mardi 17 juillet 2007
Les conséquences dramatiques de notre surconsommation alimentaire
Une montagne de chiffres à méditer,
alerter,
ingurgiter,
digérer,
analyser,
comprendre,
réduire,
modifier,
etc.
Plus de la moitié de l'eau potable des
États-Unis va au bétail.
Il faut 5.000m² (1/2 ha) de terre cultivable
pour produire 70 kg de boeuf ou 10.000 kg de pommes de terre.
De 7 à
16 kg de céréales ou de produits végétaux sont nécessaires pour produire 1
kg de viande.
Il faut 30.000 à 60.000 litres d'eau pour faire 1 kg de
viande de boeuf et 800 litres d'eau pour 1 kg de blé.
Près de 50% de
toutes les récoltes alimentaires dans le monde sont mangées par le
bétail.
64% des terres cultivables du monde servent à la production de
viande (pâturage et fourrage).
Un « Multi Dommage » s'ouvre toutes
les 17 heures dans le monde ce qui entraîne la désertification de 125 km²
par jour de forêt humide.
Les pays industrialisés avec 26% de la
population mondiale utilisent 56% des ressources alimentaires.
Il
faut 5 kg de poissons pour produire 1 kg de farine ; il faudra 5 kg de cette
farine pour qu'un boeuf ou un porc produise 1 kg de viande. Donc 25 kg de
poissons pour 1 kg de viande !
Une ferme de saumons de 8 ha aux USA
produit autant de déchets qu'une ville de 100.000 habitants.
La
consommation mondiale d'engrais de synthèse est passée de 7 millions de
tonnes en 1945, à 53 millions de tonnes en 1968, et atteint 150 millions de
tonnes par an aujourd'hui.
500 pesticides différents sont employés
dans « l'industrie culture » : 1,5 à 2 tonnes / par ha / par culture / par
an, en Europe.
En 1997, la quantité d'antibiotiques utilisée dans l'Union
européenne s'est élevée à 10.493 tonnes.
Plus de 80 produits
différents peuvent être injectés aux cochons modernes avant d'être
abattus.
Les producteurs de volailles, de porcs, de bovins et poissons
utilisent au Canada plus de 20.000 tonnes d'antibiotiques par an en
injections, ou incorporées à la moulée.
80% des animaux élevés en
batterie sont malades.
Une trentaine d'hectares de forêts sont détruites
chaque minute.
300 tonnes d'humus disparaissent chaque minute.
Les
excréments de bétail représentent 110 tonnes par seconde pour les USA et
l'Europe : cela entraîne 50% de toute la pollution des nappes phréatiques du
monde.
En Thaïlande, ont été produites en région marécageuse, 120.000
tonnes de crevettes sur 5 ans, qui ont ravagé les marécages en détruisant
800.000 tonnes d'autres espèces.
Plus de 75% des terres arables qui
existaient lorsque les Européens colonisèrent l'Amérique ont
disparu.
Environ 97% des variétés de légumes qu'on trouvait
habituellement sur la liste du ministère de l'Agriculture des États-Unis
sont maintenant considérées comme disparues.
Le bétail des pays
riches mange autant de céréales que les Indiens et les Chinois
réunis.
Un boeuf fournit 200 kg de viande, soit 1.500 repas. Les céréales
qu'il a mangées auraient pu servir 18.000 repas.
La consommation de «
viande » utilise 60% des réserves d'eau mondiale.
Il faut 400 litres
d'eau/heure, 24h/24h pour faire face aux besoins alimentaires d'une seule
personne carnivore.
Plus de 50 millions d'enfants meurent de faim chaque
année.
Un Américain sur trois et un Français sur quatre sont
obèses.
En une année, vous absorbez environ 2,7 kg d'additifs, surtout
les enfants, avec les sucreries et les boissons artificielles.
71%
des graisses et protéines qui sont consommées en France sont d'origine
animale.
90% de tous les résidus de pesticides se retrouvent dans les
produits animaux alors que les fruits, les légumes et les céréales en
recèlent moins de 10%.
Pour fournir 50 kg de protéines, un animal a
du consommer au minimum 800 kg de protéines végétales.
5 espèces
végétales sont définitivement perdues chaque jour.
Tout individu
supplémentaire dans les pays riches « pèse » aussi lourd sur l'environnement
que 20 Indiens ou Bengalis.
Nous avons fait plus de dégâts en 30 ans que depuis que l'homme existe sur la terre.
Source :
http://www.infomicheldogna.net/page12.html
samedi 15 avril 2006
Ralentir la perte de la biodiversité... Contre la biopiraterie
Malgré un bilan plutôt mitigé, la
8ème conférence des parties à la convention sur la biodiversité a tout
de même abouti à un accord pour la mise au point d’une réglementation
internationale contre la biopiraterie d’ici 2008 ou 2010 au plus tard.
Des représentants
de plus de 180 pays se sont réunis du 21 au 31 mars à Curitiba dans le
sud du Brésil à l’occasion de la 8ème conférence des parties à la
Convention sur la Diversité Biologique (CDB). Voir l'article de NaturenDanger.
Pendant deux semaines,
ils ont pu débattre des stratégies à développer pour lutter contre
l’érosion de la biodiversité d’ici à 2010. Derrière cet objectif
ambitieux, il a plus précisément été question de la protection de la
biodiversité insulaire, marine et côtière, du développement des aires
protégées, de l'accès aux ressources génétiques et du partage équitable
des bénéfices découlant de leur utilisation.
C’est sur ce dernier thème que les avancées ont été les plus
significatives. La CDB a décidé d'instaurer, d'ici à 2010, un régime
international réglementant l'accès aux ressources génétiques naturelles
et les bénéfices issus de leur usage commercial.
Partout dans le monde, et plus particulièrement dans les pays en
voie de développement, les populations ont appris à utiliser
l’importante diversité de plantes, d’animaux et de microorganismes pour
se soigner, se nourrir, se loger ou se vêtir. Les connaissances des
populations indigènes et autochtones relatives à ces ressources souvent
appelées « savoirs traditionnels », soulèvent de plus en plus d’intérêt
chez les chercheurs des universités et des entreprises pour être
utilisées dans la pharmacologie ou les cosmétiques. Si du côté des
entreprises on parle de bioprospection, certains parlent plutôt de
biopiraterie lorsque les brevets déposés sur les molécules découvertes
peuvent être à l’origine de profits très importants sans que les
peuples à l’origine de ce savoir n’aient reçu de contreparties. C’est
le cas par exemple de la plante coupe-faim Hoodia bien connue du peuple
San d’Afrique du Sud et dont la substance active a été brevetée par le
CSIR (Council for scientific and industrial research) et utilisée par
la multinationale pharmaceutique Pfizer.
La biopiraterie concerne d’une part l’acquisition non-approuvée
de ressources ou de savoirs traditionnels et d’autre part, la
protection par des droits de propriété intellectuelle sans
participation des individus ou des communautés concernés.
Il est donc prévu, d’ici à 2010, qu’un règlement définissant les
conditions d’accès aux ressources génétiques naturelles de la faune et
de la flore soit mis en place et fixe la juste répartition des
bénéfices liés à leur exploitation commerciale.
Même si de nombreuses questions apparaissent déjà au sujet du mode de répartition des bénéfices ou de l’existence de sanctions, cette réglementation est une réelle avancée pour Marina Silva, ministre brésilienne de l'Environnement.
Pour d’autres, comme l’ONG Greenpeace, cette annonce intervient
trop tardivement. Martin Kaiser de Greenpeace International dénonce le
fait que l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada aient repoussé
la date butoir. Cela donne tout simplement plus de temps aux
industries de biotechnologie et pharmaceutiques d'obtenir des brevets
au sein de l'Organisation mondiale du commerce, a-t-il expliqué.
L’ONG retient tout de même quelques points positifs de cette
conférence notamment le maintien du moratoire concernant les
expérimentations et la commercialisation des semences « Terminator »,
génétiquement stérilisées pour empêcher les agriculteurs de les
replanter.
Malgré tout, le bilan reste très mitigé et la situation concernant la biodiversité mondiale reste alarmante.
Au cours des dernières années, non seulement il n'y a pas eu de signes
importants de réduction de la perte de la biodiversité mais les
indicateurs disponibles montrent qu'il y a eu une dégradation
croissante, a déclaré Marina Silva.
Pour ralentir la perte de biodiversité, la Convention fixe des
objectifs à atteindre en 2010 qui sont loin d’être remplis : 10% des
mers devront être protégées en 2010 tandis que seulement 1% l’est
actuellement. La situation ne risque pas de s’arranger puisque les
parties de la CDB n’ont pas réussi à se mettre d’accord pour la mise en
place du réseau mondial d'aires protégées qu'elles avaient pourtant
décidé de créer lors de leur conférence de 2004.
Autre problème soulevé : le financement du Fonds mondial de
l’environnement. L’insuffisance des participations est une des causes
avancées pour expliquer le retard d’application de la convention sur la
diversité biologique. D’ailleurs, les Etats-Unis ont annoncé qu’ils
réduiraient de moitié leur contribution aux Fonds pour l’environnement
de la Banque mondiale.
Le prochain rendez-vous est fixé en 2008 en Allemagne.
Source :
France Nature Environnement
Crédit photos :
http://www.griffonia.com/
Le Canada élimine 15 programmes signés lors du protocole de Kyoto
Le Gouverneur Stephen Harper a nié hier, vendredi, que son gouvernement veuille miner les efforts de
lutte contre les changements climatiques d'Environnement Canada.
« Le gouvernement a mis fin à un petit nombre de programmes qui arrivaient à terme », a-t-il voulu préciser aux journalistes présents.
Il affirme que son gouvernement a été obligé d'agir en ce sens en
raison du fait que le gouvernement précédent avait dépensé « des
milliards de dollars dans des programmes supposés lutter contre les
changements climatiques, alors que nous avons les pires résultats du
monde. »
Le premier ministre a déclaré qu'il comptait se départir des mesures qui ne donnaient pas de résultats pour plutôt « viser des programmes qui ne prévoient pas seulement dépenser de l'argent, mais aussi atteindre des objectifs. »
Jeudi, le bureau du ministre conservateur des Ressources naturelles,
Gary Lunn, a annoncé dans un communiqué la fin de 15 programmes mis en
place sous les libéraux pour combattre les gaz à effet de serre.
Les autorités fédérales affirment qu'il faut aborder les changements
climatiques de manière efficace et réaliste pour le Canada, tout en
assurant la vitalité de l'économie du pays. Un nouveau plan
« spécifiquement canadien » serait mis en place à cet effet, ont-elle
dit.
Incertitude dans l'air
Le ministère et Environnement Canada ne précisent toutefois pas la nature, le moment de la mise en oeuvre ni la compatibilité de ce plan avec les objectifs du protocole de Kyoto, qu'Ottawa a signé et ratifié sous les libéraux.
La seule certitude est que les 15 programmes seront progressivement éliminés d'ici 2009 afin de respecter les obligations du gouvernement. Parmi les programmes abolis, on retrouve notamment le « défi d'une tonne », qui incitait les Canadiens à réduire de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre, ainsi que le programme visant à faire connaître les moyens d'y arriver.
Ottawa sonne également le glas du projet pilote qui fournissait aux
entreprises des incitatifs financiers pour réduire, par exemple, les
émissions de méthane des sites d'enfouissement. Le programme visant à
faire des recherches sur la plantation d'arbres à croissance rapide
pour réduire les gaz à effet de serre disparaîtra également.
Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement de Stephen Harper reste très vague sur ses intentions quand vient le temps de dire si, oui ou non, le Canada respectera ses engagements en vertu du protocole de Kyoto. Les conservateurs se contentent de répéter qu'ils mettront en place un "plan canadien" qui réduira les émissions de gaz à effet de serre, sans offrir plus de détails.
Dans le communiqué émis par le ministre Gary Lunn, on n'y fait d'ailleurs aucune mention du protocole de Kyoto. "Il nous faut une nouvelle manière d'aborder les changements climatiques, une stratégie différente, à la fois efficace et réaliste pour le Canada", déclare le ministre fédéral des Ressources naturelles dans ce communiqué.
En vertu du protocole de Kyoto, le Canada doit réduire d'ici 2012 ses émissions de gaz à effet de serre de 6% par rapport aux niveaux de 1990. Jusqu'ici, elles ont plutôt augmenté de 30%.
Mercredi dernier (le 12 avril), des environnementalistes de tout le pays ont imploré les partis d'opposition de ne pas hésiter à défaire le gouvernement minoritaire de Stephen Harper si ce dernier sabre dans les programmes de lutte contre les changements climatiques.
Source :
http://radio-canada.ca/
vendredi 14 avril 2006
Un projet pour cesser la consommation d'espèces rares au Vietnam
"Modification du comportement des habitants pour réduire la
consommation d'animaux et végétaux sauvages".
Ce projet, récemment publié
à Hanoi, se situe dans le contexte d'une série de manifestations chapeautées
par le Fonds mondial pour la nature (WWF) et le Réseau de surveillance du
trafic de faune et flore sauvages (TRAFFIC).
Mis en œuvre de 2005 à 2007 grâce au concours de l'ambassade danoise au Vietnam,
le projet a pour objectif d'élever les connaissances et consciences de la
population sur la protection de la faune et flore sauvages dans le pays.
"L'excès d'exploitation de la faune et flore sauvages au service du
commerce, légal et illégal, menace de nombreuses espèces au bord de la
disparition", évalue Eric Coull, représentant en chef de WWF pour le
Mékong. Il précise que l'alerte vient d'être activée au Vietnam où "les
animaux et végétaux sauvages diminuent d'une façon inquiétante, en raison de l'ampleur
du trafic et de la consommation illégale".
L'ambassadeur danois, Peter Lysholt Hansen, précisait que "l'habitude de
consommer des espèces sauvages est un trait culturel des Vietnamiens qu'il est
difficile de changer. Mais il est important et nécessaire de faire connaître
aux gens les menaces provoquées par cette habitude".
Un concours de pub sur la protection des animaux sauvages
Dans le cadre du projet, le WWF a remis symboliquement des équipements et une
aide financière au Service de garde-forestières de Hanoi afin de créer un
"téléphone rouge" qui permettra de recevoir des informations sur les
trafics d'animaux sauvages à Hanoi. Les habitants de la capitale sont invités à
composer le (04) 9 32 33 33 s'ils découvrent la consommation des produits de
genre dans la ville.
D'autre part, le WWF lance un concours d'idées destiné aux lycéens. Ces
derniers doivent produire un film publicitaire de 30 secondes sur l'arrêt du
trafic illégal. Comme quoi, la publicité, ça peut avoir du bon !!!!
Les œuvres candidates doivent parvenir au siège de WWF du
Mékong au Vietnam avant 18h00 le 19 mai 2006 tandis que le résultat sera rendu
public le 5 juin. Pour de plus amples informations, vous pouvez visiter le site
suivant: http://www.wwfindochina.org/news+infor/contest
VN.htm.
Le Vietnam est au 16e rang mondial en terme de biodiversité, avec 75 espèces
animales endémiques. Cet héritage biologique, richesse du Vietnam, doit
aujourd'hui être préservé et même mis en valeur.
La moitié des Hanoiens ont déjà consommé des espèces rares
Une enquête effectuée en 2005 sur 2.000 Hanoiens avait donné des résultats
inquiétants, selon le représentant de TRAFFIC, Sulma Warne. Il en ressortait
que près d'un Hanoïen sur 2 avait déjà consommé soit des plats à base de viande
d'animaux sauvages, soit des produits de santé. Environ 16% des sondés
utilisent des produits dérivés de la faune et flore comme bijoux ou objet de
décoration intérieure. Les hommes consomment beaucoup plus que les femmes et
appartiennent généralement à une classe aisée, en raison du coût élevé.
Autre signe inquiétant, la majorité des interrogés ne connaissent aucun acte
juridique sur la protection des animaux et végétaux sauvages, ainsi que les
lieux où ils vivent. Bien qu'ils comprennent le terme de
"discrimination", ils ne pensent pas que consommer des animaux et
végétaux sauvages puisse avoir des répercussions sur l'environnement.
mercredi 12 avril 2006
La pétro-révolution en Amérique du Sud suscite des résistances
Pilier des politiques sociales au
Venezuela, l’exploitation des ressources énergétiques ne fait pas que des
heureux. Une contradiction exposée en janvier dernier lors du Forum social
mondial de Caracas.
Venezuela, Brésil, Argentine,
Uruguay, Bolivie... à l’heure où une majorité de pays d’Amérique du Sud bascule
à gauche, que le projet de Zone de libre-échange des Amériques (ALCA, sigles en
espagnol) semble « enterré » (1), se pose la question du modèle de
développement énergétique choisi par ce nouvel ensemble. Le socialisme
latino-américain émergeant peut-il révolutionner sa politique d’exploitation
des ressources naturelles non-renouvelables ? Va-t-il prendre en compte
les peuples originaires, victimes depuis la colonisation de l’extraction des
richesses minières sur leurs terres ? La question ne pouvait échapper au
dernier Forum social mondial (FSM) qui s’est déroulé en janvier à Caracas,
capitale du Venezuela « révolutionnaire, socialiste et bolivarien ».
Car malgré une rhétorique
pompeuse sur l’environnement, le réchauffement climatique, et les droits des
peuples amérindiens, le président vénézuélien Hugo Chávez continue de prôner le
développement à marche forcée et avec l’aide d’une cohorte de multinationales
de toute une infrastructure d’extraction et de drainage des ressources naturelles
en zones écologiquement et socialement sensibles. C’est en tout cas ce qui
ressort des ateliers organisés par le réseau Oilwatch (2),
lors du forum.
« Le même modèle »
Présentation de diapositives à
l’appui, la professeure Alicia Garcia fait un inventaire des projets
d’extraction de ressources naturelles du gouvernement : oléoducs géants,
nouveaux forages pétroliers dans le bassin de l’Orénoque, creusement d’un canal
jusqu’à l’Amazone voire au río Plata, projets d’extraction du charbon,
édification d’une ligne à haute tension, le Venezuela joue plus que jamais la
carte énergétique. Superposant les tracés de ces projets sur des cartes, Alicia
Garcia souligne que cette infrastructure se calque sur le développement
antérieur... « Chavez a continué le même modèle politique en reprenant
tous les projets antérieurs, (...) Son projet n’est pas l’Alternative
bolivarienne pour les Amériques (ALBA) (3), mais bien l’Initiative d’intégration de
l’infrastructure régionale d’Amérique du sud (IIRSA) (4), qui est un projet privatisateur ouvrant la
porte à l’ALCA », s’insurge Mme Garcia. « Ce modèle n’a
pas été changé ni par Lula, ni par Kirchner, ni par Chávez, et c’est pour cela
que nous réclamons une vaste consultation populaire », poursuit-elle.
Talon d’Achille
écologique
Si le gouvernement de
M. Chávez encourage effectivement la participation populaire au niveau
microéconomique (coopératives, médias populaires, etc.), il en va tout
autrement à ce niveau, selon le professeur Lusbi Portillo, anthropologue à
l’Université de Zulia et responsable de l’association Homo y Natura :
« D’amples secteurs de la population vénézuélienne ignorent les enjeux
de cette stratégie énergétique de l’IIRSA. Le gouvernement n’a pas convoqué,
devant une décision aussi transcendantale pour la vie du pays, de débat sur le
sujet, même pas à l’assemblée nationale ni dans les universités, pour ne parler
que des espaces traditionnels de discussions ; les émissions dominicales
« Allo presidente » (5) ne suffisent pas pour construire une
démocratie participative et souveraine », grince M. Portillo.
Pour le militant d’Homo y Natura, « cette révolution a un talon
d’Achille : l’écologie ». Pour extraire le précieux combustible,
le gouvernement doit mettre en danger forêts, fleuves et lacs, souvent situés
en terres indigènes. A l’instigation des peuples Wayuu, Bari et Yukpa, de la Sierra de Perrija, à la
frontière colombienne, une marche de protestation l’a rappelé dans les rues de
Caracas durant le FSM (6).
Ralliés sous la bannière « Non
au charbon, pour la défense des fleuves et des terres indigènes », de
nombreux groupes se sont joints à cette manifestation inclassable dans un
Venezuela très polarisé entre les pro et les anti-Chávez. Elle a ainsi
rassemblé des organisations paysannes pro et anti-Chávez, des groupes
écologistes, des associations de « sans toits » urbains, des
mouvements libertaires, des réseaux de médias communautaires - promus par le
président, mais critiquant un dévoiement de la révolution par la bureaucratie,
la corruption et les intérêts des multinationales - le tout soutenu par de
nombreux délégués étrangers participant au forum.
Venu depuis sa communauté isolée
avec une importante délégation de son peuple, le Yupka Jésus Teran, a témoigné
de l’impact de l’exploitation carbonifère : « Quand l’exploitation
commence, le fleuve s’assèche, et tous les animaux qu’il y a dans la montagne
meurent, a raconté le jeune représentant. Ces terres où l’on vit, pêche,
cultive, sont tout ce qui nous reste. » Les émissaires yupkas ont
également réclamé « que le président Chávez nous octroie le titre
collectif de propriété afin que nous puissions mettre en route des projets
productifs qui puissent répondre aux besoins de la communauté ».
Rapport critique
Lusbi Portillo, qui a été à la
base de la résistance à l’exploitation du charbon, rappelle qu’une première
marche sur le palais présidentiel, en mars 2005, avait permis la formation
d’une commission du ministère de l’Environnement chargée de répertorier les
impacts de l’extraction du charbon sur le fleuve Guasare. Mais malgré les
conclusions négatives de ce rapport (notamment en terme de perte d’eau potable
pour une région de plusieurs millions d’habitants), le gouvernement n’a pas
encore réagi. Les opposants craignent que ce silence n’annonce l’imminente mise
en place d’une infrastructure visant à ouvrir de nouvelles mines sur les
derniers fleuves intacts de la région de Maracaibo, conformément aux accords
passés avec des compagnies nord-américaine, hollandaise et brésilienne.
Le dernier espoir des
Wayuus
Au bout de la route goudronnée,
quelques bâtisses où l’on vient acheter ou vendre des fruits, légumes,
fromages, produits de la ville... à quelques heures de Maracaibo, capitale
torride du pétrole vénézuélien, « El Paradiso » est l’entrée en
territoire indigène wayuu. Ici, la végétation tropicale encore bien conservée
vient tempérer la touffeur du trajet, et notre délégation improvisée à partir
du Forum social de Caracas a le plaisir de pouvoir se rafraîchir dans le fleuve
Socuy, dans un cadre encore idyllique, mais pour combien de temps ?
Depuis que d’importants gisements
de charbon ont été découverts le long de son lit, les communautés wayuus
attendent anxieusement une décision gouvernementale qui donnerait le feu vert à
l’exploitation minière. Elles n’auraient alors plus qu’à plier bagage, risquant
la dissolution dans la misère des barrios (quartiers populaires) de
Maracaibo... Les habitants du Socuy pressentent bien qu’ils jouent là leur
dernière carte, certains d’entre eux ayant déjà vécu le déplacement forcé du
fleuve Guasaré tout proche, maintenant accaparé par les mines et en grande
partie détruit et pollué. Des représentants des communautés se rassemblent pour
nous faire part de leurs doléances, ainsi que de leur détermination à résister
à l’expulsion. Ils n’accepteront aucune compensation financière, qui ne pourra
jamais remplacer un territoire pour perpétuer la vie communautaire des
générations futures. Puis sont étalés sous nos yeux des restes de céramiques et
objets usuels retrouvés sur ces terres, démontrant par là leur présence
ancestrale en ces lieux.
A la sortie du territoire, nos
hôtes nous montrent encore l’école wayuu, dont les murs ont été entièrement
peints avec les enfants, et où l’on peut voir des animaux se demandant ce qui
se passerait en cas d’exploitation du charbon. « Nous resterions sans
eau, sans forêt et sans logis », répondent un papillon, un poisson et
un oiseau. Les promoteurs wayuus de cette école nous informent que les
compagnies du charbon proposent de refaire cette peinture à la gloire du
progrès charbonnier, tandis que le mouvement chaviste des écoles bolivariennes
souhaiterait simplement effacer ces dessins au profit d’une peinture aux
couleurs du drapeau national !
Malgré l’enjeu majeur que
représente l’eau potable pour la ville voisine Maracaibo, la population urbaine
ne semble pas très concernée par la résistance des indigènes. Rien d’anormal,
explique Ruth, média-activiste de l’ANMCLA , le réseau de radios communautaires
qui a pris fait et cause pour les problèmes environnementaux et
indigènes : « Ici, le financement de la presse n’est pas assuré en
premier lieu par la publicité, mais directement par le paiement de mensualités
par les entreprises elles-mêmes ! Dès lors, il devient évident que les
journaux ne reflètent la réalité que selon les vues de leurs clients - qui sont
ici tous impliqués dans le négoce du charbon. » Le principal quotidien
local ne manquera pas de confirmer ces propos. Après notre visite, il relatera
une manifestation de mineurs dénonçant la présence dans la région de « pseudo
écologistes venus du Forum social » qui seraient, en fait, à la solde
d’entreprises minières colombiennes concurrentes.
Repères
Manne pétrolière :
En 2005, la société publique pétrolière
PDVSA a versé 22,7 milliards de dollars au budget de l’Etat. En outre, 4,4
milliards sont allés directement aux « missions » sociales
(éducation, soins, alimentation, réinsertion...) destinées au 70% de
Vénézuéliens vivant sous le seuil de pauvreté. Secteur privé compris, le
pétrole rapporte 75% des recettes fiscales du pays.
Atout diplomatique :
Hugo Chávez a fait du secteur
énergétique le pilier de son projet d’intégration latino-américaine. Des
accords ont notamment été passés avec le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, Cuba, la Jamaïque et la Bolivie. Plus
largement, Caracas se profile comme le leader de la coopération Sud-Sud. Si les
USA continuent d’acheter une bonne part de son or noir, le Venezuela s’est
beaucoup rapproché de l’Inde et de la
Chine.
Liens :
(1 Consultez le dossier « L’ALCA en panne »
sur RISAL.
(3) Consultez le dossier « Alternative bolivarienne
pour les Amériques (ALBA) » sur RISAL.
(4) Consultez le dossier « Initiative d’intégration
de l’infrastructure régionale d’Amérique du sud (IIRSA) » sur RISAL.
(5) Emission télévisée dominicale, durant
laquelle Hugo Chávez s’exprime sur des sujets d’actualité et explique sa
politique.
(6) Voir la galerie de photos sur cette
marche : http://risal.collectifs.net/planche....
Source :
RISAL - Réseau d'information et de
solidarité avec l'Amérique latine
Crédit photos :
vendredi 7 avril 2006
Importations massives de bois illégal en France
Dans une campagne contre l'importation illégale
de bois, le WWF passe au crible 12 grandes enseignes distribuant du
mobilier de jardin. Et non des moindres : Auchan, Carrefour, Casa,
Castorama, Bricomarché, Bricorama, Casino/Géant, Le Cèdre Rouge,
Leclerc, Leroy Merlin, Métro et Pier Import
Objectif : informer les consommateurs et les
inciter à acheter des produits certifiés.
La
France est l'un des principaux importateurs de bois tropical en Europe,
et par conséquent, celui qui importe aussi le plus de bois de
provenance illégale. Selon les chiffres du WWF (étude du WWF UK
"Failing the forest, Europe's illegal timber trade"), la proportion
atteindrait près de 40%. "La France s'approvisionne en effet
auprès de pays dont les volumes de bois illégal sont importants : 47 %
du bois est exploité illégalement au Brésil, 73 % en Indonésie, 50 % au
Cameroun. Aucun des grands bassins de production de bois tropicaux ne
fait malheureusement exception," explique l'ONG, qui estime en outre que ces chiffres "sont très certainement en- deçà du véritable flux de bois tropicaux en France,"
tant il est difficile d'estimer les volumes qui arrivent dans
l'hexagone.
Une chose est sûre en tout cas : cette exploitation a des
impacts écologiques, sociaux et environnementaux désastreux.
Selon
la Banque Mondiale, 20% de la disparition de la forêt tropicale serait
la conséquence de l'exploitation abusive des forêts. Actuellement, plus
de 140 000 km2 de forêts sont détruits chaque année, soit un territoire
équivalent à celui de la Grèce. Ramené à la minute, le chiffre est de
280 000 m2... Selon le World Resources Institute, le bois coupé
illégalement aurait représenté 65 % de la production mondiale en 2000.
Les impacts environnementaux de la déforestation, qu'elle soit légale
ou illégale, sont bien connus : augmentation de l'effet de serre (les
forêts permettent de capter 46 % du carbone terrestre) et diminution
de la biodiversité liée à la disparition des espèces animales et
végétales. Quand aux impacts sociétaux, ils touchent des dizaines de
millions de personnes, qui dépendent de la forêt pour leur survie.
En
Indonésie, 50 millions d'indigènes ont ainsi été directement touchés
par l'octroi de concessions. Parmi les nombreux groupes ethniques qui
vivent dans les forêts, les pygmées Baka du sud-est du Cameroun doivent
faire face à l'intrusion des multinationales du bois sur leurs terrains
de vie et de chasse, principal moyen de survie. Enfin, au plan
économique, le WWF et la Banque mondiale (associés dans l'initiative
"Forest Alliance" contre la déforestation) estiment que ces coupes font
perdre 15 milliards de dollars aux pays du Sud chaque année.
Campagne pour le label FSC
D'où
la volonté du WWF de sensibiliser le grand public et d'agir sur la
demande d'un pays comme la France, fortement consommateur de bois. A
l'occasion de la journée mondiale des Forêts, le 21 mars dernier, l'ONG
a lancé une campagne intitulée ''je dis non au bois illégal'', appuyée
par une enquête menée sur 12 enseignes (Auchan, Carrefour, Casa,
Castorama, Bricomarché, Bricorama, Casino/Géant, Le Cèdre Rouge,
Leclerc, Leroy Merlin, Métro et Pier Import) distribuant du mobilier de
jardin en bois tropical.
Objectif : inciter les consommateurs à acheter
des bois tropicaux de provenance légale. Sur la base d'un questionnaire
envoyé aux entreprises, l'ONG a évalué le pourcentage de produits
certifiés FSC
(Forest Stewardship Council), de produits non certifiés mais dont la
traçabilité est assurée, et de produits dont la provenance est plus que
douteuse. Pour cette dernière catégorie, le WWF indique qu'ils "sont
donc potentiellement issus de l'exploitation illégale et/ou de pays où
la vente de bois soutient une dictature ou une guerre."
Les
résultats montrent que 2/3 des enseignes offrent des salons de jardin
FSC, mais que la moitié vendent plus de 30% de produits sans garantie,
tandis que 4 enseignes ont refusé de répondre à l'enquête pour
l'instant.
Parmi elles, Bricorama propose en outre du mobilier en Kapur
sans aucune garantie, alors que l'espèce est sur la liste rouge UICN
(Union internationale pour la conservation de la nature).
Selon les
réponses données, Casa serait le distributeur qui propose le plus de
produits certifiés avec 75% de produits FSC. Arrivent ensuite Leclerc,
Auchan et Castorama, avec respectivement 66%, 60% et 57%.
Le
WWF souhaite à travers cette enquête développer la labellisation FSC,
créée par les ONG en 1993, face à son "rival", le label PEFC (Pan
European Forest Certification), créé en 1998 à l'initiative des
entreprises du secteur et jugé "non indépendant" par les ONG. Près de
700 entreprises dans le monde soutiennent aujourd'hui le FSC, en
produisant du bois FSC ou en en achetant chaque fois qu'ils le peuvent.
7% de la consommation industrielle mondiale de bois est, aujourd'hui,
certifié FSC, soit une superficie équivalente au Royaume- Uni et à
l'Irlande. Des proportions modestes au regard des superficies couvertes
par le PEFC, qui, avec plus de 52 millions d'hectares de forêts
certifiées, reste le label le plus important.
Le FSC a néanmoins été
choisi par de grandes entreprises : International Paper, Georgia
Pacific, Weyerhaeuser, Stora-Enso et Smurfit Stone Container, qui
transforment à elles seules 20% du bois industriel mondial, l'ont
adopté ainsi que Home Depot, Lowes, Ikea, Kimberly-Klark, Procter &
Gamble, qui achètent les plus gros volumes de produits ligneux. Environ
700 entreprises, représentant un chiffre d'affaires global de 180
millions de dollars, ont également rejoint le groupe "Forêts et
commerce" du WWF, qui fait la promotion de ce label.
Liens :
Produits SFC : Quels sont-ils et où peut-on les acheter ? http://www.wwf.ch/fr/lewwf/notremission/forets/fsc/index.cfm
Comment reconnaître le bois FSC ? Ou trouver plus d'informations ? http://www.wwf.fr/pdf/Brochure%20FSCFr.pdf
Forêts anciennes : agir localement http://www.greenpeace.fr/foretsanciennes/bois.php3
Source :
http://www.novethic.fr/
jeudi 6 avril 2006
La Seine, moins polluée en appelle à l'éco-citoyenneté
De plus en plus de personnes se mobilisent et
font attention aux pollutions engendrées par notre société de
super-consommation. C'est important et il faut sensibiliser et participer à ces
actions, pour rendre un futur plus vivable et plus propre! Il y a
peu de temps, Le Parc naturel
régional des boucles de la Seine normande constatait : "cinq années de
nettoyage des berges de la Seine
(...) ont permis d'enlever et de recycler plus de 5.000 tonnes de
déchets".
30 ans de pollutions sauvages, le peu de mobilisation
citoyenne et la non pris en compte par la Région Francilienne
de la production de ses déchets, ont mis à mal la Seine et les berges
normandes. Même les poissons tendaient à disparaître dans cet univers hostile :
heureusement les choses s'améliorent (les poissons reviennent ou sont
réimplantés, les berges semblent plus propres), même si de grands efforts sont
encore à fournir et si la vigilance doit être toujours constante, et pour
sensibiliser à notre grand fleuve la Seine.
Le Parc naturel régional des
boucles de la Seine
normande, c'est une
bouffée d'oxygène entre deux grandes agglomérations urbaines et industrielles
Rouen et Le Havre, ce parc créé en 1974 (ancien nom : Parc naturel régional de Brotonne)
s'étend sur 80.000
hectares et concerne 72 communes. Il compte une grande
diversité de milieux naturels et un riche patrimoine historique.
"Cette
opération unique en Europe pour un fleuve de cette ampleur
contribue, au moyen d'une information des publics riverains à l'amont et à
l'aval, à la sensibilisation à l'environnement", expliquait en préambule
Jean-Pierre Girod, vice président du parc naturel.
L'opération de nettoyage et de demande à vigilance éco-citoyenne se trouve sur
le site Seine que j'aime (budget de
l'opération : 1,9 million d’euros).
Source :
http://normandie.canalblog.com/
mercredi 5 avril 2006
Des animaux à l'agonie dans les Grands Lacs américains
L’exposition de la faune aux substances toxiques dans les Grand Lacs
est lourde de conséquences. Comme l’illustre ce reportage, la chaîne
alimentaire y subit d’étranges transformations. Plusieurs espèces de
poissons souffrent de tumeurs et de lésions.
Des dix espèces de
poissons les plus recherchées par les pêcheurs dans le lac Ontario,
sept d’entre elles ont presque disparu. Les oisillons du cormoran
naissent fréquemment avec un bec croisé, ce qui les empêchent
d’attraper les poissons pour se nourrir, les condamnant ainsi à la mort.
Les scientifiques ont recensé quatorze espèces ayant des problèmes de
reproduction, des malformations congénitales, et dont la population
diminue, notamment le touladi, le cormoran, la sterne, le pygargue à
tête blanche et le vison.
La
pollution des Grands Lacs atteint les bélugas du Saint-Laurent. Ces
petites baleines blanches mangent 25 kilos de poissons contaminés par
jour. Les biologistes retrouvent entre dix et quinze bélugas morts sur
les berges chaque année. La population des cétacés du fleuve a
dramatiquement diminué au seuil des années 1990 : il ne reste
qu’environ 350 bélugas alors qu’ils étaient à peu près 5000 au début du
siècle dernier.
Si la qualité des eaux des Grands Lacs s’améliorent depuis les années
1980, les milieux aquatiques demeurent des milieux atrophiés, selon
Louis-Gilles Francoeur, journaliste au Devoir.
En témoigne selon ce dernier la difficulté des espèces sensibles aux
eaux contaminées, comme les truites côtières, à survivre dans ce
milieu, contrairement à d’autres poissons s’accommodant mieux de la
pollution, comme la carpe, le brochet et l’achigan. «Le non-retour des
espèces autochtones sensibles constitue un barème impitoyable mais seul
valable des demi-mesures adoptées par les gouvernements en gestion
environnementale», d’ajouter Louis-Gilles Francoeur.
En 2002, 627.000 tonnes de polluants
ont souillé la région des grands lacs. Si les industries américaines
contribuent à la pollution lacustre de la région, les usines
canadiennes rejettent nettement plus de polluants dans l'air.
L'année 2002 aurait
vu 627.000 tonnes de polluants rejetés et transférés dans le bassin des
Grands Lacs*. C'est ce qui ressort d'un rapport, Partenaires dans la
pollution, rendu public jeudi par l'Association canadienne du droit de
l'environnement et l'association Défense environnementale**, réunis
sous l'égide de Pollution Watch.
Fondé sur plus de 4.000 installations situées dans le bassin des
Grands Lacs et les données déclarées au ministère canadien de
l'environnement par les sociétés canadiennes dans le cadre de
l'inventaire national de rejet de polluants (INRP) et du Toxics Release
Inventory (TRI), pour les Etats-Unis, ce rapport évalue la contribution
respective du Canada et des États-Unis à la pollution dans cette
région. Il analyse les rejets et transferts de polluants des deux côtés
de la frontière des Grands Lacs en 2002, ainsi que des tendances entre
les années 1998 et 2002.
Le rapport note que l'apport de polluants attribuable aux installations américaines est supérieur (407.000
tonnes ) à celui provenant des installations canadiennes (220.000
tonnes ), soit 65% de la quantité totale de polluants rejetés et
transférés dans la région des Grands Lacs. Toutefois, en moyenne, pour
chaque installation considérée individuellement, les installations
canadiennes ont rejeté en 2002, 73% plus de polluants atmosphériques
que les installations américaines.
Soulignant que les
rejets atmosphériques provenant des installations situées dans le
bassin des Grands Lacs ont diminué de 14% entre 1998 et 2002, le
rapport précise que les usines canadiennes ont accru leurs rejets dans
l'air de 3% alors que du côté américain, ceux-ci ont diminué de 24%.
Les données sur les usines canadiennes indiquent que celles-ci
émettent en moyenne 79% plus de toxines respiratoires dans l'air que
les États-Unis et 93% de polluants atmosphériques ou de cancérogènes
présumés en plus que les installations américaines moyennes.
On ne peut pas se le cacher, le Canada contribue beaucoup plus que les États-Unis à la pollution des Grands Lacs, a précisé Rick Smith, directeur général, Défense environnementale.
Concernant le bilan lié aux rejets de polluants dans l'eau, il a
augmenté de 13% pour les principales installations canadiennes et de
23 % pour les principales installations américaines. Individuellement,
les installations américaines ont rejeté dans l'eau 3% plus de
polluants en 2002 que les installations canadiennes.
L'étude a été rendue public alors que les gouvernements américain
et canadien doivent entreprendre incessamment la révision de l'Accord**
relatif à la qualité de l'eau des Grands Lacs, signé conjointement en
1972. Cet accord comprend des objectifs précis visant à améliorer et
maintenir la qualité de l'écosystème, ainsi qu'un but, celui d'éliminer
pratiquement toutes les substances toxiques rémanentes, empêchant ainsi
qu'elles ne se rendent jusqu'aux lacs. Il préconise l'adoption d'une
approche globale tenant compte de l'air, des terres, de l'eau et des
êtres vivants, y compris l'être humain. L'accord fait appel à la
coopération du gouvernement fédéral, et des gouvernements des provinces
et des états, afin que ceux-ci déterminent l'impact total des
substances toxiques rémanentes et mettent au point des programmes de
contrôle relatifs à l'utilisation, au transport et à l'élimination des
pesticides, des déchets industriels, des produits pétroliers, ainsi que
des boues putrescentes et des sédiments provenant du draguage.
Malheureusement, la mise en œuvre de l'accord est loin d'être
terminée et la santé des Grands Lacs n'a pas réussi à retenir
l'attention concertée des décideurs au cours de la dernière décennie,
déplore-t-on dans le rapport. Mais ce qui est sans doute le plus
surprenant, c'est le fait que ni les États-Unis ni le Canada ne jugent
bon de faire la compilation des rejets et transferts de polluants dans
les Grands Lacs, tel que le propose le présent rapport, déclarent les
associations qui préconisent ainsi 15 recommandations précises à
l'attention des décideurs.
Elles souhaitent notamment que les
gouvernements du Canada et des États-Unis mettent au point une base de
données commune, exhaustive, afin de déterminer l'apport annuel de tous
les polluants dans les Grands Lacs, y compris les substances toxiques
rémanentes et qu'un rapport soit rendu publics chaque année. Elles
préconisent aux gouvernements d'élaborer et mettre en œuvre une
stratégie mixte d'élimination et de réduction de la pollution et de
confirmer leur engagement envers l'élimination de pratiquement toutes
les substances toxiques rémanentes et ajouter à cette liste les
cancérogènes et les modulateurs endocriniens. Elles demandent également
aux gouvernements de s'engager à atteindre les objectifs visés par le
biais de mesures de prévention de la pollution incluant le recours à la
chimie verte et aux matériaux de substitution.
Enfin, le rapport estime notamment que le Canada doit envisager
l'adoption, dans le cadre de la révision de la Loi du Canada sur la
protection de l'environnement, de dispositions particulières qui
tiendront compte la fragilité des Grands Lacs.
Les Grands Lacs sont en très mauvaise santé, parce que nous
avons cessé de nous préoccuper de la pollution très réelle qui existe
dans cette région, estime Paul Muldoon, directeur général de l'Association canadienne du droit de l'environnement. Nous
demandons instamment au gouvernement canadien de saisir cette occasion
d'adopter un plan de protection de l'écosystème des Grands Lacs contre
la pollution et autres sources de stress attribuables aux humains, ajoute t'il.
C.SEGHIER
*Les Grands Lacs (Supérieur, Michigan, Huron, Érié et Ontario,
ainsi que le fleuve Saint-Laurent et les canaux qui les relient)
forment le plus vaste système d'eau potable sur Terre. Ils contiennent
80% de l'eau des lacs et des rivières de l'Amérique du Nord, servant
de source d'eau potable à 24 millions de personnes réparties tout
autour du bassin des Grands Lacs.
**L'association canadienne du droit de l'environnement et Défense
environnementale ont entrepris un certain nombre de projets dans le
cadre de PollutionWatch afin de démontrer l'importance des données
concernant la pollution au Canada. Les rapports portant sur les Grands
Lacs sont l'un des ces projets.
***Un exemplaire de l'accord peut être consulté en ligne au www.ijc.org
Source :
Radio Canada
Actu Environnement
Crédit Carte :
http://images.encarta.msn.com/
Crédit photos :
http://www.epa.gov/
lundi 27 mars 2006
Projet de loi OGM : le Sénat ouvre grande la porte aux OGM
Le Sénat Français vient d’adopter en première lecture le
projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés sans aucune modification
substantielle du texte défendu par le Gouvernement.
Le Sénat ne s’est même pas embarrassé d’une quelconque
référence au principe de précaution. La méthode d’évaluation du risque n’est pas
définie, l’information du public n’est pas garantie, la responsabilité du
producteur d’OGM est protégée. Le souci du rapporteur de préserver les intérêts
économiques des firmes OGM a payé, alors qu’un élu parlementaire se doit avant
tout de préserver le Bien commun.
France Nature Environnement, la Fondation Nicolas Nicolas
Hulot et la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) ne peuvent que regretter
que le débat parlementaire n’ait pas permis de modifier ce texte pour qu’il soit
conforme à l’objectif de la directive européenne de maîtriser la dissémination
des OGM. Les principales victimes en seront l’environnement, les agriculteurs –
totalement sous la dépendance des firmes multinationales et qui, de plus,
devront payer à leur place les dégâts dont elles seront responsables -, et les
consommateurs dont le libre choix alimentaire est gravement compromis par la
légalisation de la contamination génétique. A terme, ce projet de loi condamne
les filières de qualité et particulièrement l’agriculture
biologique.
Ces organisations lancent un appel solennel aux députés pour que ceux-ci, conformément à la Charte de l’environnement inscrite dans notre Constitution, arrêtent la course folle de ce projet de loi.
Voir les articles de NaturenDanger sur les OGM
Les arbres et les forêts génétiquement modifiés
Pour en savoir plus :
France Nature Environnement http://www.fne.asso.fr/
Ligue Pour la Protection des Oiseaux http://www.lpo.fr/
Fondation
Nicolas Hulot http://www.planete-nature.org/
Source :
Communication commune de France Nature
Environnement, Ligue de Protection des Oiseaux et Fondation Nicolas Hulot,
24/03/06
mardi 21 mars 2006
Conférence sur la biodiversité à Curitiba au Brésil
Nous sommes une espèce parmi des millions
d'autres ; dans cette addition : l’espèce qui a développé le cerveau le
plus riche en neurones. Ce n’est pas forcément une situation définitive. Tout
va dépendre en grande partie de nous, du sort que nous réservons aux autres
espèces, et au bout du compte à la nôtre. Depuis un siècle les soustractions
amputent dramatiquement cette richesse, la faisant décroître vite. Nous
éliminons plus de mille fois plus d’espèces qu’avant l’époque industrielle.
Cette extinction massive, la sixième dans l’histoire de la terre, l’humanité en
est la cause. Elle pourrait en être la victime.
Telles sont les questions qui se posent, variantes du «Où allons-nous ?»
Hubert Reeves, Président de la Ligue ROC
La 8e Conférence des pays ayant ratifié la Convention sur la diversité
biologique (CDB) s’est ouverte hier à Curitiba, au Brésil.
La réunion rassemble quelques 6000 représentants provenant de 190 pays.
Cette conférence a pour tâche centrale d’évaluer dans quelle mesure la
CDB atteint ses trois objectifs, soit
1) la protection de la
biodiversité,
2) l’utilisation durable de la biodiversité, et
3) la
partage juste et équitable des bénéfices découlant de cet usage de la
biodiversité.
La CDB, en vigueur depuis 1993, peine à atteindre ses objectifs.
L’érosion de la biodiversité n’aurait pas à ce jour été enrayée ni même
ralentie. Beaucoup de travaux ont été dirigés vers l’atteinte du
premier objectif – la protection de la biodiversité -, il reste à les
mettre en œuvre concrètement et largement, et à s’assurer de leur
efficacité. Les discussions touchant aux deux autres objectifs sont
plus lentes, la manière de les réaliser fera partie des pourparlers à
Curitiba. De manière générale, l’application pratique et généralisée
des moyens développés dans le cadre de cette Convention ainsi que
l’arrimage entre les objectifs de la CDB et ceux d’autres accords
internationaux, particulièrement relatifs au commerce et à la propriété
intellectuelle, sont des questions qui demeurent à résoudre dans les
négociations internationales sur la biodiversité.

Une initiative internationale qui a pour objectif de conserver des
sites historiques sacrés a été lancée le 18 mars dernier dans la certitude du
rôle majeur que peuvent jouer ces lieux de grande importance culturelle
pour la sauvegarde de la biodiversité.
Les experts ont identifié plusieurs sites pilotes d'importance
mondiale. L'un de ces écosystèmes se trouve dans le désert de
Chihuahuan au Mexique, où, selon la légende, le soleil serait né, alors
qu'un deuxième est constitué d'un ensemble de cavernes à crânes dans la
forêt de Kakamega, vénérées par les peuples Taita et Luhya du Kenya.
Les autres sites sont: le Mont Ausangate des majestueuses Vilcanota
péruviennes; le lieu cérémonial de Puntayachi à Cayanpi, une région
équatorienne riche en biodiversité; un archipel en Guinée Bissau dont
les plages et les mangroves ne sont utilisées que pour des rituels; des
bosquets sacrés associés à des traditions artistiques et agricoles dans
le district indien de Kodagu en Inde.

Le Mont Ausangate
L'archipel en Guinée Bissau
le district indien de Kodagu
Le projet, qui bénéficie de l'appui de plusieurs organisations, y
compris le Programme des Nations Unies pour l'environnement et
certaines associations de populations autochtones, telle que la
fondation créée par la guatémaltèque Rigoberta Menchu (lauréate du prix
Nobel de la paix) , a obtenu une source de financement préliminaire du
Fonds pour l'environnement mondial, un fonds de développement de
plusieurs milliards de dollars.
De nombreuses autres institutions qui y sont associés (organisations
écologiques, agences onusiennes et gouvernement, dont le Mexique), se
sont engagées à mobiliser les 1,7 millions de dollars requis pour
lancer les efforts sur le terrain.
Klaus Toepfer, le Directeur exécutif du PNUE, a déclaré : «La
corrélation entre la diversité culturelle et la diversité biologique,
entre la vénération du territoire et d'un site et une grande variété de
plantes et d'animaux souvent uniques, est de plus en plus évidentes.»
«Malheureusement, les sites sacrés sont également menacés et il nous
faut agir urgemment pour aider les populations locales, autochtones et
traditionnelles à sauvegarder leur patrimoine; ce qui favorisera la
préservation de la diversité biologique et génétique dont nous
dépendons tous, ajoute-t-il.»
Au Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg (Afrique
du Sud) en 2002, les gouvernements se sont engagés à inverser la
tendance à la déperdition de la diversité biologique d'ici 2020.
«Conserver les sites sacrés et leurs richesse biologique peut
contribuer de manière significative à atteindre l'objectif de 2010 et,
peut-être, servir de modèle aux régions, voisines et lointaines, en
terme de reproduction de méthodes de gestion saines et durables, note
M. Toepfer.»
Mme Menchu a déclaré : «Cela peut paraître accidentel, mais ce n'est
pas par accident, que là où vivent des populations autochtones, se
trouve également une diversité biologique extrêmement variée, la
diversité du monde naturel. Les systèmes complexes établis par les
populations autochtones reposent sur des valeurs fondées sur la nature,
morale, spirituelle et sacrée, qui lient nos peuples à l'ensemble de
l'oeuvre de la création.»
«C'est pour cette raison que nous exigeons une reconnaissance formelle
de nos efforts de préservation, nos territoires protégés, nos lieux
sacrés, des valeurs morales sur lesquelles reposent nos modes de vies,
ajoute t-elle.»
Gonzalo Oviedo de l'IUCN (Centre pour la conservation de la nature),
une des organisations associées à l'initiative, a déclaré : « Les sites
naturels sacrés sont des lieux naturels auxquels les populations
autochtones et traditionnelles accordent une signification spirituelle
ou culturelle particulière. Ce sont des montagnes, des forêts, des îles
ou des oasis dans le désert; des lacs, des rivières ou des bosquets. »
«Les communautés qui gèrent de tels sites ont fait de nombreux efforts
au niveau local pour améliorer les perspectives d'avenir de ces sites,
mais à ce jour, l'action mondiale est loin du niveau nécessaire pour
assurer leur fortune à l'échelle mondiale. Cette initiative vise à
cimenter une vaste alliance et attirer l'attention internationale sur
ce domaine largement négligé, ajoute-t-il.»
Le projet, intitulé Conservation de sites naturels sacrés riches en
biodiversité, sera dévoilé lors de la 8ème Conférence des Parties à la
Convention sur la diversité biologique qui se tient à Curitiba (Brésil)
du 20 au 31 mars.
De nombreuses initiatives associant populations autochtones et
diversité biologique y sont prévues, y compris l'annonce d'un second
projet portant sur la sauvegarde de la diversité biologique et
culturelle des îles tropicales de Palau, des îles Salomon et Vanuatu
dans le Pacifique. (...)
Liens :
Site de la Convention sur la diversité biologique
Documents préparatoires à la rencontre
Converture de la rencontre par le Bulletin des négociations de la Terre, de l'Institut international du développement durable
Guide de la 8e Conférence des Parties à la CDB
Nouvelles touchant à la rencontre, sur le site du gouvernement brésilien en anglais
Source :
http://www.mediaterre.org/
http://www.roc.asso.fr/
Crédit Photos :
http://www.roc.asso.fr/
http://archives.cnn.com/
http://www.guinee-bissau.net/
http://amerique-latine.com/
http://www.osl.gc.ca/
http://singlestravel.com.au/




































