- le polype, correspond à la phase juvénile de l'organisme, asexuée
- la méduse, forme adulte, sexuée
- Selon les ethnies, le lamantin est considéré soit comme un
gibier de grande valeur, soit vénéré.
Il constitue un puissant totem pour les Mandé du Niger (Ma : lamantin
et Ndé : fils de) : ils ne doivent pas mettre à mort ce parent
aquatique et le contact de sa peau entraîne des maladies graves dont la
plus bénigne est la lèpre. Pour les Ouolof du Sénégal, le lamantin est
la victime d'un sombre drame. La fille du chef Peulh de Boundou Aeré
fut contrainte par la magie de se marier à un vieux chef maure. Une
nuit, elle réussit à s'enfuir, et se jette dans le fleuve. Le magicien
la rattrapa et après lui avoir coupé les deux mains et lui avoir lié
les pieds, la rejeta dans le fleuve. Dieu la pris en pitié et lui
conserva la vie. Ainsi naquit la légende des lamantins.
- Il est cependant chassé par les autres ethnies, car sa chair est succulente et ses os et certains autres de ces attributs sont considérés comme magiques. Ses os protègent de la gale, la possession de sa tête et de ses dents apporte le succès dans tous les domaines. Le cuir, la graisse, les os, tout peut être utilisé chez le lamantin.
- Les méthodes de chasse restent inchangées : les Somono du Niger et les Diola de la Gambie utilisent des harpons avec un fer barbelé relié à une longue hampe de bambou par une cordelettes en fibre de palmier. Ils restent couchés sur leur barque ou sur une plate-forme, et lorsque le lamantin approche, ils lui assènent un coup de harpon. Si le coup ne le tue pas, ils le suivent et attendent que l'animal soit très affaiblis pour l'achever. Il est immédiatement partagé dans tout le village, mais les attributs magiques restent au chasseur.
lundi 3 avril 2006
Le phoque moine
Le phoque moine de Méditerranée Monachus monachus est un mammifère marin, appartenant à l'ordre des Pinnipèdes.
Autrefois largement répandu en Mer Noire, dans tout le bassin Méditerranéen et sur la côte Atlantique Nord-Ouest de l'Afrique jusqu'à la péninsule du Cap Blanc en Mauritanie, sa population est maintenant réduite à quelques groupes dispersés, sous la menace permanente d'une extermination. Actuellement en Méditerranée, il existe une population d'environ 100-150 phoques, dispersée entre les innombrables îles de la Mer Égée. Partout ailleurs, en Méditerranée nord-occidentale, en Adriatique, en Méditerranée orientale, à Madère dans l'Atlantique, les groupes de phoque moine sont réduits à quelques individus.
Plus précisément, le phoque moine a disparu de France continentale vers la fin de la dernière guerre. Le dernier a été aperçu en Corse en 1973. Cette population, très menacée, ne survit qu'en quelques points de Méditerranée (Grèce, Turquie ...) et du nord-ouest de l'Afrique (Maroc, Mauritanie et Madère).
Sur la côte atlantique saharienne subsiste encore la plus importante population mondiale de l'espèce. Composée d’environ trois cent individus jusqu'à mai 1997, elle est actuellement réduite à une centaine d'individus.
A l'exception de certaines localités de la côte saharienne atlantique, le phoque moine occupe toujours des zones côtières rocheuses dans son aire de distribution actuelle. Son habitat formé généralement de grottes, constitue un refuge pour l’espèce qui a probablement dû adapter son lieu de repos à terre au cours des temps en fonction des menaces.
Son pelage est de coloration à
peu près uniforme, variable du fauve clair au brun foncé, plus claire sur la face
ventrale. Les poils sont courts, d'un demi-centimètre environ, formant un pelage ras, puisqu'il vit dans une eau chaude et non dans des océans glacés comme la plupart des autres phoques.
Chez les nouveau-nés, les poils sont plus longs, d'aspect laineux et de couleur franchement noir. Autour de la région ombilicale se trouve généralement une large tache blanche (caractéristique de l'espèce), dont la forme peut être très variable suivant les individus. La tête est de forme arrondie, avec un net décrochement de profil, entre le museau et le crâne.
Le phoque moine mesure 2,40 à 2,80 mètres de long pour un poids variant entre 250 et 400 kg. Sur terre, il est moins sociable que la plupart des autres phoques : la mère vit avec son petit, ou en groupes espacés. La naissance des bébés a lieu dans une grotte, entre mai et novembre, après 11 mois de gestation.
En dehors de la période de reproduction, où les phoques sont observés près des côtes, on ne sait pas vraiment s'ils vivent en pleine mer ou s'ils restent sur le rivage. D'après les spécialistes, il semble que le phoque moine ne s'éloigne guère des côtes. La longévité du phoque moine est estimée à 30 ou 40 ans.
Le
phoque moine de Méditerranée cherche les grandes côtes rocheuses
abruptes, battues par les vagues et les embruns, où le dérangement par
l'homme est minime. Il cherche, sur ces littoraux, de vastes grottes où
il aime se reposer et mettre-bas.
Le régime alimentaire apparaît très diversifié, et présente des dominantes selon les espèces les plus abondantes dans un endroit donné (sardines et thon, anguilles, homards et pieuvres). Du fait de ses performances très moyennes en plongée (6 minutes à 10 mètres et 3 minutes à 30 mètres), le phoque moine recherche sa nourriture à une profondeur comprise entre 0 et 100 mètres, principalement dans les quarante premiers mètres.
La reproduction du phoque moine
Dès la fin du printemps, les femelles s'isolent et fréquentent les grottes sous-marines. C'est dans ces grottes, souvent très spacieuses et avec une entrée étroite au dessus du niveau de la mer, que la femelle va mettre bas. Les petits naissent entre mai et novembre, après 11 mois de gestation. Le petit, au pelage noir laineux, mesure moins d'un mètre (90-100 cm) et pèse entre 10 et 20 kg. Au bout de 2 semaines, il pèse déjà 80 kg et effectue son premier bain, en compagnie de sa mère. Enfin, au bout de 6 à 8 semaines, le jeune phoque est sevré et "abandonné" par sa mère, qui cherche à se reproduire.
Malheureusement, la mortalité des bébés est très importante. Près d'un jeune sur deux meurt, avant d'avoir été sevré et de s'être émancipé naturellement. Les raisons sont simples : auparavant, les femelles mettaient bas sur des plages ou des petites criques très tranquilles et protégées. Maintenant, ces paradis étant plus du tout sauvages et fortement prisés par l'homme, les femelles ont choisi de mettre bas dans des grottes sous-marines. Ces grottes sont certes sauvages, mais pas à l'abri des tempêtes et des grosses vagues. Ainsi, très souvent, le niveau d'eau augmente dans la grotte à cause de grosses vagues ou de tempêtes et le petit, arraché à sa mère, est emporté avant même de savoir nager.
Si le jeune réussit à survivre, sa maturité sexuelle interviendra à l'âge de 5 ans environ.
Les autres populations de phoque moine dans le monde
La population de Madère et de Mauritanie
La dernière véritable population de phoques moines de Méditerranée survit sur les côtes mauritaniennes, avec 110 à 120 individus. En effet, contrairement à la population dispersée de Grèce et de Turquie, ces phoques vivent encore en société. De plus, une vingtaine d'individus subsistent du côté de Madère, autour de la zone protégée des îles Désertas.
Cette population se situe donc dans les environ du Cap Blanc, au Sahara Occidental, entre la Mauritanie et le Maroc. La colonie a élu domicile dans des falaises battues par les vagues, où se trouvent de nombreuses grottes, indispensables pour la mise-bas des femelles. Etant donné l'instabilité politique de la zone, cette population n'est pas menacée par le tourisme. De plus, la péninsule du Cap Blanc en Mauritanie est classée en réserve naturelle depuis 1986. En 2001, 22 bébés phoques moines ont vu le jour, mais les tempêtes, très violentes dans cette zone, en ont tué 10 rapidement.
Cependant, la colonie a été victime d'une hécatombe. Sur 300 individus en 1997, les deux tiers sont morts au printemps de cette même année, à cause d'une intoxication par des algues rouges. Il est donc évident que cette population n'est pas à l'abri d'un dégazage sauvage ou d'une épidémie. Les pêcheurs locaux s'attaquent parfois aux phoques, qu'ils jugent concurrents. Mais en fait, tout comme les phoques, ils sont victimes des flottes internationales de pêches qui dévalisent les océans de leurs ressources poissonnières.
Heureusement, une équipe scientifique suit et tentent de protéger les phoques, grâce notamment à des caméras installées dans les grottes afin d'observer les mises-bas... Ainsi, si un jeune est arraché de sa mère par une vague, ils vont tenter de le secourir, de le soigner puis le relâcher dans des zones spécialement adaptées. Cette population est, en plus, loin de tout dérangement humain, ce qui est indispensable au succès des reproductions.
La population de Méditerranée Orientale
La dernière population méditerranéenne de phoques moines compte entre 100 et 150 individus, localisés en Méditerranée Orientale.
Le principal noyau de cette population survit entre la Grèce et la Turquie. Les derniers phoques moines fréquentent donc les innombrables îles de la mer Egée, des Sporades du Nord (plus d'une cinquantaine) à la Crête en passant par les Sporades du Sud (Dodécanèse) et les Cyclades, ainsi que les côtes turques. Quelques individus erratiques sont observés de temps à autres plus à l'ouest, sur les côtes d'Afrique du Nord (Lybie, Algérie, Tunisie, Algérie), de l'Adriatique (Croatie, Albanie...) voire en Sardaigne, mais ne forment pas de populations proprement dites.
Les phoques moines sont très rares et ils sont très difficiles à observer. Ces pinnipèdes sont menacés par le tourisme et la surfréquentation des côtes. Cette surfréquentation oblige les femelles à mettre bas, non plus sur les plages comme avant, mais dans des grottes de falaises rocheuses, ce qui augmente la mortalité des jeunes lors des tempêtes, souvent très violentes. Certainspêcheurs constituent encore une menace pour les phoques, mais la plupart ont maintenant compris que ce mammifère n'est pas un rival. Il suffirait malheureusement d'une marée noire, d'une épidémie comme c'est arrivé récemment en Mauritanie, pour anéantir les quelques survivants. Il faut savoir que cette population est dispersée et ne vit qu'en petits groupes de 2 ou 3, autour des nombreuses îles grecques et le long de la côte turque. En hiver cependant, les groupes observés à Alonnissos se composent de 9 individus environ.
Heureusement, afin de protéger les derniers phoques ainsi que leurs lieux de mise-bas, des parcs marins ont été créés, aussi bien en Turquie qu'en Grèce. D'ailleurs, dans ce dernier pays, il existe un parc national marin, bientôt un deuxième, ainsi que plusieurs zones de protection :
Dans les Sporades du Nord, certaines îles sont très touristiques, tandis que d'autres ne sont habitées que par des pêcheurs et des phoques. En 1990 a donc été créé le National Marine Park of Alonissos - Northern Sporades (NMPA-NS), autour de nombreuses îles et îlots, afin de protéger le phoque moine. Ce parc de 2200 km² comprend une zone B de protection minimale (678 km²) entre les îles d'Alonissos et de Péristera, une zone A de protection renforcée entre les îles de Kyra Panaya, de Yura, de Skantzoura et de Psathura, et une "Core zone" de protection maximale autour de l'île de Pipéri. Cette dernière île est totalement interdite aux pêcheurs et aux plaisanciers et seuls quelques scientifiques ont le droit d'y accéder. En effet, les nombreuses criques et falaises rocheuses de cette île abritent encore une belle petite population de phoques, ainsi que la plupart de leurs lieux de reproduction.
Dans les Cyclades, une nouvelle zone de protection a été mise en place grâce à Natura 2000 : il s'agit des îles de Kimolos et Palyaigos, au nord de l'île de Milos. Ce secteur deviendra prochainement le deuxième parc national marin grec pour la protection des phoques moines.
Enfin, dans le Dodécanèse, une dernière zone de protection a été créée au nord de l'île de Karpathos (entre les îles de Crète et de Rhodes)., toujours dans le cadre de Natura 2000.

Le
phoque moine est une espèce menacée d'extinction, il fait parti de la
liste des douze espèces animales les plus menacées de disparition du
globe, selon l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature
(UICN). C’est en 1978, que l’on commence à prendre conscience de son
déclin : si en 1980, il ne restait plus que 600 à 1.000 individus, dix
huit ans plus tard la population mondiale n'est plus que de 200 à 300
individus !!
Il est d’ailleurs aujourd'hui presque impossible d'observer des phoques moines en Méditerranée. Ce paisible et sympathique animal est en passe de devenir un mythe.
Les causes de sa disparition
Les causes de ce déclin sont multiples mais toutes d'origine humaine.
Dérangements causés par la navigation de plaisance motorisée
Surfréquentation des plages (sites de mise-bas potentiels de l'espèce)
Hostilité des pêcheurs.
Toutes ces causes cumulées ont eu raison des derniers palmipèdes de Méditerranée Occidentale. En Corse, les derniers survivants ont tous été tués par les pêcheurs locaux.
L'historique de sa disparition en France
Historiquement, les plus importantes colonies se localisaient à l'est de Marseille (Calanques de Marseille et de Cassis, côte varoise, îles d'Hyères...). Un groupe important habitait également les Pyrénées-Orientales, en relation probable avec la population des Baléares.
A la fin du XIXème siècle, le phoque moine était encore présent sur toute la côte méditerranéenne, de Nice et Banyuls. Cependant, à cette époque déjà, il était considéré comme rare sur la côte languedocienne.
Une des populations importantes de France se situaient dans l'archipel des îles d'Hyères.
Jusqu'au
début du XXème siècle, le phoque moine de Méditerranée se reproduisait
et abondait encore sur les plages de l'archipel des îles d'Hyères.
Malheureusement, à partir de 1921, on constate une chute brutale des
observations et un déclin très rapide de l'espèce. Le dernier phoque
moine des îles d'Or a été tué dans les années 1940 et les derniers
individus auraient été aperçus jusque dans les années 1950.
En Corse, l'espèce s'est maintenue quelques décennies de plus. Si la raréfaction débuta entre 1920 et 1930, le plus grand déclin fut observé dans les années 1960.
En 1973, le dernier phoque moine des côtes françaises est observé au sud de Propriano (Corse-du-Sud) au sud-ouest de l'île. Toujours dans le sud de l'île, un autre animal erratique est observé 10 ans plus tôt, en 1963, dans une grotte sous-marine des Bouches de Bonifacio (Corse-du-Sud).
Enfin, en 1970, la dernière observation du nord de l'île fut rapportée de la presqu'île de Scandola, entre Calvi et Porto (Haute-Corse), sur la côte nord-ouest.
Les
causes du déclin du phoque
moine sont toutes liées à l'action de l'homme. En dehors des croyances
et intérêts
mercantiles du passé, les principales causes de sa disparition sont
liées à l'attitude des pêcheurs et à la disponibilité trophique. La
Méditerranée est une mer fragile
dont la productivité biologique est inférieure à celle de l'Atlantique,
si à cela on
ajoute la surexploitation des stocks de poisson, on peut se rendre
compte de la
difficulté pour le phoque moine à se procurer la nourriture dont il a
besoin. Il était jusqu'à peu,
pourchassé (abattu à coup de fusil ou autre) par les pêcheurs qui le
considéraient comme
un compétiteur et qui lui reprochaient, en outre, de venir manger dans
leurs filets en les
détériorant.
D’autre part, la forte expansion touristique et industrielle du littoral, l'effondrement des grottes, la pêche, et les infections virales sont autant de menaces auxquels s'ajoute la pollution des zones où il vit, contribuant également au déclin des populations en réduisant la ressource et l'habitat disponibles du phoque moine.
Le phoque moine de Méditerranée est un des principaux mammifères menacés de disparition. Il est à la sixième place !
A l'heure actuelle, la principale menace - essentiellement pour les individus présents en Méditerranée - semble être la surfréquentation des côtes et leur urbanisation. Les phoques, très sensibles aux dérangements, ont du mal à trouver des grottes sous-marines encore sauvages. Il suffit qu'un bateau ou un plongeur s'approche trop près d'une grotte pour que la femelle abandonne son petit.
De plus, la mortalité des bébés est très importante. Près d'un jeune sur deux meurt avant d'avoir été sevré et de s'être émancipé naturellement. Les raisons sont simples : auparavant, les femelles mettaient bas sur des plages ou des petites criques très tranquilles et protégées. Maintenant, ces paradis n'étant plus du tout sauvages et fortement prisés par l'homme, les femelles ont choisi de mettre bas dans des grottes sous-marines, certes sauvages, mais non protégées des tempêtes et des grosses vagues. Ainsi, très souvent, le niveau d'eau augmente dans la grotte à cause de grosses vagues ou de tempêtes et le petit, arraché à sa mère, est emporté avant même de savoir nager.
Le braconnage, autrefois principale menace pour les phoques moines, semble s'être arrêté en Méditerranée, mais continue en Mauritanie et au Maroc. Dans ces dernières régions, les pêcheurs s'en prennent parfois aux phoques, qui selon eux, constituent une menace pour leur activité, primordiale dans cette région très pauvre. En fait, pêcheurs et phoques moines sont victimes des mêmes flottes multinationales de pêches qui dévalisent les océans de leurs ressources poissonnières.
Enfin, une dernière menace pourrait être la consanguinité, puisqu'il n'existe plus de contacts entre les populations méditerranéenne et atlantique, et puisque les populations sont fortement réduites actuellement.
Divers organisations internationales (CEE, IUCN, etc.) se mobilisent depuis plusieurs années pour la sauvegarde du phoque moine, la tâche à accomplir est très lourde, compte tenu de la longueur de mise en oeuvre effective des mesures adoptées.
Pour protéger des portions de côtes, encore habitées par le phoque moine, il faut créer des parcs ou des réserves marins, susceptibles de protéger le phoque moine. C'est actuellement le cas en Grèce avec le Parc Naturel marin d'Alonissos (Sporades du Nord), la zone protégée de Kilomos-Polyaigos (Cyclades) et la zone protégée de Karpathos-Saria (Dédocanèse) ; à Madère avec la zone protégée des Iles Desertas et en Mauritanie avec la Réserve Naturelle du Cap Blanc. Ces parcs doivent interdire la présence et la navigation des plaisanciers, autour de certaines îles primordiales pour la reproduction du phoque. De plus, dans certains espaces protégés comme les Sporades, toutes les grottes où les femelles mettent bas sont surveillées par des caméras infrarouges, afin de pouvoir intervenir si un petit est emporté par une vague.
Il existe deux centres de soins et de réhabilitation du phoque moine de Méditerranée : le premier en Mauritanie et le deuxième en Grèce. Ils ont pour mission de recueillir des phoques blessés, malades mais surtout orphelins. D'autres centres sont en projet. Après une période de convalescence, les jeunes phoques sont relâchés en mer avec un surplus de poids leur permettant de jeûner quelques semaines.

Phoque moine en phase de soins
La sensibilisation, des pêcheurs comme des plaisanciers, doit se poursuivre et être étendue. Il s'avère que ces mesures sont efficaces, puisqu'en Grèce, la majorité des pêcheurs acceptent le phoque, signalent même leurs observations aux scientifiques et recueillent parfois de jeunes orphelins. Pour l'éventuel manque à gagner dont souffriraient les pêcheurs par la présence du phoque moine, des indemnisations sont prévues.
Enfin, il faudrait prélever quelques phoques dans les colonies méditerranéennes ou atlantiques, les installer en captivité et les faire se reproduire. Dès que l'effectif captif sera important, on pourrait relâcher des individus, soit dans les colonies existantes pour les renforcer, soit sur des sites inoccupés comme en Méditerranée Occidentale. Malheureusement, certains scientifiques sont encore hostiles à cette mesure.
Un Centre de secours et de réhabilitation des phoques moines, fondé en 1990 à Alonissos (dans le Parc National marin), recueille les jeunes phoques orphelins et inexpérimentés.
Après une période de convalescence, ils sont relâchés en mer avec un surplus de poids leur permettant de jeûner pendant quelques jours. De plus, toutes les grottes des Sporades fréquentées par les phoques sont équipées de caméras infra-rouge, afin d'agir si un bébé est en difficulté. 12 biologistes et 2 bateaux sont ainsi prêts à appareiller en cas de danger. Il semblerait même que, depuis quelques années, les naissances augmentent légèrement.
A noter également que les pêcheurs ne constituent plus une menace pour les phoques et aident au contraire très souvent les biologistes en leur faisant part de leurs observations et en recueillant parfois les orphelins. Ainsi, la sensibilisation des pêcheurs et des plaisanciers semble porter ses fruits.
Enfin, les
derniers phoques moines semblent se réfugier sur les îles désertiques
convoités par les grecs et les turcs et où l'accès est totalement
interdit à l'homme. Ces deux pays protègent donc, sans le vouloir, les
derniers phoques moines de Méditerranée.
12042006_Le_phoque_moine_de_Méditerranée. PDF
Source :
Le Règne Animal - Editions Gallimard
Inventaire de la Faune menacée en France - Livre rouge - MNHN et WWF chez Nathan (1994)
http://www.aquanaute.com/
Crédit photos :
http://www.aquanaute.com/
http://www.milostravel.com/
http://www.manon.org/
http://www.chene.asso.fr/
http://www.ecogestes.com/
http://www.wwf.be/
dimanche 2 avril 2006
Le grand requin blanc ou Grand Blanc
Le grand requin blanc plus connu sous le nom de "grand blanc" appartient à un groupe de
requins appelés Requins De Maquereau. Son nom commun a été
dérivé de son bas ventre "blanc".
Le grand requin blanc a la réputation d’être un solitaire. Pourtant, les dernières observations tendant à démontrer que leurs relations sociales sont plus complexes qu’on ne le supposait.
Les îles Farallon sont un groupe d’îles isolées dans l’océan pacifique. Elles se situent à 40 km des côtes de Californie. Ces îles sont devenues une réserve protégée où la forte population de phoques peut vivre en paix. A l’automne où la population est la plus dense, les requins blancs sont également présents. C’est là que l’on a pu observer des groupes de grands blancs qui semblaient vivre en parfaite harmonie.
On a également pu confirmer que plusieurs grands blancs peuvent se partager la même proie. L’accès à la nourriture est, semble t-il déterminé, par une série de messages visuels et de positions. La taille est de toute évidence un facteur déterminant dans la hiérarchie. Le plus grand contrôle la situation. Si un requin s’approche d’une carcasse fraîchement tuée et qu’un plus gros surgit des profondeurs, le premier cède la place.
Aucun combat entre mâles n’a été observé.
On ne peut pas réellement parler de structure sociale comme on le voit chez les lions car les individus n’ont pas de liens de parenté entre eux. Cependant, un code social existe bel et bien en cas de regroupement.
A nous d’apprendre à le déchiffrer.
Les requins n'ont pas d'os. Ce sont des poissons cartilagineux.
Les Grands Blancs mesurent entre 3,5 et 6 mètres de long, et pèsent en moyenne 1.500 kg, pour ce que l'on en sait dans l'état actuel de nos connaissances. Les femelles sont plus grandes que les mâles.
Anatomie du Grand Blanc
La peau du Grand blanc est épaisse ; ceux qui
prétendent qu'il est possible de se glisser sous le ventre d'un requin
blanc et de le lui ouvrir avec un couteau se trompent lamentablement… Si
l'on passe la main de la queue vers la tête, on sent que cette peau est
rugueuse à cause des écailles, dites placoïdes, qui la recouvrent.
Si on les observe de près, on s'aperçoit qu'elles comprennent
une plaque basale enchâssée dans le derme et une pointe tournée
vers la queue qui sort de la peau. L'épiderme est en fait une mosaïque
d'écailles.
L'étude physique de ces écailles montre que
leurs dimensions et leurs sculptures sont assez grandes pour réduire
les micro-turbulences de la couche d'eau laminaire qui entoure un requin en
train de nager, mais elles sont suffisamment petites pour éviter un accroissement
important de la surface mouillée. La combinaison de ces propriétés
augmente l'hydrodynamisme.
Les Grands Blancs ont en moyenne 2.800 dents en forme de triangle et réparties en rangées. Elles sont inclinées vers
l'intérieur de leur gueule, ce qui leur permet de mieux déchiqueter leur proies. Les dents du grand blanc peuvent se remplacer dans leur totalité en seulement 8 jours.
Formidable outil, tranchant et coupant
comme une lame de rasoir, elle lui permet de venir à bout de n'importe
quel proie. Le Grand requin blanc possède plusieurs rangées qui
permutent lorsque la première est " usée ".Les dents
sont grandes et larges, triangulaires, crénelées.


Dents supérieures et dents inférieures
Lors de l'attaque, les maxillaires
du requin se tendent en avant pour avoir une meilleure prise :
Voilà une photo de cette avancée
spectaculaire des maxillaires lors d'une attaque :
L'oeil du requin est une merveille d'efficacité optique. Il peut voir parfaitement même dans la quasi-obscurité. De même, son odorat est particulièrement développé. Il peut enregistrer à 1 km de distance les moindres vibrations.
Si les requins voulaient vraiment chasser l'homme, plus aucun plongeur ne pourrait s'aventurer dans l'eau. Il se ferait automatiquement repérer. Des expériences ont été menées afin de déterminer pourquoi les grands blancs attaquaient les surfeurs.
Vu de dessous, une planche de surf ressemble énormément à un phoque. Mais, les planches placées comme appât n’ont pas été systématiquement attaquées. Sans doute parce que le grand blanc n’attaque que quand il a faim. De plus, il s’est surtout montré curieux en se servant de ses mâchoires pour tester l’objet. Le seul problème c’est qu’un simple test peut être mortel pour l’homme tant leurs mâchoires sont puissantes.
Aussitôt mordu, la planche était délaissée. Le requin blanc n’attaque donc pas l’homme qui n’est pas pour lui une proie habituelle. Il semble surtout curieux et observe tout ce qui se passe dans son environnement, principalement son territoire de chasse. C’est d’ailleurs pour cette raison, qu’il dresse la tête hors de l’eau ; simplement, pour avoir une meilleure perception de ce qui l’entoure.
Peu de plongeurs ont osé affronter le grand blanc en dehors d’une cage mais ceux qui l’ont fait sont toujours en vie. C’est à déconseiller aux plongeurs amateurs car ces plongeurs expérimentés possèdent une grande connaissance des requins.
Le grand requin blanc est un prédateur et se nourrit d'autres poissons, de cétacés, voire de baleines. Le phoque est la proie favorite du grand blanc qui adore surtout sa graisse plus que sa chair. Quand on observe un grand blanc sur son territoire de chasse, on fait immédiatement le parallèle avec le lion.
Ses relations avec le phoque sont identiques à celles qui existent entre le lion et la gazelle. Puissantes et tragiques, elles sont beaucoup plus complexes qu’on ne l’imaginait.
Si sur terre, le tigre est le plus grand des prédateurs, dans l’océan, cette place est tenue par le grand requin blanc. Dès la naissance, le jeune mesure près d’1,50 mètre et pèse plusieurs centaines de kilos.
Mais quelle définition peut-on donner au terme super prédateur qu'est le Grand Blanc ? Un animal sanguinaire, une machine à tuer ou tout simplement un prédateur qui se situe en haut de la chaîne alimentaire sans aucun ennemi ? La seconde définition semble plus appropriée au requin blanc qui n’a aucun prédateur à part l’homme bien sûr. Doit-on en déduire que le Grand Blanc attaque tout ce qui bouge ?
Les observations menées prouvent exactement le contraire. Ce prédateur ne tue jamais pour le plaisir mais uniquement pour survivre. Contrairement à d’autres requins comme le requin peau bleue, le Grand Blanc ne manifeste aucune frénésie au moment de s’alimenter.
Ce n'est que récemment que l'homme a pu découvrir les fonds marins situés à plus de 3.500 mètres. Au fond de l'eau, la vie a pris des formes surprenantes. Ressurgies du passé, des créatures préhistoriques ont survécues tels le crossoptérygien (découvert en 1987) et le requin grande gueule qui mesure plus de 5 m.
Parmi tous les grands prédateurs de notre planète, le grand requin blanc est le seul que l’homme ne peut enfermer. Il représente l’essence même de la nature sauvage. Majestueux et implacable dans son environnement naturel, il deviendrait certainement pathétique dans un zoo comme le sont les tigres.
L’Afrique du Sud est le premier pays à avoir pris des dispositions pour protéger le grand blanc ; l’Australie a suivi en 1997. La Californie a pris également des mesures. Le Japon n’a toujours rien fait mais comme d’habitude, tout ce qui vient de la mer fait chez eux l’objet d’une surenchère commerciale.
Dans la mesure où toutes les tentatives de maintien en captivité ont échoué, seule une protection mondiale pourra sauver ce super prédateur. A moins, que d’ici là, la pollution ait décimé les populations. Ce jour là, l’homme se retrouvera face à son destin : Souverain d’un royaume sans sujet.
Parmi tous les requins, le grand blanc est l’un des plus méconnus. Quelques scientifiques ont donc entrepris d’étudier ce prédateur dans son milieu naturel.
L’intérêt de ces observations est que l’absence d’interférence avec l’homme a permis de recueillir des informations sur son comportement. A aucun moment, le grand blanc n’a été stimulé de manière à ne pas fausser les données. Il faut préciser que la caméra, fixée sur plusieurs requins, ne reste en place qu’environ 2 h.
Le grand blanc nage près de la surface ou en profondeur mais jamais entre les deux. Au fond de l’eau, sa couleur gris noir lui fournit un camouflage parfait.
La baisse de température de l’eau dans les grandes profondeurs ne semble pas être un handicap pour les grands blancs qui entretiennent une température élevée (jusqu’à 14°C de plus que la température ambiante). Jusqu’à quelle profondeur descend t-il ? 300 m est un minimum mais on avance des chiffres de 1.000 m.
Techniques de chasse du Grand Blanc
Quand il est au fond, il chasse en embuscade. Invisible de la surface, il peut guetter sa proie pendant des semaines. Le lion de mer nage lui aussi près du fond mais il devient vulnérable quand il remonte à la surface. Dès que sa victime remonte, le grand blanc accélère l’allure et se jette sur elle. Des profondeurs, il se lance comme une torpille et heurte sa victime par en dessous. L’impact du choc est tellement violent qu’il suffit à assommer la victime.
Rusé et sélectif, il va employer une toute autre méthode avec les phoques. Ces derniers sont extrêmement agiles et se méfient de leur plus grand prédateur. Mais qu’à cela ne tienne, notre grand blanc qui n’est pas né de la dernière pluie modifie son approche.
Les phoques se réunissent en groupes pour mieux se protéger. On a constaté qu’ils nageaient toujours derrière le grand blanc qui rode dans les parages. Pourquoi ? Sans doute pour ne jamais perdre de vue l’ennemi. Leur objectif est de ne pas finir dans l’estomac du requin. De son côté, le grand blanc fait mine de ne pas apercevoir leur manège. Il continue, indolent, à nager lentement sans sembler s’intéresser à eux. En réalité, il est à l’affût du moindre individu isolé qui ne respecterait pas les règles du «jeu». Le moindre imprudent est aussitôt dévoré.
Le grand blanc ne choisit jamais sa proie au hasard.
Il peut la flairer à plusieurs kilomètres de distance. Il peut déceler un gramme de sang dans une tonne d’eau ce qui donne une idée de l’efficacité de son odorat. Le Grand Blanc suit cette trace comme un chien qui suit un rôti. C’est là qu’intervient la vue qui est perçante. Grâce à ses capteurs, il sent les variations de pression transmises par l’eau. La moindre variation, aussi infime soit-elle, l’averti,
comme un homme sent un souffle de brise sur la peau.
Les ampoules de Lorenzini lui permettent de capter toutes les impulsions électriques.
Le grand blanc peut ainsi «lire» son menu avant de choisir son plat principal.
Prudent en règle générale, le requin commence à tourner autour de la proie. Pourquoi cette prudence ? Pas par peur mais simplement pour s’assurer que le menu est alléchant. C’est le même principe que l’amateur de vin qui sent un grand cru avant de le savourer. Notre grand blanc possède en effet sur tout le corps des récepteurs de goût semblables à nos papilles.
Si la proie est à son goût, l’attaque commence.
Le grand blanc utilise le «saut du diable» uniquement quand la proie est un mammifère marin comme l’otarie.
L'intelligence du Grand Blanc
Il ne faut pas commettre l’erreur de vouloir comparer l’intelligence animale à la nôtre. D’ailleurs, la notion d’intelligence est très imprécise.
En ce qui concerne le grand blanc, on peut parler d’une évidente faculté à anticiper les situations.
De ce fait, selon les circonstances et les proies, il met en œuvre une stratégie adéquate. Je suis par contre certaine que cette faculté d’anticipation peut, sur une longue période, modifier le comportement de toute une espèce.
Les jeunes ne bénéficient pas de l’apprentissage de leurs parents, pourtant, une fois adultes, ils mettront en pratique les mêmes méthodes qu’ils adapteront, à leur tour, aux changements d’environnement.
Aujourd’hui, on ne connaît que 10% de la partie frontale qui est réservée à la fonction olfactive. Les 90% restant sont un mystère. Cependant, la partie réservée à la fonction sociale, à la mémoire ou à l’imagination est absente chez le requin.
Il semblerait que ses neurones soient centrés sur la perception de son environnement. Il est donc probable que le grand blanc possède surtout un "super équipement" nécessaire à son rôle de grand prédateur.
Mais, il nous reste encore beaucoup de choses à apprendre sur lui.
La reproduction chez le Grand Blanc
Les femelles portent de nombreuses cicatrices. On suppose qu’il s’agit de marques laissées par les prétendants. On en déduit donc que leurs mœurs sexuelles ne sont pas tendres. On sait également que le mâle atteint sa maturité sexuelle vers 10 ans pour une longévité estimée entre 25 et 30 ans.
L’accouplement a lieu au fond des océans et n’a jamais pu être observé. Malgré tout, on en sait un peu plus sur leur mode de reproduction. La femelle est ovovivipare mais on ne sait pas si au cours du développement embryonnaire, le cannibalisme intra-utérin s’effectue. On ne fait que le supposer.
Une chose est certaine, le taux de reproduction est faible avec des portées de 2 à 10 jeunes maximum tous les deux ans environ.

Appareil reproducteur du Grand Blanc mâle
a) testicule
b) épididyme
c) canal déférent
d) vésicule séminale
e) sac spermatique
En principe, un éléphant de mer suffit à nourrir un grand blanc pendant 2 à 3 mois. Une femelle, qui revient chaque année chasser au même endroit, a pu être observée.
Elle tue environ 3 proies de cette importance par saison. On en déduit donc qu’elle emmagasine de la graisse pour aller se reproduire dans les profondeurs. La femelle doit certainement rester à jeun pendant la période de reproduction.

Appareil reproducteur du Grand Blanc femelle
a) ovaire
b) glande nidamentaire
c) oviducte
d) utérus
e) cloaque
Protection du Grand Blanc
En octobre 2004, le requin blanc est enfin classé parmi les espèces protégées. Sa chasse sera donc très sévèrement réglementée. Il était temps car ce superbe prédateur, victime de sa mauvaise réputation, est en voie d’extinction.
Cette proposition provient de l’Australie et de Madagascar. Ces deux pays ont en effet constaté une diminution drastique de la population de grands blancs dans leurs eaux.
A partir de maintenant, comme le requin baleine et le requin pèlerin, le grand requin blanc figure à l’Annexe II de la CITES.

Le commerce des têtes de requins
Il est difficile d’évaluer précisément la population de requins blancs, qui n’est pas surveillée de près. En compilant des rapports de pêche dans l'océan Atlantique nord-ouest de 1986 à 2000, des chercheurs canadiens d’après avaient estimé que le nombre de requins blancs avait chuté de 79% pendant cette période. Globalement, la population de requins avait décliné de plus de 50% en 15 ans.
En Australie, le nombre de requins blancs dans ses eaux ont diminué de 94% entre 1980 et 1990. Quelque 500 de ces grands requins y seraient tués chaque année. L’Afrique du Sud a interdit la pêche du requin blanc (Carchardon carcharias) dès 1992 et d’autres pays, comme la Namibie, les Etats-Unis, l’Australie ou les Maldives avaient adopté des mesures de protection.
Conclusion
Les requins font partie de ces rares animaux qui réveillent en nous une peur ancestrale. Ils ont survécu à la colère de la Terre et ont su depuis toujours s'adapter à leur environnement.
Chaque année, plus de 100 millions de requins sont tués souvent
uniquement par plaisir et par ignorance. En Australie, 70% des requins
Grand Blanc ont disparus. Eux, qui ont traversé les âges et gagné tant
de combats contre la nature sauront-ils lutter contre leur seul
prédateur : l'homme.
A voir :
Le requin Blanc et les hommes :
L'histoire de Rodney Fox
L'observation du Grand Blanc
Une mauvaise réputation
Le massacre
Liens :
Le Grand Blanc, librement - http://www.longitude181.com/dossiers/requin/GRB.html
02042006_Le_grand_requin_blanc_ou_Grand_Blanc. PDF
Source :
http://ombrae.free.fr/
http://www.australianfauna.com/
http://www.dinosoria.com/
http://www.asso-apecs.org/
http://www.longitude181.com/
Crédit photos :
http://ombrae.free.fr/
http://discmat.free.fr/
http://www.dinosoria.com/
http://www.discoverychannel.fr/
mercredi 8 mars 2006
Les Cétacés - Baleines, dauphins et marsouins
Les cétacés - baleines, dauphins, marsouins,
cachalots, et autres orques
- sont probablement les plus spécialisés des animaux. Malgré leur forme de
poisson, des poils généralement absents ou isolés
sur la mâchoire, le menton ou le rostre (partie du crâne devant les yeux),
leurs membres antérieurs palmés et aplatis en
nageoires dont les doigts osseux sont enfermés dans un tégument commun
et leurs postérieurs restés à l'état de vestiges et situés à l'intérieur du
corps, ce sont des mammifères : ils respirent de l'air avec leurs poumons et
allaitent leurs petits avec la sécrétion de leurs glandes mammaires.
Le mot
"cétacé" vient du grec kêtos, qui veut dire "grand animal - ou
monstre - marin".Ces animaux sont en effet souvent grands, leur taille
allant de 1m pour certains dauphins à 25m pour la baleine bleue, qui est
l'animal le plus grand que la
Terre ait jamais porté.
On les divise en deux
sous-ordre : les cétacés à fanons (baleine à bosses, baleine franche,
etc.) et les cétacés à dents (dauphins, orques, marsouins, cachalots) ou en trois sous-ordres : les Archéocètes (aujourd’hui
disparus), les Mysticètes (cétacés à fanons) et les Odontocètes (cétacés à
dents). On les rencontre dans les mers du monde entier, et certains
vivent dans les fleuves des régions tropicales et subtropicales. A l'exemple du
rorqual bleu, ils sont nombreux à avoir été les victimes d'une chasse
systématique et à être menacés d'extinction.

Grosse et allongée, la tête du cachalot est dans le
prolongement direct de son corps long et fuselé. Comme beaucoup de cétacés,
celui-ci devient énorme à l’âge adulte : les mâles mesurent 18m de long et
pèsent plus de 50 tonnes.
C'est la classification traditionnelle qui est
privilégié dans cet article et qui divise les cétacés en deux sous-ordres,
celui des cétacés à fanons et des cétacés à dents. Les premiers passaient
autrefois pour les descendants des seconds, mais les preuves moléculaires
justifiant cette opinion sont aujourd'hui mises en doute. Donc, dans cette
classe des Mammifères dits "marins" et dans l'ordre des cétacés, on
trouve 13 familles et 83 espèces.
CETACES A FANONS
La mâchoire des cétacés à fanons porte entre 130 et 400
lames cornées, frangées sur le côté, qui remplacent les dents et servent à
filtrer les aliments.


CETACES A DENTS
Les dents de ce type de cétacé sont simples, coniques et
nombreuses chez la plupart. Les mâchoires forment parfois un bec comme ici avec
ce dauphin Delphinus delphis ou Dauphin des Anciens.
Les Archéocètes
Ils sont aujourd'hui éteints.
Comparativement aux Mysticètes et aux Odontocètes, ils étaient primitifs :
les os de leur crâne n'étaient pas télescopés, leurs dents de lait tombaient et
étaient remplacées par des dents permanentes, et ils avaient des membres
postérieurs réduits, probablement externes. Ces animaux à l'aspect de serpent
mesuraient jusqu'à 20 m
de longueur, et leur dentition bien garnie en faisait de redoutables
prédateurs. Leurs descendants sont les Mysticètes (cétacés à fanons) et les
Odontocètes (cétacés à dents).
Les Mysticètes
Il existe 4 familles de
Mysticètes incluant 13 espèces. Les Mysticètes ont deux narines charnues
(évents), tandis que les Odontocètes n'en ont qu'une seule. Les structures
permettant l'alimentation ont aussi évolué différemment chez ces deux groupes.
Les Mysticètes perdent leurs dents vestigiales avant la naissance, et elles
sont remplacées par des fanons. Ceux-ci sont des lames cornées (peau modifiée)
constituées de nombreux tubules fibreux et qui agissent comme
des filtres. Ces fanons pendent verticalement sous le palais.
Au moment où la
baleine ouvre bien grand la bouche, il s’y engouffre une grande quantité d’eau,
mais aussi de très nombreux petits organismes. La baleine n’a ensuite plus qu’à
refermer la bouche et presser la langue contre le palais pour expulser toute
l’eau. A ce moment, ses fanons retiennent les petits organismes dont elle se
nourrit, et elle n’a plus qu’à les avaler. Les fanons sont enracinés
dans le palais et suspendus en rangées de chaque côté de la mâchoire supérieure.
Leur face interne est frangée, et ces fibres entrelacées forment un tamis très
efficace pour retenir les petits poissons et le zooplancton constitué notamment
de krill
dont les baleines sont très friandes et qui constituent
le premier maillon de la chaîne alimentaire en mer.
Les espèces de cétacés à fanons :
Le rorqual
bleu
Le rorqual
de Bryde
Le rorqual
commun
Le rorqual
du nord (ou de Rudolphi)
Le petit
rorqual
Le petit
rorqual de l’Antarctique
La baleine
franche boréale
La baleine
franche du Pacifique
La baleine
franche de l’Atlantique
La baleine
franche australe
La baleine
(franche) pygmée
La baleine
grise
La baleine à
bosse (ou mégaptère)
Les Odontocètes
Il existe 71 espèces d'Odontocètes appartenant à 9 familles. La
majorité des Odontocètes possèdent des dents fonctionnelles et indifférenciées.
La nourriture, qui n'est pas mastiquée, passe dans l'oesophage, puis dans un
estomac spécialisé à plusieurs compartiments où se fait la digestion. Le rein
se divise en plusieurs petits lobules (300 à 3.000 par côté).
Les
Cétacés excrètent une urine semblable à celle des autres mammifères, mais il
semble que les dauphins peuvent produire, pendant de courtes périodes, une
urine dont la concentration en sels est exceptionnellement élevée.
Parmi les cétacés à dents, on compte 6 familles :
- les
Physétéridés : Tels que le cachalot
- les
Ziphiidés : appelés les baleines à bec
- les
Monodontidés : Tels que le narval et le bélouga
- les Platanistidés
appelés aussi dauphins de rivières
- les
Delphinidés : c'est la famille des dauphins tels que le grand dauphin, le
dauphin commun mais aussi de l'orque
- les
Phocoenidés : cette famille rassemble tous les marsouins
Les principales espèces de cétacés à dents :
Le dauphin
du Gange
Le dauphin
du Yang-tsé
Le dauphin
de l’Amazone
Le bélouga
ou baleine blanche
Le narval
Le marsouin
commun
Le marsouin
de Californie
Le marsouin
noir
Le marsouin
de Dall
Le sotalie
de Tansz
Le dauphin
de l’Orénoque
Le dauphin
de Gray
Le dauphin
de Gill
Le dauphin à
bec blanc
Le dauphin
de Risso
Le dauphin
Souffleur
Le dauphin à
long bec
Le dauphin
tacheté pantropical
Le dauphin
tacheté de l’Atlantique
Le dauphin
bleu et blanc
Le dauphin
des Anciens
Le dauphin du Nord
Le dauphin de l’Irrawaddy
Le dauphin de Commerson
Le dauphin d’Hector
Le Fausse orque ou faux
orque
Le globicéphale d’Inde
Le dauphin Hyperoodon boréal
L’épaulard
ou Orca
Le ziphius de Cuvier
Le cachalot nain
Le cachalot
ANATOMIE
Les cétacés ont le corps
glabre et fuselé, ce qui diminue la résistance à leur progression dans l’eau.
Les protubérances (les palmes, les deux volets horizontaux de la nageoire
caudale et la dorsale assurant la stabilité) sont réduites au strict minimum.
Les
organes génitaux ne dépassent pas. Les glandes
mammaires et les organes excréteurs sont situés à l'intérieur du corps et
contribuent ainsi à leur hydrodynamisme. Les cétacés respirent par des
évents, narines musculeuses situées au sommet de leur tête ce qui provoquent
ces « nuages de fumée » caractéristiques permettant de repérer les
baleines en mer ; les cétacés à fanons en ont deux et ceux à dents, une.
La respiration
aérienne se fait, comme nous l'avons dit, non par des narines situées à
l'extrémité du museau, mais par un long conduit appelé évent, qui s'ouvre au
sommet du crâne par un orifice simple ou double. Cette disposition permet à
l'animal de respirer sans sortir de l'eau et sans ralentir sa course pour
changer la position normalement horizontale de son corps : le crâne est quelquefois
asymétrique (Cachalot) quand le canal de l'évent ne se développe que d'un seul
côté.
Le larynx remonte jusque dans les arrières narines et les muscles du pharynx forment un véritable sphincter qui interrompt toute communication entre la bouche et les fosses nasales pendant l'acte de la respiration. Il en résulte que ce n'est pas un jet d'eau, comme on le croit encore trop généralement, qui sort de l'évent, mais un jet de vapeur humide et chaude, provenant du poumon, et visible seulement par condensation de la vapeur d'eau, comme l'haleine de tous les Mammifères, lorsque la température est basse, ce qui est le cas dans les régions où l'on fait la chasse aux grands Cétacés. L'eau que ces animaux avalent en mangeant est rejetée par la commissure postérieure de la bouche. Chez les Dauphins, on trouve un double sac propulseur, logé dans des cavités du crâne, et qui sert à accélérer le rejet de l'air expiré : la communication entre ce sac et le canal de l'évent peut être interrompue par des valvules.
Avant chaque respiration, les cétacés ouvrent leurs évents
et
expulsent à grand bruit un nuage d’air mélangé à des
gouttelettes d’huile.
Chez les
Baleines, on trouve, entre les cartilages-thyroïde et cricoïde, ce dernier
annulaire, des sacs très développés et qui constituent des réservoirs d'air :
les plis que présente le ventre des Baleinoptères sont probablement destinés à
permettre le gonflement plus ou moins considérable de ces sacs à contenu
gazeux. Les cartilages de la trachée se continuent jusque dans les ramifications
bronchiques les plus intimes du poumon, de manière à résister à la pression du
liquide ambiant sur les parois thoraciques : les poumons se prolongent très
loin en arrière et il existe une troisième bronche partant de la bifurcation de
la trachée pour se rendre à l'un des lobes du poumon droit.
Leur crâne est « télescopé », c'est-à-dire que
les os du rostre s'étendent sur et sous la cavité cérébrale. Sauf chez le
Cachalot macrocéphale (Physeter catodon), les narines sont situées sur
la partie supérieure arrière du crâne et permettent une respiration rapide et
efficace à la surface de l'eau.


Chez les cétacés, la propulsion est assurée par les mouvements verticaux de la queue. Ceux-ci sont par exemple assez puissants pour propulser hors de l’eau les deux tiers du corps d’une baleine à bosse.
ORGANES DES SENS
Les cétacés ont l’ouïe extraordinairement
fine bien qu’ils ne possèdent pas d'oreille
externe ; une ouverture de la taille d'un trou d'aiguille conduit à leur
canal auditif réduit ; leur vue est assez
bonne – elle porte jusqu’à 1m sous l’eau et 2,50m dans l’air – mais leur
perception des couleurs est limitée. Certains sont capables de faire converger
leurs yeux devant, au-dessus et derrière eux, et d’autres de les bouger
séparément mais il existe aussi des dauphins d’eau douce presque aveugle (le
Dauphin du Gange, par exemple). Quelques cétacés à dents se dirigent par
écholocation en émettant des cliquetis sur une haute fréquence, et communiquent
à l’aide d’une gamme de sons que l’oreille humaine ne perçoit pas. Les
émissions vocales d’autres cétacés sont encore mal étudiées. L’odorat est
inexistant chez tous.
Des
expériences ont permis de démontrer l'excellente vision des petits Odontocètes.
Cependant, plusieurs espèces de dauphins de rivière (Platanistidés) ont des
yeux réduits. Par exemple, le Dauphin du Gange (Platanista gangetica) et
le Dauphin de l'Indus (P. minor) sont presque aveugles. Les Cétacés ont
des papilles gustatives bien développées, mais leurs organes chémorécepteurs
sont atrophiés (organes de Jacobson chez les Mysticètes) ou absents
(Odontocètes).

Les cétacés à dents repèrent les obstacles et leurs proies en émettant sur une haute fréquence des sons que les objets rencontrés réfléchissent, exactement comme un sonar. Ces sons traversent le « melon » (poche remplie de fluide) qui les dirige en changeant de forme et leur écho passe par la mâchoire.
REPRODUCTION
Les baleines dont certains rorquals (la baleine à bosses par exemple) se reproduisent en hiver. Elles quittent les régions polaires, leur aire d’alimentation estivale, pour aller mettre bas dans des eaux tropicales, en général dans le voisinage de groupes d’îles ou dans des estuaires. Elles redeviennent tout de suite gravides et retournent, au printemps, dans les zones froides de la planète. D’autres baleines observent un cycle de reproduction saisonnier tout en ne migrant pas. L’accouplement est très bref chez tous les cétacés. Le pénis en forme de S du mâle est enfoui dans le corps et son érection est due non à un afflux de sang mais à l’action de certains muscles. Après avoir mis bas, la mère (et chez certains dauphins, les membres de sa bande) aide le nouveau-né à émerger pour respirer la première fois.

Les petits des cétacés tètent leur mère jusqu’à ce qu’ils soient en âge de se nourrir de proies. Comme celles des cétacés, les tétines de ce dauphin tacheté sont situées dans une poche intérieure.
La plupart des espèces de Cétacés se reproduisent de façon
saisonnière, mais le point culminant de la saison de reproduction varie selon
l'écologie d'une espèce ou d'une population. La majorité des Mysticètes migrent
annuellement des sites d'alimentation, où ils passent l'été, aux sites de
reproduction et de mise bas, où ils passent l'hiver. Certaines populations
d'Odontocètes sont plutôt sédentaires. La plupart des espèces ont une gestation
d'un peu moins d'un an. Chez le Cachalot macrocéphale, la gestation dure 16
mois et chez certaines autres espèces d'odontocètes, elle dure plus d'un an.
Les femelles amènent rarement plus d'un foetus à terme. En effet, en raison de
leurs besoins énergétiques, il leur est difficile d'élever plus d'un baleineau
au cours d'une même saison.
Les petits naissent généralement queue première et sont déjà
bien développés. La naissance et l'allaitement ont lieu sous l'eau. Les
Mysticètes allaitent leur petit pendant 7 à 10 mois ou plus, tandis que
certaines espèces d'Odontocètes allaitent pendant 18 mois ou plus.
Conséquemment, l'intervalle entre les naissances est d'au moins deux ans, à
l'exception de quelques petites espèces.
VIE SOUS-MARINE
Bien que respirant tous de
l’air, les cétacés sont capables de demeurer très longtemps immergés. Sous
l’eau, les battements de leur cœur deviennent deux fois plus lents et leur
sang, que la pression propulse jusque dans les vaisseaux proches de leur peau,
nourrit leurs organes vitaux (cœur, cerveau, etc.). Leurs poumons sont
comprimés et l’air qui s’y trouve est projeté dans la trachée et les conduits
nasaux où des sécrétions mousseuses l’absorbent.
La vitesse
maximum de nage est d'au moins 30 km/h chez quelques espèces de marsouins
et de 37 km/h
ou plus chez les grands rorquals (par exemple, le Rorqual boréal). Les
aptitudes de plongée varient beaucoup d'une espèce à l'autre. Certains cétacés à dents descendent à de grandes
profondeurs, à l’image du cachalot qui a été repéré par sonar à 1.200m et des
poissons trouvés dans son estomac prouvent qu’il descend jusqu’à 3.000m. Il
peut ainsi rester 2 heures dans l’eau.
Les baleines à
fanons ne plongent généralement pas plus de 20 à 30 minutes, mais la baleine
boréale (Balaena mysticetus), adaptée à la vie dans les glaces, effectue
des plongées dépassant 30 minutes. Les dauphins et les marsouins font
normalement surface toutes les cinq à sept minutes ou plus fréquemment.
STRUCTURE SOCIALE
Outre les
humains, les seuls prédateurs des Cétacés sont les grands requins et les
épaulards (Orcinus orca). Ce dernier est réputé pour s'attaquer à
presque toutes les espèces de mammifères marins, y compris le Rorqual bleu (Balaenoptera
musculus), le plus grand des Cétacés. Les groupes d'Épaulards (unités
familiales élargies) ont une cohésion sociale durable qui facilite la chasse en
groupe. Les Odontocètes sont grégaires, et on croit que plusieurs espèces
possèdent une structure sociale complexe.
Il semble que la plupart des espèces
de Mysticètes soient plus ou moins grégaires, même si leurs communications
vocales sur de longues distances leur permettent peut-être d'effectuer des
activités d'une façon mieux coordonnée qu'une simple observation ne nous le
révèle.
VOCALISATIONS
Les connaissances
actuelles démontrent que seuls les Odontocètes font de l'écholocation. Le
Cachalot macrocéphale et l'Épaulard ainsi que quelques espèces de dauphins sont
capables d'étourdir et de paralyser les poissons et les calmars avec de
puissantes ondes sonores. Les deux principaux types de sons émis par les
Cétacés consistent en des meuglements, des cris, des sifflements et des
grognements graves, qu'ils utilisent probablement pour communiquer, et des
cliquetis de forte intensité, dont les fréquences peuvent atteindre
200 kHz (environ 13 fois plus élevé que la fréquence maximale perceptible
par l'oreille humaine), qui leur permettent de distinguer les objets et de
naviguer.
LES
CETACES MENACES
La chasse
à la baleine
Dès ses débuts, l’industrie baleinière s’est rendue
coupable de surexploitation des cétacés. L’abattage des baleines rapportait en
effet beaucoup d’argent. Jadis, les baleines à fanons fournissaient de nombreux
produits : la graisse était utilisée pour faire de l’huile pour les lampes, de
la margarine et du savon ; les fanons étaient utilisés pour renforcer les
corsets ; l’huile contenue dans la tête des cachalots était utilisée pour la
confection de bougies et entrait dans la composition de parfums ; bref, un vrai
supermarché ! Mais aujourd’hui, de bons substituts ont été mis au point, ce qui
a rendu la chasse à la baleine tout à fait inutile. La Norvège
dépose une exception qui lui permet de continuer la chasse commerciale. Le
Japon utilise une faille dans la
Convention et se lance dans la chasse
"scientifique". L'Islande,
revenue dans la CBI
en 2003,
s'engage directement dans la chasse "scientifique"
et annonce qu'elle reprendra une chasse commerciale dès 2006, malgré le
moratoire. (Source : WWF).
Néanmoins, la chasse
continue notamment en Norvège et au Japon et en Islande. Pourtant, en 1982, un moratoire suspendant toute chasse
commerciale est voté par 25 voix contre 7. Le moratoire deviendra effectif à
partir de 1986.

Malheureusement, aujourd’hui encore, il y a toujours des pays qui continuent à chasser les cétacés : c’est le cas du Japon et de la Norvège, où les baleines sont chassées parce que leur viande y est très appréciée comme plat de luxe.
La
pollution chimique
De plus en
plus, on retrouve des cétacés morts échoués sur nos plages : la cause de ce
phénomène bien triste est très souvent la pollution. Les
produits chimiques (comme les PCB) et les pesticides industriels (comme le DDT)
répandus en mer, ou s’y déversant par les rivières, sont consommés directement
par les cétacés, ou par l’ingestion de proies contaminées.
Certains en meurent,
d’autres tombent gravement malades, ne peuvent plus se reproduire ou ont des
petits qui souffrent de malformations.
La
pollution sonore
De nombreux
cétacés naviguent et communiquent grâce au son, et, pour se nourrir, toutes les
espèces dentées utilisent l’écholocation. Or, à partir d’une certaine
intensité, les niveaux sonores
sous-marins provenant du trafic des bateaux et de l’activité industrielle
(comme des explosions sous-marines !) nuisent gravement aux cétacés : des
dommages de leur structure auditive ont souvent été observés… et les empêchent
de communiquer entre eux ou d’utiliser l’écholocation !
La pêche
La surpêche est un fléau pour tout l’environnement marin et notamment pour les cétacés. La pêche au thon représente une grave menace pour certaines espèces de cétacés à dents. Les pêcheurs ont en effet remarqué que plusieurs espèces de thons se déplaçaient toujours à proximité de groupes de dauphins (peut-être ces poissons suivent-ils les dauphins car ces derniers sont plus habiles à trouver des proies dont les deux espèces se nourrissent). Les pêcheurs n’ont plus qu’à suivre les dauphins et, en capturant les thons dans leurs filets, emprisonnent du même coup les dauphins, qui s’y emmêlent et meurent, noyés…


LA MENACE DES FILETS
Les immenses filets qui dérivent en
haute mer entraînent aussi la mort de milliers, voire de millions de cétacés de
différentes espèces.
Les
bateaux
Il arrive,
bien trop souvent d’ailleurs, que les cétacés rentrent en collision avec de
gros bateaux…ou se blessent aux hélices des navires…Les bateaux de tourisme
d’observation des cétacés (ce qui est, au départ, une activité bénéfique au
niveau économique, scientifique et pédagogique), représentent parfois une
menace lorsqu’ils « harcèlent » les cétacés, ou que le trafic des bateaux
devient de plus en plus important.
La
dégradation des habitats
Les dauphins
de rivières sont sans doute les plus menacés par la pollution, le trafic
fluvial, les barrages dressés en travers des rivières, la rectification des
rives… Le développement des côtes et la destruction massive des mangroves (ce
qui va souvent de pair), a diminué les alevins (jeunes poissons) dont se
nourrissent les cétacés.
Le
changement climatique
Les
augmentations de la température de l’eau vont entraîner le déclin du
zooplancton, dont se nourrissent de nombreux cétacés (mais aussi plein de
poissons !). Le phytoplancton va diminuer aussi, à cause du rayonnement solaire
intensifié par le trou dans la couche d’ozone…Or, le phytoplancton est la base
de toute la chaîne alimentaire océanique !
LES
SANCTUAIRES POUR LES CETACES
Le premier sanctuaire pour
les cétacés fut créé en 1979, dans l’Océan Indien. Un second a vu le jour en
1994, autour du pôle sud, et rejoint d'ailleurs le premier sanctuaire. Seules
les baleines à fanons sont cependant protégées dans ces deux sanctuaires.

LE SANCTUAIRE DU POLE
SUD
Le WWF a également fait pression pour créer un 3e sanctuaire
pour les cétacés en mer Méditerranée, qui a vu le jour en 1999, dans laquelle
tant les baleines à fanons que les autres cétacés à dents sont effectivement
protégés. La partie de la
Méditerranée concernée est la mer de Ligurie : elle se trouve
entre la Sardaigne,
la Corse , la France et l’Italie. Chaque
année, on y trouve plus de 25.000 dauphins, ainsi que des centaines de grandes
baleines.
Liens :
http://www.chez.com/eponcelet/cetacea/
Ce site est dédié aux baleines,
dauphins et autres cétacés. Cetacea est né du constat que
l'Internet francophone était particulièrement pauvre en informations
scientifiques sur les cétacés et est plutôt dévolu à la vulgarisation
scientifique sérieuse.
http://www.sanctuaire-pelagos.org/accueil/
Le site officiel du
Sanctuaire Pelagos dédié aux mammifères marins de Méditerranée
http://lesbaleines.net/
Un autre site est né du même
constat, au Canada cette fois-ci. Le
Monde des Cétacés aborde le sujet de manière plutôt conviviale.
http://www.cetaces.org/
Le Groupe de Recherche sur
les Cétacés est une association type loi 1901 à but non lucratif. Le GREC
est acteur de la recherche sur les cétacés en Méditerranée, en Polynésie ou
ailleurs dans le monde. Le GREC a pour objectifs :
- de favoriser l'acquisition
de nouvelles connaissances sur les cétacés sauvages
- de diffuser ces
connaissances vers la communauté scientifique
- de contribuer à l'éducation
du public en matière de protection des cétacés dans leur milieu.
Source :
Le Règne Animal - Editions Gallimard
http://www.thecanadianencyclopedia.com/
http://www.wwf.be/
Crédit photos :
http://www.odyssee.ch/
http://www.wwf/
mardi 7 mars 2006
La disparition massive du poisson sauvage
De nombreux écologistes marins pensent que la menace la plus importante pour les écosystèmes aujourd'hui est la surpêche. Notre appétit pour le poisson dépasse les limites écologiques de nos océans avec un impact dévastateur sur les écosystèmes marins. Les scientifiques mettent en garde contre les conséquences de la surpêche, qui entraîne des changements importants et parfois irréversibles pour nos océans. Sans parler de nos plats de poissons qui, à l'avenir, pourraient bien devenir des mets de luxe plutôt rares.
La surpêche survient lorsque les poissons sont capturés plus rapidement qu'ils ne peuvent se reproduire et, de l'avis de bon
nombre de scientifiques, elle est devenue l'impact principal des
activités humaines sur les océans. Un quart des prises totales de la surpêche (27 millions de tonnes pour 2003) ne sont pas celles visées, et sont le plus souvent perdues. (source de données : www.grid.unep.ch
La surpêche augmente la vulnérabilité des écosystèmes et peut contribuer au déclin d'autres espèces marines, notamment certains oiseaux et mammifères.
La surexploitation et la mauvaise gestion des pêcheries ont déjà
entraîné quelques effondrements spectaculaires de pêcheries. La zone de
pêche au large de Terre-Neuve, au Canada, s'est effondrée en 1992,
entraînant la perte d'environ 40 000 emplois dans le secteur. Les
stocks de cabillaud en mer du Nord et en mer Baltique prennent
désormais la même direction et sont proches de l'effondrement.
La surpêche a sérieusement mis à mal les stocks de morue dans l'Atlantique. En conséquence, les prises de morue se sont effondrées ces 30 dernières années et certaines zones de pêche ont été complètement interdites. La FAO met en garde que la morue, et d'autres espèces trop prisées, n'arriveront à se repeupler si et seulement si les prises sont nettement réduites et suivies de près pendant au moins dix ans.
Au lieu d'essayer de trouver une solution à long terme à ces problèmes,
le secteur de la pêche se tourne vers le Pacifique, ce qui n'est pas
une solution. Les hommes politiques continuent à ignorer les conseils
des scientifiques sur la gestion de ces lieux de pêche et sur le besoin
de pêcher ces espèces menacées d'une façon durable
Des questions, des réponses, malheureusement ces dernières sont loin de résoudre le problème. Encore pire, Arnaud Filleul nous confirme, s'il en était besoin, que nos
actions de surexploitation de toutes les ressources de la Terre et de
sa biodiversité, nous conduisent à une issue plus que dramatique. La
disparition massive des poissons sauvages de mer ou de rivière est un
état de fait et la conséquence indéniable de la surpêche, de la
construction de barrages qui contiennent aujourd'hui plus d'eau que les
rivières, de la canalisation des rivières pour éviter les inondations
alors que celle-ci s'inscrivent dans un cycle naturel et sont
nécessaires, des pollutions aux nitrates et phosphates dues notamment à
nos chers lessives par exemple... raréfiant l'oxygène présente dans
l'eau des rivières, et la liste est malheureusement trop longue.
Entretien avec Arnaud Filleul, docteur en systématique et spécialiste
de paléo-ichtyologie, l'étude des poissons fossiles.
Le combat inégal de l'homme et du poisson sauvage
"D'ici à 2030, des milliers d'espèces auront
disparu", affirme Arnaud Filleul
Les exportations de caviar viennent d'être interdites
pour protéger l'esturgeon, en voie de disparition. Va-t-on, en raison de l'activité
humaine, vers un monde sans poissons sauvages ?
Dans vingt ou trente ans, des milliers d'espèces auront
disparu, certaines avant même qu'on ne les connaissent. Des dizaines vont déjà
s'éteindre d'ici quelques années. Pour autant, les poissons représentent, de
loin, le plus grand groupe de vertébrés.
Environ 28.000 espèces sont connues,
mais des milliers ne sont pas recensées. Un poisson peut vivre en pleine eau,
sous les cailloux dans la zone de balancement des marées, dans les profondeurs
abyssales.
Même dans le pire scénario, avec une surpêche, des
pollutions massives, des modifications majeures de l'environnement, il y aura
toujours un petit poisson, du fin fond de l'Amazone, du fin fond des abysses,
qui survivra. Une éradication est impossible.
Elle signifierait une dégradation
des écosystèmes telle que l'homme aurait déjà disparu de la planète.
Ses effets sont imprévisibles. En ce moment, la morue
remonte vers le nord et la daurade royale, qu'on trouvait en Méditerranée et
dans le golfe de Gascogne, s'implante en Bretagne nord. Certaines espèces,
notamment de poissons plats, sont de plus en plus absentes des côtes de la Manche. Pour
l'instant, le réchauffement n'a pas fait disparaître d'espèces, mais a entraîné
des modifications des aires de répartition.
C'est une menace extrêmement ciblée, qui attaque les
bancs de poissons grégaires qu'on peut capturer facilement grâce aux équipements
modernes des bateaux. Elle menace gravement des espèces comme la morue et le
thon, poissons les plus pêchés du monde, mais pas les blennies et les gobies
(petits poissons très fréquents sous les rochers proches du bord). En outre, la
mer se régénère très vite. En laissant la ressource se reposer, le stock se
refait au bout de quelques années ou de quelques décennies, la pêche est à
nouveau possible.
Oui, car la plupart des espèces commerciales sont menacées.
Il y a cent ans, les pêcheurs ramenaient des morues de 2 mètres pour 80 kg . Maintenant, à Rungis,
on trouve des bébés morues de 50 centimètres . Tout ce qui se trouve sur l'étal
d'un poissonnier ne devrait pas s'y trouver, en tout cas pas dans ces quantités.
Il faut interdire la pêche pour les populations dont l'état des stocks est
totalement dégradé, comme le thon, le requin - à cause des ailerons -, la morue
et la plupart des espèces de grands fonds. Il existe également un vrai
acharnement contre l'anguille, braconnée aux embouchures des grands fleuves.
Une activité très rentable liée a une consommation excessive dans certains
pays. L'anguille pourrait très bien disparaître.
L'élevage de poissons est extrêmement polluant. Il
produit, de façon concentrée, une énorme quantité de déchets, liés aux poissons
eux-mêmes, simplement par ce qu'ils mangent et rejettent. Si, à l'avenir, on substitue
le poisson d'élevage au poisson sauvage, il n'y aura plus un écosystème côtier
viable sur la planète.
Les rejets urbains, industriels et agricoles entraînent une eutrophisation des eaux : l'afflux de phosphates et de nitrates provoque une prolifération d'algues, des végétaux aquatiques meurent et libèrent à leur tour azote et phosphore. L'oxygène se raréfie. Ce phénomène, qui est la principale menace sur les eaux douces, va entraîner une diminution du nombre d'espèces. Les truites risquent de disparaître, ainsi que les poissons demandant beaucoup d'oxygène, mais ceux plus tolérants, comme le poisson-chat, survivront et se multiplieront.
La pollution chimique est, elle, ponctuellement très mortelle, mais s'arrête rapidement, car elle se dilue. Son impact est assez limité en France, car les rejets d'usines sont relativement bien maîtrisés, mais il est très fort dans les pays émergents, en Chine et en Inde, par exemple, où ce type de pollution détruit des milieux entiers, de l'insecte au poisson. Des amis pêcheurs m'ont dit avoir récemment découvert en Chine des rivières entières sans aucun poisson.
La modification des écosystèmes constitue une menace
majeure. Ce que l'homme veut est totalement contradictoire avec ce dont les
poissons ont besoin. Le brochet, par exemple, à la sortie de l'hiver, profite
de la montée des eaux pour aller frayer dans les zones inondées et déposer ses
oeufs dans les herbes. Il faut donc de nombreuses zones suffisamment inondées
pour que les oeufs puissent éclore. Or, actuellement, toutes les rivières sont canalisées
pour éviter les inondations. Le brochet fait donc partie des espèces très menacées
à cause de la destruction de son habitat. Les barrages bloquent également les
migrations du saumon ou de l'anguille.
La plus grande menace vise les eaux douces des régions
tropicales, ou agriculture et déforestation progressent. Ces deux activités humaines
transforment les écosystèmes et conduisent à la disparition d'espèces en
modifiant la composition chimique de l'eau, son taux d'oxygénation et sa turbidité.
Or des milliers d'espèces peuplent les forêts tropicales, en Asie du Sud-Est et
en Indonésie. Toutes les zones tropicales, très riches en termes de biodiversité,
se trouvent dans des pays trop pauvres pour s'imposer l'effort de protection de
l'environnement.
Les modifications de l'écosystème sont trop rapides pour espérer
une quelconque réaction des poissons. De nouvelles espèces pourront apparaître,
mais pas à l'échelle du temps humain : les phénomènes de spéciation prennent
des dizaines de milliers d'années. Le bilan ne sera jamais positif.
Il n'y a
pas de solution qui permette de sauver un environnement sauvage et de vivre à
10 milliards d'individus sur la planète.
-----------
Chiffres
- 46% des 28.000 espèces de poissons recensées sont menacées,
selon l'Union mondiale pour la nature. Mais l'état exact des populations est
mal connu. On compte en France 82 espèces, la moitié introduites par l'homme.
- La consommation mondiale de poissons à plus que triplé
entre 1961 et 2001 (de 28 à 96 millions de tonnes par an). La Chine est le plus grand
consommateur.
- Le quart des espèces commerciales sont surexploitées,
selon le programme d'évaluation des écosystèmes des Nations unies.
- La quantité d'eau piégée par les digues de barrage a quadruplé
depuis 1960. Il existe trois à six fois plus d'eau dans ces réservoirs que dans
les cours d'eau naturels.
- Les systèmes agricoles couvrent un quart de la
superficie des terres fermes.
- Les écoulements d'azote dans les écosystèmes terrestres
ont doublé et les flux de phosphore triplé depuis 1960.
A lire :
Poissons de toujours et d'ailleurs - Histoires de pêche
et biologie des espèces, Arnaud Fillieul et Henri Limouzin ( Editions Larivière,
208 p., 50 euros).
07032006_La_disparition_massive_du_poisson_sauvage. PDF
Source de l'entretien :
Le
Monde
Crédit photos :
http://www.webzinemaker.com/
Steve Bloom
Crédit graphique :
www.grid.unep.ch/
mardi 14 février 2006
La corne du Narval
Le 29 décembre dernier, je publiais un petit article sur le narval, cette "sirène" des eaux froides de l'Arctique. A l'occasion, je posais la question "A quoi peut bien servir la longue dent spiralée du mammifère marin ?"
Aujourd'hui, j'ai trouvé la réponse à cette question. En effet, dans le Science&Vie de février 2006, on apprend que la corne du narval est une vraie sonde !

"On ignorait la fonction de la "défense" du narval, cette longue dent en spirale pouvant atteindre 3 mètres, issue de l'incisive supérieure du cétacé. Après quatre expéditions dans les régions arctiques du Canada, Martin Nweeia, chercheur à Harvard, a levé le mystère. Cette corne est en fait pourvue de dix millions de récepteurs sensibles à la température, à la pression et aux particules présentes dans l'eau ! Elle permet d'en évaluer la salinité et de détecter les poissons."
14022006_La_corne_du_Narval.pdf
Source :
Sciences&Vie - février 2006
Crédit photo :
http://wildlife.zoomania.hu/
jeudi 2 février 2006
Les coraux, les animaux de récifs et l'urgence de leur protection
J'espère que cet article fera découvrir au plus grand nombre les
merveilles des récifs coralliens, mais aussi l'appréhension de la
nécessaire urgence de les placer sous protection totale avec
interdiction de pêcher et de pratiquer toute activité dommageable.
"Il
faut que de nombreux gouvernements reconnaissent la fragilité de leurs
ressources coralliennes, car les récifs sont importants pour environ
cinq cents millions d'êtres humains à qui ils apportent alimentation,
matériaux de construction et protection de côte sableuse, à l'instar de
certains récifs qui ont protégé la côte d'Afrique lors du tsunami du 26
décembre 2004."
Tels sont les propos de Laurent Ballesta, photographe sous-marin, biologiste et plongeur professionnel et Pierre Descamp, biologiste marin et plongeur professionnel, tous deux à la base du magnifique ouvrage qu'est Planète Mers aux Editions Michel Lafon.

Photo proposée en téléchargement pour fond d’écran (1024) sur le site du livre planete-mers.fr
La découverte de ce livre passe par l’étape qui consiste à feuilleter ces volumineuses pages où ne semblent apparaître que des images. Des photographies souvent imprimées en pleines pages et doubles pages, très discrètement légendées du nom de l’espèce, du lieu de la prise de vue, la taille de l’animal étant également minutieusement précisée. Cette dernière information apparait presque comme gratute ou superflue initialement, tant les océans représentent, pour l’homme, une dimension parfaitement insaisissable, qui se confronte difficilement avec le côté épars et divers des richesses naturelles renfermées par ceux-ci. Mais tout prend tout son sens lorsque l’on s’aperçoit que ce sont, dans le cas d’espèces quasi microscopiques de quelques centimètres à peine, non pas de simples reproductions, mais bel et bien leurs agrandissements que l’on tient entre les mains. Le plaisir de parcourir cet objet passe donc presque au rang de visite d’exposition, le sentiment de déambuler dans les galeries d’un musée n’est pas loin.
La classification beau livre est en réalité assez inappropriée pour cet ouvrage, il faudrait plutôt le représenter au rang des très beaux livres, voir même des livres d’exception. Tant la qualité est là, réunie sur les plans documentaire et photographique, mais aussi sur la forme, puisque c’est avec une grande pédagogie, par de petites touches poétiques, anecdotiques, et pleines de recul sur la beauté du spectacle de la vie, que le message du texte qui accompagne ces fabuleuses images est véhiculé.
Source :
http://www.photosapiens.com/
"Les
coraux sont des bâtisseurs acharnés. Depuis quatre cents millions
d'années, génération après génération, centimètre par centimètre, ces
animaux pourtant minuscules ont réussi un exploit encore inégalé :
construire des édifices visibles de l'espace... Leur secret ? Le
travail d'équipe..." par Laurent Ballesta et Pierre Descamp.

L'atoll de Bora Bora vu du ciel
Le corail est composé de plusieurs centaines polypes partageant le même squelette
calcaire. Chaque polype est un animal en soi dont le corps est composé d'une
partie creuse pour la digestion, surmontée d'une bouche entourée de
tentacules.

Polypes
La croissance d'un récif est lente, environ un mètre par millénaire. Les vagues et certains animaux marins, érodent le récif dont le sable s'accumule sur les plages. C'est ainsi que l'on peut admirer les belles plages de sable blanc à l'instar des plages des Seychelles...

Plage de sable blanc des Seychelles
Le récif de corail
est un des écosystèmes les plus riches tout comme les forêts tropicales. Il mérite donc largement sa
place en terme d'environnement à protéger de par sa large biodiversité.

Barbiers rouges à queue de lyre - Photo proposée en téléchargement pour fond d’écran (1024) sur le site du livre planete-mers.fr
Les récifs coralliens sont apparus dans les océans il y a plus de quatre cent cinquante millions d'années. Depuis, ils n'ont pas cessé de construire des édifices gigantesques comme la Grande Barrière de Corail à l'Ouest de l'Australie qui s'étend sur plus de 2.500 kilomètres.
Chaque espèce de poisson vivant dans un récif corallien dispose de ses
propres cartes "en main" pour trouver de quoi se nourrir ou échapper aux
prédateurs qui sont légion dans ce biotope.
Les zooxanthelles constituant le tissu corallien apportent de l'oxygène et absorbent le CO2 produit par les polypes. Une vrai machine à vivre.
La croissance des coraux permet son développement et à contrario, l'érosion le détruit.
D'après l'ouvrage Planète Mers, "les poissons
perroquets, eux, croquent directement dans le corail pour se nourrir.
Après digestion, il sera rejeté sous forme de sable blanc,
s'accumulera... et pourra même contribuer à la formation des plages; les
récifs coralliens
servent d'habitat à des dizaines de milliers d'espèces de poissons et
d'invertébrés. Durant la croissance du récif, des abris de toute taille
se forment dans l'entrelacs des colonies et sont aussitôt habités par
une multitude de petits animaux."
Le monde du corail en péril
L'avis des experts
Clive Wilkinson est coordinateur au Global Coral Reef Monitoring Network (GCRMN, Réseau global de suivi des récifs coralliens) qui publie tous les deux ans le rapport sur l'état des coraux dans le monde.
David Obura est coordinateur du Programme CORDIO (Programme sur la dégradation des récifs coralliens de l'océan Indien) à l'Université de Perpignan en France.
Bernard Salva est professeur à l'Ecole pratique des hautes études (EPHE) à l'Université de Perpignan en France.
Les
récifs coralliens je cite "n'occupent que 0,09% de la
surface des océans. Admirés pour leur beauté et leur diversité
biologique, ils sont importants pour environ cinq cents millions
d'êtres humains à qui ils apportent alimentation, matériaux de
construction et protection des côtes sableuses. On estime à trois cent
soixante-quinze milliards de dollars les biens et services rendus par
ces récifs chaque année."
Les
récifs coralliens que l'ont peut admirer aujourd'hui ont commencé leur formation il y a huit
mille ans, après la dernière période glaciaire. Alors qu'à cette période le niveau de la mer était d'environ 100 à 120m inférieur au niveau actuel, les récifs coralliens jouxtant les
plateaux continentaux tropicaux ont permis certaines
migrations humaines, lesquelles ont alors causés peu de dégâts.
Les
récifs subissent toutes sortes de catastrophes
naturelles comme les cyclones tropicaux, les
tremblements de terre, et autre éruptions volcaniques.
Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, ils étaient restés à peu près intacts. Dès lors que les nombreuses batailles du Pacifique ont fait rage, ils ont commencé à se dégrader, dégradation qui s'est amplifiée avec l'augmentation
rapide de la populationdans les régions tropicales. La pollution et l'occupation des zones côtières sont elles aussi responsables de la détérioration des récifs coralliens. Sans compter les pêches destructives à coup de dynamite, l'exploitation du corail à des fins notamment commerciales, sans oublier les changements climatiques actuels.
Selon les experts de Planète Mers, sus-mentionnés, "l'augmentation de la température de l'eau de surface stresse et tue le corail par blanchissement(1).
L'élévation des concentrations en gaz carbonique dans l'eau réduit la
calcification du corail, des algues coralligènes et des mollusques.
Pire encore, il semble que l'apparition des maladies du corail et
l'augmentation des invasions de prédateurs du corail, comme l'étoile de
mer, soient liées au changement climatique."
et que
"les récifs de corail
pourraient être les premiers écosystèmes du monde à s'effondrer sous
toutes ces pressions. On estime à environ 20% les coraux si durement
endommagés que leur capacité de récupération est très compromise; 50%
des coraux restants sont sous une telle pression qu'ils pourraient être
perdus dans les vingt à quarante prochaines années. Le taux de déclin
est en hausse avec l'augmentation des populations humaines. Les menaces
les plus sévères se situent dans le Sud-Est et le Sud asiatiques, le
long des côtes de l'Afrique de l'Est et dans les Caraïbes."
Pour protéger cette fabuleuse biodiversité que représentent les récifs de corail et leurs habitants non moins fabuleux, il faut placer les zones récifales sous
protection totale, pratiquer le tourisme vert, et en interdire toute exploitation.
(1)
Une élévation de température entraîne un stress du corail et peut le
tuer par blanchissement. Cela advient lorsque les coraux perdent leurs
algues symbiotiques, les zooxanthelles, qui leur apportent la plupart
de leur énergie, leur résistance aux radiations ultraviolettes et leur
couleur.
Je remercie tout particulièrement Marie Guillot de l'Oeil d'Andromède qui a permis l'utilisation de certaines citations de l'ouvrage Planète-Mers et de Messieurs Ballesta et Descamp, tous deux photographes du même ouvrage.
Source :
Planète Mers - Michel Lafon. Imprimé avec des encres végétales et sur papier blanchi sans chlore par SVI-PUBLICEP Arts Graphiques
Crédit photos :
http://oprhardy.free.fr/
http://www.planete-mers.fr/
http://www.perso.ch/
http://www.seychelles.com
http://www.nettavisen.no
http://tuamotu.plongee.free.fr/
http://www.plonger-en-corse.com/
vendredi 20 janvier 2006
Photos d'Animaux Marins
Photo d'Orque - Winfried Wisniewski - Allemagne - Mention particulière en catégorie Comportement Animal
"Les orques de Patagonie sont renommées pour leur technique d'attaque des lions de mer ; elles vont jusqu'à s'échouer à moitié sur la plage. En dehors de cette région, très peu d'orques ont su développer ce type de chasse. Ce mâle accompagnait sept femelles dans la péninsule de Valdes, en Argentine. Il rata de peu le jeune lion de mer. J'ai eu la chance d'être là au bon moment."
Photo de Seiches - Jürgen Freund - Allemagne - Mention particulière en catégorie Comportement Animal
"Trois ou quatre femelles, issues d'un groupe de dix-huit seiches, déposaient leurs oeufs près des coraux de l'île de Dimakya, aux Philippines. Un grand mâle s'efforçait de tyenir à l'écart les jeunes concurrents (ainsi que moi-même). Mais il avait passé plusieurs jours à combattre ses rivaux et était maintenant si fatigué que certains cométiteurs parvenaient à se rapprocher pour s'accoupler aux femelles."
Photo de Phoques - Allan G. Potts - Royaume-Uni - Mention particulière en catégorie Faune de Grande-Bretagne
"Un matin d'octobre, alors que j'observais ces tois phoques gris subadultes, une femelle gravide se traîna sur la plage. L'un des jeunes mâles rampa vers elle mais la femelle gronda, plus concernée par sa prochaine mise bas sur la plage que par une parade amoureuse. Au regard qu'il pose sur elle, on peut lire le désapointement du mâle."
Photo de Poissons Papillons - Gayle Jamison - Etats-Unis - Premier Prix en catégorie Monde Sous-Marin
"J'ai découvert ce groupe de poissons papillons alors que je contournais une formation rocheuse dans les îles Similan, en Thaïlande, à une profondeur de dix-huit mètres. Ces poissons vivent habituellement en couple. Les regroupements plus importants sont peu nombreux et ils s'éparpillent à l'approche des plongeurs. En me déplaçant lentement et en dissimulant mes bulles d'air et mon objectif, j'airéussi à m'approcher de ces poissons timides. Je n'ai pris qu'une image avant que le groupe ne se disperse."
Photo d'Etoile de Mer - John Liddiard - Royaume-Uni - Mention particulière en catégorie Comportement Animal
"Au large des îles Galapagos, je suivais un poisson rouge vif quand j'ai paerçu cette étoile de mer. Je ne comprenais pas pourquoi elle adoptait une telle position, puis j'ai réalisé qu'elle se sulevait ainsi pour mieux relâcher sa semence dans le courant marin."
Photo de Loutre - Charles Brown - Royaume-Uni - Mention particulière en catégorie Comportement Animal
"Un été, sur lîle de Mull, en Ecosse. J'étais assis près d'un trou d'eau laissé par la marée quand une loutre vint y plonger avec ferveur pour chercher des poissons. J'essayais de devuiner l'endroit où elle irait consommer sa proie. Après une dizaine d'allers et retours, je choisis ce rocher qui fut celui que la loutre adopta comme table."
Photo de Poisson-Grenouille - Dennis Liberson - Etats-Unis - Mention particulière en catégorie Le Monde Sous-Marin
"Ces poissons-Grenouilles, également appelés "pêcheurs des Sargasses", changent de couleur en fonction du milieu. J'ai eu de la chance de repérer celui-ci alors qu'il se dissimulait sur une éponge de même couleur. Dérangé par mon flash, il bondit au sommet de l'éponge avant de rejoindre un partenaire."
Photo de Grand Dauphin - Chris Gomersall - Royaume-Uni - Mention particulière en catégorie Faune de Grande-Bretagne
"Ce cétacé appartient à l'espèce la plus nordique de dauphins. Ils vivent dans le Moray Firth, en Ecosse. Pendant plusieurs années, j'avais suivi un groupe, y consacrant autant d'heures que de bobines et je souhaitais réaliser l'image d'un saut parfait. Enfin, un matin, une treès belle lumière coïncida avec les activités bondissantes de ce Grand Dauphin."
Photo d'Otarie à Fourrure - Ryo Maki - Japon - Mention particulière en catégorie Le Monde Sous-Marin
"Cette jeune Otarie chassait près de l'île de Cousin Rock, aux Galapagos, quand elle croisa un énorme banc de poissons, des saupes. Elle plongea dedans et préleva quelques individus tandis que les poissons paniqués, s'enfuyaient."
Photo de Rascasse - Fred Bavendam - Etats-Unis - Mention particulière en catégorie Le Monde Sous-Marin
"Dans les eaux de la mer de Bali, les rascasses volantes se dissimulent souvent à l'intérieur de ces énormes éponges. Elles utilisent cette technique d'affût pour capturer des petits poissons de passage."
200106_Photos_d_Animaux_Marins_Dakota_Edition.pdf
Source : Vie Sauvage - Dakota Editions
vendredi 13 janvier 2006
La Méduse
Animal unique en son
genre, la méduse ne ressemble même pas à ses cousins les plus
proches : les coraux et les anémones de mer.
La méduse est en général la forme sexuée d'un animal passant par 2 stades :
Chez certaines exceptions, une des 2 phases disparaît ou du moins est prédominante (en taille ou en durée de vie).
La méduse appartient à l'embranchement des cnidaires (dans la nouvelle classification, la notion d'embranchement a disparu mais celle de cnidaires s'est maintenue).
La méduse des eaux peu profondes se nourrit de plancton grâce à ses tentacules qui servent de pièges. La classe des cnidaires se composent de 3 sous-classes : les scyphozoaires, les hydrozoaires et les anthozoaires.
Le contact est l’une des armes de chasse les plus anciennes qui soit. La méduse s’e sert très bien et sa caresse peut être fatale.
Il y a 600
millions d’années, les méduses peuplaient déjà les océans. Aujourd’hui,
il en existe environ
4 000 espèces.
Attaque mortelle d’une méduse géante
Une fillette de sept ans a été tuée par une méduse géante au large des côtes australiennes le dimanche 8 janvier 2006.
La fillette a été aperçue par ses parents sortant précipitamment de l'eau avant de s'évanouir sur la plage d'Umagico, dans la péninsule du Cap York (Queensland). Les secours ont tenté en vain de la ranimer mais elle a été déclarée morte à son arrivée à l'hôpital.
Sa poitrine et ses jambes étaient couvertes de traces laissant à penser qu'elle a été piquée par une méduse géante.
La méduse est un animal qu’il
vaut mieux éviter.
Malheureusement, leur aspect « translucide » les rend souvent invisible ce qui peut provoquer des
drames.
Méduse,
Anémone de mer et corail
La méduse appartient à l'embranchement des cnidaires. La classe
des cnidaires se composent de 3 sous-classes : les scyphozoaires, les
hydrozoaires et les
anthozoaires.
Les « méduses vraies »
(grandes méduses)
font partie des scyphozoaires. Il en existe environ 200 espèces.
Quel rapport existe-t-il entre une méduse, une anémone de mer et le corail ? Tous font partis des cnidaires qui sont caractérisés par la possession de cellules urticantes (ou nématocystes). Ils présentent une symétrie radiaire c’est-à-dire qu’ils n’ont pas d’avant, ni d’arrière. La paroi de leurs corps n’est constituée que de deux couches de cellules au lieu de trois chez le autres animaux.
Mais, la clef de l’énigme sur la relation entre méduses et coraux réside en partie chez les hydres d’eau douce actuelle (ou hydrozaires). Ils montrent, au cours de leur cycle reproducteur, une alternance régulière de générations entre une forme libre (la méduse) et une forme fixée (le polype).
Chez les méduses (ou scyphozoaires), c’est le stade libre qui domine. Chez les coraux (ou anthozoaires), c’est le stade fixé.
Les cnidaires posent donc un problème : qui du polype ou de la méduse est apparu le premier ?
Les paléontologues ne peuvent pour l’instant qu’émettre des hypothèses, puisque des représentants des hydrozoaires, des scyphozoaires et des anthozoaires seraient présents simultanémen au pré-cambrien terminal, vers 600 millions d’années), dans les faunes d’Ediacara, ce qui suggère une longue évolution auparavant.
Caractéristiques de la méduse
La méduse est un invertébré au toucher gélatineux
dont le corps est essentiellement formé d’un disque, appelé ombrelle. Au milieu de ce corps,
s’ouvre la bouche entourée de bras, les bras labiaux.
Son corps, qui est une masse de
gélatine, appelé
mésoglée, est constitué de collagène et contient environ à 95%
d’eau. C’est pour cette raison que, lorsqu’une méduse s’échoue sur une
plage, elle «fond» en quelques heures.
Du bord de l’ombrelle partent des
tentacules qui portent
de minuscules dards urticants. Ces dards peuvent tuer les petites crevettes et
les petits poissons dont se nourrit la méduse.
La méduse n’a pas d’organes propres pour respirer. Aussi absorbe t-elle l’oxygène par la bouche et la peau.
La méduse possède des cellules photosensibles qui lui permettent de voir.
Pour avancer, la méduse contracte son
corps gélatineux
qui projette un jet d’eau et la propulse.
Et pour freiner ou
s’arrêter, elle redéploie
son ombrelle qui fait office de « parachute». Au moment de sa
progression, la méduse a les tentacules et les bras oraux allongés dans le sens du déplacement.
Elle peut atteindre une
vitesse de 55 mètres
à l’heure.
La longévité des méduses est variable selon les espèces. Aurelia aurita vit environ un an.
Leur taille est également très variable. Elle va de moins de 5 mm
de diamètre pour les hydraires à 2 ou 3 mètres de diamètre pour les scyphozoaires.
La longueur va de
quelques millimètres à environ 40 mètres, tentacules compris.
Les méduses les plus grandes ne sont pas nécessairement les plus dangereuses. Les plus toxiques vivent dans les mers chaudes et leur piqûre peut être mortelle pour l’homme.
Le principal prédateur de la méduse est la tortue marine, principalement les jeunes qui en font leur menu favori. Mais, les anémones de mer peuvent également devenir des prédatrices. Contrairement aux méduses, elles passent leur vie, ancrées à un rocher ou sur du corail. Si les méduses errent, telles des mines flottantes, les anémones de mer forment de véritables champs de mines.
Vidéo anémone de mer contre méduse
Une méduse géante
La méduse à crinière de lion (Cyanea capillata) est
l’une des plus grosse au monde. Son diamètre qui est, normalement,
de 450 mm dans le fleuve Saint-Laurent
peut atteindre 2 m de diamètre.
C’est dans l’océan
Arctique qu’elle atteint ses dimensions maximales.
On la trouve dans l’Atlantique, de
l’Arctique jusqu’au
Mexique. Elle possède des centaines de tentacules.
Ces tentacules sont
pourvus de nématocystes dont le venin est extrêmement toxique. Ces tentacules qui peuvent mesurer 70 m
de long se prennent souvent dans les filets de pêche.
Si la cyanée est grande, elle n’est pas mortelle pour l’homme.
Ce n’est pas le cas des espèces
appartenant au groupe
des cuboméduses. Certaines cuboméduses, appelées guêpes de mer, sont
extremement dangereuses.
Sur les côtes du nord de l’Australie et du Sud-Est asiatique, Chiropsalmus quadrigatus et Chironex fleckeri sont
de terribles tueuses.
Un nageur touché par
leurs tentacules peut
mourir en quelques minutes seulement.
Mode de vie et habitat de la méduse
Les méduses dérivent au gré des courants. Elles sont solitaires bien que l’on puisse les observer dériver en groupe de plusieurs dizaines de spécimens.
Peu d’espèces vivent dans les zones polaires. La plupart préfèrent les eaux tempérées ou chaudes. Beaucoup vivent en bordure des côtes à faible profondeur, comme l’Aurelia aurita, à la belle couleur diaphane et aux gonades d’un violet intense.
Cependant, certaines espèces se rencontrent à 600 mètres de profondeur et même au-delà de 2 000 mètres.
Une chasseresse redoutable
La méduse ne poursuit pas sa proie. Elle n’attrape que celles qui s’aventurent dans le piège formé par leurs tentacules urticants.
Elle tend simplement ses « filets » et attend qu’une victime les touche. Les tentacules abritent une quantité de cellules qui contiennent un micro-harpon et un venin dans une capsule. Dès que les cils des tentacules ont détecté une proie, l’animal, par une contraction musculaire, fait éclater la capsule et libère le micro-harpon qui sert à injecter le poison.
Plus la proie se débat, plus l’étau se ressert. Il ne lui reste plus qu’à hisser sa victime jusqu’à son tube digestif où elle l’a transforme en soupe de poisson.
La capacité de digestion de la méduse est telle qu’elle peut, dit-on, commencer à digérer la tête d’un poisson alors que la queue frétille encore hors de sa bouche.
Cette rapidité d’assimilation est due à la présence, dans l’estomac d’enzymes protéolytiques qui dissolvent les protéines, et de filaments gastriques qui en tapissent les cloisons.
La méduse est exclusivement carnivore, exceptée Aurelia aurita qui, à l’âge adulte, se nourrit aussi de phytoplancton.
Certaines espèces de méduses ont une technique de chasse plus passive. Elles attendent tout simplement que le plancton tombe directemen dans leur bouche grande ouverte.
Certaines méduses sont redoutées par les pêcheurs de homards, ce sont les cyanées qui dévorent les larves du homard.
Les Japonais et les Chinois mangent les méduses en salade.
La reproduction de la méduse
Les méduses sont ovipares. Il n’y a pas d’accouplement, car
la fécondation est externe. Mâles et femelles émettent
leurs spermatozoïdes et ovules dans
l’eau. Ceux-ci
fusionnent dans l’eau et donnent un œuf.
La glande sexuelle de la
méduse est appelée gonade.
Certaines espèces incubent leurs œufs. Dans ce cas, les bras oraux de la femelle ont de petites poches qui servent de chambres incubatrices.
De chaque œuf naît une larve, la planula, qui vit un temps dans l’eau. Ne dépassant pas un millimètre, elle se fixe sur une algue ou un rocher.
Elle commence sa transformation en
polype. Le polype
finit par ressembler à une pile de minuscules assiettes qui vont se détacher de lui.
Ces soucoupes flottantes,
appelées éphyrules,
grandissent rapidement et de jeunes méduses prennent forme.
La mortelle physalie
La physalie ressemble à une méduse mais n’en est pas une du tout. Elle se compose d’une centaine de polypes suspendus à un flotteur, pouvant mesurer jusqu’à 30 cm de long.
Elle peut attraper d’assez grosses proies comme des maquereaux. Elle vit dans la plupart des mers tropicales et subtropicales.
Le venin de la physalie est presque aussi puissant que celui du cobra. Chez l’homme, il provoque des lésions et des malaises graves pouvant entraîner la mort.
Schéma détaillé de la méduse
Méduse: animal marin au corps transparent et mou, d'apparence gélatineuse, en forme d'ombrelle.
Ombrelle: partie principale du corps de la méduse.
Endoderme: partie de la méduse fournissant ses systèmes digestifs et respiratoires.
Estomac: organe digestif de la méduse.
Gonade: glande sexuelle de la méduse.
Poche génitale: sac de la méduse contenant l'ensemble des organes génitaux.
Tentacule: organe tactile de la méduse.
Canal du manubrium: tube contenu dans le pied de la méduse.
Bras oral: membre de la méduse relatif à sa bouche.
Bouche: entrée du tube digestif de la méduse.
Sous-ombrelle: partie inférieure de l'ombrelle de la méduse.
Canal radial: tube suivant le rayon de l'ombrelle de la méduse.
Extrémité du manubrium: bouche de la méduse.
Corpuscule sensoriel: organe sensoriel de la méduse.
Cycle vital d'une méduse: animal marin au corps transparent et mou, d'apparence gélatineuse, en forme d'ombrelle.
Méduse nageuse: méduse adulte et autonome.
Strobile: forme larvaire de la méduse.
Polype: phase du cycle vital de la méduse durant laquelle son tube digestif n'est qu'un cul-de-sac.
Larve planula: phase du cycle vital de la méduse où elle est le moins évoluée.
Source : Infovisual / Terra Nova / Wikipedia /
Crédit photos des méduses : Infovisual.com / Terra Nova / L'Internaute / Alphabetes / members.nextra.at / areamarinasinis.it / clubalpin.toulon.online / urcvif.free. / Wikipedia / safagamai05.canalblog.com / ac-nancy-metz.fr
jeudi 29 décembre 2005
Le Narval
L’organe sensoriel unique du narval
Après avoir nourri l’un des mythes les plus célèbres –celui de la licorne- le rostre du narval continue d’étonner les scientifiques. A quoi peut bien servir la longue dent spiralée du mammifère marin ? Sans apporter de réponse définitive, Martin Nweeia et ses collègues apportent un tout nouvel éclairage sur cet appendice : contrairement aux apparences, il est très sensible. Les chercheurs ont découvert que la dent du narval était très richement innervée.
En étudiant un rostre de Monodon monoceros au microscope électronique, les chercheurs ont observé que des millions de connections nerveuses partent du cœur de la dent vers l’extérieur. Plus curieux encore : les petits canaux reliés aux nerfs et à la pulpe sont ouverts à la surface de la dent.
(HMS)
Le rostre est donc comme
une membrane avec une surface très sensible. Il n’existe pas dans la
nature de dent comparable par la taille et la fonction, estime Martin
Nweeia, spécialiste de la dentition et des biomatériaux à la Harvard
Medical School. Celui-ci s’étonne qu’un animal vivant dans un
environnement glacé ait développé une dent aussi sensible.
Reste
à explorer les fonctions de cette dent qui mesure jusqu’à 3 mètres de
long, apanage quasi exclusif des mâles. On estimait jusqu’à présent que
le rostre pouvait servir à chercher la nourriture, courtiser les
femelles, asseoir un statut de dominant, briser la glace… Certaines de
ces explications tombent à l’eau, d’autres demeurent valables.
Connaissant
la sensibilité du rostre, certains comportements des narvals
s’interprètent différemment. Il arrive ainsi fréquemment que deux
narvals frottent leur rostre l’un contre l’autre. Est-ce une manière de
se mesurer entre mâles ou plus prosaïquement une façon de débarrasser
la dent du calcaire ou des coquillages qui s’y incrustent? Le narval
est finalement un animal plus mystérieux que la licorne.
Source : Sciences et Avenir
Crédit photos de narval : Members.aol.com
mercredi 14 décembre 2005
Le Lamantin
Les chasseurs utilisent également des pièges fonctionnant selon le même
principe. Un harpon est déclenché par le passage du lamantin, et un
filet se referme sur lui. Le chasseur peut alors le tuer. Certaines
ethnies préféraient le capturer vivant, et l'élevaient pour le tuer
ensuite.
La protection de cet animal devrait tenir compte de son intérêt local
et économique. Un animal peut en effet nourrir un village entier
pendant plusieurs semaines.
En Floride, où le lamantin (Trichechus manatus)
est lui aussi protégé, les circulations fluviales sont désormais
contrôlées et réglementées. Il est même utilisé pour nettoyer les
canaux des plantes envahissantes. En Afrique, les projets d'élevage et
d'utilisation datent du début du siècle, mais n'ont jamais put être mis
en oeuvre.
Reproduction:
Le mode de reproduction reste encore peu connu, la gestation dure
environ 12 mois, la femelle donne 1 jeune tous les 2 ou 3 ans. Les
jumeaux sont rares mais possibles. La maturité sexuelle est de 7 ans.
L'espérance de vie peut atteindre 60 ans.
Selon les auteurs, le lamantin Africain est soit monogame et vit en
famille composée de 2 adultes, d'un juvénile et d'un bébé, soit
plusieurs mâles courtisent la femelle en rut. Cette dernière se
laissant monter par plusieurs mâles. Dans ce dernier cas, ils sont
solitaires et peuvent former des groupes qui semblent être des crèches
formées de plusieurs juvéniles.
Les soins parentaux sont importants et peuvent se maintenir pendant
plus de 2 ans. C'est lors de ces soins que les lamantins émettent des
vocalises, bien qu'ils soient dépourvus de cordes vocales.

Photo d'un lamantin femelle et de son petit
Alimentation :
Les lamantins sont
exclusivement herbivores, non ruminants, et consomment des herbes
flottantes ou immergées. Ils consomment des plantules de palétuviers (Rhizophora), des jacinthes d'eau (Eichhornia crassipes), du boulgour (Echinochloa pyramidalis), des graminées (Paspalum vaginatum).
L'alimentation se ferait exclusivement la nuit même si c'est un animal
diurne. Ces plantes contiennent souvent de la silice qui provoque
l'abrasion des dents. Ce phénomène est compensé par le remplacement
permanent des dents.
Ces plantes aquatiques ont un faible rendement énergétique ce qui
explique peut-être que les lamantins ont un taux métabolique très bas,
et ne peuvent vivre au dessous de 20 °C.
Migration :
Même s'ils peuvent jeûner pendant de longues périodes, ils
semblent qu'ils se déplacent lors de l'hiver pour trouver des endroits
plus chauds, où la nourriture ne manque pas.
Vie sociale :
Si l'on admet que les lamantins sont solitaires, il semble
qu'ils forment des groupes instables. Ces groupes semblent être des
crèches formées de plusieurs juvéniles ou encore ils se retrouvent lors
de "jeux" (glisser sur les vagues et se suivre en file indienne). Le
regroupement, s'il est effectué au hasard, permet la syncronisation de
la respiration. Le lamantin est donc considéré comme espèce modérément
sociale. Pour d'autres auteurs, les lamantins sont monogames et vivent
en petites familles composées de deux adultes, un juvénile et un bébé.
Ce mammifère aquatique peut mesurer jusqu'à 2,5 m et peser jusqu'à 450 kg.

Photo d'un lamantin - gros plan
Description
Les trichechidae diffèrent des dugongidae par la forme du crâne et celle de la queue. Cette dernière représente une sorte de palette chez les premiers tandis qu'elle se divise en deux chez les seconds.
Une espèce, le trichechus senegalensis habite la côte occidentale de l'Afrique et le réseau hydrographique de toute l'Afrique de l'ouest jusqu'au Tchad, une autre, trichechus inunguis, la côte est de l'Amérique du Sud, une autre encore trichechus manatus, les Caraïbes. Le lamantin de Floride est considéré par certains comme une espèce distincte, mais d'autres y voient une sous-espèce de trichechus manatus
Il peut frôler les 5 mètres de long et peser près d'une tonne et
demie. Son espérance de vie est d'une trentaine d'années. Rare et
protégé aujourd'hui, il a été par le passé chassé pour son huile et sa
chair.
Une espèce menacée
Bien qu'il n'ait aucun prédateur, l'expansion humaine a réduit l'habitat du lamantin dans les maraishélices des hors-bord. L'ingestion accidentelle de filets et autres accessoires de pêche peut aussi le tuer. Le déversement des eaux de refroidissement des centrales atomiques les dispense aujourd'hui de migrations saisonnières ce qui crée une dépendance fâcheuse au jour de leur fermeture. Récemment, il a fallu que des services états-uniens de la faune interviennent pour transplanter des lamantins exposés à ce péril inattendu.
Photo de deux lamantins
Les lamantins sont une origine souvent avancée pour expliquer la légende des sirènes : leur corps peut en effet laisser penser à un buste de femme, surtout pour des marins ayant navigué pendant des mois.
14012006_Le_Lamantin__une_espèce_menacée.pdf
Source :
Wikipedia
cons-dev.org
Crédit photos :
iccnrdc.cd
laguyane.free.fr
gerardsoury.com
sulinet.hu
chez.com
pingouin.ca
leszoosdanslemonde.com

















































































