- Le réservoir de magma, situé en profondeur.
- Une ou plusieurs cheminées faisant communiquer le réservoir et la surface.
- La montagne volcanique située à la surface, celle-ci pouvant être de formes diverses.
vendredi 13 janvier 2006
Etymologie et Classification des Volcans
Le mot volcan trouve son étymologie dans le nom du dieu romain du feu Vulcain (Héphaïstos en grec ancien).
C'est un relief, résultant de coulées de lave issues du magma et de l'accumulation de roches et de cendres (ejecta) formant souvent un cône.
Un volcan est formé de trois parties :
Le volcanisme est l'ensemble des phénomènes qui accompagnent les remontées de magma dans un volcan. La volcanologie est l'étude de ses phénomènes et un volcanologue est le chercheur qui les étudie, afin, entre autres, d'en prévoir les épisodes et les effets souvent dévastateurs.
Classification
Les éruptions volcaniques se classent en familles, en fonction des différentes manières dont sont émises les laves (coulées, explosions faibles ou fortes, panache de cendres ou non, etc.). Autrefois, alors que la volcanologie n'en était qu'à ses débuts, on utilisait une typologie basée sur l'étude de quelques volcans. L'observation plus approfondie d'un plus grand nombre de volcans montre une classification plus complexe (voir le paragraphe "Nouveaux critères de classement").
Ancienne classification
Elle est basée sur l'observation d'un petit nombre de volcans et déterminée par les produits expulsés par le cratère :
Les éruptions vulcaniennes
Les laves émises sont assez visqueuses, ce qui favorise les manifestations explosives. Celles-ci sont brèves et forment des panaches de cendres d'ampleur généralement modérée. L'archétype est l'éruption de 1888-1890 du Vulcano, situé en Italie, dans les îles Éoliennes.
Les éruptions stromboliennes
Leurs caractéristiques sont intermédiaires entre éruptions « hawaiienne » et « vulcanienne ». Elles se manifestent par des explosions plus ou moins importantes projetant de grandes quantité de bombes. Cette activité explosive peut s'accompagner de coulées de lave. L'archétype est l'activité du Stromboli, situé sur l'île du même nom au large de la Sicile.
Les éruptions péléennes
Cette catégorie tire son nom de l'éruption de 1902-1904 de la Montagne Pelée, célèbre volcan de la Martinique qui fit presque 30 000 morts en 1902. Cette activité se marque par la formation d'un dôme pulvérisé par une très puissante explosion latérale, suivie de coulées pyroclastiques (ce qu'on appelle aussi une « nuée ardente »).
Les éruptions pliniennes
Ces éruptions tirent leur nom de celle du Vésuve en août 79 et dont Pline le Jeune fit la description. Généralement précédées d'explosions des nappes d'eau souterraine (éruptions phréatiques), les éruptions pliniennes se caractérisent par de violentes explosions à cratère ouvert projetant un panache de cendres et de ponces à haute altitude (de 10 à 20 km en général). Après quelques temps, ce panache s'effondre sous son propre poids, générant des coulées dévalant à très grande vitesse les flancs du volcan, en particulier dans le lit des rivières. Le pouvoir destructeur de telles éruptions est souvent supérieur à celui des éruptions péléennes en raison du volume de matériaux rocheux émis et de la violence des explosions.
Les éruptions hawaiiennes
Il s'agit d'éruptions effusives, continues et caractérisées par des coulées de lave fluides.
On parle aussi d'éruption cataclysmique dans les cas les plus destructeurs, comme pour l'éruption qui détruisit Pompéi ou Saint-Pierre en Martinique.

Eruption du volcan Mayon, Philippines
Nouveaux critères de classement
On peut classer les volcans selon le principe de dichotomie et croiser une multitude de critères afin d'obtenir une description plus fidèle à la réalité. On peut ainsi retenir plusieurs facteurs pour catégoriser un même volcan :
Selon sa genèse : deux situations courantes :
Un rift subocéanique donne un volcanisme généralement effusif : sur les planchers océaniques (Atlantique par exemple), les volcans sous-marins produisent une grande quantité de basalte et sont à l'origine du phénomène d'accrétion.
Le volcanisme des arcs tectoniques est plutôt explosif : Montagne Pelée aux Petites Antilles, archipels de l'océan Pacifique.

Volcan Pinatubo - Archipel Pacifique
Certains volcans échappent à ces localisations sur les limites de plaques : il s'agit des points chauds (dont le plus célèbre est celui d'Hawaii) ou encore le volcanisme intracontinental (plateau du Dekkan en Inde, Tibesti en Afrique).

Genèse d'un volcan, en zone de subduction
Selon son type d'activité :
Volcan éteint / actif : on distingue les volcans actifs, qui se manifestent, ou se sont manifestés à une époque historique, par des éruptions, et les volcans éteints (comme la chaîne des Puys en Auvergne, ou le volcan d'Agde), en sommeil depuis les temps géologiques. On considère que le volcan est éteint si sa dernière éruption remonte à plus de 50 000 ans. Il est soumis à l'érosion.
Pour les volcans actifs, on analyse son activité dans le temps présent : il peut être en sommeil ou bien en activité. Cette activité peut être permanente ou très irrégulière.
Selon la nature du magma, on pourra observer un volcanisme basique ou acide.
Selon la situation du volcan, on trouvera un volcanisme océanique ou continental.
Selon la nature de son activité, le volcan peut être effusif ou explosif.
Selon la forme et la pente du volcan, qui dépendent elles-mêmes de l'histoire du volcan, des matériaux émis et du milieu naturel :
Les cumulo-volcans ont une pente forte et ressemblent à des dômes.
Les volcans-boucliers ont une pente faible : le magma très fluide se déverse dans toutes les directions. Les éruptions sont effusives. Exemples : Hawaii et Islande.
Les strato-volcans ont une pente modérée avec une architecture plus complexe, essentiellement construite par des scories.

Un stratovolcan : le Popocatepetl au Mexique
Selon le conduit de l'édifice volcanique :
Les volcans centraux n'ont qu'un seul conduit.
Les volcans linéaires ou fissuraux ont une fracture en guise de conduit, situation que l'on trouve dans les régions de rift.
Selon la fréquence des éruptions :
Les volcans monogéniques ont une éruption unique.
Les volcans polygéniques ont connu plusieurs éruptions qui font un entassement, une superposition. Les stratovolcans résultent de l'empilement des épanchements de laves successifs.
Volcanisme tholéitique / volcanisme alcalin
Ainsi, selon ces critères, on dira que :
Le volcan Etna (Sicile, Italie) est un stratovolcan en activité permamente (émission quasi continue de gaz), d'origine océanique et d'activité plutôt effusive. Il a plusieurs cratères (volcan polygénique).
Le volcan du mont Saint Helens (États-Unis, dans l'État de Washington) a longtemps été en sommeil, mais son activité explosive a repris en 1980.
130106_Etymologie_et_Classification_des_Volcans.pdf
Source : Wikipedia
"Cet article est disponible sous les termes de la Licence de documentation libre
GNU. Il peut être librement copié et modifié sous condition que les futures
versions soient publiées sous la même licence.'' -- ainsi qu'un lien vers http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html.
Crédit Photos : Wikipedia / volcano.und.nodak.edu / geo.arc.nasa.gov / Ifremer.fr / ngdc.noaa.gov / Futura-Sciences / ipgp.jussieu.fr / step.ipgp.jussieu.fr /
vendredi 30 décembre 2005
Les 9 volcans les plus dangereux
Les menaces des catastrophes volcaniques

On dénombre plus de 1500 volcans
continentaux dans le monde, dont 500 sont actuellement en activité, comme l'Etna en Italie, le Heckla en Islande ou le
Mayon aux Philippines.
En France, seuls des volcans comme la Soufrière, en Guadeloupe, la
Montagne Pelée, en Martinique, et le Piton de la Fournaise, dans
l'île de la Réunion, sont toujours en activité et considérés
comme dangereux.
L'homme directement menacé
Dans le monde entier, on estime que 500 millions de personnes
sont directement menacées par les éruptions volcaniques. L'une
des plus meurtrière a eu lieu le 15 novembre 1985, en Colombie : l'éruption du Nevado del Ruiz, situé sur la Cordillère des
Andes, a fait 25 000 victimes et a entièrement détruit la villed'Armero. Beaucoup de volcans menaçants se trouvent dans des
pays en voie de développement.
Une science inexacte
La
prévention des risques et les équipements nécessaires, comme
la construction d'observatoires, sont d'autant plus difficiles à
mettre en œuvre. Une parfaite connaissance de l'histoire du
volcan est indispensable afin de connaître les cycles et les
régularités de son activité sismique. Les scientifiques ne sont
pas toujours en mesure de prévoir une telle catastrophe. Lesnuées
ardentes, appelées lahars, les coulées de lave et les glissements
de terrain ont de graves conséquences sur l'homme
et son habitat, la faune et la flore.
Les éruptions sont pourtant, à long terme, bénéfiques pour
l'environnement : elles ramènent à la surface terrestre
certains minéraux propices au développement de la
flore et encouragent ainsi l'agriculture.
Photo © USGS, Hawaiian Volcano Observatory
www.trekearth.com/
Les 9 volcans les plus dangereux
Les
éruptions volcaniques fascinent l'homme
par leur imprévisibilité et leur
démesure. On estime pourtant aujourd'hui que 500 millions d'individus sont menacés par l'activité de
ces montagnes géantes.
Le Mont Rainier
Le
Mont Rainier, dans l’Etat de Washington, est l’un des volcans les plus
majestueux de la chaîne des Cascades. Son point culminant, couvert de
neiges, atteint 4391 mètres.
Un site exceptionnel
Vieux de 500 000 ans, sa dernière éruption a eu lieu en 1840.
Situé à une heure de route de la ville de Seattle, il est le rendez-vous des randonneurs, des alpinistes et de tous les
amoureux des grands espaces grâce à son parcours de 480 km.
Les galeries du cratère atteignent parfois une hauteur de 10
mètres.
Le géant endormi
Suite à l'éruption du Mont Saint Helen en mai 1980, les
volcanologues américains se sont de nouveau
intéressés au Mont Rainier qui, par le volume de ses
glaciers, est encore plus dangereux que le Mont Saint
Helen. Selon la légende indienne, lorsque la petite sœur s'agite,
la grande sœur va parler. Les menaces sont réelles sur les
villes environnantes et sur la principale ville, Tacoma, à 119
km. Sa surveillance par sismographes est ainsi devenue
une priorité pour les scientifiques qui multiplient également les
prélèvements de gaz afin de prévenir l'instabilité future
du volcan.
De graves dangers pèsent sur la population
Le Mont Rainier est considéré comme le volcan le plus dangereux
des Etats-Unis à cause des villes situées à proximité.
L'agglomération de Seattle compte par exemple plus de 3
millions d'habitants, et de nombreuses industries, comme
Microsoft ou Boeing, y sont implantées. On estime que
si une éruption se produisait, la puissance dégagée serait
30 fois supérieure à celle de sa " petite sœur ".
Le Mont Helen
Les
Indiens l'appelaient la montagne de
feu. Malgré sa tranquillité apparente, l'éruption du 22 mars 1980
a divisé les grands vulcanologues et marqué les esprits.
Un volcan urbain
Appartenant à la chaîne des Cascades, il est situé dans
l'Etatde Washington, Etats-Unis. C'est un
strato-volcan, composé de couches épaisses constituées
de cendres et de lave. Son point culminant est
à 2550 m. Le danger vient de sa proximité avec les
villes de Vancouver et de Portland, à environ 70 km.
Découvert en 1792, il est escaladé pour la
première fois en août 1853, par Thomas J. Dryer. Selon
les études volcanologiques, le mont Saint Helen
avait eu des activités en 1800, 1831, 1836 et entre 1842
et 1857.
Le Mont Saint Helen se réveille
Le 27 mars 1980, après 123 ans d'inactivité, le volcan
se réveilla. Le sommet du volcan décapité par l'éruption
perdit 400 m, le flanc nord s'effondra sous les
effets d'un fort séisme, et un large cratère se
creusa en forme de fer à cheval, d'une profondeur de
600 m.
Un drame imprévisible
Le 18 mai 1980, une nouvelle éruption cause la mort de
plus de cinquante personnes, asphyxiées par les
cendres, dont le géologue américain Johnston, qui
ne cessait de mettre les autorités en garde contre une
possible catastrophe. 38 000 hectares de forêts
furent ensevelis sous les nuées ardentes, roches
incandescentes remplies de gaz. L'explosion fut 500fois
supérieure à la bombe d'Hiroshima.
Le 2 octobre 2004, une nouvelle éruption s'est produite
après une petite reprise de l'activité sismique.
LeMerapi
L'immense
archipel indonésien présente sur près
de 2500 km de long une centaine
de volcans en activité, dont certains restentpeu étudiés ou très méconnus du fait de leur
isolement.
Un site exceptionnel
Dans l'île de Java, en Indonésie, ce strato-volcan andésitique,
dont la lave est extrêmement visqueuse, s'élève à presque 3000
mètres au-dessus du niveau de la mer. Il est situé à 25 km au
nord de la ville historique de Yogyakarta, qui compte 800 0000
habitants.
Une activité constante
Son
activité récente est continue dans le temps. Depuis 1672, près de
10.000 personnes y ont trouvé la mort. En 1990, on a recensé 114.800
habitants dans la " zone de danger I " et 79.100 personnes
réparties dans 32 villages de la " zone interdite " directement exposée
à ces risques.
On a
recensé 68 éruptions du Merapi depuis 1548. A cause de
ce passé éruptif important et de sa proximité avec Yogyakarta, ce
volcan est extrêmement surveillé par les scientifiques, et
mérite son nom, qui signifie "lieu de feu".
La situation des pays en voie de développement
Le 22
novembre 1994, le Merapi entra en éruption sans qu'aucun signe
précurseur ne soit enregistré. Il était pourtant équipé
de multiples systèmes de surveillance. Les dernières éruptions se
sont produites en janvier 2001. La pauvreté de l'Indonésie reste
un obstacle de taille pour la prévention des éruptions.
Le Mauna Loa
Les
volcans hawaiiens n'ont pas une
apparence saisissante comparé aux
strato-volcans, mais ils sont souvent plus grands, car ils prennent assise au fin fond des
océans.
Le plus grand volcan du monde
Le
Mauna Loa (en hawaïen, " longue montagne ") a émergé il y a
environ 500 000 ans. Culminant à 4171 m, c'est la plus hautemontagne du
monde et le volcan le plus volumineux, avec 42 500 km3. C'est un volcan
bouclier car ses pentes sont douces et
son sommet plat est orné d'une caldeira, cratère de forme
circulaire, nommé Mokuaweoweo, de 5 km sur 3 km.
Ce
volcan constitue l'ossature principale de l'île d'Hawaii avec une
superficie de plus de 5 000 km2 et il est en réalité une sorte de
bouclier pour l'île. Il prend assise au fond de l'océan Pacifique, par
5000 m de fond et est constitué de
l'accumulation de 11 km de coulées de lave.
Une activité débordante
Ses éruptions sont fréquentes. On en dénombre 39 depuis 1832.
La dernière s'est produite en 1984, et a menacé la ville d'Hilo,
capitale de l'île de Big Island. Certaines coulées de lave ont
atteint 30 km de longueur.
La face cachée de l'iceberg
Sous le poids de cette épaisseur phénoménale de lave, la croûte
océanique s'est affaissée sur plus de 2 000 m.
Le Hawaiian Volcano Observatory a observé en 2002 de nouveaux
signes d'activité : le magma s'accumule sous la surface, mais
une éruption n'est pas prévisible à ce stade.
Le Kilauea
Surnommé le "baby vulcano", le Kilauea culmine à
1222 m. Les volcans hawaiiens se
distinguent des autres volcans par la fluidité des laves qu'ils rejettent.
Le volcan le plus actif du monde
Le volcan Kilauea constitue la pointe est de la Grande Ile
d'Hawaii. C'est le volcan le plus jeune de "Big Island", et
aussi le plus actif du monde car en constante éruption
depuis le 3 janvier 1983, lorsqu'apparaissent les premières
fissures éruptives. Depuis cette date, on estime que 150
millions de mètres cube de lave, sous forme de lacs ou de
rivières, sont émis chaque année.
Son cratère, appelé Halemaumau, est un trou large de 900 m et profond de
130 m.
De constantes éruptions
Personne ne peut dire avec certitude si cette éruption se
terminera un jour. Ce processus attire de très nombreux
visiteurs désireux de suivre le spectacle fascinant d'une
éruption volcanique.
Fascination et légendes
Le
Kilauea est apparu il y a 200 000 ans sur le flanc Sud du
Mauna Loa. Comme ce dernier, c'est un volcan de type bouclier de
20 000 km3, pour une superficie de 1 500 km2. Les coulées de lave
rejoignent l'océan et la rencontre entre feu et eau est parfois
violente, comme en témoignent de fréquentes
explosions au bord des côtes pacifiques. Cette activité
incessante alimente les légendes autour de la déesse Pelée.
Des cérémonies ont parfois lieu aux bords des lèvres
du cratère pour apaiser sa colère, mais les offrandes ne sont
peut-être pas suffisantes, et le Kilauea est toujours en
éruption.
Le Pinatubo
Le
Pinatubo est, comme le Mayon, l'un des
volcans les plus surveillés
aux Philippines. Leurs éruptions sont souvent dramatiques, comme on l'a observé en 1991.
Un volcan tranquille
Ce
volcan, situé 100 km au nord-ouest de Manille, dans l'île de Luzon, aux
Philippines, culmine à 1745 m d'altitude. C'est un strato-volcan car il
est composé de coulées de lave et de nuées ardentes.
L'éruption du 15 juin 1991
Après 600 ans de calme absolu, son activité reprend en avril
1991. Le 15 juin 1991, lors de la principale éruption, son somme
est pulvérisé. Alors que ce volcan ne figure pas dans la liste
des volcans en activité, son éruption cause un millier de
victimes, dont des membres de la communauté ethnique des
Aetas, vivant sur les flancs du volcan et dont les
terres ont été considérablement endommagées.
Les conséquences écologiques
Durant 1991, 20 millions de tonnes de dioxyde de soufre ont
été dispersées dans l'atmosphère. Le 7 juillet, soit 22 jours
après l'éruption principale, le nuage a réalisé le tour
completde la planète. Dans les canyons, les dépôts ont atteint jusqu'à
200 m d'épaisseur. Plus de 86 000 hectares furent ainsi
recouverts de cendres. Le nuage d'aérosols volcaniques avait
atteint une hauteur de 20 km.
Il s'agit de la plus forte éruption volcanique du XXe siècle.
Le Nyiragongo
Le
Nyiragongo signifie, pour les
spectateurs locaux, "celui qui fume". Il est l'un des 8 strato-volcans
qui composent la chaîne montagneuse des Virunga au
sud-ouest de l'Afrique.
Le volcan d'une vocation célèbre
Situé
à l'est de la République démocratique du Congo, sur la frontière
la séparant avec le Rwanda et l'Ouganda, et culminant à 3465 m, ce
strato-volcan fait partie d'une chaîne volcaniqueappelée Virunga. Il
domine la ville de Goma, qui compte 500 000 habitants environ. C'est
dans le volcan le plus actif
d'Afrique, que le jeune Haroun Tazieff, fasciné par un vaste
lac de lave en fusion, fait ses premières armes en 1948.
Politique et catastrophe naturelle
L'éruption la plus célèbre a lieu le 10 janvier 1977 et coûte la vie à
600 personnes. Les coulées de lave atteignent parfois une vitesse de
180 km/h.
En raison des troubles politiques au Rwanda, en 1994, les
populations réfugiées ont afflué au pied du Nyiragongo. A cette
date, on estimait que les camps de réfugiés abritaient 800
000 personnes qui campaient à moins de 20 km du
volcan. Malgré des signes inquiétants, le volcan a repris une
activité normale.
Des risques toujours d'actualité
Le 17
janvier 2002 à 9h30, le volcan se fissure. Le lendemain, l'une des
coulées atteint Goma, située à 10 kilomètres et y laisse un
sillon de 60 mètres de large, après avoir détruit 14 villages des
environs. On dénombre au total 147 victimes
pour cette éruption.
Le Nevado del Ruiz
Le Nevado del Ruiz est un volcan sous les
glaces, à 5 389 mètres
d'altitude. Son éruption, en provoquant la fonte
du manteau neigeux, peut libérer un torrent de boue
mortel.
Les risques de l'activité sismique
Le volcan Nevado del Ruiz est situé sur la cordillère centrale de Colombie, région du globe en proie à de gigantesques
mouvements de l'écorce terrestre. Il culmine à près de 5400 m.
De nombreuses pistes de ski ont été aménagées pour
favoriser le tourisme et promouvoir l'économie locale.
La catastrophe d'Armero
La
ville d'Armero, à 40 km, avait été reconstruite sur le site de
plusieurs éruptions, qui avaient commencé en 1595. Le 13 novembre 1985,
une coulée de boue qui avance à 80 km/h dévaste la ville
d'Armero, deux heures après le début de l'éruption. Cette catastrophe
avait été annoncée quelques jours auparavant par les scientifiques : le
risque d'une éruption majeure avait
été évalué par ces spécialistes à 67 %. Mais les autorités
locales colombiennes ont fait preuve d'un optimisme
dramatique. On dénombrera 25 000 morts.
La prévention des risques
C'est
la tragédie la plus grave de l'activité volcanologique d'aujourd'hui. Cette catastrophe changera
profondément
le regard de certains vulcanologues, comme les
célèbres Maurice et Katia Krafft, qui ont décidé de se
consacrer
à la prévention des risques volcaniques.
DIAPORAMA : Les éruptions volcaniques
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Source : http://www.linternaute.com/
Le Volcan Augustine
Le volcan le plus jeune de l'Alaska
L'activité de l'Augustine, situé en Alaska, a commencé il y a moins de 25.000 ans et fait partie d'une chaîne ininterrompue de volcans longue de 2.400 km. Ce volcan appartient à la bordure nord de la ceinture de feu du Pacifique, énorme ensemble de volcans actifs et explosifs. L'Augustine est le plus jeune volcan de la région.
Les éruptions provoquent des tsunami
Découvert par le capitaine Cook en 1778, ce volcan présente
une activité régulière et violente. La dernière éruption, en
1986, avait été prévue par les scientifiques : l'activité
sismique intense de l'Augustine annonçait une éruption
longue. Celle-ci provoqua cependant un raz-de-marée de 9
mètres sur la péninsule de Kenia. Aucune victime ne fut
déplorée, mais ce phénomène ravagea les côtes de la
région.
Les dangers aériens
Bien que personne n'habite aux alentours du volcan, les éruptions
de ce dernier représentent un grave danger pour les routes
aériennes régulières empruntées par les compagnies
américaines. Les panaches de cendres peuvent atteindre
12 000 m d'altitude et entraîner l'arrêt complet des moteurs
d'un avion. Plusieurs incidents ont déjà eu lieu, provoquant
des dégâts irréparables. Mais chacun de ces appareils a réussi
un atterrissage d'urgence.
Source : http://www.linternaute.com/
Crédit Photo : Arte.tv
dimanche 13 novembre 2005
Comment fonctionne un volcan du Pacifique Sud
Le volcanisme de point chaud de l’Océan Pacifique Sud
Source : Google
On trouve en plein milieu de l’océan
Pacifique, à plusieurs milliers de km des plus proches continents,
des dizaines d’îles qui sont autant de volcans, éteints
pour la majorité ou en activité comme Hawaii. Mais elles
ne représentent que la partie apparente de vastes chaînes
sous-marines qui comportent plusieurs milliers d’édifice.

Figure 1 : Un atoll témoin en surface des chaînes volcaniques sous-marines
Pour comprendre comment se forment ces
volcans, il faut revenir sur quelques notions de base concernant notre
planète (Fig. 1) .
La couche externe de la Terre est rigide, c’est la
lithosphère. Elle repose sur une couche appelée asthénosphère qui, plus
plastique, est animée d’un lent mouvement de circulation de matière
appelée convection.
Dans son mouvement, l’asthénosphère entraîne la lithosphère qui se
fracture en plusieurs plaques. La plus grande est la plaque Pacifique.
Elle est entièrement océanique et se crée au niveau des dorsales
médio-océaniques. Elle disparaît sous les plaques continentales qui la
bordent au niveau des zones de subduction.

Figure 2: Coupe de l'Intérieur de la Terre © Gaboret, IPGP
La dorsale océanique peut être vue comme une chaîne continue de volcans
où est fabriquée la croûte océanique essentiellement faite de
basalte tout au moins dans sa partie la plus superficielle. Mais ce
n’est pas le seul lieu où s’exprime le volcanisme et les volcans de type basaltique qui
nous intéressent, au cœur de la plaque Pacifique, sont le fruit d’un volcanisme de point chaud.
Ce concept a été
introduit en 1963 par un géophysicien
canadien, le Dr J. Tuzo Wilson pour expliquer l'âge de plus en plus
grand des volcans d'Hawai'i le long de la chaîne quasi linéaire
qu'ils forment. Selon lui, il existe une source de magma en profondeur
dans l’asthénosphère qui est fixe par rapport à
la plaque Pacifique et génère du magma qui se fraie un chemin
au travers de la lithosphère jusqu’à la surface pour
y créer des volcans qui s’alignent suivant la direction absolue
de déplacement de la plaque. Ainsi on peut retrouver dans la géométrie
des chaînes volcaniques et notamment de celle d'Hawai'i, l'histoire
des changements de direction du mouvement de la plaque Pacifique au cours
du temps. Le coude formé il y a 43 Ma par les Chaines Empereur
et Hawai'i en est l'exemple le plus frappant.
Il existe plusieurs points chauds
à la surface du globe. Leur origine, leur profondeur font encore
l'objet de très nombreux débats. Ceux dont l'origine serait
la plus profonde auraient une durée de vie très longue,
d’au moins quelques dizaines de millions d’années, et
seraient à peu près immobiles dans un repère lié
à la Terre et seraient la conséquencedes
panaches
remontant dans le manteau.

Figure
3 : Chaine volcanique de Hawaii
Ce phénomène est particulièrement important dans la partie centrale du Pacifique au sud de l’équateur, région qui correspond à peu près à la Polynésie française. Elle se caractérise par un gonflement de grande ampleur du plancher océanique (600 m d'amplitude à son maximum pour 2000 km d'extension) appelé le Superbombement du Pacifique Sud. On y trouve de très nombreux alignements volcaniques, avec des centaines de monts sous-marins et plus d’une centaine d’îles constituant les archipels des Marquises, des Tuamotu, de Pitcairn-Gambier, de la Société et des Australes-Cook. Trois volcans sont actifs (point rouge sur la figure) et bien localisés, celui de Pitcairn, à la limite Est de la zone, celui de la Société, dans l'Est de Tahiti, et celui des Australes au niveau du mont sous-marin Macdonald. Trois points chauds sans manifestation actuelle d'activité sont également supposés dans cette zone : celui des Marquises, celui de Rurutu et celui de Rarotonga.
Cette
région est bien étudiée par les chercheurs de l’Institut de Physique du
Globe de Paris qui y ont déjà réalisé plusieurs campagnes
océanographiques.
Pour en savoir plus sur les différentes mesures effectuées pendant ces campagnes océanographiques, reportez vous à
l'annexe ci-dessous
Figure 4 : Les points chauds du Pacifique. © UPF
Figure 5 : Différents archipels de la Polynésie Française. © IPGP
L'archipel de la Société, long
de 500 km, couvre environ 65 000 km2. Outre deux atolls coralliens, qui
sont d’anciens îles hautes (Tupai, Tetiaroa), il compte huit
édifices principaux depuis l'île de Maupiti à l'extrême nord
vieille de 4,34 Millions d'années (ou Ma) jusqu'au volcan Meetia
au sud-est (435 m), le plus jeune, et qui matérialise la position
actuelle du point chaud dont la dernière activité sous-marine remonte à
1986. Tahiti, île haute de 2200 m, repose sur un plancher profond de
3000 m et forme donc un massif de plus de 5000 m de haut si l’on enlève
l’océan, pour un diamètre à la base de 120 km et une circonférence de
360 km. Ces altitudes observées sont donc très comparables aux plus
hautes montagnes continentales.
Cette migration du volcanisme est très compatible avec le déplacement de la plaque Pacifique au dessus d'un point chaud.
Figure 6 : Archipel de la Société. © IPGP
Les Marquises forment
une chaîne de 355 km de long avec plus de vingt îles et monts
sous-marins majeurs. Elles reposent sur une croûte océanique
formée entre 45 à 65 Ma et profonde de 4500 à 5000 m en moyenne. Les
datations des îles montrent une progression de l'âge de 5.33 à 1.61 Ma
depuis Eiao jusqu'à Fatu Hiva. Il n'y a aucune trace de volcanisme
récent ou actuel, aérien ou sous-marin aux Marquises.
Cette migration du volcanisme est bien compatible avec le déplacement de la plaque au dessus d'un point chaud.
Figure 7 : Archipel des Marquises. © IPG
Les Australes
L'archipel des Iles Australes sur lequel nous nous attarderons davantage, est long de plus de 1500 km et se prolonge au nord par l'alignement des îles Cook. 7 îles principales le composent : Rimatara, située au nord de l'Archipel, a un âge estimé à plus de 19.5 Ma tandis qu'à l'extrémité sud, le MacDonald qui a connu sa dernière crise éruptive en 1988, correspond à la position actuelle d’un point chaud. L'âge de la croûte océanique varie de 40 Ma à 70 Ma du sud au nord.
La progression régulière avec l'âge le long de la trajectoire du point chaud se trouve battue en brèche puisque qu'à Rurutu, on trouve du volcanisme daté à 12 Ma voisin d’un volcanisme daté à 1,2 Ma.

Figure 8 : Archipel des Iles Australes. © IPGP
Deux points chauds distincts ont donc
été évoqués pour expliquer de telles observations. L’île de Rurutu est
typique de la complexité des événements qui se sont succédés dans cette
région.
Il y a plus de 55 Ma, un premier
point chaud a généré le mont Lotus, dont seuls des bancs de corail sous
la surface de l’eau témoignent encore de la présence.
Puis il y a 12 Ma, le volcan qui allait donner l’île de Rurutu perce le fond de l’océan.
Enfin il y a 1.5 Ma, un nouveau point chaud génère du
magma sous Rurutu qui gonfle, comme en témoignent les falaises
remontées de plus de 100 m. Ce magma arrive en surface et donne les derniers produits volcaniques connus sur l’île.
Une campagne océanographique a eu lieu en 1999 (programme ZEPOLYF)
et a permis entre autres de reconnaître et cartographier le mont
sous-marin susceptible d’être à l’origine du volcanisme récent
de Rurutu : le mont Arago. Ce mont avait été baptisé Tinomana
par un pêcheur de Rurutu qui a coutume de venir pêcher sur les
hauts-fonds coralliens qui le recouvrent, situés à 23 m
seulement de la surface, et qui matérialisent le sommet de ce volcan,
s'élevant à plus de 4500 m au dessus du plancher océanique.
C’est
un mont aux formes jeunes recouvert de très nombreux cônes qui
sont autant de points de sortie de la lave. On distingue aussi sur son
flanc ouest (à gauche de la figure) , un grand glissement de terrain
comme l’on en rencontre fréquemment sur des volcans de ce type (Tahiti
et Rurutu par exemple) et qui sont des conséquences de la mise en place
en force du magma dans l’édifice.
Pour terminer ce bref tour d’horizon
du volcanisme intra-plaque de l’océan Pacifique Sud, nous
vous proposons une excursion virtuelle autour des guyots de la région centrale des Australes.
Les guyots sont des monts sous-marins qui ont été des
îles puis des atolls et qui ont été engloutis, entraînés
par le plancher océanique dans son enfoncement régulier
avec le temps. Situés au Nord-ouest de l’île de Rapa,
cet ensemble de guyots, anciens volcans recouverts de plateaux de calcaire
est beaucoup plus vieux que les îles des Australes et a probablement
été créé en même temps que la croûte
océanique. Ils constituent des hauts-fonds connus sur les cartes
marines sous le nom de banc Neilson.

Figure 11 : Balade au milieu des guyots. © IPGP
Plusieurs types de mesures peuvent être réalisées pendant une campagne océanographique à caractère géologique et géophysique. Tout d'abord, il faut connaître précisément la topographie du plancher océanique. On utilise pour cela des sondeurs acoustiques, ou sonar, qui détermine la profondeur d'eau
en un point sous le bateau (sondeur mono-faisceau) ou suivant un profil
perpendiculaire au bateau (sondeur multi-faisceaux). Ces mêmes sondeurs peuvent aussi donner des informations sur la nature de la surface du fond (dureté, etc..) Ensuite, il importe de connaître l'âge de ce plancher, on le fait en utilisant les anomalies d'aimantation de la croûte océanique mesurées à l'aide d'un magnétomètre. On peut aussi vouloir connaître les anomalies de densité en profondeur (présence de corps plus lourds ou plus légers) dans la croûte et on utilise alors un gravimètre mesurant l'intensité de la pesanteur.


Figure A1: Sondage bathymétrique multi-faisceaux
En résumé :
Le
Pacifique Sud connaît depuis 40 Ma une activité volcanique
ininterrompue comme en témoignent les centaines de monts sous
marins recensés sur son plancher, qui présente, de plus, un
vaste bombement causé par la poussée d'un superpanache ancré
profondément dans le manteau terrestre. Sur ce super-bombement, il
existe plusieurs chaînes de mont sous-marins et îles générées chacune
par un point chaud différent et qui ont une durée de vie moyenne
de 10 Ma. Plusieurs points chauds peuvent être actifs au même
moment et un même chemin peut être emprunté par le magma à des
temps très différents donnant au même endroit des épisodes de
volcanisme séparés par plusieurs millions d'années. Ces points chauds
sont liés à des panaches peu profonds trouvant probablement leur
origine à la surface de ce superpanache.
Les constantes de temps de ces phénomènes et leur répartition
spatiale sont des éléments clés pour la compréhension des
mécanismes physico-chimiques à l'œuvre dans le manteau terrestre et qui
sont à l'origine de ce volcanisme de point chaud.
ANNEXE :
Les mesures effectuées pendant les campagnes océanographiques
Pendant ces campagnes, on se fixe des objectifs bien précis, par exemple l'étude d'un mont sous-marin ou d'un segment de chaîne. Le bateau tente de les atteindre en réalisant des profils de mesures permettant d'optimiser les manœuvres et de gagner du temps toujours précieux en mer.
A ces opérations qui relèvent de la géophysique, viennent s'ajouter toutes celles qui concernent la géologie. Elles consistent principalement à récolter des échantillons de roche du fond à l'aide de drague et à acquérir des images ou des films à l'aide de submersibles habités ou autonomes.
Les
échantillons, principalement de basalte, sont ensuite analysés en
laboratoire à terre afin de connaître leur composition chimique qui
renseigne sur leur origine et leur histoire. Leur âge est aussi
déterminé à l’aide d’une méthode s’appuyant sur les temps de
désintégration des éléments radioactifs présents naturellement dans la
roche.


Figure
A2 : Remontée des roches draguées à bord du navire. © ZEPOLY
Les campagnes en mer, nécessitant
une préparation souvent de plusieurs années et représentant
des budgets importants, impliquent la participation de très nombreuses
équipes souvent internationales, tant pour l'acquisition que
pour le dépouillement des données ou l'analyse des échantillons.
Pour en savoir plus :
- sur les campagnes en mer :
http://www.ifremer.fr
- sur le volcanisme :
http://www.terreetvolcans.com/
http://volcano.ipgp.jussieu.fr:8080/
http://perso.club-internet.fr/decobed/
http://volcano.und.nodak.edu/vw.html
Source :
http://www.ipgp.jussieu.fr/
vendredi 11 novembre 2005
Les volcans influent sur le niveau de l'océan
Le niveau des océans fluctue en fonction
des éruptions volcaniques
Les éruptions volcaniques ont souvent des effets catastrophiques. De nombreux exemples historiques font état de ces déchaînements de la nature. Mais ces derniers peuvent aussi avoir des effets inattendus.
Une équipe scientifique australo-américaine, dirigée par John Church (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation, Tasmanie), vient de montrer, pour la première fois, que les particules et les gaz émis dans la stratosphère lors des grosses éruptions diminuent l'insolation de la Terre.
Et, ce faisant, font baisser le niveau des mers de quelques
millimètres. Le niveau océanique initial se rétablit une quinzaine d'années plus
tard. "L'effet volcanique contrebalance et masque provisoirement la montée des
eaux provoquée par le réchauffement climatique", expliquent les chercheurs dans
la revue Nature du 3 novembre.
L'équipe scientifique est parvenue à ce constat en
utilisant un modèle climatique, le Parallel Climate Model, et en recensant les
données relatives à la température de surface des océans de 1890 à 2000. Elle a
pu alors évaluer la dilatation thermique des mers ainsi que l'élévation de leur
niveau pendant cette période.
Ils ont alors remarqué que les grosses éruptions
volcaniques qui se sont produites depuis 1960 (mont Agung en Indonésie en 1963,
El Chichon au Mexique en 1982 et mont Pinatubo aux Philippines en 1991) ont fait
baisser le niveau océanique de quelques millimètres. La baisse la plus
importante 5 mm étant correlée à l'explosion du
Pinatubo.
Au total, précise l'équipe de chercheurs, "entre 1890 et
2000 , l'action des volcans s'est traduite par une baisse du niveau océanique de
6 mm, la plus grande partie de cette élévation ayant eu lieu de 1960 à 2000".
Ensuite, il faut environ quinze ans pour que le niveau des mers retrouve son
niveau précédant l'éruption. L'éruption du Pinatubo se fait encore sentir sur
les océans.
De ce fait, une partie de l'élévation du niveau des océans,
observée depuis cinquante ans, "reflète peut-être un retour progressif à la
normale suivant l'éruption du Pinatubo", explique dans le même numéro de Nature
Anny Cazenave, chercheur au Legos (Laboratoire d'études en géophysique et
océanographie spatiale de Toulouse) et expert auprès du GIEC (Groupe
intergouvernemental d'experts sur le climat). "Cela peut expliquer aussi une
partie de la montée du niveau des océans détectée par les satellites
altimétriques depuis 1993 (3 mm/an comparés à 1,8 mm/ an).
Les données fournies par les marégraphes et par les
satellites altimétriques Topex-Poseidon ont, en effet, montré que le niveau des
océans s'est élevé de 10 à 20 cm durant le XXe siècle. Depuis 1950, cette
ascension a été de 1,8 mm/an, puis est passée à 3 mm/an entre 1993 et 2003. Deux
tiers de ce chiffre sont dus à la dilatation thermique des océans et un tiers à
la fonte des glaciers de montagne et des glaces du Groënland.
Deux marégraphes
Source Google
Elévation du niveau des océans : de 40 à 50 cm d'ici 2100
La dilatation thermique des océans se produit mécaniquement quand les eaux se réchauffent. A masse égale, l'eau chaude occupe plus de volume que l'eau froide.

Variations du niveau de la mer (exprimées en mm/an). On remarque de fortes disparités géographiques.
L'étude des variations de la température de l'eau révèle le même graphique.
En rouge, les fortes augmentations, en bleu les fortes baisses.
Source : cyberzoide.developpez.com
Ainsi, même si l'espèce humaine n'émettait plus aujourd'hui de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, la réponse des océans se ferait sentir encore pendant plusieurs siècles et produirait une montée des eaux. Car les océans emmagasinent la chaleur et la restituent très longtemps après, en raison de leur inertie thermique.

Echanges en eau entre océan, atmosphère et calottes polaires.
Source : cyberzoide.developpez.com
Pour l'heure, les émissions de gaz à effet de serre d'origine anthropique continuent. Selon les modélisations et les données les plus récentes, le niveau des océans devrait s'élever de 40 à 50 cm d'ici a 2100. Un chiffre moins élevé que celui prévu il y a quelques années. Il y aura cependant, ajoute Anny Cazenave, "une forte variabilité de la réponse, avec des effets beaucoup plus importants sur l'Arctique que sur l'Antarctique".
Les observations indiquent, en effet, que l'Antarctique est à peu près en équilibre, car il y autant de glace qui se forme (à l'est) que de glace qui fond (à l'ouest). Au Groënland, il y a un peu de fonte, mais de manière modeste : 0,15 mm/an. Cependant, "à l'horizon 2100, la plus grande contribution viendra de la fonte du Groënland" , précise Anny Cazenave.
Source Google
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Quelques grandes éruptions
historiques
La première grande éruption, qui a marqué le début de la
civilisation en Europe, est celle du volcan Santorin, dans les iles des
Cyclades, en 1650 av. J.-C. Elle pourrait être à l'origine de la disparition de
la civilisation minoenne. La catastrophe du Vésuve, en l'an 79, a provoqué la
destruction de Pompei et d'Herculanum. Plus tard, l'éruption du Laki, en
Islande, en 1783, a émis une telle quantité de cendres et de gaz qu'elle a
entrainé la mort d'une grande partie du cheptel de l'ile et provoqué une famine
qui a duré plusieurs années.
On peut aussi citer l'éruption du Tambora en
Indonésie, en 1815, qui a causé la mort de 92 000 personnes ; celle du Krakatau,
en Indonésie, en 1883, a entrainé un gigantesque tsunami et fait 36 000
victimes. Et, en 1902, les nuées ardentes émises lors de l'explosion de la
montagne Pelée, en Martinique, provoquaient la mort de 29 000
personnes.
http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-706928@51-690189,0.html
Source : Le Monde, 05/11/05
Christiane Galus
vendredi 23 septembre 2005
Les volcans en Islande
Concernant le volcanisme islandais, depuis 2003 nous avions déjà pensé à la possibilité d’une nouvelle activité de ce volcan sous un an ou deux.
Ce dossier est une analyse réalisée suite à l’éruption du 1er novembre 2004, elle explique pourquoi l'éruption était presque anticipée, à cause (ou grâce) au débordement du lac sous-glaciaire, ce qui expliquerait la faible intensité et la brièveté de cette éruption.
Volcan Grimsvötn – Islande – 1er novembre 2004 - Une dépressurisation des terrains recouvrant le volcan Grimsvötn déclenche une éruption phréato-magmatique.

1°) Historique
Le volcan du Grimsvötn est situé au centre du glacier Vatnajökull dont la superficie est de 8 300 km2, ce qui équivaut à la surface totale de tous les glaciers d’Europe réunis, et supérieure à la surface de la Corse ; il a une épaisseur de 1000 m. Le Grimsvötn est un volcan des plus actifs d’Islande. Il se compose d’une caldeira et d’un lac sous-glaciaire alimenté grâce à la fonte de la glace (chaleur géothermique). Des éruptions se sont produites en 1983, 1996 et 1998. Mais il faut remonter à 1934 pour retrouver une éruption déclenchée par un phénomène de décompression comme celle de novembre 2004.

Les mesures de G.P.S. ont décelé un soulèvement de 5 à 10cm , en 1 an, dans le centre de la caldeira. L’activité sismique avait augmenté en mai 2003. En octobre 2004, on notait une augmentation des tremblements de terre.
La fonte naturelle de la glace, surtout l’été, alimente lacs et torrents sous-glaciaires.
Mais lorsqu’un volcan est proche de sa réactivation par un apport de magma (ce qui était le cas) la géothermie active la fonte de la calotte glaciaire ; l’air chaud dégagé par le cratère monte au point le plus haut, sous le glacier, en perce la glace et libère la pression accumulée.
L’écoulement accru du débordement du lac laissait présager une inondation imminente en particulier dans le volcan.
C’est la libération de la pression sous-glaciaire et le débordement du lac, dans le volcan, qui ont participé au déclenchement de l’éruption ; en effet, la pression interne dans la chambre magmatique, peu profonde, était très importante à cause d’un apport, faible mais continu, de magma depuis la dernière éruption de 1998.

Le 1er novembre 2004, aux environs de 22 H 00, l’éruption commence à l’intérieur de la caldeira du Grimsvötn, au-dessous de la calotte de glace et se créé un passage dans la couche de glace en une heure. Le survol en avion confirme qu’une éruption phréato-magmatique est imminente. Le panache extérieur a été détecté par les radars vers minuit.
Une série intense de tremblements de terre commence vers 19h00, suivie par des trémors Les trémors sont des événements sismiques caractéristiques, très proches les uns des autres dans le temps, qui se succèdent pendant des périodes courtes de une à deux minutes, de magnitude faible mais saturant les sismographes voisins. Ils témoignent d’ébranlements proches de la surface et, plus particulièrement, de la montée du magma dans la cheminée d’alimentation. La détection des trémors, qui précèdent en général de peu l’éruption, est particulièrement utile en matière de prévision. (J.M. Bardintzeff)
- Le 2 novembre : la fissure orientée est-ouest atteint maintenant 1 km de large. L’épaisseur de glace, le long de cette fissure, est évaluée à 200 m (avant l’éruption). Au moment de l’éruptio

















































