre territoire.

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    La longévité du puma est estimée à environ 15 ans.


    STATUT ET PROTECTION

    Le puma était autrefois chassé par les Incas, qui le considéraient comme une menace pour leurs troupeaux de vigognes et de guanacos. Par contre, les Indiens anasazi (Ouest américain) le vénéraient. Le puma fut longtemps persécuté à l’aide de différents procédés : poissons, collets, pièges, chasse au fusil et avec des chiens… Parfois soutenues par le gouvernement, ces campagnes de chasse durèrent jusqu’en 1988 aux Etats-Unis. ; les fermiers lui vouent une haine tenace depuis des décennies. On comptabilisait entre 1910 et 1957 en Colombie-Britannique une moyenne de 350 pumas tués par an. Il est maintenant protégé sur la plupart de son aire de répartition, sauf en Equateur, au Salvador et au Guyana. Au Canada, il bénéficie d’une bonne protection, sauf dans les territoires du Nord-Ouest. La chasse est sous contrôle au Canada, Etats-Unis, Mexique et Pérou.

    puma_rugit

    En Floride, il reste moins de 50 individus et un programme de réintroduction a été mis en place (plusieurs pumas provenant du Texas). La fragmentation de l’habitat et la présence d’un réseau routier important menacent cette population (entre 1979 et 1991, 47% de la mortalité était due à la route), et les animaux réintroduits sont souvent recapturés suite à des problèmes avec les populations humaines. Le puma repeuple aujourd’hui la partie ouest du Canada ; on a recensé 300 individus dans l’Ontario et il a été observé au Nouveau-Brunswick.

    La situation du puma en Amérique du Nord reste très fragile. Bien que sa peau ne soit pas utilisable, il a été chassé et continue à l’être. Les éleveurs l’accusent de tuer du bétail et n’hésitent pas à louer les services de chasseurs de primes. De véritables exterminations ont eu lieu. Cette pratique est aujourd’hui interdite aux Etats-Unis sauf au Texas. Abattage, dépeçage ou destruction de l’habitat, la population de pumas a diminué, seulement en Floride, de plus de 30%. La situation est si grave que le puma a quasiment disparu des régions d’Amérique de l’ouest où il était autrefois abondant.

    Dans les Everglades, vivait une sous-espèce de puma, Felis concolor coryi, qui a été protégé à partir de 1958. Mais l’assèchement des marais a conduit à son extinction. Aucun puma n’a été vu dans cette région de puis 1991. Des tentatives de réintroduction sont en cours mais sans résultat probant pour le moment. En Amérique Centrale et du Sud, la cordillère des Andes et les forêts tropicales offrent encore des refuges pour les populations de pumas. Mais, le déboisement intensif risque, une fois de plus, de menacer cette espèce.

    CRI DU PUMA

    VIDEO PUMA


    Fiche d’identification

    Nom scientifique: Felis concolor

    Ordre des Carnivores

    Famille: Félidés

    Habitat : Montagnes, Forêts, steppes, prairies

    Longueur : 1,45 à 2,75 m de long

    Hauteur à l’épaule : 60 à 76cm

    Poids : Femelles : 35 à 48kg ; Mâles :53 à 72kg

    Répartition: Argentine, Brésil, Bolivie, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Equateur, Etats-Unis, Guatemala, Guyana, Guyane française, Honduras, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, Salvador, Surinam, Venezuela, Uruguay

    Statut CITES : ANNEXE II (ANNEXE I pour les populations de Floride et du Costa-Rica)

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