- Nous en savons étonnament peu sur l'environnement dans tous ses aspects, aussi bien sur son histoire que sur son état actuel, su la manière de le préserver et de le protéger. Dans tous les débats, chaque camp exagère l'étendue des connaissances existantes et leur degré de certitude.
- La concentration de CO2 dans l'atmosphère augente ; les activités humaines en sont la cause probable.
- Nous sommes aussi dans le courant d'un cycle de réchauffement qui a commencé en 1850, au sortir d'une période de froid portant le nom de "petit âge glaciaire".
- Personne ne sait dans quelle mesure la tendance au réchauffement est un phénomène naturel.
- Personne ne sait dans quelle mesure la tendance au réchauffement pourrait être le fait de l'homme.
- Personne ne sait quelle sera l'ampleur du réchauffement dans le siècle à venir. Les estimations des modèles informatiques varient de 400%, ce qui prouve bien que personne ne sait. S'il me fallait donner un chiffre au pifomètre - ce que tout le monde fait en réalité -, je dirais que l'augmentation de la température sera de 0,812436°C. Rien ne permet d'affirmer que mon estimation de la tempéraure de la planète dans un siècle soit meilleure ou pire que les autres. (Il est impossible d'"évaluer" l'avenir, pas plus que de le "prédire". Nous ne pouvons qu'émettre des hypothèses. Une hypothèse fondée sur des observations n'en est pas moins une hypothèse).
- Je soupçonne que le réchauffement observé en surface sera en partie attribuable aux activités humaines. Je soupçonne que la principale cause d'origine humaine sera imputable à l'utilisation des sols et que la composante atmosphérique sera mineure.
- Avant de prendre de coûteuses décisions de nature politique sur la base de modèles climatiques, je pense qu'iol serait raisonnable d'exiger de ces modèles qu'ils prévoient avec exactitude l'évolution des températures sur une période de dix ans. Vingt seraient préférables.
- Je trouve curieux, après deux siècles de fausses alertes, que l'on puisse encore redouter une pénurie des ressources. Je ne sais pas si cette idée est aujourd'hui imputable à l'ignorance de l'Histoire, à un dogmatisme sclérosé, à un malthusianisme malsain ou à de l'entêtement pur et simple, mais elle a la vie dure.
- Les raisons ne manquent pas de se détourner des énergies fossiles : nous le ferons dans le siècle qui commence sans dispositions législatives, sans incitations financières, sans programmes de réduction d'émissions de gaz carbonique, sans les jérémiades des marchands de peur. Autant que je sache, il n'a pas été nécessaire d'interdire le transport hippomobile au début du XXè siècle.
- Je soupçonne qu'en 2100 nos descendants seront bien plus riches que nous, consommeront plus d'énergie, seront globalement moins nombreux et disposeront de plus d'espaces naturels que nous. Je ne pense pas qu'il y ait lieu de s'inquiéter pour eux.
- La préoccupation quasi hystérique de sécurité qui est la notre aujourd'hui représente au mieux un gaspillage de ressources et une entrave à la liberté de l'esprit, au pire, une invitation au totalitarisme. L'éducation de la population est une nécessité urgente.
- Je constate que la plupart des "principes" écologistes (tels que le développement durable ou le principe de précaution) ont pour effet de préserver les avantages économiques de l'Occident et constituent de ce fait un impérialisme moderne enver les pays en voie de développement. C'est une manière élégante de dire : "Nous avons tout ce qu'il nous faut et nous ne voulons pas que vous l'ayez aussi, car vous provoqueriez trop de pollution".
- Le "principe de précaution", convenablement appliqué, exclut le principe de précaution. Il y a là une contradiction interne. Il convient donc de ne pas parler du principe de précaution en termes trop durs.
- Je crois sincèrement que les personnes dont il est ici question (bibliographie et notes scientifiques) sont bien intentionnées. Mais je ne néglige pas l'influence corrosive du parti pris, les distorsions systématiques de la pensée, le pouvoir de la justification a posteriori, les masques de l'intérêt personnel et le caractère inévitable de conséquences involontaires.
- J'ai plus de respect pour ceux qui changent de point de vue après avoir agrandi le champs de leurs connaissances que pour ceux qui s'accrochent à des opinions qu'ils professent depuis trente ans. Le monde change, contrairement aux idéologues et aux fanatiques.
- Au cours, des trente-cinq ans qui se sont écoulés depuis que le mouvement écologiste a vu le jour, la sciencea connu une révoluytion de la plus haute importance. Cette révolution a permis la découverte de la dynamique non linéaire, des système scomplexes, de la théorie du chaos, de la théorie des catastrophes. Elle a transformé notre manière de concevoir l'évolution et l'écologie. Ces idées qui ne sont pourtant plus nouvelles n'ont eu aucune incidence ou presque sur le mode de pensée des activistes du mouvement écologiste, qui semble étangement figé dans les concepts et la rhétorique des années 70.
- Nous n'avons pas la moindre idée de la manière de préserver ce que nous appelons les espaces naturels. Il conviendrait de mener des études sur le terrain pour apprendre à le faire. Rien n'indique que des rechertches soient conduites d'une manière humble, rationnelle et systématique dans ce domaine. En conséquence, je ne suis pas très optimiste sur la gestion des espaces naturels dans le siècle qui s'ouvre. La responsabilité en incombre aussi bien aux organisations écologistes qu'aux promoteurs immobiliers et aux exploitants de mines à ciel ouvert. La cupidité et l'incompétence conduisent au même résultat.
- Nous avons besoin d'un mouvement écologiste nouveau, avec de nouveaux objectifs et de nouvelles organisations. Nous avons besoin de plus de gens sur le terrain, dans notre environnement naturel et de moins de gens devant des écrans d'ordinateur. Nous avons besoin de plsu de scientifiques et de beaucoup moins d'avocats.
- Nous ne pouvons espérer gérer un système complexe tel que l'environnement à coups d'actions judiciaires. Nous ne pouvons apporeter que des changements temporaires - le plus souvent en prenant des mesures préventives -, avec des résultats que nous ne pouvons prévoir et que nous ne serons pas en meusre de contrôler.
- Rien n'est plus politique par nature que notre environnement, un ensemble aprtagé par tous, et rien n'est plus nuisible pour sa gestion que l'allégeance à un parti politique. L'environnement ne peut être géré par telle ou telle faction, en fonction de ses préférences économiques ou esthétiques, précisément parce qu'il est partagé. Tôt ou tard, la faction adverse prendra le pouvoir et la politique précédente sera inversée. Une gestion stable de l'environnement implique que l'on reconnaisse que toutes les préférences y ont leur place : la motoneige et la pêche à la mouche, le tout-terrain motorisé et la randonnée, la promotion immobilière et la défense des espèces menacées. Ces préférences sont manifestement incompatibles mais trouver des solutions à des incompatibilités est une fonction majeure de la politique.
- Nous avons un beosin urgent d'un mécanisme de financement impartial permettant de conduire des recherches afin de déterminer une politique appropriée. Les scientifiques ne savent que trop bien pour qui ils travaillent. Ceux qui financent les recherches -qu'il s'agisse d'un laboratoire pharmaceutique, d'une agence gouvernementale ou d'une organisation écologiste - ont toujours un résultat particulier en vue. ce financement n'est jamais ou presque désintéressé. Les chercheurs savent que la poursuite du financement de leurs travaux dépend de l'obtention de résultats souhaités par ceux qui les financent. Les "études" financées par des organisations écologistes sont en conséquence tout aussi orientées et suspectes que les "études" financées par les pouvoirs publics, en fonction du parti au pouvoir. Aucune faction ne devrait avoir carte blanche.
- Je suis certain qu'il y a trop de certitudes en ce monde.
- J'éprouve pour ma part un grand plaisir à vivre dans la nature; mes moments les plus heureux sont ceux que j'y passe. Je souhiate que les espaces naturels soient préservés pour les générations futures. Je ne suis pas sûr qu'ils le seront en quantité suffisante ni d'une manière satisfaisante. En guise de conclusion, je dirais que les "exploiteurs de l'environnement" sont aussi bien les organisations écologistes que les agences gouvernementales et la grande industrie. Il convient de les mettre dans le même sac. Tout le monde a des intentions cachées, pas moi.
jeudi 12 juillet 2007
Le changement climatique s'emballe et deviendra bientôt incontrôlable
Notre planète bientôt climatisée ?
Toutes les études importantes publiées récemment prévoient que le changement climatique - annoncé voici plus de trente ans par plusieurs rapports officiels, des personnalités et des associations écologistes - est inéluctable et qu'il sera beaucoup plus rapide que prévu précédemment. Pour contrer une catastrophe imminente, des équipes de scientifiques renommés, appuyés par des politiciens, ont conçu des projets de refroidissement artificiel de la Terre dignes de la science fiction, qui inquiètent de nombreux climatologues. L'expérimentation de certaines de ces nouvelles technologies pourrait avoir déjà commencé.
par Joëlle Pénochet
LE CHANGEMENT CLIMATIQUE S'EMBALLE ET DEVIENDRA BIENTÔT INCONTRÔLABLE
Selon le dernier rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC - IPCC en anglais)1, le premier organisme de surveillance du climat, le réchauffement global au cours du XXIe siècle sera compris entre 2° C et 5° C selon les scenarii. Il pourrait atteindre 8° C, voire 11° C, selon une équipe de chercheurs de l'université d'Oxford. Un changement radical pourrait survenir en une seule décennie. Cette éventualité est au centre des problèmes de sécurité aux USA. Le rapport pour le Pentagone " Le scénario d'un changement climatique brutal et ses implications pour la sécurité nationale des Etats-Unis " élaboré en 2003 par Peter Schwartz, consultant à la CIA, et Doug Randall, du réseau Global Business Network, prévoit des famines, des pandémies, des émeutes et des guerres civiles et inter-étatiques pour l'appropriation des dernières ressources naturelles.
" Le réchauffement global est proche du point de non-retour ", avertit le président du GIEC, qui ajoute qu'" il n'y a plus une minute à perdre... c'est l'avenir de l'humanité qui est en jeu ".
Onze des douze années les plus chaudes se situent au cours des douze dernières années, et 2007 pourrait battre tous les records de températures enregistrés. Selon James Hansen, directeur du Goddard Institute for Space Studies (GISS) de la NASA à New York, " les températures actuelles sont dans la fourchette haute de celles qui prévalent depuis le début de l'Holocène, il y a 12 000 ans ". Il poursuit : " Si le réchauffement atteint au total deux ou trois degrés Celsius, nous verrons probablement des changements qui feront de la Terre une planète différente de celle que nous connaissons. (...) La dernière fois que la planète était aussi chaude au milieu du Pliocène, il y a environ trois millions d'années, le niveau des océans était environ de 25 mètres au-dessus de celui d'aujourd'hui, selon les estimations. " (Le Monde, 29 septembre 2006).
Le premier rapport de l'Observatoire national du réchauffement climatique (ONERC), paru en 2005, montre que le réchauffement est 50 % plus important dans l'Hexagone que le réchauffement moyen global, ce qui devrait entraîner des " conséquences colossales " pour notre pays. La multiplication des phénomènes extrêmes apporterait " des changements profonds sur le mode de vie des Français. "
Nous n'avons subi jusqu'ici que les prémices des catastrophes environnementales qui devraient se produire à grande échelle : inondations rayant de la carte de nombreuses îles et certains pays, multiplication des cyclones, grosses pénuries d'eau potable, famines consécutives à une aggravation des sécheresses et de la désertification, diminution drastique de la biodiversité (au moins un quart des espèces animales terrestres et des plantes serait condamné à disparaître d'ici 2050), poussée vers le nord des maladies tropicales, pandémies...
Selon le 4e rapport du GIEC (février 2007), ces événements conduiraient à la migration de centaines de millions de personnes dans le monde. Ces réfugiés climatiques viendront surtout des régions les plus pauvres et les plus vulnérables, comme les zones côtières (où vit la moitié de la population mondiale) et l'Afrique subsaharienne.
Le réchauffement climatique pourrait s'auto alimenter, en raison de la libération des gaz à effet de serre emprisonnés dans le permafrost (sol des régions polaires gelé en permanence), les forêts tropicales et les sédiments des océans. Ainsi, depuis quatre ans, et pour la première fois depuis l'ère glaciaire, l'immense tourbière gelée sibérienne est en train de se transformer en marécages, relâchant des milliards de tonnes de méthane (CH4), un gaz à effet de serre vingt fois plus puissant que le CO2. Les actuels " puits de carbone " pourraient bientôt se transformer en sources, comme cela a été le cas du continent européen en 2003 : la croissance des forêts et des végétaux, qui absorbent le carbone atmosphérique, s'était interrompue en raison du manque d'eau. (Or, l'été 2003 sera considéré comme " frais " en 2050, selon un modélisateur de Météo France).
De même, le réchauffement des eaux des océans - qui a atteint une profondeur de 3 km - réduit de plus en plus leur capacité d'absorption du CO2. Cet emballement pourrait faire sortir le réchauffement des fourchettes de prévision actuelles.
Sans le phénomène opposé " d'assombrissement global " (" global dimming "), observé depuis les années cinquante (de 1950 à 1985, le rayonnement solaire à la surface de la terre a diminué globalement de 8 à 30 % - avec des disparités importantes selon les régions du monde) et qui s'inverserait depuis quelques années, le réchauffement climatique serait encore plus important.
UNE HUMANITÉ SUICIDAIRE, OU LA GRANDE BOUFFE DU PÉTROLE
Plutôt que de remettre en cause le mode de vie aberrant des sociétés développées, devenu le modèle désastreux des sociétés " en développement ", les autorités continuent de rassurer le public en lui proposant des solutions illusoires et souvent très polluantes - comme les biocarburants et la voiture électrique - et dangereuses, comme le nucléaire dit " de la deuxième génération " (en réalité, une technologie ancienne et obsolète qui n'a jamais fonctionné). Alors qu'aujourd'hui, seul un changement radical et immédiat de système économique, vers un modèle de " décroissance ", pourrait sauver la planète.
Pendant plusieurs décennies, nos gouvernants sont restés sourds aux avertissements de personnalités et d'associations écologistes, et de rapports alarmistes (comme " Halte à la croissance ", le rapport Meadows...).
Leur absence de volonté politique de réduire les gaspillages et les pollutions, due à leur crainte de perdre leurs sponsors (aux Etats-Unis, essentiellement des pétroliers) ou leur clientèle électorale, alliée à la désinformation des media " incorporés " au système, ont conduit à la catastrophe reconnue maintenant comme imminente par les climatologues les plus modérés. Ce comportement irresponsable permet aujourd'hui à des scientifiques éminents de l'Establishment de justifier le recours à des technologies d'apprentis sorciers.
LES TECHNOLOGIES DE MODIFICATION DU TEMPS : LE MARCHÉ PROMETTEUR DE XXIE SIÈCLE ?
La " géoingénierie " est une nouvelle technologie, à l'origine étroitement liée au secteur militaire. Le physicien John Von Neumann commença à travailler sur les manipulations climatiques juste après la seconde guerre mondiale. À la fin des années quarante, le Département de la Défense américain investit dans ce domaine dans le cadre d'une " guerre de l'ombre " contre l'Empire soviétique, pour provoquer notamment des sécheresses susceptibles d'anéantir ses récoltes. En 1967, le projet " Popeye " appliqué au VietNam réussit à prolonger la saison des moussons en ensemençant les nuages avec de l'iodure d'argent pour détruire les cultures de l'ennemi, empêcher le mouvement de ses troupes et leur ravitaillement le long de la piste Ho Chi Min.
A la même époque, on commençait d'utiliser la même technique dans le secteur agricole pour augmenter localement les précipitations.
Depuis les années cinquante, les sociétés privées de modifications du temps se sont multipliées (parmi les plus anciennes aux Etats-Unis : Atmospherics Inc., créée en 1960, ou TRC North American Weather Consultants). Plus d'un millier de projets ont été déposés aux Etats-unis et dans d'autres pays du monde depuis plusieurs décennies.
Les Chinois, champions dans ce secteur, possèdent un Bureau de modification du Temps (dépendant de l'administration météorologique chinoise), dont la préoccupation actuelle est de garantir un temps idéal pour les Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Quant au président russe Poutine, il se vante de préparer un soleil radieux lors de chaque grande manifestation officielle.
Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), plus de cent projets de modification artificielle du temps sont mis en œuvre aujourd'hui par plusieurs dizaines de pays.
Mais ces manipulations climatiques semblent très anodines comparées à celles qui sont à l'étude au niveau planétaire. Les deux principales institutions impliquées dans ces programmes de géoingénierie sont le Lawrence Livermore National Laboratory et l'université de Stanford (Californie), dont Edward Teller, le père de la bombe H, considéré comme l'un des savants les plus brillants du XXe siècle, resta le directeur émérite jusqu'à sa récente disparition.
LA GÉOINGÉNIERIE GLOBALE OU LA MANIPULATION CLIMATIQUE À L'ÉCHELLE PLANÉTAIRE
" La politique actuelle sur le climat semble ne pas fonctionner. Nous ne disons pas que nous avons la baguette magique, mais c'est une situation désespérée et les gens devraient commencer à penser à des moyens non conventionnels. Des projets préventifs à grande échelle sont nécessaires ".
PR John Schellnhuber, responsable du principal groupe de scientifiques du climat britannique, cité in The Guardian 11 janvier 2004. C'est nous qui soulignons.
Les appels au recours aux technologies de modifications artificielles du climat se multiplient depuis plusieurs années.
Ainsi, James Hansen estime que " Nous devons stabiliser les émissions de CO2 en moins de dix ans, sinon les températures augmenteront de plus de un degré. Elles seront plus élevées que celles que nous connaissons depuis cinq cent mille ans, et beaucoup de choses ne pourront plus être stoppées. Si nous voulons éviter cela, nous devons dès maintenant mettre en œuvre les nouvelles technologies (...) Il nous reste peu de temps pour agir ".
Le PR Schellhuber pense que la géoingénierie offre des options beaucoup plus réalistes, plus efficaces et moins coûteuses que les mesures fixées par le protocole de Kyoto.
Dès 1997, dans un article du Wall Street Journal, Edward Teller, l'un des plus ardents défenseurs du projet " La guerre des étoiles " (et l'inspirateur du personnage du " Docteur Folamour " de Stanley Kubrick), préconisait d'utiliser les grands moyens pour refroidir la planète. Son " projet Manhattan pour la planète " consiste à créer autour de la terre un énorme bouclier chargé de détourner les rayons du soleil pour stabiliser le climat. Cet écran solaire géant coûterait moins d'un milliard de dollars par an - moins que les mesures imposées par le protocole de Kyoto.
Selon les calculs de Teller, un million de tonnes de particules d'aluminium et de soufre feraient chuter l'insolation terrestre de 1 %, contrebalançant ainsi l'effet de serre. Les climatologues russes de l'Institut du climat mondial et de l'Ecologie préconisent des mesures similaires.
Ces idées, déjà anciennes, ont été réactivées par les résultats d'études sur les conséquences de grosses éruptions volcaniques comme celles du El Chichon en 1982 : les particules de dioxyde de soufre (SO2) crachées par les volcans dans l'atmosphère font chuter significativement la température terrestre pendant quelques semaines, voire plusieurs années. Ainsi, l'éruption du Pinatubo (Indonésie, 1991) a fait baisser les températures au sol d'environ 0,5 °C en moyenne pendant plusieurs mois. Cela a correspondu en réalité à des refroidissements importants dans certaines régions, et des réchauffements dans d'autres, comme l'Europe du Nord.
En 1992, l'Académie nationale des sciences américaines envisageait dans un article d'utiliser les avions de ligne pour combattre le réchauffement climatique (" Policy implications of Greenhouse Mitigation, Adaptation and the Science Base ").
L'utilisation de la géoingénierie est le moyen de permettre aux pays développés de ne rien changer à leur mode de vie. C'est ce que sous-entendait Colin Powell lors du Sommet sur le développement de 2002, au cours duquel il avait réitéré le refus des Etats-Unis de ratifier le protocole de Kyoto. Il avait alors révélé que les Etats-Unis étaient engagés " dans des actions pour satisfaire les défis environnementaux, y compris le changement climatique global, et pas seulement dans des rhétoriques ", précisant qu'ils avaient déjà " des milliards de dollars dans des technologies de pointe " beaucoup plus efficaces que les mesures préconisées par ce protocole.
Le Centre national américain des recherches atmosphériques estime, lui aussi, que le moyen le plus efficace de réduction du réchauffement global est l'épandage par des avions de composés d'aérosols (particules en suspension dans l'air) réfléchissant une partie des rayons solaires dans l'atmosphère.
Le marché de la géoingénierie est un marché très prometteur. D'autant que le rapport Stern (octobre 2006) commandité par le chancelier de l'Echiquier britannique, a annoncé une récession économique " d'une ampleur catastrophique " si rien n'était rapidement engagé à l'échelle planétaire contre l'effet de serre : le produit intérieur brut mondial (PIB) pourrait baisser de 5 à 20 % d'ici à 2100, entraînant un coût dépassant 5 500 milliards d'euros.
Roger Higman de Greenpeace, qui estime comme les autres spécialistes que " le changement climatique représente la plus grande menace environnementale que nous devons affronter ", pense que les solutions technologiques ne doivent pas être utilisées comme excuse d'avoir failli dans la réduction des gaz à effet de serre.
LES RISQUES DE L'APPLICATION DE CES PROJETS SUR LE SYSTÈME CLIMATIQUE ET LA SANTÉ DES ETRES VIVANTS
Hervé le Treut, directeur de recherche au CNRS, craint que " les aérosols modifient notre monde ", et rappelle qu'ils génèrent des pluies acides. Le système climatique est très complexe et très fragile ; Il fait intervenir notamment l'atmosphère, les océans, les continents et la biosphère, via des processus chimiques, biologiques et physiques. Le recours à l'injection d'aérosols perturberait " un phénomène naturel appelé oscillation arctique, ce qui provoquerait des réchauffements locaux en hiver dans certaines régions, le refroidissement se concentrant sur d'autres ".
S'inquiète de son côté le climatologue Edouard Bard, PR au Collège de France, qui ajoute qu'avec " de tels dispositifs de géoingénierie globaux, ce n'est pas seulement l'atmosphère qui est en jeu, mais le système climatique dans son ensemble, c'est-à-dire un gigantesque jeu de dominos d'une grande complexité. Prévoir et évaluer les effets collatéraux à l'échelle mondiale requiert, avant tout, un travail scientifique considérable impliquant climatologues, océanographes, géologues, astronomes, biologistes, agronomes, etc. " (Le Monde du 30 octobre 2006). Ces manipulations ne sont soumises à aucune législation dans la plupart des pays.
Selon la NASA, le triméthylène d'aluminium et le baryum, métal qui a la propriété d'absorber le dioxyde de carbone (CO2), seraient parmi les produits chimiques les plus utilisés. La toxicité de l'aluminium est aujourd'hui reconnue comme facteur favorisant l'apparition de la maladie d'Alzheimer. Henri Pezerat, éminent toxicologue, directeur de recherches au CNRS rapporte que plusieurs études épidémiologiques menées dans six pays différents ont toutes conclu " à une augmentation notable de l'incidence de la maladie d'Alzheimer en relation avec une concentration trop importante dans l'eau de boisson " (cette relation est niée par l'Institut de veille sanitaire qui refuse de prendre en compte les risques liés à ce métal lors du traitement des eaux).
Le baryum est un élément dangereux. Les sels de baryum pénètrent l'organisme par voie pulmonaire et orale. Les sels insolubles inhalés peuvent se déposer et s'accumuler dans les poumons à la suite d'une l'exposition à long terme. Les sels solubles dans l'eau et les acides sont très toxiques lorsqu'ils sont ingérés.
Le baryum entraîne des arythmies, des troubles digestifs, une asthénie intense et une hypertension artérielle. Les analyses de baryum sont très délicates et coûteuses. Les tests effectués au Canada auraient révélé la présence de ce métal à des taux anormalement élevés dans l'eau de pluie.
D'une manière générale, l'augmentation des aérosols en suspension dans l'air, d'origines diverses, pourrait contribuer à la multiplication des cas de maladies respiratoires, d'allergies, d'irritations oculaires, de migraines, de symptômes grippaux sans fièvre, de pertes de mémoire et de confusion mentale, d'insomnies et de dépressions. Les symptômes dépressifs dus à la baisse de la luminosité sont de plus en plus soignés par la luminothérapie, pratiquée jusqu'ici dans les seuls pays nordiques en hiver.
DES EXPÉRIMENTATIONS SONT-ELLES DÉJÀ EN COURS ?
Depuis quelques années, une polémique sévit sur Internet, au sujet d'expérimentations secrètes qui seraient déjà menées depuis plus d'une décennie pour atténuer le réchauffement climatique. Les tenants de la théorie des manipulations du climat justifient leur point de vue par les observations à travers le monde, depuis une décennie environ, de longues traces blanches persistantes laissées par des avions quadrillant le ciel. Les autorités interrogées répondent que ces tracés ne sont que des " contrails " (abréviation anglaise pour " tracés de condensation ") correspondant à la vapeur d'eau émise par les avions à très haute altitude, qui se transforme en cristaux de glace à des altitudes où la température de l'air est inférieure à -40 °C.
Ils insistent également sur l'intensification croissante du trafic aérien.
Les tenants de la théorie des " chemtrails " (" tracés chimiques ") leur rétorquent que les contrails disparaissent au bout de quelques minutes, alors que les " chemtrails " peuvent persister pendant des heures ; ils s'élargissent peu à peu pour former un voile laiteux, avant de se superposer et de se métamorphoser en nuages de plus en plus épais et foncés, qui finissent par former une chape de plomb au-dessus de nos têtes entre 24 et 36 h après ces épandages. Ils prétendent que de nombreux avions laissant des traces persistantes volent à des altitudes beaucoup trop basses pour que des contrails puissent se former, qu'ils volent souvent en dehors des couloirs aériens, et ont parfois des trajectoires anormales (comme des virages à 90 °).
En Amérique du Nord, des associations de lutte contre les " chemtrails ", et quelques personnalités dénoncent vigoureusement ces pratiques et leur dangerosité, parfois avant de se rétracter, comme le sénateur américain démocrate de gauche Denis Kuccinich.
Que des expérimentations aient déjà commencé ou non, le grand battage médiatique sur le réchauffement climatique, qui s'intensifie depuis plusieurs années au niveau mondial pourrait préparer les esprits à l'inéluctabilité du recours à la géoingénierie. Ainsi, en mars 2005, le Sénat américain a voté en " fast track " une loi officialisant les manipulations climatiques (U.S. Senate Bill 517, et U.S. House Bill 2995).
LES APPLICATIONS MILITAIRES DE LA GÉOINGÉNERIE
Comme toutes les nouvelles technologies (biotechnologies, nanotechnologies...), la géoingénierie est étroitement liée au secteur militaire. Dès 1970, le conseiller à la sécurité de la Maison Blanche Zbigniew Brzezinski avait prévu dans son ouvrage " Entre deux âges " que " la technologie donnera aux dirigeants des principales puissances les moyens de conduire des guerres secrètes mobilisant un minimum de forces de sécurité ".
Ainsi, " les techniques de modification du climat pourront être utilisées pour produire des périodes prolongées de sécheresse ou d'orage ".
En 1977, alors que les Américains dépensaient 2,8 millions de dollars par an dans des recherches militaires sur les modifications climatiques, les Nations Unies votèrent la convention ENMOD qui interdit ces techniques à des fins " hostiles " (la France et la Chine ne font partie des quatre-vingt dix signataires).
Cependant, ni les Etats-Unis, qui ratifièrent le traité en 1978, ni l'Union soviétique n'ont jamais cessé leurs recherches, alors que d'autres pays comme la Chine les développaient à leur tour. Un rapport de 1996 commandité par l'Air Force montre que les Etats-Unis ont prévu d'avoir la contrôle total sur le temps en 2025 (" Le temps comme démultiplicateur de force : maîtriser les conditions météorologiques en 2025).
Le PR Chossudovsky, de l'université d'Ottawa (Canada), affirme, dans une série d'articles parus sur son site, que le changement climatiques ne serait pas dû aux seuls gaz à effet de serre (GES), mais également aux manipulations effectuées par l'armée américaine à partir de sa base de Gacona (Alaska). Selon lui, il est en effet aisé de mettre sur le compte des seules GES les dégâts dus à ces expérimentations militaires clandestines.
En février 1998, la commission des Affaires étrangères, de la sécurité et de la politique de défense du Parlement européen a tenu à Bruxelles une série d'auditions sur les effets néfastes possibles sur l'environnement des manipulations effectuées par ce centre. Elle a déploré le refus de l'administration américaine de répondre à ses questions, sans aller plus loin, afin d'éviter de créer des tensions avec Washington.
De leur côté, les Américains rendent régulièrement les Russes responsables de la multiplication des phénomènes extrêmes aux Etats-Unis, comme des ouragans de plus en plus dévastateurs.
En 1997, William S. Cohen, Secrétaire à la Défense américaine de William Clinton, a accusé certaines groupes de " s'adonner à un terrorisme de type écologique qui aurait pour but " d'altérer le climat ", et même de " déclencher des tremblements de terre et des éruptions volcaniques à distance par le biais et l'utilisation d'ondes électromagnétique ". Luc Mampey, chercheur au Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (GRIP, Bruxelles) indique que le concept de " guerre environnementale " fait bien partie du langage et des manuels militaires.
S'il est difficile de prouver que ces technologies sont déjà utilisées aujourd'hui, que ce soit à des fins pacifiques ou militaires, le sujet fait l'objet de nombreux articles depuis les années quatre-vingt-dix dans les grands media étrangers, notamment anglo-saxons (CBS, CNN, le New York Times, The Guardian...) et russes (la Pravda, Novye Izvestia). Pour l'hebdomadaire américain Business Week, " une technologie capable de contrôler les conditions atmosphériques serait une puissante arme militaire et politique ". C'est seulement depuis 2006 la grande presse française se fait l'écho ces débats (Cf. par exemple " La météo comme arme de guerre " dans Courrier International). Et le mot " géoingénierie " n'a fait son apparition dans le quotidien " Le Monde " qu'en octobre 2006.
Joëlle PENOCHET copyright 2007
Reproduction intégrale encouragée, à condition de mentionner l'auteur et l'url de cet article par un hyperlien.
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Publié sur le site de Planète non violence.
mardi 18 avril 2006
Une Bande-Dessinée pour expliquer la montée des eaux...
Heureusement que nous pouvons lire par-ci par-là les initiatives originales, dont cette dernière, élaborée conjointement par l’association ALOFA
TUVALU et l’ADEME.
La BD “A l’eau, la Terre” explique en 10 planches
les conséquences du réchauffement climatique, qui risque d’engloutir
les îles Tuvalu, premières victimes de ce phénomène, dans le Pacifique.
Cette action s’inscrit dans le cadre de la campagne de mobilisation sur
les économies d’énergie et le changement climatique “Faisons-vite ça
chauffe “.
Voir l'article de NaturenDanger sur la disparition annoncée de l'archipel de Tuvalu
LA BD est téléchargeable gratuitement au format PDF. A imprimer sans modération, sur papier recyclé.
Source :
Ecolopop
jeudi 13 avril 2006
L'enjeu du changement climatique : notre survie à long terme
Où l’on mesure l’ampleur du changement climatique en
cours, et où l’on découvre les rôles respectifs des variations de
l’activité solaire et des dégâts du productivisme.
Le climat de la terre dépend du bilan entre l’énergie solaire reçue
sous forme de rayonnement visible et l’énergie solaire émise par la
surface terrestre sous forme de rayonnement infrarouge. Les gaz à effet
de serre piègent une partie de ce rayonnement
infrarouge, permettant ainsi de maintenir notre planète à une
température moyenne globale d’environ 15°C. Sans cet effet de serre
naturel, assuré à plus de 60% par la vapeur d’eau, la terre serait un
désert glacé...
Le détail du bilan radiatif de la Terre montre en fait
que plusieurs paramètres sont critiques pour son équilibre thermique,
principalement la constante solaire, la quantité de gaz à effet de
serre et l’albédo*. Une variation, même modeste, de ce bilan, est
susceptible d’entraîner une modification climatique majeure, comme la "petite glaciation" du XVIIe siècle, au cours duquel la baisse de
quelques pour cent de la constante solaire a provoqué un
refroidissement général, de l’ordre de 0,5 à 1°C, ainsi qu’une série
d’hivers particulièrement rigoureux.
*L'albédo est le rapport de l'énergie solaire réfléchie par une surface sur l' énergie solaire incidente. L' Albédo est l'un des facteurs agissant sur la température de la
surface de la terre. C'est un paramètre des variations climatiques qui
influe sur l'amplitude de l'effet de serre, puisqu'il oppose une
rétroaction positive sur la température en surface et des océans, grâce
à la variation du volume des glaces.
Parmi les gaz à effet de serre, certains sont d’origine
naturelle, comme la vapeur d’eau, ou d’origine partiellement naturelle
et anthropique (due à l'homme), comme le dioxyde de carbone et le méthane, ou
d’origine totalement anthropique, comme les oxydes d’azote (notamment
le protoxyde d’azote), l’ozone troposphérique et les composés
halocarbonés (CFC, HFC, HCFC).
Le rôle de la vapeur d’eau est
primordial pour le climat en raison de son abondance dans l’atmosphère.
Elle contribue ainsi deux fois plus à l’effet de serre que le CO2. Par
transport avec le vent des régions tropicales vers les régions de plus
hautes latitudes, elle joue un rôle prépondérant dans le transport de
l’énergie. Condensée sous forme de nuages, elle a également un rôle
régulateur, car ces derniers réfléchissent une partie de l’énergie
solaire incidente, ce qui augmente l’albédo planétaire. Mais les nuages
participent aussi de l’effet de serre !
Le bilan de ces différents
effets montre que les nuages refroidissent plus qu’ils ne réchauffent
(rétroaction globale négative). Cet exemple du cycle de l’eau montre
déjà comment la complexité est au cœur de la description des phénomènes
climatiques.
Le rôle des aérosols est lui aussi très important,
qu’ils soient d’origine volcanique, biologique (formés au dessus des
champs et des forêts par la photosynthèse), marine (débris organiques
formant une couche superficielle de quelques microns au dessus de la
surface de l’eau et encapsulées dans de très fines gouttes d’eau
projetées vers le haut) ou industrielle. Ils jouent un grand rôle dans
la formation de la pluie en servant de noyaux de condensation de la
vapeur d’eau et ils augmentent l’albédo de surface, contrebalançant
ainsi l’effet de serre.
Les régulations thermiques terrestres sont en outre
assurées par la circulation atmosphérique des masses d’air, qui tend à
réduire le déficit thermique entre l’équateur et les pôles, et la
circulation océanique, qui joue un double rôle d’une part en étant
capable d’absorber une grande quantité d’énergie (car l’albédo
océanique est très faible) et de la conserver, et d’autre part en se
mettant en mouvement et en transportant l’énergie sur de grandes
distances, en particulier là aussi des basses vers les hautes latitudes
(circulation thermohaline dont la manifestation de surface dans
l’Atlantique Nord est le Gulf Stream, courant chaud qui adoucit le
climat de l’Europe occidentale et revient vers les tropiques sous la
forme d’un courant très étalé et lent ; cette circulation est très
lente et on évalue par exemple à près d’un millier d’années le temps
entre la plongée des eaux et leur remontée dans le Pacifique).
Le climat résulte bien d’un ensemble complexe de
phénomènes dus au couplage entre océans, biosphère, atmosphère
(mouvement et composition) et surface terrestre. Ce système peut être
perturbé par divers éléments comme le volcanisme (forte production
d’aérosols) ou par une variation de l’insolation engendrée par
l’activité solaire. Par exemple, partant d’un état climatique donné,
augmentons l’insolation de notre planète. Les océans, en se
réchauffant, vont libérer du CO2, amplifiant ainsi le réchauffement par
effet de serre (rétroaction positive).
Mais dans le même temps,
l’évaporation augmente et donc la nébulosité aussi, ce qui tend à
réduire l’insolation au sol, et accroît la circulation atmosphérique
entraînant une meilleure distribution de l’énergie vers les hautes
latitudes. De plus, le climat, devenant plus chaud, permet une
extension vers les plus hautes latitudes de la végétation diminuant
ainsi l’effet d’albédo, mais favorisant l’émission de méthane par le
dégel des sols des régions sub-polaires...
On le voit, la multiplicité des paramètres à intégrer
rend problématique toute tentative de modélisation globale. Il est de
plus très difficile de valider complètement, sur un plan théorique,
l’ensemble des processus amplificateurs brièvement évoqués ci-dessus.
Leur modélisation pose de sérieux problèmes, en particulier pour la
nébulosité (c’est vrai aussi du rôle modérateur des aérosols d’origine
industrielle comme le dioxyde de soufre SO2). De plus, on ne peut être
certain que toutes les rétroactions significatives ont été
inventoriées.
Les modèles actuels, dits " modèles couplés ", prennent
en compte les circulations atmosphérique et océanique ainsi que leur
couplage. Les calculs sont effectués en plusieurs points à la surface
de la terre (le nombre doit être important pour tenir compte en
particulier de la spécificité des continents et des différences
d’albédo entre ces derniers et les océans ; en conséquence, les temps
de calculs sont très, très longs et demandent l’utilisation des
ordinateurs les plus puissants).
Au-delà de la complexité des phénomènes, quels sont les
faits et sur quoi s’accordent les différents modèles ? D’une part le
soleil est dans une phase d’augmentation d’activité, qui durera jusque
vers les années 2040, ce qui va provoquer un réchauffement naturel. En
ce qui concerne les gaz à effets de serre, leur quantité dans
l’atmosphère augmente continûment depuis deux siècles maintenant. Le
cas du carbone est emblématique. Si en 1860, avant le développement
massif d’industries polluantes, la quantité annuelle de carbone
injectée dans l’atmosphère (sous forme de CO2) était faible (moins de
100 millions de tonnes), elle est aujourd’hui de l’ordre de 6 milliards
de tonnes (Gt) et poursuit sa croissance suivant un rythme exponentiel
(c’est à dire qu’elle double tous les 16 mois environ !).
Les eaux et
la biosphère marine sont le plus grand réservoir de CO2 (38.000
milliards de tonnes) et absorbent environ la moitié de ces 6 Gt. La
biomasse (plantes, forêts) absorbe environ 1,5 Gt par an, bien que ce
puits de carbone soit menacé par les déforestations, notamment dans les
régions tropicales. Reste 1,5 Gt, mystérieusement absorbés par un puits
non identifié (en espérant qu’il ne sature pas à court terme...).
Parallèlement, la concentration en CO2 est passée de 280 ppmv (partie
par million par volume) durant l’ère pré-industrielle à 360 ppmv
actuellement, soit 0,0036% de l’atmosphère terrestre (le taux
d’augmentation est de 0,4% par an), entraînant un effet de serre
additionnel important.
De la même façon, le méthane, produit à 535 millions de
tonnes par an, dont 70% sont d’origine anthropique, augmente au rythme
annuel de 0,6% (malgré sa destruction dans la troposphère par
l’hydroxyle OH) et contribue lui aussi à un effet de serre additionnel.
Les oxyde d’azote ont une faible incidence sur le climat, au contraire
des CFC, qui bien qu’interdits, provoquent un effet de serre égal à 15%
de celui du CO2 du fait de leur accumulation initiale dans l’atmosphère
et de leur longue durée de vie. à terme, la production des HCFC, censés
les remplacer, provoquera le même effet.
Enfin, il faut noter que
l’ozone semble lui aussi participer d’un effet de serre additionnel,
malgré sa destruction partielle dans la couche stratosphérique. Les
aérosols d’origine anthropique ont un effet de serre "négatif" non
négligeable (baisse de la température par augmentation de l’albédo),
mais très variable géographiquement ; dans tous les cas, celui-ci est
loin de compenser l’effet de serre "positif".
Les modèles climatiques intégrant les effets des
augmentations des gaz précédents ainsi que ceux de la variation de
l’activité solaire montrent un excellent accord quantitatif avec
l’augmentation de température observée depuis 1860 (+ 0,6 °C), laissant
peu de doute sur leur fiabilité, ainsi que sur leur capacité à prévoir
les grandes lignes du climat futur. D’autre part, la prise en compte
d’un effet de serre anthropique est bien nécessaire pour rendre compte
des modifications du climat de ces dernières années. Les dernières
estimations (septembre 2000, compilation des résultats disponibles)
montrent que d’ici à 2100, la température moyenne devrait augmenter de
1,3 à 4°C, le niveau moyen des mers de 17 à 90 cm.
Les changements
climatiques régionaux seront sans doute variables mais il est très
probable que les précipitations augmenteront aux hautes latitudes de
l’hémisphère nord et diminueront aux basses latitudes. Il est
maintenant clair que les coûts sociaux et écologiques de la
modification du climat seront d’une part plus élevés que les bénéfices,
d’autre part inégalement répartis suivant les pays, alors même que les
outils politiques et institutionnels pour faire face à cette nouvelle
donne n’existent pas et que nos sociétés ne sont pas préparées à
affronter ce choc climatique.
Pour tous les événements climatiques
extrêmes (tempêtes, ouragans, inondations...), il faudra encore
attendre de nombreuses décennies pour vérifier statistiquement si leur
multiplication apparente résulte bien des évolutions climatiques en
cours, mais il existe bien un risque, heureusement de faible
probabilité, mais d’un impact potentiel énorme, d’une déstabilisation
générale du climat, qui pourrait avoir lieu par exemple en cas de
libération massive de CO2 par les océans si le réchauffement actuel
venait à s’amplifier.
Des changements climatiques majeurs sont en passe d’affecter la totalité de notre environnement. Malgré les incertitudes scientifiques, qui pour partie demeurent, l’aspect explosif du problème est face à nous, bien réel, car c’est désormais suivant un rythme de croissance exponentielle que les gaz à effet de serre sont émis dans notre atmosphère. Différer les décisions permettant d’inverser la tendance relève désormais d’une irresponsabilité totale, car l’enjeu est bien celui de notre survie à long terme.
Source :
http://ecorev.org/
Crédit graphiques :
http://www.defipourlaterre.org/
http://www.enpc.fr/
http://earth.rice.edu/
http://zebulon1er.free.fr/
mercredi 12 avril 2006
Greenpeace ou la question des changements climatiques
Le groupe écologiste Greenpeace
a créé à l'intérieur de son site internet un espace
consacré à la question des changements climatiques observés en France et dans le monde et de ce
qui menace notre planète dans un avenir
proche.
"Impacts Climatiques en France"
propose de l'information, des scénarios climatiques, leurs impacts sur la santé et l'environnement, des vidéos, des sujets et rapports rédigés par des scientifiques de renom à la demande de Greenpeace.
Voici un extrait de rapport que vous pourrez trouver sur leur site et télécharger sous forme de résumé ou dans leur intégralité sous format PDF:
...Le réchauffement global est une réalité. La température globale de l'air en surface est de 0,75°C plus chaude qu'au début du 20ème siècle. Neuf des dix dernières années (1994-2004) sont parmi les années les plus chaudes que le globe ait connu au cours des 145 années d'enregistrements instrumentaux et, que l'hémisphère Nord ait connu au cours des 1000 dernières années.
• Les changements observés de la température de surface sont cohérents avec d'autres changements dans le sens du réchauffement, comme l'augmentation de la température de la surface de la mer, la réduction de la couverture neigeuse, le raccourcissement des saisons de gel, le retrait des glaciers et de la glace de mer, l'augmentation de la température des océans, l'élévation globale du niveau de la mer, et l'augmentation de la température et de la vapeur d'eau des couches supérieures de l'atmosphère. Des changements dans la circulation atmosphérique amplifient ces changements dans certaines régions ou les réduisent, parfois jusqu'à les contrer, dans d'autres.
• Les changements des valeurs moyennes s'accompagnent d’un changement amplifié des valeurs extrêmes. De nombreux indices le prouvent, comme l'augmentation des précipitations moyennes à fortes, même dans les régions où les précipitations sont en récession; l'augmentation en intensité et durée des sécheresses; la diminution du nombre de jours de gel; l'élévation des extrêmes de température journalière; la réduction du nombre de nuits froides; etc. La fréquence des tempêtes dans l'Atlantique Nord reste encore dans les seuils de variabilité naturelle mais on constate une intensité accrue d'ouragans et typhons (catégorie 4 et 5 notamment).
• La compréhension scientifique du climat montre désormais sans équivoques que le changement climatique lié au réchauffement global est déjà en cours. La capacité des modèles à simuler le climat passé et présent nous donne une confiance accrue dans leur capacité à simuler le futur.
• Les mesures d’atténuation des changements climatiques entreprises aujourd'hui n'auront d'effet que dans 50 ans.
Elles diminueront l'ampleur et le rythme du changement climatique futur, mais elles ne l'arrêteront probablement pas, car le rythme des changements projetés dépasse tout phénomène naturel constaté sur les 10 000 dernières années, et il est donc susceptible d'apporter une multitude de perturbations importantes. En conséquence, nous devrons nous adapter aux changements climatiques en les planifiant et en améliorant les prévisions et leur déroulement probable. Le choix des actions à prendre ne dépend plus de la science mais de nos systèmes de valeurs. Il s'agit d'équité entre générations, d'équilibre entre pays en voie de développement et pays développés, de développement durable, de confiance dans les capacités d'adaptation de la technologie, et d'impacts sur l'économie et l'industrie. Dans la plupart des cas, il n’est pas tant question de ce qui est à faire mais de comment cela doit être fait en termes d'implémentation et de durée, puisque cela détermine le degré de perturbation des activités en cours...
Vous y trouverez également deux vidéos
à visionner, réalisées dans une rhétorique publicitaire et jouant
de la métaphore pour invectiver des dangers imminents que préparent les
changements climatiques. Quels problèmes nous attendent et saurons-nous
nous adapter à toutes ces modifications ? Pour l'instant, les
simulations proposent divers scénarios allant du refroidissement de
l'Europe à une hausse relativement importante des températures.
Source :
http://www.greenpeace.fr/impactsclimatiques/impactclimfr.html
Le pire est à venir pour les espèces menacées d'extinction
Le risque d'une catastrophe environnementale globale laisse planer le
spectre d'une Terre qui court irrémédiablement à sa perte. Le protocole
de Kyoto témoigne d'un engagement de la communauté internationale sur
la voie de la raison écologique, mais le combat est loin d'être gagné.
"Personne ne peut dire exactement à quoi ressemble une planète
quand elle tombe malade, mais la Terre pourrait en être un exemple.
Oubliez l'idée selon laquelle le réchauffement climatique global est
d'une tiède urgence et que cela pourrait prendre des décennies.
Désormais et de façon inattendue, la crise est devant nous". Dans sa
dernière livraison, Time veut tirer la sonnette d'alarme. "Soyez
inquiet, très inquiet", titre en une le magazine américain, montrant la
photo d'un ours blanc sur un morceau de banquise, symbole de la menace
que font peser les changements climatiques sur notre habitat.
"Le pire est à venir", prévient Time, qui établit une liste d'espèces
animales et végétales menacées d'extinction. "Arbre à carquois",
"Eléphant d'Afrique", "Bernache à cou roux", mais aussi des dizaines de
papillons et de grenouilles. "Ce qui inquiète particulièrement les
scientifiques, c'est que si nous en sommes aux prémices du
réchauffement, les pertes constatées et les espèces menacées pourraient
n'être qu'un avant-goût de ce qui nous attend. D'après une étude, plus
d'un million d'espèces à travers le monde pourraient s'éteindre d'ici à
2050".

Arbre à carquois
Eléphant d'Afrique
Pour Time, la fréquence et la violence des catastrophes naturelles de
ces derniers temps sont un signe de l'actualité des changements
climatiques. "Il y a toujours eu des catastrophes et il y en aura
toujours. Mais quand elles frappent aussi fort et aussi vite, quand
l'urgence devient un lieu commun, c'est que quelque chose tourne
vraiment mal. Ce quelque chose, c'est le réchauffement global", assure
Time, qui adopte un ton volontairement alarmiste.
The Independent n'est pas en reste. Particulièrement engagé sur les
questions environnementales, le grand quotidien de gauche britannique
fait quasiment œuvre de pédagogie à l'égard de ses lecteurs. Une ligne
éditoriale qui trouve son aboutissement dans sa couverture datée du 29
mars 2006, consacrée exclusivement au "grand réchauffement climatique".
"Votre monde. Vos propos", titre en une The Independent, qui publie une
sélection de lettres et de courriers électroniques de lecteurs invités
la veille à s'exprimer sur le sujet. Pour ce faire, le député
travailliste Colin Challen a publié une contribution éditoriale en
forme d'appel : "Nous devons imaginer l'inimaginable et convaincre les
électeurs." C'est en tout cas le programme que s'est fixé le nouveau
Groupe parlementaire sur les changements climatiques, présidé justement
par Colin Challen.
Outre-Manche, le sujet est d'autant plus d'actualité que le
gouvernement a reconnu, le 28 mars, son incapacité à remplir son
engagement à réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre en
2010 par rapport à 1990. La ministre de l'Environnement, Margaret
Beckett, a précisé qu'elle visait désormais une diminution de 15 à 18%, rapporte The Guardian de Londres dans son éditorial. Ce qui est
toujours mieux que les 12,5% imposés par le protocole de Kyoto.
"Plutôt que de revoir, comme hier, ses ambitions à la baisse, le
gouvernement devrait les renforcer, et viser une réduction de 60% de
ses émissions de carbone d'ici 2050, comme il l'espérait autrefois.
Pour l'heure, cela semble impossible. La bonne nouvelle est que le
gouvernement et les partis de l'opposition ont accepté d'agir. La
mauvaise est que jusqu'ici leurs solutions sont superficielles. Une
sorte de vernis écologique."
"Il n'y a pas de solution miracle pour mettre fin à la dépendance au
carbone", se défend Margaret Beckett dans The Independent. La ministre
se félicite de ce que "le Royaume-Uni a fait plus que n'importe quel
autre pays : il continuera dans cette voie".
Les Etats-Unis, les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, ont
eux refusé de ratifier le protocole de Kyoto, entré en vigueur en
février 2005. Pour des raisons politiques, l'administration Bush s'est
toujours montrée hostile au débat scientifique sur les changements
climatiques. James Hansen, directeur des questions climatiques à la
NASA, peut en témoigner, lui qui avait accusé au début de l'année la
Maison-Blanche de l'empêcher de parler du réchauffement global. Libre
de s'exprimer dans les colonnes de Time, cet expert affirme qu'en
matière de changements climatiques "nous sommes proches d'un point de
rupture".
La sensibilisation de l'opinion publique américaine pourrait progresser
grâce à une vaste campagne médiatique lancée aux Etats-Unis. Newsweek
note qu'un certain nombre "de livres, de films et de spots
publicitaires intelligents font du réchauffement global le thème du
moment". Entre autres, l'hebdomadaire signale la sortie d'"Une vérité
gênante", un film et ouvrage sur la croisade écologique lancée par
l'ancien vice-président et candidat malheureux à la Maison-Blanche Al
Gore.
Aux Etats-Unis, la promotion de cette campagne sera assurée par
l'Advertisement Council. Cette organisation privée à but non lucratif,
véritable faiseur d'opinions, qui "consacre plus de 1 milliard de
dollars chaque année en temps et espaces médiatiques pour une dizaine
de messages formatés de façon efficace", a pris fait et cause pour la
lutte contre le réchauffement climatique.
Liens :
Le réchauffement global - http://ecorev.org/article.php3?id_article=46
Source :
Courrier International
Crédit photos :
http://www.svalbard-images.com/
http://www.photos-voyages.com/
http://www.naturendanger.canalblog.com
lundi 13 mars 2006
Nuit spéciale "alerte au climat" sur la chaîne "Demain"
En 50 ans, la banquise de
l’Arctique a perdu près de 15% de son épaisseur et la profondeur des couches
neigeuses a diminué de 10%. Les quatre dernières années sont les plus chaudes enregistrées
depuis un siècle. Pas de doute, le réchauffement climatique est en marche. Les
scientifiques sont formels : d’ici 2100, la température a la surface de la Terre aura augmenté entre 1,4°C et 5,8°C.
Quelles seront les conséquences
d’un tel réchauffement ? L’homme est-t-il le seul responsable ? La situation
est-elle catastrophique ? Peut-on encore inverser le processus ?
Pour répondre à toutes ces
questions et bien d’autres encore, demain se penche sur la question du réchauffement
climatique et ses conséquences pour la planète.
La soirée débute par une émission
spéciale de 52 minutes en plateau pour faire un point sur les connaissances
scientifiques, les impacts du réchauffement, sur notre mode de vie et les
invités essaieront de sensibiliser les téléspectateurs sur la nécessité d’agir
vite.
Cette émission présentée par Natacha Le-Minh réunit, Hervé Le Treut, Directeur du Laboratoire de météorologie dynamique, membre du Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat, Laetitia Demarez en charge de la campagne Climat à Greenpeace, Stéphanie Monjon, du service économie de l'Ademe (l’Agence gouvernementale De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et Rufus, comédien et ambassadeur du Défi pour la Terre.
Deux reportages viennent
alimenter le débat : Le premier détaille les conséquences d’un réchauffement en
Europe et le second fait découvrir le système d’échanges des droits d’émission,
appelé aussi «bourse du CO2», en place depuis le 1er janvier 2005.
Cette émission est suivie
d’une sélection de courts métrages, documentaires, dont certains, totalement inédits.
- Deux documentaires du
CNRS, dont Pomme, la mission. Pendant 3 semaines, des scientifiques réalisent
une campagne de mesures dans l’Atlantique, entre le Portugal et les Açores.
Objectif : mieux comprendre l’influence de l'océan sur le climat.
- Un documentaire de
Greenpeace sur l’état préoccupant des glaciers à travers le monde.
- Plusieurs spots de la Fondation Nicolas
Hulot et de l’Ademe pour inciter le grand public à agir avec des conseils
pratiques (éteindre la lumière, prendre les transports en commun …).
- Trois reportages
concernant nos voisins européens. Le développement des énergies renouvelables
en Navarre (Espagne), en Suède et sur l’île de Föhr (Allemagne).
Pour le grand public sur la
chaîne Demain le 18/03/06 à partir de 20h30, avec un débat de 52 minutes,
et documentaires.
La chaîne de télévision
Demain est sur TPS (85), Canalsat (145), les réseaux câblés numériques, Freebox
(83), N9ufTV (123) et sur www.demain.fr
Source :
http://www.demain.fr/default.asp?f=16529
jeudi 2 mars 2006
L'évolution au travers des catastrophes : interview
Voilà des commentaires comme j'aimerais en lire plus souvent. Un regard sur le monde qui nous entoure enfin réaliste, loin de cet état de peur dans lequel nous vivons qui veut nous faire croire que les catastrophes naturelles sont nouvelles et que leur fréquence s'accélère du seul fait de l'activité humaine. Elles ont toujours existées. Ce sont elles qui ont façonnées le monde et créé la vie.
Evoluer au rythme des
catastrophes, rencontre avec Boris Cyrulnik et Jean-Marie Pelt,
Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, et Jean-Marie Pelt,
botaniste, veulent croire que sauver la Terre est encore possible malgré les
déséquilibres engendrés par l'homme.
Quand le neuropsychiatre Boris Cyrulnik croise le botaniste
Jean-Marie Pelt, ils causent avec allégresse de la fin du monde et de son effet
sur l'âme humaine. Rencontre enthousiaste à Marseille.
Pensez-vous que nous puissions encore sauver la planète
?
Jean-Marie Pelt. La
réponse est forcément oui. Si vous répondez non, vous restez devant votre télé
ou vous jouez au Scrabble. Bien sûr, si vous dites oui, vous tirez un trait sur
une vie tranquille et facile, mais vous avez au moins le sentiment de faire
votre devoir, sans baisser les bras. On peut sauver la terre, mais le codicille
est que nous devons impérativement changer, et vite.
Boris Cyrulnik. Oui, on
peut encore sauver les meubles puisque nous changeons un peu à chaque
catastrophe. L'évolution humaine se fait au travers de catastrophes. Le mot
lui-même veut d'ailleurs dire cela : «cata», c'est la coupure, et «strophe», le
discours. Quand ça s'effondre, on déploie un tel génie qu'on invente autre
chose.
Aujourd'hui, notre système s'emballe et il évolue irréversiblement vers
la perversion. Donc, oui, nous allons évoluer, changer, mais nous l'aurons payé
cher, car ce sera au prix d'autres catastrophes. L'homme a toujours déséquilibre
les systèmes naturels, mais jamais avec autant de pouvoir
qu'aujourd'hui.
J.-M. P. Sur la théorie
des catastrophes, je suis totalement d'accord. Une bonne catastrophe fait bouger
les choses. Prenez l'exemple de La Nouvelle-Orléans. Avant ce terrible
déchaînement de la nature, peu de maires se sentaient concernés par le climat
aux Etats-Unis. Désormais, 150 villes américaines font partie d'un réseau de
lutte contre le changement climatique. Le maire de la ville a été entendu et
l'administration Bush a pris des mesures d'économies d'énergie.
Si bien qu'a
Montréal, en décembre, elle a accepté de discuter de l'après-Kyoto. C'est la
théorie du pied dans la porte qu'utilisent les démarcheurs.
Typiquement aux
Etats-Unis, il n'y a que les habitants des côtes qui sont sensibilisés aux
questions climatiques, c'est une merveilleuse illustration de l'évolution par
les marges !
B.C. Quand les choses
nous angoissent, nous refusons de les voir. Pourtant, nous savons qu'elles
existent. Mais nous ne pouvons vivre avec ces angoisses perpétuellement
présentes à l'esprit. En ce sens, les catastrophes industrielles ou
technologiques sont des grains de sable qui perturbent notre évolution. Elles
sont ponctuelles et graves, mais ce qu'il y a de plus grave à long terme se
situe peut-être ailleurs.
Quel est l'impact de la crise environnementale actuelle
sur notre psyche ?
B.C. Enorme. Nous
sommes façonnés, pétris par le milieu physique et l'environnement dans lequel
nous vivons. Bien plus qu'on ne le croit. Au début de l'humanité, l'écologie était dure. On avait faim, froid, peur. Dès l'instant ou nous avons inventé la
technologie pour nous protéger, notre monde mental a changé. Nous nous sommes
mis à maitriser la nature, puis à la hair.
Ensuite, ce fut le tour des hommes.
Aujourd'hui, notre ennemi, c'est nous-mêmes. Toute modification technologique
modifie la manière dont on se pense. Quand le milieu change, notre manière de
penser change aussi. Faites varier la température d'une pièce et observez les
comportements individuels des personnes qui s'y trouvent. Plus il fait chaud,
plus on parle intimement.
C'est physiologique. En hiver, vous dormez en vous
recroquevillant sur vous-même, et l'été vous avez besoin d'élargir votre surface
d'évaporation et vous vous étalez... Quand il fait chaud, on parle de soi, quand
il fait froid, on parle philo !
J.-M. P. Avec le
réchauffement climatique, on s'aimera de plus en plus !
Quelles sont, selon vous, les priorites en matiere de
protection de l'environnement ?
J.-M. P. Nous devons
faire en sorte que cette petite et fragile fleur qu'est le développement durable
pousse sur les restes du mythe de la croissance infinie. Il faut réussir
l'après-Kyoto, endiguer le réchauffement et ses conséquences, puis faire en
sorte que la directive européenne Reach sur les produits chimiques aboutisse,
c'est-à-dire moraliser la chimie.
Je n'ai rien vu de réellement neuf depuis la
fin du XIXè siecle, à part l'écologie. Et celle-ci a enfanté le développement
durable. Si le développement durable ne se contente pas d'être une vague couche
de peinture verte sur des murs fissures, nous aurons réussi à sauver la planète.
On parle toujours de 2100 ou 2300, mais cela concerne tout simplement nos
enfants et les leurs.
B.C. Une cause ne
provoque pas un effet, mais une convergence de causes provoque différents
effets. Peut-être que la catastrophe en cours, silencieuse, c'est plutot la
baisse de fertilité des hommes : 20% des couples connaissent des problèmes de
fertilité aujourd'hui, et un tiers dans les dix ans à venir.
Conséquence de cela
: on va surinvestir les enfants, et un enfant surinvesti, c'est aussi grave
qu'un enfant abandonné.
J.-M. P. Nous sommes
entrés dans l'ère de la sixième extinction des espèces. La dernière a eu lieu à
la fin du permien, il y a 225 millions d'années. A cette époque, 95 % des
espeèes vivantes à la surface de la Terre ont disparu. C'est peut-être notre
tour.
Source :
Libération
jeudi 16 février 2006
La TERRE : "ETAT D'URGENCE" ou URGENCE d'ETAT ...
Et
si nous devions reconsidérer les changements climatiques, le
réchauffement planétaire et leurs causes ? Et si nous devions remettre
en question les assertions scientifiques à cause de leurs parti-pris ?
Et si les sociétés écologistes avaient d'autres intérêts que l'écologie
(l'argent par exemple...) ? Et si ON NOUS MENTAIT ?
Je vous invite à lire ce qui suit, vraiment, sans prendre position, juste pour voir les choses sous un angle ... plus large.
Souvenons-nous de l'endroit où nous vivons.
Nous
vivons sur la troisième des planètes gravitant autour d'une étole
moyenne, le Soleil. Cette planète a cinq milliards d'années et elle
change constamment depuis son origine. Elle en est aujourd'hui à sa
troisième atmosphère.
La première était composée d'hélium et
d'hydrogène. Elle s'est dissipée rapidement, car la Terre était alors
extrêmement chaude. Tandis qu'elle refroidissait, des éruptions
volcaniques ont produit une deuxième atmosphère composée de vapeur et
de dioxyde de carbone. Par la suite, la vapeur d'eau s'est condensée
pour former les océans qui en recouvrent la majeure partie. Il y a à
peu près trois milliards d'années, des bactéries apparaissent, qui
consommaient du dioxyde de carbone et excrétaient un gaz hautement
toxique, l'oxygène. D'autres ont rejeté de l'azote. La concentration
atmosphérique de ces gaz augmentait progressivement. Les organismes
incapables de s'adapter ont disparu.
Pendant ce temps, les
terres émergées flottant sur d'énormes plaques sont entrées en contact
selon une configuration qui perturbait la circulation des courants
océaniques. Il a commencé à faire froid. Les premières glaces sont
apparues il y a deux milliards d'années.
Depuis sept cent mille
ans, notre planète se trouve dans une période glaciaire caractérisée
par les avancées et les reculs successifs des glaces. On ne sait pas
exactement pourquoi, mais les glaces recouvrent maintenant la planète à
peu près tous les cent mille ans, avec une pointe tous les vingt mille
ans. La dernière remontant à vingt mille ans, la prochaine ne saurait
tarder.
Aujourd'hui encore, au bout de cinq milliards d'années,
notre planète demeure d'une stupéfiante activité. Elle compte cinq
cents volcans, avec une éruption toutes les deux semaines. Les séismes
sont permanents : un million et demi par an, une secousse moyenne de
magnitude 5 sur l'échelle de Richter, toutes les six heures, un gros
séisme tous les dix jours. Un tsunami traverse l'océan Pacifique tous
les trois mois.
Notre atmosphère est aussi agitée que notre sol.
Il y a à tout moment mille cinq cents orages sur la planète. Chaque
seconde, onze décharges électriques frappent la terre. Toutes les six
heures, une tornade détruit tout sur son passage. Tous les quatre
jours, un cyclone de plusieurs centaines de kilomètres de diamètre
court sur les océans et provoque des ravages sur la terre ferme.
Extrait du livre "Etat d'urgence" de Michael Crichton. "Le réchauffement de la planète est-il un mythe ? Dans un techno-thriller d'une vitesse supersonique, Michael Crichton s'attaque aux tabous de l'écologie". Note de l'éditeur - Robert Laffont
Ce livre reste du domaine de la science-fiction, mais l'auteur s'est
largement documenté et son livre est très référencé. On peut y trouver
un grand nombre de graphiques issus de la Nasa, des références
scientifiques très nombreuses et surtout considérant de nombreux points
de vue, parfois totalement divergents. Ce qui est extrêment rare pour
ce genre de livre.
Et comme le dit l'auteur lui-même :
"Un roman tel qu'Etat d'Urgence, dans lequel sont exprimés des
points de vue si divergents peut conduire le lecteur à se demander
quelle est exactement la position de l'auteur sur ces questions. Je lis
depuis trois ans des textes se rapoortant à l'environnement, ce qui est
en soi une entreprise hasardeuse. Mais j'ai eu l'occasion d'étudier
quantité de données et de considérer de nombreux points de vue. Mes
conclusions sont les suivantes :
La science a ceci de fascinant que, pour un investissement en
faits ridiculement bas, on obtient un rendement en conjectures
étonnamment élevé.
Mark Twain
Dans toute question d'importance, il y a des aspects que personne ne souhaite aborder.
George Orwell
16022006_La_TERRE :_"ETAT_D'URGENCE"_ou_URGENCE_d'ETAT_....pdf
lundi 13 février 2006
La Terre va-t-elle geler dans cinquante ans ? Dossier
La question peut se
poser après les affirmations d'un scientifique russe, collaborateur de
l'observatoire d'astronomie de Poulkovo, qui dépend de l'Académie des
sciences de Russie. D'ailleurs, à force de lire des articles sur le
sujet, je me rends compte que le problème du changement climatique
ne s'arrête pas à la seule possibilité du réchauffement. Il semble
qu'un certain nombre de scientifiques arrivent, avec les mêmes données,
à une conclusion inverse : le refroidissement de la planète.
Comme
mon intérêt n'est pas de montrer la vérité sous un seul aspect (même
s'il semble que ce dernier rassemble la majorité...), j'ai eu envie
d'explorer la question sous un autre angle que celui exposé jusqu'alors
sur NaturenDanger (le réchauffement global de la planète) et de trouver des articles ou parutions sur le refroidissement de la planète. Histoire de se faire une opinion par soi-même.
Nous allons y revenir, mais tout d'abord, voici l'article paru sur Courrier International.
"Khabiboullo Abdoussamatov est
un scientifique singulier. Selon lui, "vers la moitié du XXIè siecle, la Terre
sera menacée non par un réchauffement global, comme le pense l'ensemble du monde
scientifique, mais par un refroidissement global", rapporte Gazeta.ru. Il fonde ses affirmations sur une étude des variations cycliques de l'activite solaire à long terme. Ainsi, "au
cours du XXè siecle, le rayonnement du Soleil a augmenté peu à peu, de même que
la quantité d'énergie émise – qui atteint aujourd'hui son maximum", note le
quotidien en ligne russe. Nous devrions donc assister à une chute de l'activité
solaire, qui devrait débuter à partir de 2012-2013 et se poursuivre jusqu'en
2035-2045. "Ainsi, avec un retard de quinze à vingt ans, commencera un sévère
refroidissement du climat."
D'après Gazeta.ru, les observations de la baisse d'activité
solaire effectuées par Abdoussamatov sont confirmées par des collègues
américains du Groupe de physique du Soleil, à l'Institut de technologie du New
Jersey.
Pour l'heure, selon de nombreux météorologues et
climatologues, le réchauffement climatique mondial se poursuit et devrait encore
s'accentuer. Reste que la question des changements climatiques planétaires
oppose deux points de vue scientifiques, celui du réchauffement et celui du
refroidissement. En fait, "les deux parties s'accusent mutuellement de défendre
des positions partisanes" liées à des intérêts financiers. (Point de vue très intéressant, voire, à développer).
Gazeta.ru cite également d'autres thèses sur le
refroidissement climatique, mais à l'échelle de l'Europe. Cela se produirait en
conséquence de la perte de puissance du Gulf Stream, le courant océanique qui
tempère le climat de l'Europe occidentale."
Source :
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=59812&provenance=ecologie&bloc=03#
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"Pour l'heure, selon de nombreux météorologues et
climatologues, le réchauffement climatique mondial se poursuit et devrait encore
s'accentuer."
Voyons ce que nous allons pouvoir trouver en dehors de l'annonce faite par Khabiboullo Abdoussamatov, qui viendrait contredire la thèse du réchauffement climatique global.
Tout d'abord, nous allons apposer trois graphiques issus de la Nasa dont la lecture risque de vous surprendre.
Graphique montrant l'évolution de la température mondiale de 1880 à 2003.

Graphique numéro 1
Températures
moyennes relevées depuis plus d'un siècle par les stations
météorologiques du monde entier. Graphique extrait de la base données
NASA-Goddard et utilisé par les Nations-Unies.
Regardons bien ce graphique :
On peut y voir que les températures s'élèvent
depuis la fin
du XIXè siècle mais qu'il y a une accélération de ce mouvement à partir
du début des années 70, à l'époque où l'industrialisation devient très
forte. C'est la preuve du réchauffement planétaire.
D'après les experts
prônant le réchauffement climatique et l'augmentation des températures
à la surface de la terre, l'augmentation du taux de dioxyde de
carbone (conséquence de l'industrialisation) serait responsable de
l'élévation rapide de la température depuis 1970, comme le montre ce
graphique. Mais comme le montre ce graphique, l'augmentation des
températures est effective depuis 1880 (date de base pour ce
graphique). Qu'est-ce qui a provoqué le réchauffement durant cette
période ? L'oxyde de carbone ? Pourtant, l'industrialisation
était bien moindre en 1890, pourtant, les températures augmentent bien.
Le niveau de dioxyde de carbone était-il en accroissement à cette
époque ?
Eh bien oui !
Voici un autre graphique qui montre l'évolution du CO2 et de la température mondiale de 1880 à 2003.

Graphique numéro 2
Températures
moyennes relevées depuis plus d'un siècle par les s



























