- Les forêts équatoriales (ou pluviales)
- Les forêts tempérées
- Les forêts boréales (ou taïga)
jeudi 4 août 2011
Les cèdres de la dernière chance

Maroc : non assistance à Nature en danger !
La cédraie de l´Atlas marocain est-elle un biopatrimoine de l´humanité ou une « fabrique de moutons » ?
Est-il raisonnable que le bien de tous, et notamment des générations futures, soit victime d´une mainmise des producteurs de viande ovine et donc détourné au profit de quelques-uns ?
Le Maroc peut-il se soustraire aux exigences légitimes du développement durable et de la préservation de la biodiversité ?
Nul écocitoyen ne doit ignorer que cette « non assistance à Nature en danger » fait encourir l´anéantissement du dernier écran vert entre le Sahara et l´Europe et nous ne doutons pas que l´Administration marocaine en charge du biopatrimoine va prendre rapidement les dispositions qui s´imposent en ouvrant le débat avec la filière de la viande ovine, afin que cesse cette mutation d´un écosystème unique en bergerie intensive, et que la sauvegarde du plus somptueux des arbres du monde méditerranéen soit assuré in extremis. Touchons du bois !
Naturaliste, écologue, connaisseur et amoureux de ces contrées, mon éthique m'interdit de me taire, m'oblige à témoigner. Je n'ai ni les réponses, ni le pouvoir des remèdes, mais j'espère poser les bonnes questions. Mon souhait est de réveiller les consciences, que les décideurs mandatés pour veiller à la bonne gouvernance de ces régions parviennent au plus vite à inverser les tendances, à trouver une solution consensuelle autre que celle se satisfaisant de la gestion des préjudices. Ils disposent des moyens légaux et budgétaires adéquates, de conseillers nationaux et internationaux suffisamment éclairés qui doivent se mettre au travail pour en finir une fois pour toutes avec ce laisser-aller ordinaire, aux conséquences incommensurables. Aujourd´hui, la finitude de l´abus d´usage de cet écosystème et de bien d´autres saute aux yeux et condamne irrémédiablement l´avenir. Il faut soulager la cédraie. Quand les ressources devenues non renouvelables sont ainsi taries, ce qui est pris n´est plus à prendre.
Même si, non visionnaire de l´actuelle démographie galopante et du consumérisme à tout va, l´ancestrale règle coutumière n´indiquait pas de limitation d´effectifs du cheptel, il n´est personne pour contredire que le parcours forestier dans son excès est un antagonisme de la biodiversité. La charge pastorale des écosystèmes maghrébins, et particulièrement de la cédraie marocaine, est jusqu´à dix fois supérieure à celle officiellement recommandée, a fortiori dans les figures dites de protection que sont les parcs, les réserves et les aires protégées. Pour ces derniers espaces, on peut d´ailleurs se demander de quoi sont-ils protégés, et compte tenu de la disparité entre la théorie et la pratique, entre les textes et la réalité du terrain, en conclure pathétiquement à des concepts schizophréniques induisant des formalités cosmétiques.
Les stigmates les plus évidents de la pandémie écologique générée par un surpâturage chronique à nul autre pareil sont alarmants pour quiconque ne confond pas la forêt avec un simple alignement d´arbres, mais sait que l´avenir se décide dans les parties confuses d´un sous-bois bien garni, couvert d´une strate végétative, gage de croissance des semis naturels et d´un minimum de régénération. Ici, la forêt est bien loin d´être pluristratifiée, elle est dénaturée par un sol partout et systématiquement tondu, dénudé, scalpé, écorché, étrépé, squelettique. L´écosystème est défiguré par une extrême mortalité et certains versants ne montrent que des lambeaux de cédraie, ponctués de vétérans moribonds et de chandelles sur pied. Les griffes d´une désertification accélérée se traduisent par des pans qui se sont dégarnis en moins d´une décennie. A chaque retour des pluies, les lessivages cataclysmiques induits par un substrat ayant perdu toute porosité infligent d´irrémédiables destructions. Le parcours forestier de troupeaux sédentarisés grève ainsi lourdement les dernières forêts en place, et souvent même leurs lambeaux vestigiaux. La dent du bétail élimine par broutage les jeunes semis, les rejets, les basses branches et même le feuillage quand en période de disette les ramées ou les cimes sont coupées par les bergers. Mais le piétinement du même bétail, dont l´effet peut sembler à prime à bord négligeable, peut avoir aussi de terribles conséquences sur la compaction du sol par les jeux du tassement, de la solifluxion, de l´écrasement des plantes non appétibles.
Tels sont les ravages de ce pastoralisme intempestif. Il engendre un écocide lent, une extinction massive des plantes et de la faune. Il condamne le formidable château d´eau national que constitue ce Moyen Atlas forestier humide, ainsi que toutes les ressources naturelles sans exception. Il menace la vie locale, son économie, les nobles traditions d´une société berbère séculaire, et exacerbe ainsi l´exode vers les grandes villes et l´étranger. Enfin, il coupe l´herbe sous le pied (!), non seulement aux moutons de demain, mais aussi aux écotouristes que l´on désirait tant.
Avec la précaution de ne confondre ni le berger traditionnel de l´Atlas (déjà orphelin de sa forêt) avec le producteur de viande ovine qui tend à le remplacer, ni le pâturage itinérant et extensif avec le parcours sédentaire pour « faire du mouton », filière spéculative dérivante, il semble opportun de se poser quelques questions :
- Où est passée la biodiversité des 130.000 ha de cédraie marocaine, enveloppe de forêt monospécifique désormais vidée de sa flore et de sa faune, y compris lorsque le cèdre n´est pas dépérissant ? Où sont les 700 espèces botaniques, dont 60 endémiques, les 37 espèces de mammifères, la plupart des 142 espèces d´oiseaux, les 33 espèces de reptiles et d´amphibiens recensés, les centaines de papillons et les milliers d´invertébrés dans les 53.000 hectares du Parc national d´Ifrane, où partout le sol est celui d´un terrain de football ? Même l´écrevisse à pied rouge de l´oued Tizguite, devenu cloaque, vit ses dernières heures.
- Le Maroc peut-il ainsi anéantir ses beaux restes en les livrant sans réserve aux saccages des moutons et des chèvres ?
- L´oviculture exponentielle a-t-elle sa place dans un fragile écosystème, organisé par une essence à valeur patrimoniale ?
- Est-il raisonnable que le bien de tous, et notamment des générations futures, soit victime d´une mainmise des producteurs de viande ovine et donc détourné au profit de quelques-uns ?
- Le Maroc peut-il se soustraire aux exigences légitimes du développement durable et de la préservation de la biodiversité ?
- L´enjeu pastoral ne doit-il pas prendre en compte la pérennité des paysages naturels ?
- Les droits usagers et le souci démocratique doivent-ils être au service de l´éradication des ressources ? Faut-il placer l´intérêt économique à très court terme au-delà du souci de préservation du capital naturel ? La fin justifie-t-elle les moyens ?
- Une réelle volonté de débattre ne peut-elle se manifester entre les gestionnaires de la forêt et ces citadins privilégiés que sont les représentants de la filière ovine, gros propriétaires des troupeaux destructeurs, avec d´éventuelles compensations à la réduction du nombre de têtes ?
- Aucune instance experte n´est-elle apte à proposer des solutions économiques alternatives aux simples bergers, aux petits propriétaires de cheptel caprin dont les dégâts sont démesurés pour un bien modeste profit, voire à ces familles défavorisées et en charge de la garde des troupeaux surnuméraires incriminés ?
- Les bailleurs de fonds doivent-ils continuer à dilapider de faramineux budgets en soutenant des programmes de reboisements et de régénérations illusoires, dont les périmètres en défens sont toujours et trop rapidement livrés à la dent des ovins et des caprins, donc à la faillite ?
- Faut-il poursuivre les coupes rases du sous-bois de chênaie verte pour exposer le sol à l´érosion hydrique et produire ainsi « une désertification locale sans qu´il y ait diminution dans les volumes des précipitations annuelles » (Benabid, 2000) (Le niveau de pluviosité des montagnes ifranaises atteignent 1200 mm sur les sommets !)
- Faut-il continuer à se gargariser des statistiques amphigouriques de forêts abiotiques et fossilisées, de carcasses vidées de leurs biocénoses, au substrat scalpé, à la flore tondue et piétinée, à la faune évincée, agrémentées des chiffres aléatoires de reboisements en sursis ? En un mot, faut-il surenchérir avec des effets d´annonces et des communications redondantes afin d´occulter, par un batelage médiatique, une vérité qui est celle de la politique de la terre brûlée ? Ou convient-il d´utiliser au mieux cette énergie du désespoir en prenant à témoins les citoyens pour un effort collectif, un respect de fer des normes légitimes de préservation, un meilleur discernement garant d´avenir ?
- Faut-il encore et enfin, au nom du sempiternel et juteux système des connivences, semer le trouble en jetant l´opprobre sur l´hurluberlu désintéressé qui témoigne du gaspillage et porter au pinacle, voire subventionner, l´agresseur de la biosphère comme éternel partenaire économique ?
- Si la vision (dimension prospective) est reconnue comme la qualité première d´un homme politique, où va-t-elle se nicher quand il s´agit de veiller sur les ressources naturelles de notre planète ?
- Ici et là, l´âge de raison pourrait-il prévaloir dans la conduite environnementale du XXIe siècle ?
- Enfin, si l´on voulait vraiment pérenniser ce qu´il reste des écosystèmes du Maroc et de notre planète, il faudrait vraiment commencer par baisser notre ration irraisonnée de barbaque ! Respect à nos amis végétariens et végétaliens qui l´ont compris depuis longtemps !
La sauvegarde de la forêt de cèdres, comme de l´essentiel des écosystèmes marocains et de leurs sites, passe obligatoirement par une politique volontariste d´allègement et de régulation de la charge du cheptel, actuellement en complète inadéquation avec les ressources disponibles. Faute d´un tel contrôle de la pression pastorale devenue intolérable et de propositions de solutions alternatives, tout programme conservatoire serait vain. Pour ce qui concerne les sites les plus atteints, et notamment ceux de la cédraie, un répit radical doit être adopté par la promulgation in extremis de réserves biologiques, intouchables et sans limitation de durée.
Quant aux coûteuses plantations de jeunes et fragiles semis, si le piétinement et la dent du cheptel ne sont pas éloignés à très long terme, ils ne correspondent qu´à des ersatz de reboisements, à des programmes pour le prestige, parce que sans la moindre chance de transformation. Quand la forêt est libérée des pressions tant de l´élevage que des manies de la foresterie, les semis naturels et « gratuits » sont les garants d´une parfaite régénération.
C´est maintenant et tout de suite que les pouvoirs publics concernés doivent s´interroger et agir dans la foulée.
On a beaucoup parlé ces derniers temps de cèdres coupés illégalement et de bois délestés dans le Moyen Atlas. Il est certes désolant qu´il puisse exister une mafia du cèdre, qui plus est de connivence avec quelques représentants des autorités. Il faut combattre cette délinquance et la corruption qui la permet. Mais il faut aussi veiller à ce que l´existence d´un tel fait divers ne serve pas à occulter les agissements des vrais fossoyeurs de la cédraie que sont les acteurs de la filière ovine, du petit berger innocemment responsable au grand propriétaire absent et gravement coupable. Les tribulations évènementielles d´une prétendue mafia du cèdre permettent de dresser un écran de fumée trop pratique sur une problématique beaucoup plus réelle, ravageuse, permanente et tenace que sont le surpâturage et la mort biologique du sol qu´il induit. Comme l´arbre ne doit pas cacher la forêt, le cèdre volé ici ou là ne doit pas cacher la fin de la cédraie par la faute d´un abus d´usage généralisé et décomplexé.
Cet article fut rédigé pour l´excellent site de la Buvette des Alpages :
http://www.buvettedesalpages.be/2011/08/-cedraie-au-maroc-non-assistance-a-nature-en-danger.html
On peut noter un pareil constat dans les années 1950, avec ce vieux reportage à fort relent colonialiste :
Du même cru et de Louis Emberger (1938 !) :
« La montagne marocaine, si l´on y prend garde, court vers sa ruine définitive. La destruction de la végétation engendre la ruine économique, et celle-ci provoque la dépopulation. »
Accès au script d´un film très édifiant sur le pastoralisme du Moyen Atlas, tourné il y a déjà un bout de temps par l´un des plus éminents experts en élevage pastoral :
http://museum.agropolis.fr/pages/savoirs/berger/complements.htm
Cette interview critique date de 2005 mais reste toujours valide dans ses assertions :
http://www.medi1.com/player/player.php?i=1292917
************
Nuançons ! Une suite s´impose pour ne pas paraître ingrat. La voici.
LES EFFORTS DU MAROC
Rien n´est simple quand on est face à l´infernal binôme développement-conservation.
On peut toujours prendre la posture du discours critique, c´est un peu mon métier. C´est facile d´invectiver quand on a pour seul souci la tranquille défense de l´arbre, du mouflon et du papillon. Les esprits du Vivant reconnaîtront leur avocat.
Mais désireuses d´une hausse du pouvoir d´achat comme ils disent, d´une meilleure qualité de vie comme on dit, et sans cesse stimulées par l´incitation au consumérisme par les maîtres du monde, les populations demandent majoritairement autre chose que la douceur d´un paradis terrestre, ce en quoi elles se trompent probablement.
Alors, quand on veut être élu, on sacrifie les trésors de la maison du Quaternaire sur l´autel-béton de la demande publique, et ça tombe bien puisque c´est aussi l´autel du profit. Construire sans détruire est un challenge hasardeux, pardonnez-leur ils ne savent pas ce qu´ils font.
Pour ce qui me concerne, j´ai déjà été le témoin accablé des limites vite franchies de l´éthique de conservation, rattrapée par la hantise d´aménagement, tant dans le Sud-est de la France qu´en Andalousie espagnole, deux régions défigurées, dénaturées. Les résultats sont affligeants et ont l´outrage d´un déshéritement pour les générations à venir. À tel point que l´ombre d´un promoteur suscite à tout humaniste l´éloge de la dénatalité.
Les désastreuses leçons du Nord n´ont pas le moindre écho au Sud. Le Sud est peu enclin à prendre la leçon et n´entend pas être le gentil jardinier de son sempiternel mentor. Réitérer l´erreur du « modèle » est historiquement correct. Le Maroc se réclame de démocratie, le Maroc est en route pour la modernité, le Maroc se prend au piège de l´effet miroir qui brille d´une rive à l´autre, le Maroc veut faire « Costa del Sol » et partager les pages du même catalogue qui fleure bon les devises. Pourtant, il paraîtrait que dès demain, le souhait des touristes ne sera pas de se retrouver dans le même décor de béton et d´artifice que celui jusqu´à maintenant offert sur le rivage européen. Il serait peut-être bon de ne pas dresser un mur aussi luxueux qu´affreux tout au fil du littoral, depuis Saïdia jusqu´à Plage Blanche, et de se souvenir que le pays de la Méditerranée occidentale le plus riche en biodiversité pourrait préserver un peu de paysages naturels pour des lendemains plus enchanteurs. Attention : une fois massacrés, les écosystèmes ne se reconstruisent pas !
Entre surpâturage des forêts exténuées et aménagements touristiques des littoraux souillés, il y a des pauses vertueuses. Que les deux exemples qui suivent soient vénérés, ainsi que leurs acteurs ! Ces efforts certains en faveur de la pérennisation des espèces et des espaces réconfortent, on n´y croyait plus. De quoi ravir les écotouristes de demain qui risqueraient de venir au Maroc pour pouvoir découvrir et apprécier autre chose que l´uniformisation qu´ils ont chez eux !
Liberté, égalité, biodiversité !
UNE INITIATIVE JUDICIEUSE COMME REMÈDE AU SURPÂTURAGE
Il s´agit tout simplement d´un programme de compensation des mises en défens forestières, promulgué dès 1999 mais fortement activé dans le présent. On ne se contente pas d´exproprier l´éleveur de son habituel parcours en forêt, une compensation palpable lui est attribuée par l´intermédiaire d´une coopérative organisée pour le besoin. En échange de leur engagement à respecter la mise en défens de l´espace à régénérer, les bergers, usagers traditionnels du domaine forestier, perçoivent durant tout le temps requis une indemnité annuelle versée en espèces. Elle est de 250 MAD par hectare et par an pour toutes les essences, sauf pour l´arganeraie pour laquelle elle atteint 350 MAD. L´espace minimal est de l´ordre de 300 ha pour l´ensemble des essences forestières et de 100 ha pour l´arganier. 5 millions de MAD pour presque 20 000 ha avaient été attribués rien qu'en 2007. Beaucoup plus aurait été financé depuis.
Ces nouveaux périmètres mis hors pâturage sont choisis parmi les habitats les plus fragilisés et abritant des espèces remarquables. Il reste à souhaiter la plus grande longévité à ces sites en repos, car trop souvent les programmes de régénération sont insuffisamment prolongés.
1 PAPILLON = 1 PLANTE, UN PROGRAMME PIONNIER DE PROTECTION RAPPROCHÉE
À mon initiative, un projet est bien avancé et a reçu le soutien de la Direction de la Conservation et de la Lutte contre la Désertification du Haut Commissariat aux Eaux et Forêts. Il s´agit de mettre sous cloche des biotopes modestes en superficie mais riches en contenu, choisis parce qu´ils abritent au moins une espèce de papillon endémique ou remarquable, associé à sa plante-hôte, elle-même de grande valeur patrimoniale. Ce réseau de petites réserves biologiques clôturées devrait regrouper en final une cinquantaine de pôles de forte biodiversité et couvrir notamment le Rif, le Moyen Atlas, le Haut Atlas et l´Anti-Atlas. Les premiers maillons recensés ont été exécutés dès 2008 dans le cadre du Parc national d´Ifrane, ainsi qu´entre Marrakech et Taroudannt, aux alentours du Tizi-n-Test. Tous les détails sur les espèces concernées peuvent être fournis aux personnes intéressées.
Même si cela ressemble à de la muséologie du Vivant, il n´y avait pas d´autre manière pour mettre hors de portée destructive le peu qui reste d´une biodiversité de papillons qui était absolument flamboyante jusqu´il y a une trentaine d´années, et dont bien des composantes sont déjà irrémédiablement perdues.
Un beau livre d´approche naturaliste et militante sur le thème couronne mes années de prospections éco-entomologiques au Maroc et leur million de kilomètres :Les Papillons de jour du Maroc. Guide d´identification et de bio-indication
Par Michel Tarrier et Jean Delacre
Préfaces de Serge Orru (WWF-France), d´Abdeladim Lhafi (Haut Commissaire aux Eaux et Forêts et à la lutte contre la désertification du Maroc) et de Thierry Deuve (Muséum national d´Histoire naturelle de Paris), 480 pages, 700 photos, aux éditions Biotope.
http://www.biotope.fr/editiondiffusion/fichelivre/papillons-maroc/index.php
http://www.amazon.fr/Papillons-jour-Maroc-didentification-bio-indication/dp/2914817169
Michel Tarrier
Écologue, écosophe
lundi 20 juin 2011
Il faut protéger les Baobabs malgaches
Les baobabs de Morondova à Madagascar forment l'allée végétale la plus célèbre au monde. Madagascar compte sept espèces de baobabs, alors qu'il n'en existe qu'une seule en Afrique.
Tous les voyageurs passent par ici et les Japonais ayant lu aussi “Le Petit Prince” de Monsieur Antoine de Saint Exupéry, font le déplacement rien que pour eux.
Habituellement, les Baobabs aiment les biotopes secs ou rocailleux comme sur le continent africain, mais à Madagascar, ils sont entourés de rizières et marécages, sans oublier les moustiques, spécialement aux couchers et levers de soleil.
Comparé à l’Adansonia digitata d’Afrique et à l’Adansonia gregorii d’Australie, l’Adansonia grandidieri a un port très élancé et un tronc bien droit sans branches. Il possède de massives et courtes branches à son sommet.
C'est une des six espèces de baobabs endémiques de Madagascar, certainement le plus connu des baobabs malgaches et, pour beaucoup de gens, le plus beau des baobabs. C'est une pure merveille. Souvent représenté sur les couvertures des livres traitant de Madagascar.
Ce sont de grands arbres de plus de 25m de haut et 3m de diamètre, au tronc à la forme caractéristique de cylindre. La courone est au sommet de l'arbre et applatie , les branches reparties de manière irrégulière et la plupart horizontales.
L'écorce est rouge grisatre, lisse. Les fleurs sont blanches, jaunissant avec l'age. Les fruits sont presque ronds à ovoides, avec un indumentum rougeatre. Le pericarpe est peu épais et fragile.
Il est très difficile de voir de jeunes Baobabs. En effet, les jeunes pousses sont bien souvent le repas des zébus, autres herbivores et peuples locaux. Sans oublier les feux de brousses. Le paysage du Ménabé ne possède que de vieux spécimens de Baobabs d’un minimum d’une centaine d’années voir des milliers d’années. Alors quel est l’avenir de ces mastodontes si on ne préserve pas leurs progénitures ? Si aucun projet de plantations n’est entrepris à grande échelle, ce symbole malgache du Ménabé disparaîtra car rien n’est éternel.
Le symbole malgache est donc en danger !
Il arrive même que de gros Baobabs soient déracinés pour faire pousser les fameux champignons de Baobab. Les locaux racontent que l’on ne voit jamais grandir les Baobabs.
Par ailleurs un spécialiste allemand viendrait chaque année à la même date pour mesurer ces fameux arbres. Les Adansonia grandidieri pousseraient de un à trois millimètres/an.
La légende raconte que certains de ces gigantesques arbres auraient été plantés à l’envers par la Hyène ou par le diable en colère, mais cela ne les empêchent pas de déployer une aura formidable.
Ce sont les piliers du Ménabé, de Madagascar. Il faut les sauver.
Comme en Afrique, les Baobabs sont sacrés. Celui de Tsarafotra (Adansonia grandidieri) qui mesure treize mètres soixante de diamètre, en est un bon exemple.
Comme l’écorce est utilisée à des fins médicinales ou pour fabriquer les cordes et flotteurs de pirogues, une plaie béante y a été incisée, mais cas très particulier au Baobab, l’écorce se régénère au bout de plusieurs années.
L’Allée des Baobabs est constituée d’une concentration de baobabs sur une partie de la route nationale n°38, Morondava- Belo/Tsiribihina. Elle forme un paysage spectaculaire formé par les ports majestueux du Reniala, caractéristique du Menabe et reconnu mondialement. Actuellement les baobabs de cette allée sont menacés de disparition, suite à une inondation prolongée de l’ensemble du site.
Cette inondation est due au déversement des eaux usées de l’usine sucrière SUCOMA et des excès d’eau en saison de pluie. Les eaux usées par leur récupération par les paysans pour la riziculture sont ramenées aux abords immédiats de l’allée. Une mauvaise réhabilitation de la piste, d’autre part, augmente la stagnation des excès d’eau en saison de pluie. Les pieds de baobab sont fragilisés par cette immersion prolongée de leur base. On observe ces derniers 5 ans des chutes d’arbres, des pieds inclinés due aux vents et des pertes de cimes.
La Commune de Rurale de Bemanonga où se trouve l’allée des Baobabs, a pris les initiatives pour la sauvegarde du site. Une délibération du Conseil Communal pour la restauration de l’allée des Baobab a été prise. Les éléments du plan de sauvegarde sont identifiés et discutés avec les populations riveraines :cas des futurs travaux de drainage, de mise en réserve d’une partie des terrains aux environs immédiats, de déplacement des habitations temporaires, de création de nouvelles zones d’implantation d’habitation et de rizière,….
Cette initiative a reçu l’appui de la Région du Menabe par la mise en place d’une « Cellule Technique Baobab ». Le 28 juin 2005, une équipe pluridisciplinaire est mise en place à Morondava, pour l’établissement d’un plan d’ensemble de la sauvegarde de cette fameuse « Allée des baobabs » et pour l’encadrement technique des actions urgentes.
Au mois de juillet 2005, le comité technique a accompagné les visites du Ministres de la Fonction Publique et du Ministre de l’Environnement, en présence des Sénateurs et Député du Menabe et des représentants de la Cellule Baobab. La cellule technique, avec des missionnaires du Ministère de l’Environnement et des Eaux et Forêts et du Ministère de l’Industrie, ont effectué une autre visite de l’usine sucrière SUCOMA, pour voir les mesures déjà prises et encore à prendre par cette Industrie.
La Région par ces initiatives, priorise les actions pour la sauvegarde de cet emblème de la Région et entend mobiliser tous les acteurs régionaux autour des mesures urgentes à prendre.
02022006_Il_faut_protéger_les_baobabs_malgaches.pdf
Avec les sincères remerciements de Jérôme Hutin, photographe explorateur et profondément amoureux des arbres...
http://arbresvenerables.fr/
http://arbresvenerables.arborethic.com
http://arborethic.com/
Source :
http://arbresvenerables.free.fr/
http://www.baobabs.com/
Crédit photos :
http://www.overnoise.noosblog.fr
http://www.adventureassociates.com
dimanche 4 janvier 2009
Les forêts brumeuses et le Costa-Rica
Les forêts brumeuses du monde, habitats rares et uniques qui abritent des milliers d’espèces rares menacées d’extinction et qui assurent l’approvisionnement régulier en eau de fermes, de communautés rurales et de nombreuses villes en expansion, sont sous la menace de facteurs aussi variés que l’agriculture, la construction routière et les changements climatiques.
De nouvelles données, tirées de la première étude exhaustive de ces mondes rares, romantiques et fragiles indiquent que les forêts brumeuses s’étendent sur une superficie d’un peu moins de 400.000 kilomètres carrés, l’équivalent de 2,5 % de l’aire des forêts tropicales humides.
L’étude révèle un fait particulièrement surprenant : contrairement aux estimations précédentes, la concentration la plus importante de ces forêts humides est en Asie et non en Amérique latine.
En effet, le rapport intitulé Cloud Forest Agenda qui sera lancé lors d’une réunion de la Convention sur la diversité biologique à Kuala Lumpur (Malaisie), affirme que 60 % des forêts brumeuses sont situés en Asie, 25 % en Amérique latine et 15 % en Afrique.
Ces conclusions soulignent le besoin pressant de mesures renforcées en matière de surveillance et de protection en Asie, afin que ces précieux habitats puissent exister au-delà du XXIe siècle. La remise en état de forêts endommagées ou dégradées est un exemple de mesures à adopter. L’Indonésie et la Papouasie Nouvelle Guinée qui abritent de vastes étendues de forêts brumeuses, sont parmi les pays visés en priorité.
Le rapport est catégorique : protéger et restaurer les forêts brumeuses n’est pas une question d’esthétique ou de sensibilités écologiques, mais plutôt une question d’une importance économique majeure pour des millions de personnes dans le monde en développement.
Les Forêts en tant que réserves d’eau
La capacité qu’ont les forêts brumeuses à capter et à emmagasiner l’humidité des nuages et de la brume est essentielle pour assurer l’alimentation régulière et abondante en eau salubre de plusieurs régions, surtout durant les saisons sèches. Les forêts brumeuses du Parc National de La Tigra en Honduras contribuent près de 40 % des besoins en eau des 850.000 habitants de la capitale, Tegucigalpa.
Les villes de Quito (Ecuador), de Mexico City et de Dar Es Salam sont également très tributaires des forêts brumeuses pour leur alimentation en eau. Pendant la saison sèche, la capitale tanzanienne dépend entièrement des forêts brumeuses des Montagnes Uluguru pour répondre à ses besoins aussi bien domestiques que hydroélectriques en eau.
Les forêts du Mont Kenya assurent le ruissellement des rivières vers les plaines semi-arides tout le long de la saison sèche. Les sources de la Rivière Tana approvisionnent plus de 5 millions de personnes en eau pendant cette saison. De plus, d’autres centres urbains, l’importante industrie d’exportation de fleur ainsi que les centres touristiques et les réserves naturelles au Kenya, sont tous tributaires du réseau de rivières dans la région du Mont Kenya.
Forêt de Kakamega au Kenya Uluguru Mountains
L’étude, résultat de la collaboration entre le Centre mondial de surveillance continue de la conservation de la nature du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE-WCMC), l’Union pour la nature (IUCN) et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation la science et la culture (UNESCO), est le premier grand rapport de l’Initiative en faveur des forêts brumeuses des montagnes.
Klaus Toepfer, le Directeur exécutif du PNUE, a déclaré : « Si nous tenons à atteindre les objectifs de développement pour le millénaire des Nations Unies et à respecter le Plan de mise en œuvre du Sommet mondial pour le développement durable dans le but d’assurer un meilleur approvisionnement en eau potable et d’inverser la tendance actuelle à la déperdition des ressources environnementales, il nous faut baser nos décisions sur des données scientifiques exactes. »
« Ce nouveau rapport, ajoute-t-il, souligne à quel point certaines régions relativement petites mais spéciales sont d’une importance disproportionnée alors que nous nous engageons à atteindre ces objectifs et à respecter ces calendriers. Leur perte progressive ne rendra la tâche qu’encore plus difficile. J’espère que ce rapport mènera non seulement à une prise de conscience mondiale, mais aussi à forger de nouveaux partenariats et à créer de nouvelles initiatives visant à les protéger et à les restaurer. Il existe déjà de bonnes initiatives dans certains pays. Ce rapport précise la nécessité d’encore plus d’efforts dans ce domaine, particulièrement en Afrique et dans certaines régions de l’Asie, qui, comme nous le savons maintenant, abritent des réserves importantes de ces habitats fragiles de montagnes. »
Les conclusions du rapport seront également présenté aux ministres et experts de l’environnement qui se réuniront en fin mars à Jeju (Corée du Sud) à l’occasion de la Huitième Session extraordinaire du Conseil d’administration du PNUE et Cinquième Forum ministériel mondial sur l’environnement, où programme duquel l’eau figurera de manière importante.
Selon Achim Steiner, Directeur général de l’Union pour la nature (IUCN) : « Nous agissons comme si nous conduisions une voiture dans le brouillard. Nous avons l’impression que ces forêts sont des contrées lointaines (la grande majorité de la population n’en a jamais visitées) et donc sans importance et sous aucune menace. Mais en réalité, leur impact sur nos vies est plus grand que nous le réalisons. Nous devons nous mettre à l’action maintenant pour préserver ce qui reste de ces forêts, avant qu’elles ne disparaissent et qu’il ne soit trop tard. Bien que la majorité de la population n’accède pas directement à ses forêts, elles occupent une position essentielle dans le bon fonctionnement de nos économies et dans le maintien de nos écosystèmes. Souvent, ce sont les communautés les plus démunies, dont celles de peuples indigènes, qui dépendent des ressources de ces forêts. Les détruire revient à anéantir leur moyen de subsistance le plus fondamental. »

Varanus salvadorii ou crocodile des arbres
Mark Collins, le Directeur du PNUE-WCMC, précise : « Le rapport recueille, pour la première fois, des cartes de la répartition des forêts brumeuses et présente une vue d’ensemble des risques auxquelles elles sont confrontées ainsi qu’un programme d’actions prioritaires. Une des conclusions clé de l’étude est que les forêts brumeuses sont encore plus rares que nous le pensions, la superficie réelle étant de 20% inférieure aux prévisions précédentes de 500.000 km2. »
La menace la plus importante : les changements climatiques
Un des
auteurs du rapport, Philip Bubb du PNUE-WCMC, a passé de nombreuses
années au Mexique. Il décrit les forêts brumeuses en ces termes : «Les
forêts brumeuses sont d’une beauté et d’une luxuriance époustouflantes.
Des orchidées, des fougères et des mousses couvrent toutes les
surfaces. Chaque branche d’arbre est un jardin en elle-même.
L’atmosphère y est humide et fraîche, une étrange brume flottant au
dessus de la forêt tout le long de la journée et le chant des oiseaux
portant très loin. Quand le soleil perce à travers la voûte de
feuillage, la lumière fait ressortir les couleurs vives du feuillage et
des fleurs.»
« Une des caractéristiques de ces forêts est qu’elles sont capables de récolter l’humidité de l’air en servant de la condensation des nuages, ce qui les rend particulièrement sensibles aux changements climatiques. Si les températures augmentent d’un degré dans les plaines, cela revient à une augmentation de deux degrés dans les montagnes, ce qui pourrait entraîner la dissipation des nuages et donc à la disparition de la forêt. Le phénomène El Nino de 1987 qui, selon certains chercheurs, était plus intense à cause du réchauffement de la planète, a provoqué plusieurs semaines de climat sec dans la forêt brumeuse du Monteverde au Costa Rica. En conséquence, 25 des 50 espèces de grenouilles et de crapauds ont disparu et seulement 5 ont réapparu depuis, a-t-il ajouté. »

Grenouilles du Costa-Rica Gorilles des Montagnes
La diversité biologique
Les
conditions exceptionnelles dont bénéficient les forêts brumeuses en
font un terrain de reproduction propice pour de nombreuses espèces que
l’on ne trouve nul part ailleurs.
Parmi ces espèces figurent l’ours à lunette en voie de disparition, les gorilles de montagnes de l’Afrique et le quetzal resplendissant, l’oiseau qui est le symbole national du Guatemala.
La concentration très importante d’espèces uniques endémiques caractéristique des forêts brumeuses est mise en évidence dans celles des Andes. Au Pérou, plus de 30% des 272 espèces de mammifères, d’oiseaux et de grenouilles endémiques habitent les forêts brumeuses.
Même des forêts brumeuses à superficie limitée peuvent abriter une variété extraordinaire de formes de vie. Par exemple, la chaîne de montagnes de Centinella en Équateur occidental enferme environ 90 espèces de plantes endémiques sur une superficie de 20 kilomètres carrés seulement.

Des plantes rares de l'Equateur Jocotoco Antpitta
On découvre
souvent de nouvelles espèces dans les forêts brumeuses. En 1990, le
Jocotoco Antpitta, un oiseau, fut aperçu pour la première fois dans les
5.000 hectares de forêts brumeuses de l’Équateur.
Un autre oiseau, de la famille du barbu, fut repéré près des sources du Rio Cushabatay au Pérou.
En Asie, aussi récemment qu’en 1996, un nouveau genre de vache et deux nouvelles espèces de cerf furent découverts dans les forêts brumeuses de l’Annamite du Vietnam et de Laos.
Améliorer les rendements agricoles
Les forêts brumeuses sont les habitats naturels de variétés sauvages de cultures importantes. Leur patrimoine héréditaire pourrait être utiliser pour perfectionner les cultures et donc augmenter les récoltes.
Des études récentes ont signalé l’existence dans les forêts brumeuses de variétés sauvages de papayes, de tomates, de fruits de la passion, d’avocats, de haricots, de mûres, de concombres, de pommes de terre et de poivrons.
Menaces supplémentaires
Le rapport identifie près de douze menaces principales aux forêts brumeuses. Parmi elles : le défrichement de la forêt pour exploitation agricole et la fragmentation des habitats. En effet la destruction de son habitat est le problème majeur qui affecte l’ours à lunette des Andes. La déforestation a eu un impact sur ses voies de migration et a créé des conflits entre les fermiers et les ours qui se nourrissent de leurs récoltes. Il nous faut créer des corridors de migration à l’intention des espèces sauvages afin que l’homme et l’ours puissent co-exister.
En Afrique, 10 des 15 pays interrogés ont déclaré que le braconnage et la chasse d’animaux tels que les grands singes sont des menaces importantes. Les incendies ont également été cités comme problème majeur pour les pays d’Afrique.
Sept des dix pays asiatiques interrogés, dont l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines, ont soulevé la question de l’exploitation forestière. Sept pays africains et quatre du continent asiatique ont par ailleurs signalé la collecte de bois de feu et la production de charbon comme menaces potentielles.
La construction routière en tant que menace a été notée dans six pays d’Amérique latine. Des études entreprises à Puerto Rico indiquent que les sols des forêts brumeuses pourraient exiger jusqu’à 300 ans pour se rétablir des effets de cette activité. Le développement de route et de complexes touristiques, terrains de golfes compris, menace les forêts de l’Asie du sud-est, des régions montagneuses de Genting et Cameron en Malaisie et du Mont Kinabalu à Sabah.
La destruction des forêts brumeuses pour la culture illégale soit de l’opium ou de feuilles de coca est un problème qui touche la Colombie, la Bolivie, le Pérou et le Venezuela. L’introduction d’espèces étrangères peut également constituer une menace. Les forêts brumeuses de la Jamaïque sont sous la menace d’un arbre d’origine australienne. A Hawaii, des plantes et des oiseaux ont disparu suite à l’introduction de cochons sauvages.
Les Opportunités
Certains pays mettent en œuvre des projets innovateurs pour sauvegarder les forêts brumeuses.
Au Costa Rica par exemple, la loi forestière de 1996 prévoit de rémunérer les propriétaires de foncier boisé qui protègent ou restaurent les forêts. Les compagnies hydroélectriques avancent annuellement aux propriétaires fonciers 40 dollars US par hectare de forêts préservés en reconnaissance du rôle qu’ils jouent pour maintenir l’approvisionnement en eau.
Le tourisme des forêts brumeuses peut également être une source importante de revenus pour les communautés locales, qui les encourageraient à sauvegarder ces habitats. Le rapport cite à titre d’exemple des projets en Afrique, tels que les excursions organisées dans les forêts brumeuses de la République démocratique du Congo pour découvrir les gorilles de montagnes, et d’autres initiatives en Asie et Amérique latine.
Sur le programme d’action de l’Initiative :
• La promotion de programmes prioritaires pour la sauvegarde et la gestion des forêts brumeuses aux niveaux local et régional
• La promotion d’approches en matière d’écosystèmes pour la gestion et la restauration de forêts brumeuses
• Le soutien de champions des forêts brumeuses au niveau local
• La production et la dissémination de matériel d’information à l’intention des preneurs de décisions et de ceux travaillant sur le terrain
• L’élaboration d’outils et de modèles pratiques pour la sauvegarde des forêts brumeuses
Le site de l’Initiative en faveur des forêts brumeuses des montagnes : http://www.unep-wcmc.org/forest/cloudforest
04012009_Les_forêts_brumeuses et le Costa-Rica. PDF
Source :
http://www.unep.org/
Crédit photos :
http://www.rayhome.net/
http://www.planete-madagascar.com/
http://www.mpl.ird.fr/
http://mireca.iquebec.com/
http://www.hcutten.com/
http://web.ujf-grenoble.fr/
http://terresacree.org/
http://amap.cirad.fr/
http://www.photos-voyages.com/
http://www.equateur-flowers.com/
Crédit Graphiques :
http://www.populationdata.net/
lundi 17 décembre 2007
Niger : la ruée sur les dernières forêts accélère la désertification
Niamey
Le jour n'est pas encore levé que des camions, des ânes et des caravanes de chameaux quittent Niamey en traversant le pont Kennedy. A la nuit tombée, ils reviennent chargés d'énormes cargaisons de bois arrachées aux dernières forêts du sud-ouest du Niger.
Dans cet immense pays essentiellement désertique, les populations continuent de décimer les forêts pour se fournir en bois de chauffe, sans se soucier qu'ils donnent un grand coup d'accélérateur au réchauffement climatique et au désert.
Le Sahara a déjà englouti les deux-tiers du territoire (1,2 million de km2) et avance inexorablement à raison de 200 000 ha par an selon le site écologiste Mongabay.com, malgré la plantation de plus de 60 millions d'arbres entre 1985 et 1997.
D'après des spécialistes, le désert avance en moyenne de 6 km par an vers l'ouest et le sud où se trouvent les dernières zones boisées du pays.
Le Niger a perdu 679.000 hectares de forêts tropicales entre 1990 et 2005, plus du tiers, à raison d'un taux annuel de déforestation de 1%, selon Mongabay.com.
Le ministère de l'environnement reconnait la perte annuelle de 120 000 ha de forêts tropicales, sans compter quelque 340.000 ha détruits entre 200O et 2006 par des feux de brousse, souvent allumés volontairement par des paysans.
«Le bois se fait rare, on part le chercher à plus de 150 km près du Burkina Faso», affirme à l'AFP Ali Amadou, un bûcheron de «Dar-el-Salam», un des marchés de bois de Niamey.
En 2006, le pays a consommé plus de 3,4 millions de tonnes de bois et il en faudra 4,2 millions en 2010, d'après des prévisions officielles.
«Le bois représente plus de 90% de l'énergie domestique des ménages», assure Moustapha Kadi, de l'Ong SOS-Kandaji.
«C'est un paradoxe dans un pays riche en gisements de charbon et voisin de grands producteurs de gaz et de pétrole (Algérie et Nigeria)», commente un expert.
Face à la flambée de l'or noir et du gaz, le bois est la seule d'énergie abordable pour la majorité de la population rurale qui vit avec moins d'un dollar par jour, reconnaît ce même expert.
«Ignorance et pauvreté ne sauraient excuser ce +crime+ écologique», s'indigne Mamane Lamine, un agent des Eaux et Forêts.
«Partout où il y a des forêts classées, les riverains créent des coopératives, coupent le bois, le vendent, et ils n'épargnent même plus les espèces protégées», renchérit Moustapha Kadi.
A Niamey, le bois se négocie à prix d'or: entre 200.000 à 300.000 CFA (de 303 à 455 euros) la cargaison de camion, 2.000 à 2.500 CFA (plus de 3 à 3,79 euros) le chargement d'âne ou de chameau.
Faute de statistiques précises, on estime qu'il y a entre dix et trente fois moins de grands arbres au Niger aujourd'hui qu'en 1975.
Pour l'essentiel, ce bois finit sous les marmites de cuisine à Niamey, d'après l'Institut de recherche pour le développement (IRD).
Pour les climatologues, cette déforestation a trois conséquences directes et inquiétantes: le sol nu réfléchit davantage le soleil, rien n'arrête plus le vent et l'air est de moins en moins humide.
Qui plus est la désertification, aggravée par la rareté des pluies, est une des causes directes des crises alimentaires cycliques qui frappent le Niger, dont la population croît de plus de 3% par an.
Les municipalités de Niamey, qui perçoivent des taxes sur les ventes du bois, avouent leur impuissance à contenir les abus d'une filière contrôlée par d'influents commerçants.
Dans ces conditions, le Niger risque à à terme d'être pris dans un infernal cercle vicieux: pour échapper à la misère, de nombreux paysans ont le choix entre émigrer ou... devenir bûcherons, sans savoir qu'ils scient eux-mêmes les dernières branches du déjà fragile équilibre écologique du pays.
Source :
http://www.cyberpresse.ca:80/article/20071120/CPENVIRONNEMENT/71120061/6108/CPENVIRONNEMENT
LA FORET SE MEURE ET SEULES QUELQUES TACHES EPARSES COULEUR SANG ATTESTENT SUR LES SOUCHES RESTANTES QUE CETTE GRANDE DAME, NOTRE MERE A TOUS, A EXISTE.
QUE RESTERA-T-IL DANS LES PROCHAINES ANNEES DU FORMIDABLE TRESOR QU'EST LA BIODIVERSITE DANS LE MONDE ?
RIEN, CAR NOUS PILLONS NOS PROPRES RESERVES DE SURVIE...

Crédit photographique : Myriam Kieffer - NaturenDanger®
mercredi 29 mars 2006
Les causes et solutions au déboisement
Chaque année, ce sont plus de 10 millions d’hectares qui disparaissent. Une catastrophe pour la planète.
La déforestation est un phénomène puissant, qui touche toutes les forêts tropicales, en particulier en Amazonie, en Afrique équatoriale et en Asie du Sud-Est.
L’exploitation forestière est la principale cause de déboisement dans
le monde. Et les ravages qu’elle produit sont énormes. Les arbres sont
coupés ou brûlés infiniment plus vite que le rythme de régénération ou
de replantation. Une gestion non durable et donc absurde de la
ressource. Chaque année, de nombreuses forêts sont donc entièrement
rasées, avec des outils et des méthodes d’une incroyable efficacité.
Beaucoup d’arbres sont coupés alors qu’ils n’intéressent même pas les
compagnies forestières, victimes collatérales de la ''coupe à blanc''
(on coupe tout et on ne récupère que ce qui est vendable).
Selon le World Resources Institute, 80% de la couverture forestière
mondiale originelle à été abattue ou dégradée, essentiellement au cours
des 30 dernières années.
Les plantations de palmiers à huile ou le développement des cultures
pour l’élevage industriel sont également responsables d’une bonne part
de la déforestation. De ce point de vue, les forêts d’Amérique du Sud
sont les plus touchées. De vastes zones de forêt tropicale ont été et
sont régulièrement défrichées au Brésil, en Bolivie, et au Paraguay
pour faire place à la production de soja d’exportation, destinée à
l’alimentation du bétail (du bœuf en particulier, utilisés par les
géants de l’agroalimentaire et du hamburger) ou à la canne à sucre,
utilisée pour produire de l’éthanol pour les voitures. Ailleurs, ce
sont les productions de sucre, de poivre, de caoutchouc, de café, de
cacao, de banane, de tabac ou même de coca, qui déciment les forêts
tropicales.
Beaucoup de petits agriculteurs pauvres et itinérants, comme à
Madagascar, participent aussi à la déforestation : ils défrichent et
brûlent la forêt pour ensemencer de petites parcelles de terres. Avec
le lessivage des sols mis à nus, les récoltes ne durent que 2 ou 3 ans.
Il faut alors défricher ailleurs.
L’exploitation minière de métaux et de minéraux précieux comme l’or,
les diamants, le minerai de fer, l’étain, la bauxite et l’uranium,
constitue aussi une cause majeure de déboisement. L’extraction du
pétrole et du gaz y joue aussi un rôle puisque de vastes étendues de
forêt sont régulièrement endommagées par les forages et la pose de
pipelines, sans parler des fuites régulières de pétrole.
Les forêts sont sources de nourriture, de refuge, de combustibles, de
vêtements et médicaments pour de nombreuses ethnies. Sans elles, ces
populations perdent tout repère. La déforestation met donc en péril de
nombreuses populations autochtones. Mais l’Homme n’est pas seul
concerné car l’on estime à 27.000 espèces animales et végétales perdues
chaque année à cause d’elle.
Et ce n’est pas tout : le climat mondial est aussi affecté par la
déforestation. 40% du carbone terrestre est stocké dans la végétation
et les sols des forêts. Lorsqu’ une forêt disparaît, le carbone qu’elle
emmagasinait est en grande partie libéré dans l’atmosphère, augmentant
l’effet de serre et le réchauffement de notre planète.
Le déboisement détruit également les sols, rendant les terres
improductives, particulièrement en zones tropicales : sans couverture
arborée, les sols naturellement pauvres, sont exposés au vent, au
soleil, et à la pluie. Rapidement la couche arable est remplacée par
une croûte dure et improductive.
En plus de protéger les sols, les forêts jouent un rôle essentiel dans
le cycle de l’eau, qu’elles stockent et régulent. Sans forêts, il n’y
aurait bientôt plus d’eau dans les rivières. Un phénomène déjà très
perceptible dans beaucoup de pays, particulièrement en Afrique.
Des solutions pour sauver la Planète : Stopper la déforestation
Stopper la déforestation à l’échelle mondiale est un objectif
parfaitement réalisable, au coût économique réduit, avec un retour sur
investissement considérable à court et long terme.
De quoi, normalement, emporter la décision même d’un gestionnaire débutant...
Au Nord, au Sud
Protéger les forêts du nord suppose de réduire notre fabrication de
pâte à papier à partir des arbres, en développant fortement la filière
de récupération et de réutilisation des vieux papiers. Au sud, il faut
améliorer les foyers utilisés par la majorité des populations, qui
cuisinent au feu de bois, et utiliser des techniques rationnelles et
durable pour l’exploitation des forêts.
Recyclage
Les efforts produits dans le monde dans le domaine du recyclage sont
très variables : de 72% au mieux en Allemagne à moins de 30% en Chine
par exemple. Les USA, plus gros utilisateur de papier dans le monde en
recyclent 48%. On le voit, le potentiel d’amélioration est
considérable. Surtout si chacun de nous renonce à tout ce qui est
jetable : mouchoirs, serviettes en papier, etc..
Les fabricants de papier toilette sont aussi sur la sellette, en
particulier le premier d’entre eux, Kimberley Clark, qui refuse
d’utiliser du papier recyclé, préférant raser, année après année, des
surfaces immenses de forêts boréales.
Foyers améliorés
Dans les pays pauvres et émergeants, la cuisine se fait essentiellement
au feu de bois. C’est une des causes principales de destruction du
couvert forestier. Dans les pays sahéliens, la recherche de bois, avec
la disparition progressive des forêts devient souvent une activité
épuisante pour les femmes.
La solution consiste à recourir à des foyers améliorés, qui consomment
beaucoup moins de bois ou mieux, à des foyers solaires. Ces derniers,
très peu chers, concentrent avec 3 feuilles d’aluminium, les rayons du
soleil sur la casserole : en 3 heures maximum, tout est cuit ! Ces
systèmes apportent un dividende supplémentaire : ils diminuent la
dépendance énergétique des plus pauvres et réduisent leurs dépenses
mensuelles pour se nourrir !
Exploitation durable
Reste la question des compagnies forestières et de leurs modes d’exploitation des ressources forestières. Ces compagnies sont, pour la plupart, issues du Nord. Elles connaissent parfaitement les méthodes, largement utilisées dans certains pays (Suède, Norvège..) et qui permettent une coupe sélective, respectueuse de la forêt. Mais les états du Sud sont souvent incapables de faire respecter, sur le terrain, les contraintes qu’ils imposent à ces compagnies. Ces dernières, quant à elles, n’hésitent jamais à recourir à la corruption pour obtenir passe-droits et immunité. Elles continuent donc de pratiquer les coupes à blanc presque partout, permettant des profits maximum à court terme, mais gâchant des quantités considérables de bois, laissant les populations locales dans le plus strict dénuement et condamnant les sols, mis à vif.
La solution passe par une mobilisation de toutes les parties prenantes
de ces compagnies: législateur, actionnaires et clients. Tous ensemble,
nous devons leur imposer des codes de bonne conduite et le respect des
principes édictés par les labels de bonne gestion comme le Forest
Stewardship Council (FSC), mis au point par le WWF.
Une gestion durable des forêts consiste à interdire la coupe des forêts
anciennes, réservoir essentiel de la biodiversité, et de limiter la
coupe aux arbres issus de forêts gérées à cet effet. De nombreuses
études ont montré que la productivité des forêts ainsi gérées suffirait
largement à couvrir l’ensemble de nos besoins (cf. Lester B. Brown in
Plan B 2.0 - chap. ''Restoring the Earth'').
En savoir plus
Dossier sur les gestes éco-citoyens
La campagne du WWF : "Je dis NON au Bois Illégal"
Source :
Notre Planète Info
mercredi 15 mars 2006
Stopper le massacre
"Je suis contente que notre TPE et ses photos sur la déforestation de la forêt amazonienne soit publié sur votre site, et j'espère que cela pourra aider à quelque chose !! Et si cela peut montrer aux gens à quel point elle est touchée ou encore apprendre
ce qu'est le respect de la nature !!!
bonne continuation,
Amicalement
Anne-Sophie
TPE de Anne-sophie Malatesta
Suzon Tavernier
et Valène Tuilleras
Lycée Antoine de Saint Exupéry de Terrasson (Dordogne)
La déforestation de la forêt amazonienne

Photo : NaturenDanger
INTRODUCTION
Le mot forêt possède plusieurs sens. En effet, tous les
peuples l'utilisent mais chacun avec une image différente.
Notre terre
porte un grand nombre de forêts différentes. Chacune d'entre elle est une
communauté complexe d'espèces animales et végétales, dans laquelle se déroulera
toutes sortes de processus physico-chimiques et biologiques. Avant l'extension
de la race humaine, les forêts recouvraient presque la totalité des
continents.
Nous allons étudier la forêt Amazonienne, pour nous cette
forêt représente le poumon de la Terre, ce problème nous touche car cette forêt
est immense, elle recouvre 7 millions de Km² soit 13 fois la France, et c'est
une des plus grandes forêts mondiales de plus elle est très exploitée.
Cette
forêt disparaît chaque jour au profit des hommes. Elle est déboisée pour
différentes raisons.
D'une part les paysans pauvres défrichent les terres, car ils ont été expulsés de leurs terres par de gros propriétaires, la surpopulation ou l'expansion des villes. Ils sont obligés d'émigrer vers d'autres sols qui eux s'épuisent très vite. Ils doivent donc aller exploiter de nouveaux terrains pour gagner de la superficie, pour faire d'avantage d'élevage et de culture et donc gagner de l'argent pour survivre. Les firmes multinationales forestières des pays développés ou en voies de développement expulsent les petits agriculteurs de leurs terres pour utiliser leurs terrains, qui leurs serviront de pâturages pour les élevages industriels dont les produits seront destinés à l'exportation.
D'autre part les arbres sont coupés
pour une utilisation industrielle (meubles, bois de chauffage, matériaux comme
le contre-plaqués, .), et pour la fabrication de papier (glacé, photo,
.).
Puis pour accéder aux métaux qui sont dans le sol, les hommes coupent les
arbres pour installer des bâtiments, des mines qui permettront de favoriser
l'accès aux métaux. Mais pour arriver à extraire ou à transporter les métaux,
les hommes construisent en plus des voies de communications (routes, chemin de
fer, etc.).
De même pour le pétrole et les gaz, les industries défrichent
pour implanter les infrastructures nécessaires, les pipelines. En Amérique du
sud : l'Equateur, la Colombie et le Venezuela par exemple sont menacés par ces
extractions. De plus ces extractions empoissonnent la terre et l'eau à cause des
fuites qui provoquent des marées noires. Elles circulent lentement à l'aide de
l'eau dans toute la forêt, ce qui empoisonne la faune et la flore. Par exemple
l'entreprise Texaco a déboisé plus d'un million d'hectare rien qu'en Amazonie
équatorienne !
Enfin les hommes détruisent des hectares de forêts en
construisant des barrages hydroélectriques, car l'eau retenue par ces barrages
inonde la forêt qu'il y a à proximité, en sortant de son lit naturel. Ces
barrages inondent des milliers d'hectares de forêt surtout au
Brésil.
L'homme, par ses activités, blesse la forêt tropicale Amazonienne
d'une profonde cicatrice. Quels problèmes graves ou irréversibles entraînent ce
déboisement intensif ?
Les hommes ne se rendent pas compte de la gravité
de leurs actes, la déforestation entraîne des conséquences graves sur le climat,
la faune, la flore et la survie des ethnies locales.
LES
CONSEQUENCES
Tout d'abord, rappelons que la forêt nous rend d'importants
services :
elle empêche l'érosion causée par le vent et par l'eau
elle
régularise le débit des rivières et des ruisseaux
elle renouvelle l'air que
nous respirons
elle abrite la majeure partie des plantes et des animaux du
monde
elle a une influence sur le climat local aussi bien que
mondial
Mais malheureusement, l'homme ne prête pas attention aux
bienfaits de la forêt.
I. Construction de barrages, de mines et de
routes
La forêt Amazonienne joue un rôle vital en protégeant les sols,
elle régule leur alimentation en eau et empêche l'érosion.
Pourtant,
l'homme construit des barrages pour obtenir l'énergie nécessaire au
développement économique. Ces constructions entraînent l'engloutissement de Km²
de forêt sous les eaux. Elles entraînent également la construction de routes.
Ces routes et ces barrages exposent des zones forestières auparavant
inaccessibles à un nombre élevé de bûcherons, de mineurs, d'éleveurs et de
colons. Près des ¾ du déboisement de l'Amazonie se sont produits aux abords de
routes bitumées.
Par exemple : moins de 25 années après le bitumage, en 1965 d'une petite route reliant Belèm à Brasilia, 58% des forêts situées aux abords de cette route ont été détruite sur 100Km à la ronde. La construction de barrages, de routes et de mines provoque un déboisement important comme nous l'avons remarqué, mais cette déforestation présente un fort danger pour l'environnement.
En effet dépouillés de leur couverture forestière, les
sols sont rapidement lessivés par les pluies torrentielles fréquentes en régions
tropicales. Une étude a montré que les sols boisés absorbent 10 fois plus d'eau
que les pâturages. En plus de cela, on observe des inondations massives. Les
forêts retiennent et filtrent l'eau. Lorsqu'elles disparaissent, l'écoulement
est plus rapide, l'eau de ruissellement érode plus aisément la terre et n'a plus
le temps de s'infiltrer lentement vers les nappes phréatiques. Les flots
accélérés provoquent des glissements de terrain et le plus souvent, les sols
volés aux forêts primaires deviennent stériles.
Les mines appauvrissent
également le sol et menace les forêts car il y a une exploitation de métaux et
de minéraux précieux comme l'or, les diamants, le minerai de fer, l'étain,
l'uranium, etc. Au Brésil, au début des années 1980, la mine à ciel ouvert de
Serra dos Carajás, a causé la destruction de 150.000 Km² de forêt.
II.
Changements climatiques locaux et mondiaux
Les forêts ont un rôle
essentiel de fabrication d'oxygène par photosynthèse. Elles séquestrent tous les
ans environ 20% du CO2 produit par l'incinération de combustibles fossiles
(charbon, pétrole, gaz naturel).
Photosynthèse : la synthèse de la
nature organique réalisée par les plantes à partir de CO2 (dioxyde de carbone)
et de H2O (eau). Cette synthèse se fait en utilisant la lumière comme source
d'énergie. Une réaction se réalise ce qui produit un dégagement de O2
(dioxygène).
Mais également dans
le stockage de gaz carbonique CO2 contenu dans l'atmosphère. Les forêts ont un
rôle de régulation de l'atmosphère de notre terre.
a) Le climat propre à
la forêt amazonienne
La forêt tropicale humide régule en grande partie
son propre climat. Les innombrables arbres évaporent des quantités incroyables
d'eau, cette eau se condense en nuages et retombe à nouveau sous forme de
pluie.
Dans le bassin d'Amazonie, la moitié des précipitations sont issues de
cette manière. La végétation absorbe de grandes quantités de lumière solaire et
de chaleur. Lorsque la forêt disparaît, il n'y a plus d'énergie réfléchie vers
l'atmosphère ce qui peut entraîner localement de grandes variations de
températures : elle peut par exemple s'élever de 12°C par rapport à une forêt
humide normale, c'est-à-dire ce qu'elle est à l'origine.
La déforestation
entraîne la désertification
Dépourvu de couverture végétale, le sol est
soumis à de nombreuses dégradations tel les inondations et les expositions au
soleil tropical.
Beaucoup de plantes tropicales sont dites «ombrophiles».
Une fois que l'ombre protectrice des grands arbres a disparue après un
défrichement, les plantes soumises au soleil et aux pluies torrentielles ne
peuvent subsister : une régénération de la forêt est donc
impossible.
Rien ne repousse sur ce sol acide, pollué de métal lourd et
exposé au soleil brûlant des tropiques.
b) Le climat global
La
coupe des forêts exerce ainsi une influence sur le climat global. Raser, brûler
et dégrader les forêts libère des quantités phénoménales de CO2 soit 40% du
carbone terrestre. De plus c'est un des gaz qui jouent un rôle fondamental dans
l'effet de serre (avec le méthane et la vapeur d'eau).
L'effet de serre : La Terre absorbe des rayonnements solaires qu'elle transforme en chaleur. Cette chaleur est émise sous forme de rayonnements infrarouges. Mais l'atmosphère piège une partie des rayonnements ce qui participe a un échauffement de l'atmosphère. Les gaz à effet de serre augmentent ce piégeage. On peut donc dire qu'il s'agit d'un phénomène naturel amplifié par les activités humaines.
Nous savons que 880 milliards de tonnes sont stockés par la
végétation et les sols des forêts terrestres, donc le déboisement représente une
libération importante de carbone ; ce qui est assez pour multiplier par deux le
niveau de ce gaz. Cette libération provoque un apport de carbone pouvant
s'élever à 1,7 milliards de tonnes, elle constitue la deuxième source d'émission
de carbone issue des hommes sur Terre. De grandes superficies de terres arables
ne sont plus disponibles pour l'agriculture et la désertification
progresse.
Le réchauffement de la planète va provoquer la fonte des
calottes glacières, et la montée du niveau de la mer peut avoir des conséquences
catastrophiques pour les pays côtiers dont le relief est plat.
Pensons
par exemple aux pays situés le long de la mer du nord.
III Pertes
d'espèces animales et d'espèces de plantes
L'espace amazonien se fait
piller, brûler et grignoter avec une rapidité impitoyable, repoussant les
différentes ethnies. En occupant de plus en plus profondément la forêt les
hommes détruisent progressivement la biodiversité, rappelons que la biodiversité
est la multiplicité des espèces vivantes. Dans le cas de la forêt tropicale on
parle de biodiversité spécifique car la variété des espèces est maximale. Sa
destruction ravage également l'organisation de la biosphère. La biosphère est
l'ensemble des écosystèmes de la planète comprenant tous les êtres vivants et
leurs milieux. Et finalement, la destruction de la biodiversité déséquilibre la
biocénose, c'est-à-dire la totalité des êtres vivants qui peuplent cet
écosystème. La forêt tropicale humide est l'une des plus belles merveilles de la
nature. Elle abrite un écosystème unique au monde comme quelques-uns des animaux
les plus beaux qui soient jaguar, toucans, perroquets.
Tous ont fait de
cette forêt leur habitat.
Des millions d'autres espèces n'ont pas encore
été répertoriées, voire identifiées.
Par exemple, sur 8 Km² de forêt humide, on peut rencontrer 1.500 espèces de plantes à fleurs, 750 espèces d'arbres, 150 espèces de papillons, 125 espèces de mammifères, 400 espèces d'oiseaux, 100 espèces de reptiles et 60 espèces d'amphibiens. Concernant les insectes, on peut découvrir 50 espèces de fourmis différentes sur un seul mètre carré. On estime que le déboisement à lui seul est responsable de la perte de 3 espèces par heure, soit 72 par jour, soit 26.280 par an. De nombreuses espèces, comme l'orang-outang de Bornéo et de Sumatra, sont en voie de disparition, leurs espèces sont presque éteintes.

Photo : NaturenDanger
D'après la WCU (World Conversation Union)
si la déforestation continue au même rythme que pendant les années 90, ces
forêts auront perdu un grand nombre de leurs espèces encore existantes d'ici la
moitié du XXI ème siècle. Et le congrès de botanique lui estime que ces pertes
pourront toucher jusqu'au deux tiers de toutes les espèces végétales et animales
des tropiques.
Il est grand temps de réagir. Avec la perte des surfaces
boisées est lié un déclin effrayant d'espèces animales et végétales.
Un
exemple dramatique lié directement à la déforestation : la disparition de
quelques 300 espèces d'arbres par an. A la disparition de ces arbres se rajoute
la perte d'arthropodes, d'épiphytes (vit dans les arbres) et d'oiseaux, vu leurs
symbioses certaines avec ces végétaux.
On compte une perte approximative
de 180.000 espèces d'arthropodes par an.
Le « National Science Board » aux
U.S.A affirme que dans 20 ans, 25% de toutes les espèces auront cessé d'exister,
la déforestation étant une des causes majeures.
Le nombre d'espèces
disparues naturellement est insignifiant, sans l'intervention de l'homme, on
compte approximativement entre 3 et 25 espèces disparues par an. L'intervention
de l'homme accélère le processus du déclin des espèces d'un facteur 1.000 à 10.000.
Arthropode : animal invertébré, avec un squelette externe chitineux,
dont le corps est segmenté et dont les membres ou appendices sont composés
d'articles tel les insectes, les crustacés, les myriapodes, ou même les
arachnides. La totalité des arthropodes représente 80% de toutes les espèces
animales.
Mais la déforestation représente également la disparition de
nombreuses plantes et aliments essentiels. Depuis toujours les plantes
sylvicoles nous ont apporté nourriture et nous ont grandement aidé dans la
recherche médicale dont nous nous servons aujourd'hui. En plus 70% des plantes
qui sont utiles au traitement pour le cancer par le National Cancer Institute se
trouvent uniquement dans les forêts humides. On utilise aussi les plantes des
forêts humides pour soigner les maladies cardiaques, l'arthrite et la
contraception à l'aide de médicaments. Mais aussi certains aliments comme des
fruits (citron, banane), des légumes (haricots, okra), des noix (cajou,
cacahuète), des condiments (vanille, sucre), des boissons (café, thé), des
huiles (palme, noix de coco) et d'autres aliments comme les céréales sont
originaires des forêts tropicales. Pour finir sachant que nous connaissons moins
de 1% des espèces vivantes, leur perte est aussi la nôtre.
IV Les peuples
et les petits agriculteurs sont contraints de fuir
On abuse des droits
des ethnies et la survie de leur culture est gravement menacée.
Dans la
forêt tropicale, le déboisement menace la survie des milliers de population
autochtones habitant la forêt. Des siècles durant, la forêt a fournit à ces
peuples de la nourriture, des refuges, des combustibles, des vêtements et des
médicaments. Elle a été le cour de leurs cultures et de leurs religions. La
déforestation n'est pas seulement un désastre écologique, elle constitue aussi
une éradication pure et simple des fondements religieux et culturels de peuples
millénaires. La malnutrition et l'introduction de nouvelles maladies par
contacts plus fréquents avec des étrangers ont entraîné une forte croissance de
la mortalité. Sur 9 millions d'autochtones peuplant l'Amazonie brésilienne en
l'an 1500, il en reste aujourd'hui moins de 350.000. Au cours du vingtième siècle, 90
tribus ont été éliminés.

Photo : NaturenDanger
Le tissu social des groupes survivants
est lui aussi anéanti. De nombreux peuples indigènes font l'expérience du
déboisement comme un nettoyage ethnique. La condition des peuples au Brésil est
très parlante. Ils ont été dépossédés de la quasi-totalité de leur forêt, en
grande partie par des industriels tel des papeteries. Cette dépossession, pour
les peuples, est vécu non seulement comme une agression contre leurs modes de
vie, mais aussi comme une insulte à leurs religions selon lesquelles la terre
est à l'origine de la vie. Ces peuples survivent aujourd'hui sur des minuscules
parcelles de terre insuffisantes pour les faire vivre de leur chasse et de leur
pêche. Ils ont envahis les élevages et les plantations qui emploient un grand
nombre d'entre eux comme main-d'ouvre bon marché.

Photos : NaturenDanger
Beaucoup de ces gens
deviennent dépressifs, en 14 ans, 320 indiens se sont suicidés, les tribus
brésiliennes ont considérablement souffert de l'invasion de leur forêt par des
chercheurs d'or, qui ont dévasté leurs villages, les ont exposés à des maladies
immunitaires contres lesquelles ils n'étaient pas immunisés, ou ils en ont même
assassinés.
Les petits agriculteurs sont, eux aussi, responsables du déboisement pour leur survie, ils défrichent ou brûlent la forêt pour ensemencer de petites parcelles de terre agricoles ou ramasser du bois de chauffage. Les sols des régions tropicales, étant souvent pauvres, s'épuisent après deux ou trois années seulement d'exploitation. Les petits exploitants abandonnent alors ces terres pour reproduire la même chose un peu plus loin.
Aussi un grand
nombre de petits agriculteurs cultivant la terre pour leur propre subsistance
alimentaire sont expulsés pour pouvoir créer de vastes plantations mécanisées
nécessaires. Privées de leurs terres, ces populations migrent vers les endroits
de la forêt qui leur paraissent des zones ouvertes à tous, vierges, où ils
pourront reprendre leurs activités. Dans certains cas, ils y sont d'ailleurs
fortement invités par les différents gouvernements.
En principe le territoire est protégé par la loi, mais il est très difficile de contrôler les bûcherons, les chercheurs d'or et les fermiers blancs qui ne respectent pas la loi.
CONCLUSION
Comme nous l'avons vu l'exploitation forestière
excessive est dangereuse pour notre environnement, les arbres mettent du temps à
repousser. La déforestation a des effets néfastes sur les climats (locaux et
mondiaux), sur les peuples locaux, les espèces animales et
l'environnement.
Il existe certaines solutions mais les pays riches comme
les Etats-Unis et ceux de l'Europe ne se mobilisent pas assez.
Il existe
plusieurs solutions que les pays pourraient appliquer :
interdire les
importations de bois provenant des forêts primaires.
mettre en application
une réforme garantissant une redistribution équitable des terres cultivables
existantes.
réorienter les sans terres vers des zones déjà déboisées.
mettre en place un fond global destiné à subventionner les pays en développement
pour qu'ils protègent leurs forêts originelles.
Mais il n'y a pas que les
Etats qui doivent trouver des solutions, les entreprises le doivent aussi.
Chaque individu doit faire des actions individuelles comme :
réduire la
consommation de papier et de produits jetables comme les serviettes, les
gobelets, et les assiettes en papier.
réduire sa consommation de bois et de
produits à base de bouf.
encourager les associations.
acheter des
produits du commerce équitable comme le café ou les bananes.
Il n'est pas
trop tard pour sauver les dernières forêts primaires encore existantes. Elles
doivent être protégées comme des ressources vitales, offrant des services
écologiques inépuisables. Elles ne peuvent plus être sacrifiées pour alimenter
notre demande en papier toilette, en prospectus, en palettes de chargement ou
d'autres tables en aggloméré, qui n'ont pour nous aucune valeur et qui finiront
par nous coûter un prix écologique exorbitant.
La demande concernant tous
les produits en provenance des forêts primaires doit être
réduite.
L'énergie renouvelable peut remplacer le pétrole, le gaz et
l'hydroélectricité. Les cultures commerciales et les élevages de viande bovine
peuvent devenir une exploitation écologiquement responsable ne poussant pas à la
destruction des forêts. Une expansion de forêts secondaires plantés d'espèces
indigènes dans des zones socialement appropriées est également
possible.
Selon une étude publiée dans la revue Science, 42% de la forêt
Amazonienne pourrait avoir quasiment disparu d'ici 2020. Or, on estime qu'il est
vital qu'au moins 60% de l'Amazonie reste intacte si l'on veut espérer que son
propre système climatique et hydrologique perdure. Au dessous de ce seuil, ce
qu'il restera de la forêt se desséchera et mourra. En conséquence certains
chercheurs avertissent qu'en l'absence de mesures immédiates, en ce qui concerne
la survie de la forêt Amazonienne, le point non-retour pourrait être dépassé
dans 10 à 20 ans. Si la déforestation se poursuit et si nous continuons à faire
aussi peu pour empêcher le réchauffement de la planète, les effets combinés de
ces deux risques majeurs s'avèreront catastrophiques pour une grande partie des
forêts encore sur pied.
En effet, le réchauffement de la planète
augmente le nombre de sécheresses et donc la fréquence des incendies, le
changement climatique est également responsable d'une forte augmentation des
insectes ravageurs forestiers.
Selon une étude d'un centre de
scientifiques, d'ici 2050, les forêts tropicales vont commencer à dépérir,
particulièrement en Amazonie en raison d'une diminution des pluies et d'une
augmentation des températures de 7°C. Cette augmentation est la conséquence du
changement climatique provoqué par les Hommes.
J'adresse tous mes remerciements à Anne-Sophie Malatesta qui a eu la gentillesse d'accepter que son TPE soit publié sur NaturenDanger ainsi qu'à Suzon Tavernier et Valène Tuilleras qui ont contribué avec elle, à l'élaboration de ce superbe document. Bonne continuation à elles trois dans leurs études !!!!
dimanche 12 mars 2006
Des observations satellite au service de la surveillance des plantes invasives
La NASA et l'U.S. Geological Survey (USGS) ont mis au point
un nouvel outil de surveillance des espèces végétales susceptibles de porter
atteinte aux écosystèmes locaux et de menacer la biodiversité. Baptisé ISFS
(Invasive Species Forecasting System), cet outil utilise des données des
satellites Terra, Aqua et Earth-Observing 1 de la NASA et des satellites Landsat
5 et 7 de l'USGS.
Ces observations sont combinées à des données récoltées sur
le terrain par des agences gouvernementales ou privées. L'ISFS fournit ensuite
des cartes permettant de prévoir l'évolution des plantes à risques.
En été 2005, l'USGS a utilisé ce système afin de surveiller
la prolifération du tamaris dans l'ouest des Etats-Unis ; cette plante invasive épuise les ressources en eau, augmente le niveau de salinité des sols et pose un
risque de dégradation des écosystèmes ripariens.
Le tamaris
On le rencontre souvent près de la mer car il résiste bien aux terrains parfois très sec et aux endroits ventés. Ainsi, il peut être utilisé dans une haie brise vent.
Les tamaris sont de grands arbustes ou de petits arbres aux rameaux
fins. Leur pore très souple et arrondi en font des végétaux à la
silhouette très agréable. Les feuilles, très petites rappellent celle
des conifères. Les fleurs sont aussi minuscules, dans les tons rose,
mais elles sont toujours groupées en petites grappes tellement
nombreuses le long des branches que celles-ci s'inclinent sous leur
poids. L'arbre en fleurs prend alors un aspect vaporeux, irréel, d'une
grande beauté.
Le genre Tamarix compte 90 espèces différentes toutes originaires des régions steppiques ou sablonneuses de l'Ancien monde.
Les tamaris sont intéressants pour les sols pauvres, salés et arides
des bords de mer car ils résistent bien aux embruns. Si les tamaris
sont fréquents dans le Sud, on les rencontre moins souvent chez nous.
Cette essence, si elle ne peut pas vivre en altitude, s'acclimate très
bien dans les régions Lémaniques et dans toutes les zones abritées de
Suisse. Vous pourrez planter un ou plusieurs tamaris dans votre jardin,
vous ne vous en lasserez pas.
Trois espèces sont cultivées par les
pépiniéristes. Le Tamarix tetandra fleurit au printemps sur les bois de
l'année précédente; ses fleurs roses apparaissent en avril/mai juste
avant les feuilles. L'écorce du bois est noire. Le Tamarix parviflora
est une espèce très proche du tetandra mais son bois est lui, de
couleur brun pourpre.
Le Tamarix ramosissima ou pentandra fleurit
lui sur le bois de l'année en août/septembre. Les grappes de fleurs
sont groupées à l'extrémité des rameaux et ressortent bien sur le fond
du feuillage.
Source :
http://www.nasa.gov/
http://www.jardin.ch/
dimanche 29 janvier 2006
Les faux de Verzy, des" tortillards"
Les spectaculaires faux de Verzy, sont des hêtres aux formes torturées, à la croissance très lente. Ils forment l'une des plus étranges forêts de France, au-dessus du village de Verzy, en Champagne.
Le faux de Verzy - de l'ancien nom du hêtre "fau" - attise la curiosité des chercheurs. Dignes des contes d'Andersen, ces "tortillards" de l'espèce Fagus sylvatica, n'ont pas encore révélé le mystère de leur origine. Ils seraient issus d'une mutation génétique.
290106_Les_faux_de_Verzy_des_tortillards.pdf
Source : Forêts Magazine
dimanche 15 janvier 2006
La classification des forêts et leurs particularités
Il existe trois grands types de forêts
Sur près d'un tiers de leur surface, les terres émergées sont de quelque manière occupées par la forêt. On peut donc affirmer qu'elles représentent un des principaux modes d'utilisation des terres et noter qu'à ce titre elle ne se borne pas à fournir du bois, mais remplit aussi diverses fonctions extrêmement importantes, notamment en matière de protection.
Les forêts pluviales ou équatoriales
Elles forment une couverture végétale naturelle des régions les plus chaudes et les plus humides du globe et couvrent plus de 10 millions de kilomètres carrés. Elles se présentent comme une masse ininterrompue de très hauts arbres (au moins 40 m) et sont composées de plusieurs étages : la canopée en est la partie la plus haute, tandis que le sous-bois en est la partie la plus basse. La végétation y est d'autant plus dense que troncs et ramures sont réunis par un enchevêtrement de lianes, de plantes aériennes et de mousses. Toutes les forêts équatoriales, comme leur nom l'indique, se situent aux environs de l'Equateur. Les plus vastes sont celles d'Amazonie, d'Afrique centrale et occidentale, des régions indo-malaises, et de Madagascar.
Cette luxuriance végétale se traduit par la multiplicité des niches écologiques et une grande diversité de formes vivantes. Bien que les forêts équatoriales soient aujourd'hui en régression et ne couvrent que 7% de l'ensemble des terres émergées, on estime qu'elles abritent 90% des espèces animales de la planète. La forêt équatoriale d'Amérique du Sud abrite près de 1.500 espèces d'oiseaux, 500 espèces de mammifères et quelque 2.000 espèces de papillons, sans parler des poissons et autres animaux aquatiques du bassin amazonien.
Un constant renouvellement
On estime que la forêt équatoriale se renouvelle entièrement une fois par siècle. Les graines tombées au sol ne peuvent se développer, faute de lumière, et restent en état de dormance. Dès qu'un arbre disparaît, laissant une trouée dans la canopée, la germination donne naissance à de jeunes troncs qui s'élancent vers le ciel. Parfois, l'espace est d'abord occupé par une espèce dite pionnière, à croissance accélérée mais à la structure ligneuse peu solide (tronc creux) qui aura une existence éphémère (10 ans au plus). Pendant ce temps se développe à son ombre un arbre à croissance lente, qui vivra au moins 50 ans.
Des régulateurs thermiques
Le forêts équatoriales jouent un vrai rôle vital pour l'écologie de la planète. D'abord en produisant de l'oxygène et en recyclant le gaz carbonique. Ensuite en régulant l'équilibre des précipitations. La végétation agit comme une éponge géante, absorbant d'énormes quantités d'eau, dont une bonne proportion retourne dans l'atmosphère sous forme de vapeur. Cette vapeur se condense en nuages porteurs de pluies, dont une partie sera entraînée vers d'autres régions.
La disparition progressive de ces forêts
dérange l'effet de rayonnement à la surface de la Terre.
Or, cette perturbation a des incidences sur les mouvements de convection
et les conditions atmosphériques, ce qui bouleverse tout l'équilibre
climatique de notre planète.
En 1987, le Brésil a détruit par
le feu 200.000 km² de forêt amazonienne, libérant ainsi
dans l'atmosphère 500 millions de tonnes de gaz carbonique, le principal
responsable de "l'effet de serre".
En 1998, le feu a encore détruit une superficie
deux fois plus importante, malgré les alertes des scientifiques.
Des maladies transportées par des étrangers
à la région s'ajoutant aux effets de ces incendies catastrophiques
ont engendrés une baisse brutale de la population (de 2 millions,
le nombre d'habitants a chuté à moins de 500.000).
Le sous-bois
Dans le sous-bois, à des dizaines de mètres de la canopée, la forêt équatoriale n'est que pénombre et humidité. Il ne parvient ici que 2% des rayons solaires qui frappent les cimes, et rares sont les plantes capables de survivre dans l'enchevêtrement de racines, de champignons et d'organismes parasites. Pourtant, la vie abonde dans l'épaisse litière de matières en décomposition qui couvre le sol. Les insctes sont omniprésents, et les flaques d'eau abritent grenouilles, crabes - et même petits poissons!
Un recyclage permanent
Le sol de la forêt est pauvre, car les sels minéraux solubles sont rapidement élmiminés par le ruissellement dû aux pluies constantes. Les arbres trouvent leurs principales ressources énergétiques dans l'épaisse couche de débris végétaux et animaux qui recouvre le sol. Là, prolifèrent insectes, champignons et bactéries, qui décomposent à mesure ces déchets organiques pour les transformer en substances minérales. En échange, ils reçoivent des hydrates de carbone produits par la photosynthèse.
Une survie individuelle
Le sous-bois équatorial a une végétation trop pauvre pour nourrir des troupeaux et les herbivores y vivent en solitaires. Les céphalophes et les daguets (antilopes et cerfs nains) et les gros rongeurs comme l'athérure d'Afrique et le paca sud-américain, broutent les rares plantes herbacées. Les feuilles et les pousses plus élevées sont à la portée du tapir ou de l'okapi. Leurs prédateurs sont peu nombreux.
S'adapter au manque de lumière
Pour remédier au manque de lumière, les plantes ont recours à toutes sortes d'éadaptations. Les unes vivent en parasites, se fixant sur les troncs des arbres ou sur la partie inférieure des lianes qui grimpent jusqu'à la canopée. Les autres développent des feuilles géantes pour accroître les réserves de chlorophylle - et donc la photosynthèse.
La canopée
C'est dans la canopée - et dans l'étage supérieur des arbres émergents - que se réfugie l'essentiel de la vie d'une forêt équatoriale. Contrairement aux étages inférieurs, les rayons du soleil y pénètrent largement, favorisant la croissance rapide des plantes. Feuilles, fleurs, fruits et graines fournissent une nourriture abondante à de nombreux animaux : mouches, fourmis et autres insectes, oiseaux, lézards ou singes. Parfaitement adaptés à ce milieu aérien, toutes les espèces ont trouvé des solutions pour se déplacer, aménager des abris et se reproduire loin au-dessus du sol.
La chaîne alimentaire de la canopée est riche et complexe. La luxuriante vie végétale fournit de la nourriture aux insectes, à la plupart des oiseaux, aux singes et autres mammifères. Ceux-ci sont à leur tour mangés par des prédateurs tels que serpents et oiseaux de proie. La canopée abrite une multitude de micro-milieux aquatiques : des têtards vivent ainsi dans la minuscule flaque qui s'est formée au creux des feuilles d'une broméliacée.
Des liens d'interdépendance
Au cours de millions d'années, espèces animales et végétales ont évolué de manière à occuper toutes les niches écologiques de la forêt équatoriale. Mais l'équilibre de cet écosystème complexe et fragile, et la raréfaction ou la disparition d'une seule de ces innombrables espèces peut mettre en cause la survie des autres.
La pollinisation
Les branches de la canopée arrêtent le vent, et les plantes, pour se reproduire, doivent trouver d'autres moyens de disperser leur pollen. En butinant, insectes, petits oiseaux et chauves-souris transportent d'une fleur à l'autre le pollen qui est resté collé sur leur corps. Les fleurs de certains arbres poussent directement sur le tronc, hors de l'abri des feuilles, ce qui permet aux chauves-souris de les trouver aisément.
Les forêts tempérées
Elles sont composées d'arbres qui perdent leurs feuilles en hiver.
Les forêts tempérées sont celles qui
ont enregistré le plus fort recul, car elles couvraient les zones qui
ont été des foyers de peuplement. En Europe, les défrichements
agricoles et les aménagements urbains n'ont laissé subsister que des
fragments de cette grande forêt primitive. En plaine, les feuillus - en
majorité chênes et hêtres - prédominent. Ils laissent place sur les
versants montagneux à la forêt mixte de feuillus et de conifères, puis
aux seuls conifères en altitude, jusqu'à 2.400 m environ. La forêt
méditerranéenne, très dégradée, est une forêt tempérée sèche avec des
feuillus à feuillage persistant (chênes verts) et des pins.
Arbres à feuillage caduc
Sous les
climats tempérés, où les variations saisonnières sont accentués, la
végétation connait un repos hivernal. La chute des feuilles, qui limite
l'évaporation, permet alors aux arbres de mieux supporter le manque
d'eau et le froid. En automne, le canal qui conduit la sève à travers
le pétiole s'obture ; la feuille, ne recevant plus de sève ni
d'éléments nutritifs, jaunit, se déssèche et finit par tomber. En
pourrissant, le tapis de feuilles mortes se transforme en humus, qui
s'intègre au sol et le fertilise.
La résistance des conifères
Plus étroites et plus compactes que
les feuilles, recouvertes d'un enduit vernissé qui limite
l'évaporation, les aiguilles des conifères supportent mieux le froid et
la sécheresse. De plus, la résine (sorte de gomme) qui imprègne écorce
etr bnois fournit une isolation supplémentaire. En montagne, ce sont
donc les conifères - sapins, mélèzes ou pins à crochets - qui marquent
la limite de la forêt alpine. Le pin, capable de s'accrocher dans les
sols les plus ingrats, domine également dans la forêt méditerranéenne.
La végétation du sous-bois
Les arbres adultes dont le tronc
atteint une certaine hauteur - chênes, hêtres, chataigniers, ormes et
conifères - constituent la futaie. Entre ces arbres se développent des
taillis, végétation arbustive plus ou moins dense composée de
noisetiers, de frênes, de charmes, etc. Dans les ous-bois clairs et les
clairières, perce-neige et crocus s'épanouissent au sol dès la fin de
l'hiver, profitant des premiers rayons de soleil filtrant entre les
rameaux encore dénudés. Plus tard, quand le feuillage arrête le soleil,
apparaissent des felurs ombrophiles comme les pervenches et le muguet.
Du cerf à la fourmi
Du printemps à l'automne, la forêt est
une source de nourriture pour une faune riche et variée : jeunes
pousses, feuilles, graines, baies et fruitsà coque assurent la
subsistance d'une multitude d'oiseaux et de mammifères allant des
minusules rongeurs aux ruminants (cerfs, chevreuils, etc). Sans oublier
les insectes : un seul chêne, par exemple peut héberger jusqu'à 35.000
chenilles qui se nourrissent de ses feuilles. D'autres insectes
grignotent l'écorce ou creusent des galeries dans l'épaisseur du bois.
Ces myriades de bêtes minuscules sont dévorées par les insectes
prédateurs, ou par les oiseaux insectivores, tels les pics qui
cherchent des larves sous l'écorce.
Les forêts boréales ou taïga
Les plus froides, composés de résineux, sont moins riches en espèces vivantes.
La forêt boréale ou taïga, s'étend sur
le nord du Canada, de l'Europe et de l'Asie (Sibérie). Les hivers sont
rudes mais moins longs que dans la toundra, et l'épaisse couche de
neige qui isole le sol permet aux êtres vivants de mieux résister aux
froids intenses. Le printemps, très court, est caractérisé par un dégel
rapide, qui fait déborder les cours d'eau. L'été, relativement chaud
(25°C), correspond à la période de végétation, tandis que l'automne
voit le retour du gel. Plus clairsemés que les forêts tempérées, les
zones boisées sont coupées par des tourbières en Sibérie et par de
nombreux lacs au Canada et en Scandinavie.
Epicéas, mélèzes et bouleaux
Les conifères sont les plus nombreux
dans la forêt boréale, mais ils sont presque toujours associés à des
feuillus : bouleaux, peupliers, saules... Les sapins ne sont guère
présents qu'en Scandinavie, tandis qu'au Canada et en Sibérie
prédominent l'épicéa, l'épinette noire et l'épinette blanche, tous bien
adaptés au froid. Aux abords de la toundra, la forêt devient plus
clairsemée. Aux résineux à aiguilles persistantes succèdent les mélèzes
à feuillage caduc, capables de supporter des froids de -70°C. Puis la
forêt se réduit à de rares bouleaux et saules nains et laisse place à
la steppe.
Le sous-bois et le sol
La
végétation du sous-bois de la forêt boréale est peu variée. On y trouve
cependant d'abondantes petites plantes ligneuses buissonnantes telles
que myrtilles, airelles rouges, groseilliers, bleuets, ainsi que des
bruyères (dont l'espèce appelée thé du Labrador, réputée pour ses
vertus médicinales). Ce sont des espèces dites chaméphytes,
c'est-à-dire assez basses pour que leurs bourgeons soient recouverts de
neige en hiver, ce qui les protège du gel. Les sol est couvert d'un
tapis de mousses (des sphaignes dans les zones de tourbières),
remplacées par des lichens aux approches de la toundra.
Toutes sortes d'animaux, sur la Terre entière, ont fait des forêts leur milieu de vie, qu'il s'agisse des habitants des airs, comme l'aigle, des singes, ou ceux qui, comme les petites grenouilles mantella, pondent leurs oeufs sur le sol humide. Beaucoup d'espèces ont un régime végétarien, tel l'hippopotame pygmée, qui se nourrit essentiellement de feuilles, de racines et de fruits. D'autres sont d'avides carnivores, comme le glouton, qui parcourt la forêt à la recherche de proies.
15012006_La_classification_des_forêts_et_leurs_particularités.pdf
Source :
Animaux en danger - Editions Gallimard Jeunesse en association avec WWF
Planète Nature - Collection Grands Horizons - Editions Nathan
Crédit photos : fao.org / ac-reunion.fr / raphzone.com / botanique.org / modimo.canalblog.com / karaibes.com / aramel.free.fr / mountain.ru / blueplanetbiomes.org / uriw-ubs.fr / pix-that-stimulate.com / webridge.fr / la.climatologie.free.fr / dinosoria.com
lundi 21 novembre 2005
L'action du WWF dans les forêts de Guyane
Le constat :
Les
savanes de Guyane Française font partie des écosystèmes mal connus,
tant des scientifiques et des décideurs que du grand public. Ce sont
des milieux sensibles remarquables.
Elles supportent le plus souvent le
développement des activités humaines du fait de leur situation
fréquente en plaine. C'est le cas des savanes littorales qui montrent
une régression inquiétante.
Des solutions :
Etudier le milieu pour mieux le protéger : étude écologique, état de dégradation, inventaire des activités humaines de gestion.
Gérer durablement la savane par l'élaboration et la mise en place d'un plan de gestion qui peut comprendre des activités de :
- sensibilisation du public par des expositions et des sentiers didactiques
- protection des sites, par la mise en défend
- valorisation socio-économique, par exemple par l'élevage extensif
L'action du WWF :
Le
WWF-France a commandé une étude intitulée 'Connaissance et conservation
des savanes de Guyane’. Réalisée en 2001 par l'IFRD (Institut de
Formation et de Recherche pour le Développement), cette étude dresse
un état des lieux d’une dizaine de savanes littorales, et en montre
l’intérêt biologique exceptionnel, mais aussi l’intérêt paysager et
archéologique. Elle identifie également les principales menaces pesant
sur ces écosystèmes (feu, agriculture ou chasse intensives, ...).
Dans
une prochaine étape, il est prévu d’élaborer et de mettre en place un
plan d’action pour la conservation et la gestion durable des savanes
littorales de Guyane, en partenariat avec les institutions locales
concernées par cet écosystème.
Source :
www.wwf.fr
Crédit photos :
Google Images

















































































