lundi 3 avril 2006
Le phoque moine
Le phoque moine de Méditerranée Monachus monachus est un mammifère marin, appartenant à l'ordre des Pinnipèdes.
Autrefois largement répandu en Mer Noire, dans tout le bassin Méditerranéen et sur la côte Atlantique Nord-Ouest de l'Afrique jusqu'à la péninsule du Cap Blanc en Mauritanie, sa population est maintenant réduite à quelques groupes dispersés, sous la menace permanente d'une extermination. Actuellement en Méditerranée, il existe une population d'environ 100-150 phoques, dispersée entre les innombrables îles de la Mer Égée. Partout ailleurs, en Méditerranée nord-occidentale, en Adriatique, en Méditerranée orientale, à Madère dans l'Atlantique, les groupes de phoque moine sont réduits à quelques individus.
Plus précisément, le phoque moine a disparu de France continentale vers la fin de la dernière guerre. Le dernier a été aperçu en Corse en 1973. Cette population, très menacée, ne survit qu'en quelques points de Méditerranée (Grèce, Turquie ...) et du nord-ouest de l'Afrique (Maroc, Mauritanie et Madère).
Sur la côte atlantique saharienne subsiste encore la plus importante population mondiale de l'espèce. Composée d’environ trois cent individus jusqu'à mai 1997, elle est actuellement réduite à une centaine d'individus.
A l'exception de certaines localités de la côte saharienne atlantique, le phoque moine occupe toujours des zones côtières rocheuses dans son aire de distribution actuelle. Son habitat formé généralement de grottes, constitue un refuge pour l’espèce qui a probablement dû adapter son lieu de repos à terre au cours des temps en fonction des menaces.
Son pelage est de coloration à
peu près uniforme, variable du fauve clair au brun foncé, plus claire sur la face
ventrale. Les poils sont courts, d'un demi-centimètre environ, formant un pelage ras, puisqu'il vit dans une eau chaude et non dans des océans glacés comme la plupart des autres phoques.
Chez les nouveau-nés, les poils sont plus longs, d'aspect laineux et de couleur franchement noir. Autour de la région ombilicale se trouve généralement une large tache blanche (caractéristique de l'espèce), dont la forme peut être très variable suivant les individus. La tête est de forme arrondie, avec un net décrochement de profil, entre le museau et le crâne.
Le phoque moine mesure 2,40 à 2,80 mètres de long pour un poids variant entre 250 et 400 kg. Sur terre, il est moins sociable que la plupart des autres phoques : la mère vit avec son petit, ou en groupes espacés. La naissance des bébés a lieu dans une grotte, entre mai et novembre, après 11 mois de gestation.
En dehors de la période de reproduction, où les phoques sont observés près des côtes, on ne sait pas vraiment s'ils vivent en pleine mer ou s'ils restent sur le rivage. D'après les spécialistes, il semble que le phoque moine ne s'éloigne guère des côtes. La longévité du phoque moine est estimée à 30 ou 40 ans.
Le
phoque moine de Méditerranée cherche les grandes côtes rocheuses
abruptes, battues par les vagues et les embruns, où le dérangement par
l'homme est minime. Il cherche, sur ces littoraux, de vastes grottes où
il aime se reposer et mettre-bas.
Le régime alimentaire apparaît très diversifié, et présente des dominantes selon les espèces les plus abondantes dans un endroit donné (sardines et thon, anguilles, homards et pieuvres). Du fait de ses performances très moyennes en plongée (6 minutes à 10 mètres et 3 minutes à 30 mètres), le phoque moine recherche sa nourriture à une profondeur comprise entre 0 et 100 mètres, principalement dans les quarante premiers mètres.
La reproduction du phoque moine
Dès la fin du printemps, les femelles s'isolent et fréquentent les grottes sous-marines. C'est dans ces grottes, souvent très spacieuses et avec une entrée étroite au dessus du niveau de la mer, que la femelle va mettre bas. Les petits naissent entre mai et novembre, après 11 mois de gestation. Le petit, au pelage noir laineux, mesure moins d'un mètre (90-100 cm) et pèse entre 10 et 20 kg. Au bout de 2 semaines, il pèse déjà 80 kg et effectue son premier bain, en compagnie de sa mère. Enfin, au bout de 6 à 8 semaines, le jeune phoque est sevré et "abandonné" par sa mère, qui cherche à se reproduire.
Malheureusement, la mortalité des bébés est très importante. Près d'un jeune sur deux meurt, avant d'avoir été sevré et de s'être émancipé naturellement. Les raisons sont simples : auparavant, les femelles mettaient bas sur des plages ou des petites criques très tranquilles et protégées. Maintenant, ces paradis étant plus du tout sauvages et fortement prisés par l'homme, les femelles ont choisi de mettre bas dans des grottes sous-marines. Ces grottes sont certes sauvages, mais pas à l'abri des tempêtes et des grosses vagues. Ainsi, très souvent, le niveau d'eau augmente dans la grotte à cause de grosses vagues ou de tempêtes et le petit, arraché à sa mère, est emporté avant même de savoir nager.
Si le jeune réussit à survivre, sa maturité sexuelle interviendra à l'âge de 5 ans environ.
Les autres populations de phoque moine dans le monde
La population de Madère et de Mauritanie
La dernière véritable population de phoques moines de Méditerranée survit sur les côtes mauritaniennes, avec 110 à 120 individus. En effet, contrairement à la population dispersée de Grèce et de Turquie, ces phoques vivent encore en société. De plus, une vingtaine d'individus subsistent du côté de Madère, autour de la zone protégée des îles Désertas.
Cette population se situe donc dans les environ du Cap Blanc, au Sahara Occidental, entre la Mauritanie et le Maroc. La colonie a élu domicile dans des falaises battues par les vagues, où se trouvent de nombreuses grottes, indispensables pour la mise-bas des femelles. Etant donné l'instabilité politique de la zone, cette population n'est pas menacée par le tourisme. De plus, la péninsule du Cap Blanc en Mauritanie est classée en réserve naturelle depuis 1986. En 2001, 22 bébés phoques moines ont vu le jour, mais les tempêtes, très violentes dans cette zone, en ont tué 10 rapidement.
Cependant, la colonie a été victime d'une hécatombe. Sur 300 individus en 1997, les deux tiers sont morts au printemps de cette même année, à cause d'une intoxication par des algues rouges. Il est donc évident que cette population n'est pas à l'abri d'un dégazage sauvage ou d'une épidémie. Les pêcheurs locaux s'attaquent parfois aux phoques, qu'ils jugent concurrents. Mais en fait, tout comme les phoques, ils sont victimes des flottes internationales de pêches qui dévalisent les océans de leurs ressources poissonnières.
Heureusement, une équipe scientifique suit et tentent de protéger les phoques, grâce notamment à des caméras installées dans les grottes afin d'observer les mises-bas... Ainsi, si un jeune est arraché de sa mère par une vague, ils vont tenter de le secourir, de le soigner puis le relâcher dans des zones spécialement adaptées. Cette population est, en plus, loin de tout dérangement humain, ce qui est indispensable au succès des reproductions.
La population de Méditerranée Orientale
La dernière population méditerranéenne de phoques moines compte entre 100 et 150 individus, localisés en Méditerranée Orientale.
Le principal noyau de cette population survit entre la Grèce et la Turquie. Les derniers phoques moines fréquentent donc les innombrables îles de la mer Egée, des Sporades du Nord (plus d'une cinquantaine) à la Crête en passant par les Sporades du Sud (Dodécanèse) et les Cyclades, ainsi que les côtes turques. Quelques individus erratiques sont observés de temps à autres plus à l'ouest, sur les côtes d'Afrique du Nord (Lybie, Algérie, Tunisie, Algérie), de l'Adriatique (Croatie, Albanie...) voire en Sardaigne, mais ne forment pas de populations proprement dites.
Les phoques moines sont très rares et ils sont très difficiles à observer. Ces pinnipèdes sont menacés par le tourisme et la surfréquentation des côtes. Cette surfréquentation oblige les femelles à mettre bas, non plus sur les plages comme avant, mais dans des grottes de falaises rocheuses, ce qui augmente la mortalité des jeunes lors des tempêtes, souvent très violentes. Certainspêcheurs constituent encore une menace pour les phoques, mais la plupart ont maintenant compris que ce mammifère n'est pas un rival. Il suffirait malheureusement d'une marée noire, d'une épidémie comme c'est arrivé récemment en Mauritanie, pour anéantir les quelques survivants. Il faut savoir que cette population est dispersée et ne vit qu'en petits groupes de 2 ou 3, autour des nombreuses îles grecques et le long de la côte turque. En hiver cependant, les groupes observés à Alonnissos se composent de 9 individus environ.
Heureusement, afin de protéger les derniers phoques ainsi que leurs lieux de mise-bas, des parcs marins ont été créés, aussi bien en Turquie qu'en Grèce. D'ailleurs, dans ce dernier pays, il existe un parc national marin, bientôt un deuxième, ainsi que plusieurs zones de protection :
Dans les Sporades du Nord, certaines îles sont très touristiques, tandis que d'autres ne sont habitées que par des pêcheurs et des phoques. En 1990 a donc été créé le National Marine Park of Alonissos - Northern Sporades (NMPA-NS), autour de nombreuses îles et îlots, afin de protéger le phoque moine. Ce parc de 2200 km² comprend une zone B de protection minimale (678 km²) entre les îles d'Alonissos et de Péristera, une zone A de protection renforcée entre les îles de Kyra Panaya, de Yura, de Skantzoura et de Psathura, et une "Core zone" de protection maximale autour de l'île de Pipéri. Cette dernière île est totalement interdite aux pêcheurs et aux plaisanciers et seuls quelques scientifiques ont le droit d'y accéder. En effet, les nombreuses criques et falaises rocheuses de cette île abritent encore une belle petite population de phoques, ainsi que la plupart de leurs lieux de reproduction.
Dans les Cyclades, une nouvelle zone de protection a été mise en place grâce à Natura 2000 : il s'agit des îles de Kimolos et Palyaigos, au nord de l'île de Milos. Ce secteur deviendra prochainement le deuxième parc national marin grec pour la protection des phoques moines.
Enfin, dans le Dodécanèse, une dernière zone de protection a été créée au nord de l'île de Karpathos (entre les îles de Crète et de Rhodes)., toujours dans le cadre de Natura 2000.

Le
phoque moine est une espèce menacée d'extinction, il fait parti de la
liste des douze espèces animales les plus menacées de disparition du
globe, selon l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature
(UICN). C’est en 1978, que l’on commence à prendre conscience de son
déclin : si en 1980, il ne restait plus que 600 à 1.000 individus, dix
huit ans plus tard la population mondiale n'est plus que de 200 à 300
individus !!
Il est d’ailleurs aujourd'hui presque impossible d'observer des phoques moines en Méditerranée. Ce paisible et sympathique animal est en passe de devenir un mythe.
Les causes de sa disparition
Les causes de ce déclin sont multiples mais toutes d'origine humaine.
Dérangements causés par la navigation de plaisance motorisée
Surfréquentation des plages (sites de mise-bas potentiels de l'espèce)
Hostilité des pêcheurs.
Toutes ces causes cumulées ont eu raison des derniers palmipèdes de Méditerranée Occidentale. En Corse, les derniers survivants ont tous été tués par les pêcheurs locaux.
L'historique de sa disparition en France
Historiquement, les plus importantes colonies se localisaient à l'est de Marseille (Calanques de Marseille et de Cassis, côte varoise, îles d'Hyères...). Un groupe important habitait également les Pyrénées-Orientales, en relation probable avec la population des Baléares.
A la fin du XIXème siècle, le phoque moine était encore présent sur toute la côte méditerranéenne, de Nice et Banyuls. Cependant, à cette époque déjà, il était considéré comme rare sur la côte languedocienne.
Une des populations importantes de France se situaient dans l'archipel des îles d'Hyères.
Jusqu'au
début du XXème siècle, le phoque moine de Méditerranée se reproduisait
et abondait encore sur les plages de l'archipel des îles d'Hyères.
Malheureusement, à partir de 1921, on constate une chute brutale des
observations et un déclin très rapide de l'espèce. Le dernier phoque
moine des îles d'Or a été tué dans les années 1940 et les derniers
individus auraient été aperçus jusque dans les années 1950.
En Corse, l'espèce s'est maintenue quelques décennies de plus. Si la raréfaction débuta entre 1920 et 1930, le plus grand déclin fut observé dans les années 1960.
En 1973, le dernier phoque moine des côtes françaises est observé au sud de Propriano (Corse-du-Sud) au sud-ouest de l'île. Toujours dans le sud de l'île, un autre animal erratique est observé 10 ans plus tôt, en 1963, dans une grotte sous-marine des Bouches de Bonifacio (Corse-du-Sud).
Enfin, en 1970, la dernière observation du nord de l'île fut rapportée de la presqu'île de Scandola, entre Calvi et Porto (Haute-Corse), sur la côte nord-ouest.
Les
causes du déclin du phoque
moine sont toutes liées à l'action de l'homme. En dehors des croyances
et intérêts
mercantiles du passé, les principales causes de sa disparition sont
liées à l'attitude des pêcheurs et à la disponibilité trophique. La
Méditerranée est une mer fragile
dont la productivité biologique est inférieure à celle de l'Atlantique,
si à cela on
ajoute la surexploitation des stocks de poisson, on peut se rendre
compte de la
difficulté pour le phoque moine à se procurer la nourriture dont il a
besoin. Il était jusqu'à peu,
pourchassé (abattu à coup de fusil ou autre) par les pêcheurs qui le
considéraient comme
un compétiteur et qui lui reprochaient, en outre, de venir manger dans
leurs filets en les
détériorant.
D’autre part, la forte expansion touristique et industrielle du littoral, l'effondrement des grottes, la pêche, et les infections virales sont autant de menaces auxquels s'ajoute la pollution des zones où il vit, contribuant également au déclin des populations en réduisant la ressource et l'habitat disponibles du phoque moine.
Le phoque moine de Méditerranée est un des principaux mammifères menacés de disparition. Il est à la sixième place !
A l'heure actuelle, la principale menace - essentiellement pour les individus présents en Méditerranée - semble être la surfréquentation des côtes et leur urbanisation. Les phoques, très sensibles aux dérangements, ont du mal à trouver des grottes sous-marines encore sauvages. Il suffit qu'un bateau ou un plongeur s'approche trop près d'une grotte pour que la femelle abandonne son petit.
De plus, la mortalité des bébés est très importante. Près d'un jeune sur deux meurt avant d'avoir été sevré et de s'être émancipé naturellement. Les raisons sont simples : auparavant, les femelles mettaient bas sur des plages ou des petites criques très tranquilles et protégées. Maintenant, ces paradis n'étant plus du tout sauvages et fortement prisés par l'homme, les femelles ont choisi de mettre bas dans des grottes sous-marines, certes sauvages, mais non protégées des tempêtes et des grosses vagues. Ainsi, très souvent, le niveau d'eau augmente dans la grotte à cause de grosses vagues ou de tempêtes et le petit, arraché à sa mère, est emporté avant même de savoir nager.
Le braconnage, autrefois principale menace pour les phoques moines, semble s'être arrêté en Méditerranée, mais continue en Mauritanie et au Maroc. Dans ces dernières régions, les pêcheurs s'en prennent parfois aux phoques, qui selon eux, constituent une menace pour leur activité, primordiale dans cette région très pauvre. En fait, pêcheurs et phoques moines sont victimes des mêmes flottes multinationales de pêches qui dévalisent les océans de leurs ressources poissonnières.
Enfin, une dernière menace pourrait être la consanguinité, puisqu'il n'existe plus de contacts entre les populations méditerranéenne et atlantique, et puisque les populations sont fortement réduites actuellement.
Divers organisations internationales (CEE, IUCN, etc.) se mobilisent depuis plusieurs années pour la sauvegarde du phoque moine, la tâche à accomplir est très lourde, compte tenu de la longueur de mise en oeuvre effective des mesures adoptées.
Pour protéger des portions de côtes, encore habitées par le phoque moine, il faut créer des parcs ou des réserves marins, susceptibles de protéger le phoque moine. C'est actuellement le cas en Grèce avec le Parc Naturel marin d'Alonissos (Sporades du Nord), la zone protégée de Kilomos-Polyaigos (Cyclades) et la zone protégée de Karpathos-Saria (Dédocanèse) ; à Madère avec la zone protégée des Iles Desertas et en Mauritanie avec la Réserve Naturelle du Cap Blanc. Ces parcs doivent interdire la présence et la navigation des plaisanciers, autour de certaines îles primordiales pour la reproduction du phoque. De plus, dans certains espaces protégés comme les Sporades, toutes les grottes où les femelles mettent bas sont surveillées par des caméras infrarouges, afin de pouvoir intervenir si un petit est emporté par une vague.
Il existe deux centres de soins et de réhabilitation du phoque moine de Méditerranée : le premier en Mauritanie et le deuxième en Grèce. Ils ont pour mission de recueillir des phoques blessés, malades mais surtout orphelins. D'autres centres sont en projet. Après une période de convalescence, les jeunes phoques sont relâchés en mer avec un surplus de poids leur permettant de jeûner quelques semaines.

Phoque moine en phase de soins
La sensibilisation, des pêcheurs comme des plaisanciers, doit se poursuivre et être étendue. Il s'avère que ces mesures sont efficaces, puisqu'en Grèce, la majorité des pêcheurs acceptent le phoque, signalent même leurs observations aux scientifiques et recueillent parfois de jeunes orphelins. Pour l'éventuel manque à gagner dont souffriraient les pêcheurs par la présence du phoque moine, des indemnisations sont prévues.
Enfin, il faudrait prélever quelques phoques dans les colonies méditerranéennes ou atlantiques, les installer en captivité et les faire se reproduire. Dès que l'effectif captif sera important, on pourrait relâcher des individus, soit dans les colonies existantes pour les renforcer, soit sur des sites inoccupés comme en Méditerranée Occidentale. Malheureusement, certains scientifiques sont encore hostiles à cette mesure.
Un Centre de secours et de réhabilitation des phoques moines, fondé en 1990 à Alonissos (dans le Parc National marin), recueille les jeunes phoques orphelins et inexpérimentés.
Après une période de convalescence, ils sont relâchés en mer avec un surplus de poids leur permettant de jeûner pendant quelques jours. De plus, toutes les grottes des Sporades fréquentées par les phoques sont équipées de caméras infra-rouge, afin d'agir si un bébé est en difficulté. 12 biologistes et 2 bateaux sont ainsi prêts à appareiller en cas de danger. Il semblerait même que, depuis quelques années, les naissances augmentent légèrement.
A noter également que les pêcheurs ne constituent plus une menace pour les phoques et aident au contraire très souvent les biologistes en leur faisant part de leurs observations et en recueillant parfois les orphelins. Ainsi, la sensibilisation des pêcheurs et des plaisanciers semble porter ses fruits.
Enfin, les
derniers phoques moines semblent se réfugier sur les îles désertiques
convoités par les grecs et les turcs et où l'accès est totalement
interdit à l'homme. Ces deux pays protègent donc, sans le vouloir, les
derniers phoques moines de Méditerranée.
12042006_Le_phoque_moine_de_Méditerranée. PDF
Source :
Le Règne Animal - Editions Gallimard
Inventaire de la Faune menacée en France - Livre rouge - MNHN et WWF chez Nathan (1994)
http://www.aquanaute.com/
Crédit photos :
http://www.aquanaute.com/
http://www.milostravel.com/
http://www.manon.org/
http://www.chene.asso.fr/
http://www.ecogestes.com/
http://www.wwf.be/
dimanche 2 avril 2006
Le grand requin blanc ou Grand Blanc
Le grand requin blanc plus connu sous le nom de "grand blanc" appartient à un groupe de
requins appelés Requins De Maquereau. Son nom commun a été
dérivé de son bas ventre "blanc".
Le grand requin blanc a la réputation d’être un solitaire. Pourtant, les dernières observations tendant à démontrer que leurs relations sociales sont plus complexes qu’on ne le supposait.
Les îles Farallon sont un groupe d’îles isolées dans l’océan pacifique. Elles se situent à 40 km des côtes de Californie. Ces îles sont devenues une réserve protégée où la forte population de phoques peut vivre en paix. A l’automne où la population est la plus dense, les requins blancs sont également présents. C’est là que l’on a pu observer des groupes de grands blancs qui semblaient vivre en parfaite harmonie.
On a également pu confirmer que plusieurs grands blancs peuvent se partager la même proie. L’accès à la nourriture est, semble t-il déterminé, par une série de messages visuels et de positions. La taille est de toute évidence un facteur déterminant dans la hiérarchie. Le plus grand contrôle la situation. Si un requin s’approche d’une carcasse fraîchement tuée et qu’un plus gros surgit des profondeurs, le premier cède la place.
Aucun combat entre mâles n’a été observé.
On ne peut pas réellement parler de structure sociale comme on le voit chez les lions car les individus n’ont pas de liens de parenté entre eux. Cependant, un code social existe bel et bien en cas de regroupement.
A nous d’apprendre à le déchiffrer.
Les requins n'ont pas d'os. Ce sont des poissons cartilagineux.
Les Grands Blancs mesurent entre 3,5 et 6 mètres de long, et pèsent en moyenne 1.500 kg, pour ce que l'on en sait dans l'état actuel de nos connaissances. Les femelles sont plus grandes que les mâles.
Anatomie du Grand Blanc
La peau du Grand blanc est épaisse ; ceux qui
prétendent qu'il est possible de se glisser sous le ventre d'un requin
blanc et de le lui ouvrir avec un couteau se trompent lamentablement… Si
l'on passe la main de la queue vers la tête, on sent que cette peau est
rugueuse à cause des écailles, dites placoïdes, qui la recouvrent.
Si on les observe de près, on s'aperçoit qu'elles comprennent
une plaque basale enchâssée dans le derme et une pointe tournée
vers la queue qui sort de la peau. L'épiderme est en fait une mosaïque
d'écailles.
L'étude physique de ces écailles montre que
leurs dimensions et leurs sculptures sont assez grandes pour réduire
les micro-turbulences de la couche d'eau laminaire qui entoure un requin en
train de nager, mais elles sont suffisamment petites pour éviter un accroissement
important de la surface mouillée. La combinaison de ces propriétés
augmente l'hydrodynamisme.
Les Grands Blancs ont en moyenne 2.800 dents en forme de triangle et réparties en rangées. Elles sont inclinées vers
l'intérieur de leur gueule, ce qui leur permet de mieux déchiqueter leur proies. Les dents du grand blanc peuvent se remplacer dans leur totalité en seulement 8 jours.
Formidable outil, tranchant et coupant
comme une lame de rasoir, elle lui permet de venir à bout de n'importe
quel proie. Le Grand requin blanc possède plusieurs rangées qui
permutent lorsque la première est " usée ".Les dents
sont grandes et larges, triangulaires, crénelées.


Dents supérieures et dents inférieures
Lors de l'attaque, les maxillaires
du requin se tendent en avant pour avoir une meilleure prise :
Voilà une photo de cette avancée
spectaculaire des maxillaires lors d'une attaque :
L'oeil du requin est une merveille d'efficacité optique. Il peut voir parfaitement même dans la quasi-obscurité. De même, son odorat est particulièrement développé. Il peut enregistrer à 1 km de distance les moindres vibrations.
Si les requins voulaient vraiment chasser l'homme, plus aucun plongeur ne pourrait s'aventurer dans l'eau. Il se ferait automatiquement repérer. Des expériences ont été menées afin de déterminer pourquoi les grands blancs attaquaient les surfeurs.
Vu de dessous, une planche de surf ressemble énormément à un phoque. Mais, les planches placées comme appât n’ont pas été systématiquement attaquées. Sans doute parce que le grand blanc n’attaque que quand il a faim. De plus, il s’est surtout montré curieux en se servant de ses mâchoires pour tester l’objet. Le seul problème c’est qu’un simple test peut être mortel pour l’homme tant leurs mâchoires sont puissantes.
Aussitôt mordu, la planche était délaissée. Le requin blanc n’attaque donc pas l’homme qui n’est pas pour lui une proie habituelle. Il semble surtout curieux et observe tout ce qui se passe dans son environnement, principalement son territoire de chasse. C’est d’ailleurs pour cette raison, qu’il dresse la tête hors de l’eau ; simplement, pour avoir une meilleure perception de ce qui l’entoure.
Peu de plongeurs ont osé affronter le grand blanc en dehors d’une cage mais ceux qui l’ont fait sont toujours en vie. C’est à déconseiller aux plongeurs amateurs car ces plongeurs expérimentés possèdent une grande connaissance des requins.
Le grand requin blanc est un prédateur et se nourrit d'autres poissons, de cétacés, voire de baleines. Le phoque est la proie favorite du grand blanc qui adore surtout sa graisse plus que sa chair. Quand on observe un grand blanc sur son territoire de chasse, on fait immédiatement le parallèle avec le lion.
Ses relations avec le phoque sont identiques à celles qui existent entre le lion et la gazelle. Puissantes et tragiques, elles sont beaucoup plus complexes qu’on ne l’imaginait.
Si sur terre, le tigre est le plus grand des prédateurs, dans l’océan, cette place est tenue par le grand requin blanc. Dès la naissance, le jeune mesure près d’1,50 mètre et pèse plusieurs centaines de kilos.
Mais quelle définition peut-on donner au terme super prédateur qu'est le Grand Blanc ? Un animal sanguinaire, une machine à tuer ou tout simplement un prédateur qui se situe en haut de la chaîne alimentaire sans aucun ennemi ? La seconde définition semble plus appropriée au requin blanc qui n’a aucun prédateur à part l’homme bien sûr. Doit-on en déduire que le Grand Blanc attaque tout ce qui bouge ?
Les observations menées prouvent exactement le contraire. Ce prédateur ne tue jamais pour le plaisir mais uniquement pour survivre. Contrairement à d’autres requins comme le requin peau bleue, le Grand Blanc ne manifeste aucune frénésie au moment de s’alimenter.
Ce n'est que récemment que l'homme a pu découvrir les fonds marins situés à plus de 3.500 mètres. Au fond de l'eau, la vie a pris des formes surprenantes. Ressurgies du passé, des créatures préhistoriques ont survécues tels le crossoptérygien (découvert en 1987) et le requin grande gueule qui mesure plus de 5 m.
Parmi tous les grands prédateurs de notre planète, le grand requin blanc est le seul que l’homme ne peut enfermer. Il représente l’essence même de la nature sauvage. Majestueux et implacable dans son environnement naturel, il deviendrait certainement pathétique dans un zoo comme le sont les tigres.
L’Afrique du Sud est le premier pays à avoir pris des dispositions pour protéger le grand blanc ; l’Australie a suivi en 1997. La Californie a pris également des mesures. Le Japon n’a toujours rien fait mais comme d’habitude, tout ce qui vient de la mer fait chez eux l’objet d’une surenchère commerciale.
Dans la mesure où toutes les tentatives de maintien en captivité ont échoué, seule une protection mondiale pourra sauver ce super prédateur. A moins, que d’ici là, la pollution ait décimé les populations. Ce jour là, l’homme se retrouvera face à son destin : Souverain d’un royaume sans sujet.
Parmi tous les requins, le grand blanc est l’un des plus méconnus. Quelques scientifiques ont donc entrepris d’étudier ce prédateur dans son milieu naturel.
L’intérêt de ces observations est que l’absence d’interférence avec l’homme a permis de recueillir des informations sur son comportement. A aucun moment, le grand blanc n’a été stimulé de manière à ne pas fausser les données. Il faut préciser que la caméra, fixée sur plusieurs requins, ne reste en place qu’environ 2 h.
Le grand blanc nage près de la surface ou en profondeur mais jamais entre les deux. Au fond de l’eau, sa couleur gris noir lui fournit un camouflage parfait.
La baisse de température de l’eau dans les grandes profondeurs ne semble pas être un handicap pour les grands blancs qui entretiennent une température élevée (jusqu’à 14°C de plus que la température ambiante). Jusqu’à quelle profondeur descend t-il ? 300 m est un minimum mais on avance des chiffres de 1.000 m.
Techniques de chasse du Grand Blanc
Quand il est au fond, il chasse en embuscade. Invisible de la surface, il peut guetter sa proie pendant des semaines. Le lion de mer nage lui aussi près du fond mais il devient vulnérable quand il remonte à la surface. Dès que sa victime remonte, le grand blanc accélère l’allure et se jette sur elle. Des profondeurs, il se lance comme une torpille et heurte sa victime par en dessous. L’impact du choc est tellement violent qu’il suffit à assommer la victime.
Rusé et sélectif, il va employer une toute autre méthode avec les phoques. Ces derniers sont extrêmement agiles et se méfient de leur plus grand prédateur. Mais qu’à cela ne tienne, notre grand blanc qui n’est pas né de la dernière pluie modifie son approche.
Les phoques se réunissent en groupes pour mieux se protéger. On a constaté qu’ils nageaient toujours derrière le grand blanc qui rode dans les parages. Pourquoi ? Sans doute pour ne jamais perdre de vue l’ennemi. Leur objectif est de ne pas finir dans l’estomac du requin. De son côté, le grand blanc fait mine de ne pas apercevoir leur manège. Il continue, indolent, à nager lentement sans sembler s’intéresser à eux. En réalité, il est à l’affût du moindre individu isolé qui ne respecterait pas les règles du «jeu». Le moindre imprudent est aussitôt dévoré.
Le grand blanc ne choisit jamais sa proie au hasard.
Il peut la flairer à plusieurs kilomètres de distance. Il peut déceler un gramme de sang dans une tonne d’eau ce qui donne une idée de l’efficacité de son odorat. Le Grand Blanc suit cette trace comme un chien qui suit un rôti. C’est là qu’intervient la vue qui est perçante. Grâce à ses capteurs, il sent les variations de pression transmises par l’eau. La moindre variation, aussi infime soit-elle, l’averti,
comme un homme sent un souffle de brise sur la peau.
Les ampoules de Lorenzini lui permettent de capter toutes les impulsions électriques.
Le grand blanc peut ainsi «lire» son menu avant de choisir son plat principal.
Prudent en règle générale, le requin commence à tourner autour de la proie. Pourquoi cette prudence ? Pas par peur mais simplement pour s’assurer que le menu est alléchant. C’est le même principe que l’amateur de vin qui sent un grand cru avant de le savourer. Notre grand blanc possède en effet sur tout le corps des récepteurs de goût semblables à nos papilles.
Si la proie est à son goût, l’attaque commence.
Le grand blanc utilise le «saut du diable» uniquement quand la proie est un mammifère marin comme l’otarie.
L'intelligence du Grand Blanc
Il ne faut pas commettre l’erreur de vouloir comparer l’intelligence animale à la nôtre. D’ailleurs, la notion d’intelligence est très imprécise.
En ce qui concerne le grand blanc, on peut parler d’une évidente faculté à anticiper les situations.
De ce fait, selon les circonstances et les proies, il met en œuvre une stratégie adéquate. Je suis par contre certaine que cette faculté d’anticipation peut, sur une longue période, modifier le comportement de toute une espèce.
Les jeunes ne bénéficient pas de l’apprentissage de leurs parents, pourtant, une fois adultes, ils mettront en pratique les mêmes méthodes qu’ils adapteront, à leur tour, aux changements d’environnement.
Aujourd’hui, on ne connaît que 10% de la partie frontale qui est réservée à la fonction olfactive. Les 90% restant sont un mystère. Cependant, la partie réservée à la fonction sociale, à la mémoire ou à l’imagination est absente chez le requin.
Il semblerait que ses neurones soient centrés sur la perception de son environnement. Il est donc probable que le grand blanc possède surtout un "super équipement" nécessaire à son rôle de grand prédateur.
Mais, il nous reste encore beaucoup de choses à apprendre sur lui.
La reproduction chez le Grand Blanc
Les femelles portent de nombreuses cicatrices. On suppose qu’il s’agit de marques laissées par les prétendants. On en déduit donc que leurs mœurs sexuelles ne sont pas tendres. On sait également que le mâle atteint sa maturité sexuelle vers 10 ans pour une longévité estimée entre 25 et 30 ans.
L’accouplement a lieu au fond des océans et n’a jamais pu être observé. Malgré tout, on en sait un peu plus sur leur mode de reproduction. La femelle est ovovivipare mais on ne sait pas si au cours du développement embryonnaire, le cannibalisme intra-utérin s’effectue. On ne fait que le supposer.
Une chose est certaine, le taux de reproduction est faible avec des portées de 2 à 10 jeunes maximum tous les deux ans environ.

Appareil reproducteur du Grand Blanc mâle
a) testicule
b) épididyme
c) canal déférent
d) vésicule séminale
e) sac spermatique
En principe, un éléphant de mer suffit à nourrir un grand blanc pendant 2 à 3 mois. Une femelle, qui revient chaque année chasser au même endroit, a pu être observée.
Elle tue environ 3 proies de cette importance par saison. On en déduit donc qu’elle emmagasine de la graisse pour aller se reproduire dans les profondeurs. La femelle doit certainement rester à jeun pendant la période de reproduction.

Appareil reproducteur du Grand Blanc femelle
a) ovaire
b) glande nidamentaire
c) oviducte
d) utérus
e) cloaque
Protection du Grand Blanc
En octobre 2004, le requin blanc est enfin classé parmi les espèces protégées. Sa chasse sera donc très sévèrement réglementée. Il était temps car ce superbe prédateur, victime de sa mauvaise réputation, est en voie d’extinction.
Cette proposition provient de l’Australie et de Madagascar. Ces deux pays ont en effet constaté une diminution drastique de la population de grands blancs dans leurs eaux.
A partir de maintenant, comme le requin baleine et le requin pèlerin, le grand requin blanc figure à l’Annexe II de la CITES.

Le commerce des têtes de requins
Il est difficile d’évaluer précisément la population de requins blancs, qui n’est pas surveillée de près. En compilant des rapports de pêche dans l'océan Atlantique nord-ouest de 1986 à 2000, des chercheurs canadiens d’après avaient estimé que le nombre de requins blancs avait chuté de 79% pendant cette période. Globalement, la population de requins avait décliné de plus de 50% en 15 ans.
En Australie, le nombre de requins blancs dans ses eaux ont diminué de 94% entre 1980 et 1990. Quelque 500 de ces grands requins y seraient tués chaque année. L’Afrique du Sud a interdit la pêche du requin blanc (Carchardon carcharias) dès 1992 et d’autres pays, comme la Namibie, les Etats-Unis, l’Australie ou les Maldives avaient adopté des mesures de protection.
Conclusion
Les requins font partie de ces rares animaux qui réveillent en nous une peur ancestrale. Ils ont survécu à la colère de la Terre et ont su depuis toujours s'adapter à leur environnement.
Chaque année, plus de 100 millions de requins sont tués souvent
uniquement par plaisir et par ignorance. En Australie, 70% des requins
Grand Blanc ont disparus. Eux, qui ont traversé les âges et gagné tant
de combats contre la nature sauront-ils lutter contre leur seul
prédateur : l'homme.
A voir :
Le requin Blanc et les hommes :
L'histoire de Rodney Fox
L'observation du Grand Blanc
Une mauvaise réputation
Le massacre
Liens :
Le Grand Blanc, librement - http://www.longitude181.com/dossiers/requin/GRB.html
02042006_Le_grand_requin_blanc_ou_Grand_Blanc. PDF
Source :
http://ombrae.free.fr/
http://www.australianfauna.com/
http://www.dinosoria.com/
http://www.asso-apecs.org/
http://www.longitude181.com/
Crédit photos :
http://ombrae.free.fr/
http://discmat.free.fr/
http://www.dinosoria.com/
http://www.discoverychannel.fr/
mercredi 8 mars 2006
Les Cétacés - Baleines, dauphins et marsouins
Les cétacés - baleines, dauphins, marsouins,
cachalots, et autres orques
- sont probablement les plus spécialisés des animaux. Malgré leur forme de
poisson, des poils généralement absents ou isolés
sur la mâchoire, le menton ou le rostre (partie du crâne devant les yeux),
leurs membres antérieurs palmés et aplatis en
nageoires dont les doigts osseux sont enfermés dans un tégument commun
et leurs postérieurs restés à l'état de vestiges et situés à l'intérieur du
corps, ce sont des mammifères : ils respirent de l'air avec leurs poumons et
allaitent leurs petits avec la sécrétion de leurs glandes mammaires.
Le mot
"cétacé" vient du grec kêtos, qui veut dire "grand animal - ou
monstre - marin".Ces animaux sont en effet souvent grands, leur taille
allant de 1m pour certains dauphins à 25m pour la baleine bleue, qui est
l'animal le plus grand que la
Terre ait jamais porté.
On les divise en deux
sous-ordre : les cétacés à fanons (baleine à bosses, baleine franche,
etc.) et les cétacés à dents (dauphins, orques, marsouins, cachalots) ou en trois sous-ordres : les Archéocètes (aujourd’hui
disparus), les Mysticètes (cétacés à fanons) et les Odontocètes (cétacés à
dents). On les rencontre dans les mers du monde entier, et certains
vivent dans les fleuves des régions tropicales et subtropicales. A l'exemple du
rorqual bleu, ils sont nombreux à avoir été les victimes d'une chasse
systématique et à être menacés d'extinction.

Grosse et allongée, la tête du cachalot est dans le
prolongement direct de son corps long et fuselé. Comme beaucoup de cétacés,
celui-ci devient énorme à l’âge adulte : les mâles mesurent 18m de long et
pèsent plus de 50 tonnes.
C'est la classification traditionnelle qui est
privilégié dans cet article et qui divise les cétacés en deux sous-ordres,
celui des cétacés à fanons et des cétacés à dents. Les premiers passaient
autrefois pour les descendants des seconds, mais les preuves moléculaires
justifiant cette opinion sont aujourd'hui mises en doute. Donc, dans cette
classe des Mammifères dits "marins" et dans l'ordre des cétacés, on
trouve 13 familles et 83 espèces.
CETACES A FANONS
La mâchoire des cétacés à fanons porte entre 130 et 400
lames cornées, frangées sur le côté, qui remplacent les dents et servent à
filtrer les aliments.


CETACES A DENTS
Les dents de ce type de cétacé sont simples, coniques et
nombreuses chez la plupart. Les mâchoires forment parfois un bec comme ici avec
ce dauphin Delphinus delphis ou Dauphin des Anciens.
Les Archéocètes
Ils sont aujourd'hui éteints.
Comparativement aux Mysticètes et aux Odontocètes, ils étaient primitifs :
les os de leur crâne n'étaient pas télescopés, leurs dents de lait tombaient et
étaient remplacées par des dents permanentes, et ils avaient des membres
postérieurs réduits, probablement externes. Ces animaux à l'aspect de serpent
mesuraient jusqu'à 20 m
de longueur, et leur dentition bien garnie en faisait de redoutables
prédateurs. Leurs descendants sont les Mysticètes (cétacés à fanons) et les
Odontocètes (cétacés à dents).
Les Mysticètes
Il existe 4 familles de
Mysticètes incluant 13 espèces. Les Mysticètes ont deux narines charnues
(évents), tandis que les Odontocètes n'en ont qu'une seule. Les structures
permettant l'alimentation ont aussi évolué différemment chez ces deux groupes.
Les Mysticètes perdent leurs dents vestigiales avant la naissance, et elles
sont remplacées par des fanons. Ceux-ci sont des lames cornées (peau modifiée)
constituées de nombreux tubules fibreux et qui agissent comme
des filtres. Ces fanons pendent verticalement sous le palais.
Au moment où la
baleine ouvre bien grand la bouche, il s’y engouffre une grande quantité d’eau,
mais aussi de très nombreux petits organismes. La baleine n’a ensuite plus qu’à
refermer la bouche et presser la langue contre le palais pour expulser toute
l’eau. A ce moment, ses fanons retiennent les petits organismes dont elle se
nourrit, et elle n’a plus qu’à les avaler. Les fanons sont enracinés
dans le palais et suspendus en rangées de chaque côté de la mâchoire supérieure.
Leur face interne est frangée, et ces fibres entrelacées forment un tamis très
efficace pour retenir les petits poissons et le zooplancton constitué notamment
de krill
dont les baleines sont très friandes et qui constituent
le premier maillon de la chaîne alimentaire en mer.
Les espèces de cétacés à fanons :
Le rorqual
bleu
Le rorqual
de Bryde
Le rorqual
commun
Le rorqual
du nord (ou de Rudolphi)
Le petit
rorqual
Le petit
rorqual de l’Antarctique
La baleine
franche boréale
La baleine
franche du Pacifique
La baleine
franche de l’Atlantique
La baleine
franche australe
La baleine
(franche) pygmée
La baleine
grise
La baleine à
bosse (ou mégaptère)
Les Odontocètes
Il existe 71 espèces d'Odontocètes appartenant à 9 familles. La
majorité des Odontocètes possèdent des dents fonctionnelles et indifférenciées.
La nourriture, qui n'est pas mastiquée, passe dans l'oesophage, puis dans un
estomac spécialisé à plusieurs compartiments où se fait la digestion. Le rein
se divise en plusieurs petits lobules (300 à 3.000 par côté).
Les
Cétacés excrètent une urine semblable à celle des autres mammifères, mais il
semble que les dauphins peuvent produire, pendant de courtes périodes, une
urine dont la concentration en sels est exceptionnellement élevée.
Parmi les cétacés à dents, on compte 6 familles :
- les
Physétéridés : Tels que le cachalot
- les
Ziphiidés : appelés les baleines à bec
- les
Monodontidés : Tels que le narval et le bélouga
- les Platanistidés
appelés aussi dauphins de rivières
- les
Delphinidés : c'est la famille des dauphins tels que le grand dauphin, le
dauphin commun mais aussi de l'orque
- les
Phocoenidés : cette famille rassemble tous les marsouins
Les principales espèces de cétacés à dents :
Le dauphin
du Gange
Le dauphin
du Yang-tsé
Le dauphin
de l’Amazone
Le bélouga
ou baleine blanche
Le narval
Le marsouin
commun
Le marsouin
de Californie
Le marsouin
noir
Le marsouin
de Dall
Le sotalie
de Tansz
Le dauphin
de l’Orénoque
Le dauphin
de Gray
Le dauphin
de Gill
Le dauphin à
bec blanc
Le dauphin
de Risso
Le dauphin
Souffleur
Le dauphin à
long bec
Le dauphin
tacheté pantropical
Le dauphin
tacheté de l’Atlantique
Le dauphin
bleu et blanc
Le dauphin
des Anciens
Le dauphin du Nord
Le dauphin de l’Irrawaddy
Le dauphin de Commerson
Le dauphin d’Hector
Le Fausse orque ou faux
orque
Le globicéphale d’Inde
Le dauphin Hyperoodon boréal
L’épaulard
ou Orca
Le ziphius de Cuvier
Le cachalot nain
Le cachalot
ANATOMIE
Les cétacés ont le corps
glabre et fuselé, ce qui diminue la résistance à leur progression dans l’eau.
Les protubérances (les palmes, les deux volets horizontaux de la nageoire
caudale et la dorsale assurant la stabilité) sont réduites au strict minimum.
Les
organes génitaux ne dépassent pas. Les glandes
mammaires et les organes excréteurs sont situés à l'intérieur du corps et
contribuent ainsi à leur hydrodynamisme. Les cétacés respirent par des
évents, narines musculeuses situées au sommet de leur tête ce qui provoquent
ces « nuages de fumée » caractéristiques permettant de repérer les
baleines en mer ; les cétacés à fanons en ont deux et ceux à dents, une.
La respiration
aérienne se fait, comme nous l'avons dit, non par des narines situées à
l'extrémité du museau, mais par un long conduit appelé évent, qui s'ouvre au
sommet du crâne par un orifice simple ou double. Cette disposition permet à
l'animal de respirer sans sortir de l'eau et sans ralentir sa course pour
changer la position normalement horizontale de son corps : le crâne est quelquefois
asymétrique (Cachalot) quand le canal de l'évent ne se développe que d'un seul
côté.
Le larynx remonte jusque dans les arrières narines et les muscles du pharynx forment un véritable sphincter qui interrompt toute communication entre la bouche et les fosses nasales pendant l'acte de la respiration. Il en résulte que ce n'est pas un jet d'eau, comme on le croit encore trop généralement, qui sort de l'évent, mais un jet de vapeur humide et chaude, provenant du poumon, et visible seulement par condensation de la vapeur d'eau, comme l'haleine de tous les Mammifères, lorsque la température est basse, ce qui est le cas dans les régions où l'on fait la chasse aux grands Cétacés. L'eau que ces animaux avalent en mangeant est rejetée par la commissure postérieure de la bouche. Chez les Dauphins, on trouve un double sac propulseur, logé dans des cavités du crâne, et qui sert à accélérer le rejet de l'air expiré : la communication entre ce sac et le canal de l'évent peut être interrompue par des valvules.
Avant chaque respiration, les cétacés ouvrent leurs évents
et
expulsent à grand bruit un nuage d’air mélangé à des
gouttelettes d’huile.
Chez les
Baleines, on trouve, entre les cartilages-thyroïde et cricoïde, ce dernier
annulaire, des sacs très développés et qui constituent des réservoirs d'air :
les plis que présente le ventre des Baleinoptères sont probablement destinés à
permettre le gonflement plus ou moins considérable de ces sacs à contenu
gazeux. Les cartilages de la trachée se continuent jusque dans les ramifications
bronchiques les plus intimes du poumon, de manière à résister à la pression du
liquide ambiant sur les parois thoraciques : les poumons se prolongent très
loin en arrière et il existe une troisième bronche partant de la bifurcation de
la trachée pour se rendre à l'un des lobes du poumon droit.
Leur crâne est « télescopé », c'est-à-dire que
les os du rostre s'étendent sur et sous la cavité cérébrale. Sauf chez le
Cachalot macrocéphale (Physeter catodon), les narines sont situées sur
la partie supérieure arrière du crâne et permettent une respiration rapide et
efficace à la surface de l'eau.


Chez les cétacés, la propulsion est assurée par les mouvements verticaux de la queue. Ceux-ci sont par exemple assez puissants pour propulser hors de l’eau les deux tiers du corps d’une baleine à bosse.
ORGANES DES SENS
Les cétacés ont l’ouïe extraordinairement
fine bien qu’ils ne possèdent pas d'oreille
externe ; une ouverture de la taille d'un trou d'aiguille conduit à leur
canal auditif réduit ; leur vue est assez
bonne – elle porte jusqu’à 1m sous l’eau et 2,50m dans l’air – mais leur
perception des couleurs est limitée. Certains sont capables de faire converger
leurs yeux devant, au-dessus et derrière eux, et d’autres de les bouger
séparément mais il existe aussi des dauphins d’eau douce presque aveugle (le
Dauphin du Gange, par exemple). Quelques cétacés à dents se dirigent par
écholocation en émettant des cliquetis sur une haute fréquence, et communiquent
à l’aide d’une gamme de sons que l’oreille humaine ne perçoit pas. Les
émissions vocales d’autres cétacés sont encore mal étudiées. L’odorat est
inexistant chez tous.
Des
expériences ont permis de démontrer l'excellente vision des petits Odontocètes.
Cependant, plusieurs espèces de dauphins de rivière (Platanistidés) ont des
yeux réduits. Par exemple, le Dauphin du Gange (Platanista gangetica) et
le Dauphin de l'Indus (P. minor) sont presque aveugles. Les Cétacés ont
des papilles gustatives bien développées, mais leurs organes chémorécepteurs
sont atrophiés (organes de Jacobson chez les Mysticètes) ou absents
(Odontocètes).

Les cétacés à dents repèrent les obstacles et leurs proies en émettant sur une haute fréquence des sons que les objets rencontrés réfléchissent, exactement comme un sonar. Ces sons traversent le « melon » (poche remplie de fluide) qui les dirige en changeant de forme et leur écho passe par la mâchoire.
REPRODUCTION
Les baleines dont certains rorquals (la baleine à bosses par exemple) se reproduisent en hiver. Elles quittent les régions polaires, leur aire d’alimentation estivale, pour aller mettre bas dans des eaux tropicales, en général dans le voisinage de groupes d’îles ou dans des estuaires. Elles redeviennent tout de suite gravides et retournent, au printemps, dans les zones froides de la planète. D’autres baleines observent un cycle de reproduction saisonnier tout en ne migrant pas. L’accouplement est très bref chez tous les cétacés. Le pénis en forme de S du mâle est enfoui dans le corps et son érection est due non à un afflux de sang mais à l’action de certains muscles. Après avoir mis bas, la mère (et chez certains dauphins, les membres de sa bande) aide le nouveau-né à émerger pour respirer la première fois.

Les petits des cétacés tètent leur mère jusqu’à ce qu’ils soient en âge de se nourrir de proies. Comme celles des cétacés, les tétines de ce dauphin tacheté sont situées dans une poche intérieure.
La plupart des espèces de Cétacés se reproduisent de façon saisonnière, mais le point culminant de la saison de reproduction varie selon l'écologie d'une espèce ou d'une population. La majorité des Mysticètes migrent annuellement des sites d'alimentation, où ils passent l'été, aux sites de reproduction et de mise bas, où ils passent l'hiver. Certaines populations d'Odontocètes sont plutôt sédentaires. La plupart des espèces ont une gestation d'un peu moins d'un an. Chez le Cachalot macrocéphale, la gestation dure 16 mois et chez certaines autres espèces d'odontocètes, elle dure plus d'un an. Les femelles amènent rarement plus d'un foetus à terme. En effet, en raison de leurs besoins énergétiques, il leur est difficile d'élever plus d'un baleineau au cours d'une même saison.



























































