vendredi 25 janvier 2008
L'Australie, pays de mega-diversité végétale et animale
UN ENVIRONNEMENT TRÈS RICHE MAIS FRAGILE
Le refuge d'une végétation et d'une faune exceptionnelles
L'Australie est l'un des 17 pays dits de «méga-diversité» qui ont des écosystèmes d'une variété et d'une richesse exceptionnelles. On ne peut qu'y être impressionné par la biodiversité. La variété de formes végétales et animales de l'Australie permet aux scientifiques d'étudier mieux qu'ailleurs les éléments du processus d'évolution à travers les âges. On y retrouve les deux seuls animaux préhistoriques à la fois ovipares et mammifères : l'ornithorynque et l'échidné.
De
nombreux végétaux et animaux n'existent qu'en Australie et sont si
caractéristiques que chaque Etat et territoire de la fédération a un
emblème floral et animal :
Au Queensland, l'orchidée de Cooktown, une fleur tropicale, ainsi que le koala et la brolga, un oiseau local ;
En Nouvelle-Galles du Sud, le waratah comme emblème floral, l'ornithorynque comme emblème animal et le kookaburra (martin-chasseur géant) comme emblème oiseau ;
Waratah
L'emblème
floral du Territoire de la capitale est la jacinthe royale;
L'emblème floral de l'Etat de Victoria est la bruyère rose, son emblème animal, l'opossum de Leadbeater, l'emblème oiseau, le mange-miel casqué ;
La Tasmanie a seulement un emblème floral, l'eucalyptus bleu ;
L'emblème floral de l'Australie-Méridionale est le pois du désert de Sturt, son emblème animal, le wombat à nez velu, et son emblème oiseau, la pie-grièche ;

Pois du désert de Sturt

Wombat
L'emblème floral de l'Australie-Occidentale est une fleur sauvage, la patte de kangourou de Mangle (anygosenthe rouge et verte), son emblème animal, le numbat (fourmilier à rayures) et son emblème oiseau, le cygne noir ;

Numbat
Enfin l'emblème floral du Territoire du nord est la rose du désert de Sturt, son emblème animal, le kangourou roux, et son emblème oiseau l'aigle.
En Australie poussent 22.000 espèces végétales. La flore y est apparue il y a 55 millions d'années lorsque l'île s'est détachée du Gondwana. Avec la dérive du continent, le climat est devenu plus aride et a fait apparaître les eucalyptus ou gommiers comptant à eux seuls quelques 700 espèces et les acacias, comprenant 400 espèces, dont le mimosa doré, très répandu, est l'emblème floral national.
Les banksias sont des arbres à épines couvertes de fleurs. Les casuarinas sont des arbres à petites branches en forme de plumes. Le waratah (Telopea speciosissima), à fleurs rouges, est l'emblème floral de Nouvelle-Galles du Sud. Le baobab pousse du Kimberley au Territoire du nord. Plusieurs conifères sont endémiques : le pin bunya, dans les forêts tropicales du sud du Queensland, le pin de l'île de Norfolk et, en Tasmanie, le pin de King William. La fougère arborescente, pouvant atteindre 20 mètres de hauteur au Queensland, est une plante de la préhistoire. Parmi les arbustes et fleurs caractéristiques, on dénombre les callistémons, poussant en particulier en Nouvelle-Galles du Sud, les grevilleas aux fleurs piquantes rouges, le kangaroo paw et le pois du désert de Sturt.
L'Australie abriterait jusqu'à 300.000 espèces animales différentes, dont environ 100.000 ont été répertoriées, parmi lesquelles, notamment, les seuls mammifères au monde à pondre des œufs, les monotrèmes primitifs, véritables fossiles vivants, tel l'ornithorynque, curiosité zoologique et mammifère à fourrure doté d'un bec de canard et d'ergots venimeux et ayant un mode de vie amphibie. Celui-ci ne se trouve qu'en Australie orientale et centrale et en Tasmanie. L'échidné est un petit monotrème à bec droit avec de longues pointes sur le dos et de la fourrure sur le ventre. On connaît les mammifères les plus caractéristiques, les marsupiaux, dont les petits se développent dans une poche marsupiale, ou poche abdominale : le groupe endémique de l'Australie comprend près de 120 espèces.
Le kangourou est un symbole de l'Australie. Il orne ses timbres-poste, ses manteaux, ses pièces de monnaies, et même sa ligne aérienne internationale principale. On dénombre aujourd'hui plus de kangourous qu'à l'arrivée des Européens. Trois millions de kangourous sont légalement abattus chaque année, car certains considèrent que l'animal, herbivore menace pâturages et cultures. Le kangourou est caractérisé par une grande taille, des membres postérieurs très adaptés au saut. La queue est grande et puissante, elle sert de balancier pendant les sauts et l'animal se repose dessus comme une «troisième patte» au repos.
Le kangourou compte une cinquantaine d'espèces divisées en onze genres.
Les kangourous roux sont les plus représentatifs et les plus grands. Ils vivent en bande et les mâles arborent une belle couleur rousse d'où leur vient leur nom.
Le wallaby est un kangourou de petite taille, 1m70 à l'âge adulte ; mais le wallaby des rochers, plus petit, ne mesure pas plus d'un mètre. Les wallabies les plus communs sont le wallaby de Bennett insulaire, le wallaby agile et le wallaby bicolore.
Les opossums ou phalangers sont des marsupiaux herbivores arboricoles. Ils se rencontrent même dans les villes. L'opossum à fourrure ou phalanger-renard est le plus courant.
Le koala, tirant son nom d'un mot aborigène signifiant «pas d'eau», vit surtout sur la côte orientale, entre Townsville et Melbourne ainsi qu'en Australie-Méridionale.
Le wombat, dont le nom a été donné par les aborigènes, marsupial trapu, à tête large et à pattes courtes, qui vit en Australie depuis 15 millions d'années, se trouve surtout dans le nord et le sud-est.

Wombat
Parmi les autres mammifères figure, par ailleurs, le dingo, chien sauvage chassant la nuit et grand prédateur de moutons.
Parmi les reptiles, le lézard à collerette, répandu dans le bush, dans le nord et l'est, et le varan sont très caractéristiques. Dans le nord et le Queensland du nord, on trouve des crocodiles d'eau douce et des crocodiles marins, mesurant jusqu'à 7 mètres, les salties, très dangereux pour l'homme, dans les estuaires et sur les plages à proximité.

Lézard à collerette
Salties ou crocodile marin
Varan de Komodo, sans doute le plus grand lézard du monde
Varan arboricole
Le long de la côte septentrionale, entre Shark Bay et la Grande Barière de corail, vit le dugong, mammifère aquatique herbivore.
L'Australie est par ailleurs riche en oiseaux. Plus de 750 espèces sont répertoriées : l'émeu, un peu moins haut qu'une autruche est l'un des emblèmes de l'Australie. Le kookaburra vit près de côtes, l'oiseau-lyre vit dans les forêts humides. Le casoar, ressemblant à une autruche avec un casque sur la tête, une crête osseuse, lui servant à avancer, tête baissée à travers la végétation, vit dans les forêts du nord et du nord du Queensland. Il existe aussi de nombreuses variétés de perroquets, perruches et cacatoès.
Des richesses marines incomparables
Les eaux territoriales australiennes forme un fabuleux écosystème aquatique et abritent une grande variété de poissons et de mammifères aquatiques ; ainsi peut-on rencontrer plusieurs espèces de baleines, des phoques et 70 espèces de requins.
Comme un immense jardin sous-marin, la Grande Barrière de corail offre une incomparable richesse naturelle. Cette chaîne de récifs coralliens longe la côte nord-est de l'Australie, de la pointe du cap York à Cairns, en mer de Corail. S'étirant sur 2.000 km, au large de Bundaberg ou de Gladstone et jusque dans le détroit de Torres, c'est la plus grande barrière de corail au monde, juste avant celle de Nouvelle-Calédonie, 1.600 km.
La Grande Barrière est un ensemble de 2.600 récifs dont la majeure partie s'est formée il y a 2 millions d'années et dont les parties les plus anciennes ont 18 millions d'années.
Le corail est formé par des colonies de polypes marins de la famille des cnidaires. Les récifs de corail sont le produit de l'accumulation des squelettes calcaires déposés au fil des siècles par les madrépores, de minuscules animaux marins. Au-dessus de cette masse se développent des coraux vivants, qui ne peuvent subsister que dans une eau peu profonde et bien chaude (18°C minimum). Quelque 1.500 espèces de poissons, certaines extrêmement rares, 4.000 types de mollusques et 350 variétés d'échinodermes vivent dans les eaux de la Grande Barrière. En surface, de multiples îlots abritent des milliers d'oiseaux. Entre le récif et la côte et sur le récif extérieur se forment les îles de corail (cays) lorsqu'un récif dépasse le niveau de la mer et que le corail mort se transforme en sable sur lequel parfois se fixent des végétaux.


Anémone de mer et poisson clown



Poissons de corail


Echinodermes

Mollusques : Calmar et Bénitier
Une prise de conscience de l'enjeu de la protection de la nature
Des transformations inquiétantes de l'environnement
L'Australie, comme toute la zone du Pacifique, peut être soumise à des intempéries violentes voire à des catastrophes naturelles.
Dans la nuit du 24 décembre 1974, le cyclone Tracy a dévasté Darwin, l'ayant menacée d'être rayée de la carte. En 1989 un tremblement de terre a eu lieu à Newcastle, au nord de Sydney.
Les feux de brousse sont très courants en Australie. Dans de nombreuses régions, des incendies dévastateurs se déclarent pendant les longues périodes de sécheresse. On impute les incendies à des causes diverses : un contexte paléontologique et climatique spécifique, avec des sécheresses à répétition, l'utilisation du feu par les aborigènes, les arbustes inflammables des sous-bois, la prolixité des eucalyptus et des acacias, les départs de feu dus à la foudre. Chaque été, 14.000 incendies de forêt se déclarent dans les régions côtières de l'Australie. Si certaines espèces parviennent à résister aux incendies et même si elles en dépendent pour leur reproduction, il reste que les incendies sont une menace pour l'homme, les animaux et leur environnement.
En 1967, les feux de brousse les plus dévastateurs de l'Histoire de l'Australie avaient menacé la Tasmanie. En 1995 des incendies ont détruit les parcs nationaux autour de Sydney et en décembre 2001, dévastant la région de Sydney, ils ont même menacé certains quartiers de la ville : les flammes se sont propagées jusqu'à 15 km de Sydney et l'odeur de la fumée était perceptible en plein cœur de la ville ; 20.000 pompiers se sont rendus au front. En janvier 2003, les incendies ont été si violents dans le territoire de la capitale et dans la partie adjacente de Nouvelle-Galles du Sud, dans les massifs de Brindabella, Namadgi et Kosciuszko, puis la plantation D'Urriara, le Mont Strolo et la banlieue de Canberra, que le Canberra Times du 19 janvier titrait «Le jour le plus sombre de Canberra». En quelques heures l'incendie a atteint les portes de la ville, formant un front continu de plus de 35 km. Le bilan a été lourd : des centaines de milliers d'ha de forêt ont été perdus sur un front de 300 km ayant brûlé pendant un mois.
Jason-1, satellite franco-américain CNES-NASA, lancé en décembre 2001 depuis la base de Vandenberg en Californie, a observé une anomalie du niveau de la mer de plus de vingt centimètres le long du Pacifique équatorial caractéristique d'un événement El Niño qui, sans atteindre l'intensité du précédent en 1997, a déjà fait sentir ses effets en Australie et en Nouvelle-Calédonie. Au-delà d'El Niño les changements climatiques globaux ont pu être à l'origine de la troisième plus forte sécheresse du sud-est de l'Australie depuis un siècle.
Au-delà
des phénomènes climatiques, l'environnement se transforme sous l'effet
de l'activité économique. En deux siècles, 70% de la végétation
d'origine a été détruite ou dégradée de façon irréversible ; 75% des
forêts humides ont disparu ; 600.000 ha en moyenne sont déboisés tous
les ans. Les superficies nettes défrichées représentent 300.000 à
340.000 hectares par an. On a même enregistré dans le Queensland un
taux de déboisement supérieur à celui de L'Amazonie.
Le tourisme lui-même fait peser une menace sur l'environnement. L'agriculture est une cause de dégradation de l'environnement en raison de productions végétales intensives et de la concentration des élevages. La salinisation des sols et des eaux constitue un problème spécifique à l'Australie car le climat, caractérisé par de faibles précipitations et une forte évaporation, ainsi que la géologie favorisent la concentration de sel. Dans les zones de terres arides, la culture du blé et les pâturages attirent à la surface des sols le sel des nappes phréatiques. Dans les zones d'irrigation, le problème est dû aux infiltrations des nappes phréatiques.
Les coraux constituent un atout important pour l'Australie. Outre que les récifs assurent une protection des côtes contre les vagues et les tempêtes, ils abritent d'importantes ressources en poissons et fruits de mer. Les coraux sont utilisés en médecine, dans le cadre des greffes et de la lutte contre certaines infections bactériologiques et contre le cancer. Au total l'Australie a la plus grande surface de coraux au monde, 57.000 km2 soit 17% de la surface mondiale.
Mais
le site de la Grande Barrière est très fragile. Selon une étude de 2002
de l'Institut australien de science marine, 30% des récifs sont
gravement endommagés et près de 60% pourraient disparaître dans les
trente ans. Le site est sujet à plusieurs menaces : les aménagements
portuaires, la déforestation, les divers rejets en mer ainsi que la
prolifération d'une dangereuse étoile de mer se nourrissant de corail,
l'étoile de mer couronne d'épines (crown of thorns) ou
acanthaster planci, qui proviendrait du lest des bateaux venant du
Japon. Les coraux tendent à s'éclaicir, expulsant les algues, les
zooxanthelles, avec lesquelles ils vivent en symbiose, blanchissent et
meurent.
Afin d'accroître la productivité, les producteurs de canne à
sucre et de bananes de la côte du Queensland ont quadruplé en 50 ans la
surface des plantations atteignant 400.000 ha et y répandent environ
150 kilos d'engrais par ha, ce qui provoque des pertes d'azote vers la
mer. La pêche dans la Grande Barrière tend à détruire la biomasse.
L'élevage et la pêche constituent une ressource essentielle de l'économie du Queensland. Les éleveurs du Queensland détiennent 45% du cheptel bovin d'Australie ; un habitant du Queensland sur 4 travaille pour l'agriculture et les autorités de l'Etat doivent consentir des arbitrages douloureux entre l'intérêt économique à court terme, dans la mesure où le taux de chômage est plus élevé que dans d'autres Etats, et la défense de l'environnement.
L'attrait touristique de ce lieu unique s'est considérablement accru : le nombre annuel de visiteurs, d'un million en 1985 a atteint 10 millions en 1999 (World Atlas of coral reefs, septembre 2001). Le tourisme de masse, s'il est mal maîtrisé, est aussi à l'origine de transformations de l'environnement.
Les principales mesures de protection de la Grande Barrière de corail
A la suite de l'échouage d'un porte-conteneur en 2000, le Gouvernement fédéral, à la demande de l'Etat du Queensland, a mis au point en 2002, des mesures de restriction et de contrôle du transport maritime et de protection de l'environnement autour de la Grande Barrière de corail et du détroit de Torres.
En 1981, le site a été classé par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité. Quatre sites comprenant des récifs coralliens relèvent depuis 1996 de la convention RAMSAR visant à protéger les écosystèmes constitués par les zones humides. Il convient de souligner que le classement n'est pas en soi une garantie de préservation du récif si l'on ne peut en assurer la surveillance et si des normes contraignantes de protection ne sont pas appliquées. C'est, du reste, la raison pour laquelle la Nouvelle-Calédonie est réticente pour que ses propres richesses coralliennes fassent l'objet d'une telle inscription.
Soucieuses
de protéger ce patrimoine de la biodiversité, les autorités
australiennes ont créé des organismes de gestion et mis en œuvre des programmes de recherche. Le site est désormais un parc naturel (The Great Barrier Reef Marine Park). Un établissement est chargé de la gestion de la Grande Barrière, la Great Barrier Reef Marine Park Authority,
dont le siège est à Townsville, au nord du Queensland. Représentant les
autorités du parc marin de la Grande Barrière et chargée de conseiller
le Gouvernement fédéral, l'autorité assure la gestion du site en
liaison avec le service de l'environnement et du patrimoine du
Queensland. Elle est également liée au CRC Reef Center, centre
coopératif de recherche siégeant à Townsville et associant les agents
de tourisme du parc, l'Université James Cook, l'Institut australien des
sciences marines (AIMS), les industries primaires de l'Etat du
Queensland, les industries de fruits de mer et la Compagnie de pêche du
Queensland.
L'autorité a pris des mesures concrètes de protection en matière de pêche, de tourisme, de surveillance de la qualité de l'eau. Le tourisme est une activité maîtrisée dont profite la ville de Cairns dont la population est passée de 30.000 habitants en 1980 à près de 200.000 en 2003. Ainsi les touristes ne sont acheminés par catamaran géant que dans des zones bien déterminées correspondant à 5% de la superficie du parc national. Les opérateurs sont tenus responsables de l'état de conservation des sites et sont passibles du retrait de leur licence d'exploitation s'ils dégradent les récifs.
Parmi
les principales institutions de recherche, on retiendra le rôle
d'évaluation de l'état des récifs coralliens de l'Institut des sciences
marines. Le Centre d'études marines de l'Université du Queensland à
Brisbane est un des leaders mondiaux en recherche spécialisée dans les
récifs coralliens : grâce aux observations recueillies par trois
stations de recherche implantées sur des îles coralliennes, le centre
étudie le stress des coraux et les liens entre le blanchissement et le
réchauffement global, la diversité génétique et physiologique des
coraux.
Le laboratoire de géochimie et de géochronologie de la Research School of Earth Sciences de l'Université nationale d'Australie, à Canberra, a établi que la progression du blanchissement en 2002 était due à un réchauffement provoqué par El Niño.
Une protection de l'environnement réelle mais, dans l'ensemble, assez peu contraignante
Des initiatives sont bien réelles. L'Australie a toujours été très sensible à la protection du milieu naturel. Créé en 1879, le Royal National Park est le deuxième parc naturel au monde après celui de Yellowstone. Les parcs des Blue Mountains et du Kanangrata ont été fondés dès le milieu du siècle dernier. En 1972 a été créé l'United Tasmania Group,
l'un des tout premiers partis écologistes au monde. Récemment, l'île de
Fraser a été sauvée de l'exploitation forestière, de l'extraction de
sable et, tout comme la Grande Barrière de corail, elle a été préservée
des forages de pétrole. Il existe 500 parcs naturels permettant une
protection des espèces en voie de disparition.
L'Australian Rainforest Foundation,
siégeant à Cairns, rachète des terrains transformés en champs de canne
à sucre pour reconstituer une continuité de la forêt humide. Mais il
est paradoxal qu'aient été accordées des concessions d'exploitation de
mines d'uranium situées dans le parc national de Kakadu inscrit par
l'Unesco dans la liste du patrimoine mondial. Le classement en 1988 du
parc national de Daintree, dans le Queensland, a certes pu enrayer la
menace que fait peser l'exploitation forestière sur la région et en
particulier le tracé par les bulldozers du Bloomfield track. Mais le secteur de Cow Bay,
dans lequel poussent des espèces végétales en voie d'extinction, a été
divisé en un millier de parcelles immobilières privées à vendre. Le
programme de sauvetage de Daintree vise à réagir contre cette autre
menace de déforestation par le rachat de ces parcelles.
Depuis le début des années 1990, ont été mises en place des structures de planification régionale visant au respect et à la prise en compte de l'ensemble des écosystèmes, au moyen, notamment de zones protégées pour la conservation de la biodiversité. Au cours des dernières années, une plus grande attention a été prêtée à l'utilisation de méthodes traditionnelles en vue du maintien de l'habitat des animaux.
Selon
la répartition des compétences découlant de la Constitution du
Commonwealth d'Australie, le Gouvernement fédéral n'est pas en principe
responsable de la gestion des ressources naturelles, qui relève des
Etats. Toutefois, il est compétent en ce qui concerne la négociation
des traités. Or du fait de la ratification par l'Australie en 1993 de
la convention sur la diversité biologique, les autorités fédérales ont
saisi cette compétence pour adopter en 1996 la Stratégie nationale pour
la conservation de la diversité biologique de l'Australie.
En revanche,
le
Gouvernement australien a indiqué en juin 2002 qu'il ne ratifierait pas
le protocole de Kyoto visant à la réduction des émissions de gaz à
effet de serre des pays industrialiés à un seuil inférieur à celui de
1990 d'ici 2008-2012, tant que les Etats-Unis et les pays en
développement n'en seraient pas partie prenante. M. John Howard avait
déclaré devant le Parlement d'Australie : «La raison pour laquelle il
n'est pas de l'intérêt de l'Australie de ratifier le protocole de Kyoto
est que pour le moment les pays en développement et les Etats-Unis en
sont exclus. Ratifier ce texte entraînerait par ailleurs des
licenciements en Australie et porterait préjudice à notre industrie».
L'Australie a décidé de suivre la position exprimée par les Etats-Unis
(36,1% des émissions de référence) qui ont décidé leur retrait de
l'accord, et préfère un plan national moins contraignant.
Mais
l'Australie, attachée à la poursuite des réductions d'émissions de gaz
à effet de serre, s'est engagée, en fait, à respecter l'objectif de réduction d'émissions annuelles
d'oxyde de carbone, fixé en annexe B du protocole, de 8% par rapport à
leur niveau de 1990. Il convient de noter que l'Australie est
actuellement au troisième rang des pays de l'OCDE pour l'intensité
d'émission de dioxyde de carbone.
D'après les extrapolations, si rien
n'est changé les émissions de gaz à effet de serre pourraient dépasser
de 23 % leur niveau de 1990. En effet, le charbon représente 75% de la
production d'électricité en Australie au lieu de 37% à l'échelle du
monde. L'ensemble du secteur énergétique emploie 120.000 personnes et a
un chiffre d'affaires de 50 milliards AUD. C'est l'un des principaux
moteurs économiques du pays. Ainsi en 1998 a été lancée une stratégie
nationale relative aux gaz à effet de serre (National Greenhouse Strategy). Mais celle-ci fait largement appel aux mesures appliquées de plein gré par les entreprises. D'autre part, un programme Greenhouse Gas Abatement Programme
vise à subventionner dans le cadre d'appels d'offre, les projets de
réduction des gaz à effet de serre. Le Gouvernement australien a fixé
l'objectif d'élever la part des énergies renouvelables dans la
production d'électricité de 10,7% actuellement à 12,7% en 2010.
Le Livre Blanc Securing Australia's Energy Future, publié en juin 2004, annonce qu'un budget de 75 millions AUD sera investi dans le développement de cités solaires (solar cities), quartiers pilotes conjuguant énergie solaire et efficacité énergétique, et que des aides d'un montant de 134 millions AUD seront affectées au développement de nouvelles technologies d'énergies renouvelables.
Les
autorités fédérales se sont efforcées, dans le cadre des pouvoirs
constitutionnels, de développer des stratégies nationales en
coopération avec les Etats. C'est, par exemple, le cas du Plan national
d'action contre la salinisation et pour la qualité de l'eau lancé en
2000. Elles s'efforcent aussi de mettre en place des organismes de
coordination lorsqu'un problème de gestion affecte directement
plusieurs Etats. A l'échelon fédéral peu d'instruments incitatifs ou
réglementaires sont mis enœuvre. En 1999 a été adoptée une loi relative à la protection de l'environnement et à la préservation de la biodiversité (Environment Protection and Biodiversity Conservation Act) entrée en vigueur en juillet 2000.
La
loi définit pour la première fois les compétences de l'administration
fédérale en matière d'environnement. Elle élargit les pouvoirs des
autorités fédérales sur les questions d'environnement ayant un
caractère national en attribuant un droit de veto au Ministre fédéral
de l'environnement sur des projets susceptibles d'avoir un impact
économique et social sur l'environnement au plan national. Elle réduit
les chevauchements de compétence entre l'administration fédérale et les
Etats en ce qui concerne l'évaluation et l'approbation des projets de
développement grâce à la conclusion d'accords relatifs aux procédures
d'évaluation entre les autorités des deux échelons. En effet, les
leviers d'action sont essentiellement le partenariat avec les Etats et
la «labellisation» des mesures locales et de celles des entreprises.
La fiscalité est encore très peu utilisée. Les incitations fiscales
destinées à la protection des terres agricoles apparaissent d'ailleurs
peu efficaces dans la mesure où 25% des exploitants ne payent pas
d'impôt, et que le taux marginal d'imposition des ménages agricoles est
d'environ 15 points inférieur à la moyenne. Les subventions fédérales
visent à l'accompagnement des démarches administratives.
Cependant il est à noter que le Conservation of Environment and Biodiversity Act de 2002, au niveau fédéral, a introduit une réglementation des études d'impact sur l'environnement et la biodiversité préalable à tout projet public ou privé, en fait, les habitats et les espèces relevant de conventions internationales.
En
revanche, les Etats ont développé, à l'échelle locale, des instruments
économiques relatifs à la gestion des biens collectifs, et notamment de
l'eau et du sol. Il s'agit notamment de politiques de subvention des
productions agricoles ou forestières respectueuses de l'environnement,
et des normes figurant dans les marchés ainsi que de la fiscalité. Les
redevances sur l'eau sont destinées à couvrir les dépenses de gestion
de la qualité de l'eau. En Nouvelle-Galles du Sud, le DSNR (Department of Sustainable Natural Ressources)
est responsable de la gestion de l'eau, de la protection des sols, du
littoral et des espèces endémiques. L'établissement de protection de
l'environnement (Environmental Protection Agency) exerce un
contrôle des pollutions de l'eau et de l'air provoquées par les
entreprises, du transport des matières dangereuses, des déchets. Les
autorisations administratives délivrées par l'établissement sont
établies sur la base d'une nomenclature de secteurs d'activités.
Les
autorisations sont subordonnées aux déclarations des émissions
polluantes dans l'eau et dans l'air. De 1989 à 1994 le produit d'une
taxe sur la distribution d'eau et l'évacuation des eaux usées avait été
pré-affecté à un programme de défense de l'environnement, et en 1998
est entrée en vigueur une taxe fondée sur des facteurs de toxicité des
polluants, ainsi que sur la localisation de l'entreprise.
L'office de
gestion des ressources en eau de Sydney et la compagnie des eaux du
fleuve Hunter perçoivent une redevance sur la consommation d'eau, ce
qui a eu pour effet de faire diminuer la consommation d'eau par les
entreprises industrielles grosses consommatrices.
La réforme des actions de maîtrise des rejets salins des charbonnages et des entreprises de production d'électricité du Hunter a fait l'objet d'une réforme en 1995 : en période de hautes eaux, les rejets salins sont limités par des seuils et autorisés en fonction des critères de respect de l'environnement, de production et d'effectifs. Le résultat du dispositif a eté de ne pas dépasser les objectifs fixés en matière de rejets.
L'action des autorités fédérales peut aussi être conjuguée à celle des Etats. Ainsi dans le cadre de la loi relative à l'accord sur le bassin Murray-Darling, le gouvernement fédéral et les gouvernements de Nouvelle-Galles du Sud, du Victoria et d'Australie-Méridionale ont financé un programme de travaux de pompage en vue de lutter contre la salinisation.
Certains résultats sont encourageants comme le démontre le rapport de 2002 sur l'état des récifs coralliens dans le monde. Alors que dans plusieurs régions du monde l'état des récifs coralliens est de plus en plus préoccupant, la Grande Barrière de corail australienne serait en train de se remettre du blanchissement qui ne toucherait plus que 6 % des coraux au lieu de la moitié selon le rapport de 1999.
Même si l'on peut encore regretter la timidité de certaines actions de protection des écosystèmes, il faut être bien conscient que l'Australie est le seul pays industriel parmi les douze ayant la plus grande biodiversité, que la pollution y est concentrée dans certaines zones et que ses vastes étendues restent heureusement préservées.
04042006_L'Australie_pays_de_mega_diversité_végétale_et_animale. PDF
Source :
http://www.assemblee-nationale.fr/
Crédit photos :
http://koalas.org/
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mardi 24 juillet 2007
L'Irian Jaya
La forêt de l'Irian Jaya ou Nouvelle-Guinée occidentale
L'Irian Jaya, la province la plus orientale de l'Indonésie, s'étend sur environ 50% du territoire de la Nouvelle-Guinée, l'autre moitié étant occupée par l'état indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Lorsque les Portugais ont vu l'île pour la première fois, ils l'ont nommée Ilha dos Papuas (« l'île des chevelures crépues »), du malais papuwah. Plus tard, les explorateurs hollandais l'ont appelée Nouvelle-Guinée car les habitants de couleur noire leur rappelaient la population de la Guinée, en Afrique.
Irian est un terme provenant de la langue Biak, qui signifie « terre brûlante émergeant de la mer ». Sous la colonisation hollandaise, l'Irian Jaya était connue sous le nom de Nouvelle-Guinée hollandaise et lors du transfert de la souveraineté à l'Indonésie, elle a été rebaptisée Irian Jaya (jaya signifiant « victorieux »).
En décembre 2005, l'organisation écologiste Conservation
International, basée à Washington a organisé
pendant quinze jours une expédition au plus profond de l'Irian Jaya dans ce que son principal organisateur, Bruce Beehler,
a appelé « le dernier jardin d'Eden » de la Terre.
L'expédition, qui comptait vingt-cinq chercheurs dont un bon
nombre étaient issus de l'Institut scientifique indonésien (LIPI,
Lembaga Ilmu Pengetahuan), a découvert vingt espèces inconnues
d'amphibiens, quatre espèces de papillons, cinq de palmiers, et reconnu
des centaines d'espèces d'oiseaux rares ainsi qu'une quarantaine
d'espèces de mammifères très peu observés.

Champignon endémique à l'Irian Jaya
Les naturalistes ont ainsi observé une espèce d'oiseau de paradis (Parotia berlepschi) qui n'avait plus été vue depuis plusieurs
décennies. Examiné un kangourou arboricole qu'on n'avait jamais aperçu
dans l'île. Découvert une grenouille de 14 millimètres de long.
Recensé Plus de 2.770 espèces d'orchidées ont été documentées pour 134 genres, dominé par la Dendrobium et la Bulbophyllum ainsi que plus de 250 espèces différentes de rhododendron. Identifié une espèce de hérisson si placide que les scientifiques ont
pu ramasser un couple et le ramener au camp pour l'étudier.
Ce manque de méfiance de la part de ce couple de hérissons à l'égard des humains est un signe, pour les
chercheurs, de l'absence de présence humaine dans ce lieu, que même les
guides papous ne connaissaient pas. Située dans le massif montagneux de
Foja, la région explorée couvre près de 300.000 hectares de forêt
primaire (c'est-à-dire n'ayant jamais été exploitée) à des altitudes
atteignant 4.000 mètres.
Seul un savant, Jared Diamond, avait
auparavant parcouru ces montagnes, en 1979 et 1981. Elles ont été
classées par l'Indonésie comme sanctuaire national.
« Cette région est un étonnant laboratoire de l'évolution, écrit
Bruce Beehler dans le quotidien britannique The Independent. Elle nous
donne un regard sur la façon dont peuvent apparaître de nouvelles
espèces dans une montagne isolée. » Aux marges de la région visitée
vivent des tribus Kwerba et Papasena. Selon Bruce Beehler, « ils nous
ont dit qu'aucun de leurs clans n'avait jamais pénétré dans cette zone ».
Le varan crocodile ou crocodile des arbres
Le
dragon de Komodo est considéré comme le plus grand lézard du monde,
mais l'est-il vraiment ? Mark Strickson expert en reptile et
réalisateur se lance, avec le scientifique allemand Thomas
Schultze-Westrum, dans les profondeurs de la forêt de l'Irian Jaya à
la recherche d'un autre lézard géant connu sous le nom de " crocodile
des arbres ". Et le trouve... Même si force est de constater qu'il n'a
pu le voir à sa taille ultime, le specimen rencontré atteignait
toutefois déjà 4 mètres de long. Ce qui ferait de ce lézard le plus
grand du monde, tient surtout à la longueur de sa queue dont il se sert
pour assurer son équilibre en grimpant aux arbres.
C'est
un animal magnifique, que j'ai pu observer au travers du reportage
filmé lors de la visite de Mark Strickson, reportage diffusé sur la
chaîne Animaux. Sa tête est plus longue et plus fine que celle du Varan
de Komodo, son corps également plus fin, lui permet, même en atteignant
une taille "gigantesque" pour un lézard, de se mouvoir dans les arbres.
Ce qui a caractérisé son deuxième nom de "crocodile des arbres". Il
faut le voir grimper à la fois lentement mais également d'une manière
assurée et rapide lo long des gros troncs de ces arbres gigantesques
composant la forêt de l'Irian Jaya. Les recherches se sont révélés fort
difficile, dans un premier temps, par la nature même de l'environnement
de ce lézard, la forêt de l'Irian Jaya qui
est un des derniers joyaux des forêts tropicales d'Asie, mais également
et malheureusement, par la destruction de cet environnement, la forêt
d'Irian Jaya faisant l'objet d'une destruction systématique et
massive... Encore une...
Après plusieurs
semaines de recherches, c'est avec regret que Mark Strickson se voit
dans l'obligation de partir, mais le scientifique allemand Thomas
Schultze-Westrum est lui, resté sur place afin de continuer ses
recherches. Celles-ci, en apportant la preuve de l'existence de ce
lézard géant, permettrait, semble-t-il, de faire cesser l'infernale
destruction de cette magnifique forêt. Sans oublier que d'autres
espèces animales (dont un kangourou arboricole jamais vu ailleurs
jusqu'alors) et végétales sont particulièrement endémiques à cette île,
et que nos deux scientifiques ont pu certains jours, et avec l'aide de
certains autochtones, établir l'existence de nouvelles espèces, d'ores
et déjà menacées d'extinction par la destruction de leur environnement.
On prend les mêmes et on recommence !!!
Le Varanus salvadorii nommé
varan crocodile ou " crocodile des arbres " pour sa dentition, son museau, ou sa taille, ce varan
est assurément singulier. Il semblerait, au vu du reportage de nos deux scientifiques, qu'il puisse dépasser les 4 mètres.
Dans tous les cas, la queue représente plus des deux tiers de l’animal.
Arboricole, il est assez svelte pour un lézard de cette taille. Vif et
observateur, c’est un superbe animal qui conserve ses couleurs à l'âge adulte.
Endémique à la forêt de l'irian Jaya, presque rien n’est connu de ce géant
dans la nature.
L'Irian Jaya est également un formidable réservoir d'espèces marines. La densité de vie marine est impressionnante avec de nombreux bancs de
plusieurs espèces de poissons, carangues, fusiliers, chirurgiens,
ludjians, barracudas etc.. Les thazars, thons et grosses carangues
chassent sous l’oeil curieux des mérous et l’indifférence des tortues
et des massifs perroquets à bosse. Malheureusement, comme partout en Asie du Sud-Est, la pêche à la dynamite entraîne des dégats irréparables sur les espèces ainsi que sur les récifs de corail, qui comme on le sait, sont déjà fort fragilisés. Sans omettre le fait qu'il faut des milliers d'années au corail pour se former.
Dans l'Irian Jaya, près de 200.000 km2 de
forêt primaire, soit la moitié de la région (421.000 km2), ont déjà
disparu, du fait de l'industrie du bois tropical, de la pollution
minière (argent, cuivre et or) et des cycles de sécheresse.
Les forêts exploitables sont estimées couvrir 54 % du
territoire d'Irian Jaya. Depuis ces dernières années, la province
augmente considérablement sa production, en modernisant ses techniques.
Les exploitations forestières sont ainsi en nombre grandissant. Dans le
même temps, des lois sur la reforestation existent mais ne sont pas
appliquées.
L'Irian Jaya cherche à augmenter son infrastructure, en perçant
des routes, en ouvrant des mines, en accroissant l'exploitation
forestière et l'industrie papetière; il est certain que nombre de
problèmes écologiques et humains se poseront très
rapidement.
L’Irian Jaya est très peu
peuplé. Certains endroits sont totalement inhabités, la densité moyenne étant
inférieure à six habitants au km2.
900.000 Papous environ y vivent, essentiellement de chasse, de pêche et
d’une culture semi-itinérante de maigre rapport. Sagou, taro et patate douce
constituent pour eux les principales ressources.

Tribu de l'Irian Jaya (des Papous)
Les
insulaires peuvent se diviser en plus de deux cent cinquante sous-groupes qui comprennent les Marind-ahims, les YahYravs, les Asmats, les Mandobos, les Danis et les Alyats. Les habitants des hautes terre centrales ont su maintenir leurs coutumes et traditions pratiquement vierges de toute influence étrangère. Les différentes tribus ont vécu, pour la plupart, en autarcie complète, isolées les unes des autres et, a fortiori, du monde extérieur. Il en est résulté une incroyable diversité culturelle. A titre d'exemple, le peuple Asmat, qui vit le long de la côte sud-est, est réputé pour ses sculptures sur bois "primitives". Les Asmats, autrefois cannibals et chasseurs de têtes, abandonnent peu à peu leur style de vie nomade pour s'installer dans des villes bénéficiant d'écoles financées par le gouvernement.
Les tribus de la vallée de Baliem, que l'on regroupe sous le nom " Danis ", se sont farouchement accrochées à leur coutumes traditionnelles, et les efforts investis pour les modifier, comme le programme destiné à faire oublier le port des célèbres gourdes à pénis, se sont avérés largement inutiles. D'une façon générale, les peuples de l'Irian Jaya n'ont aucune parenté ni dans le physique, ni dans la culture, ni dans la langue avec les Indonésiens malais et se rapprochent beaucoup plus des Aborigènes australiens.
Le gouvernement
indonésien essaye depuis une vingtaine d’années de mettre les terres en
valeur, et de construire quelques barrages pour produire de l’électricité.
L’exploitation du sous-sol a commencé il y a une centaine d’années. Or,
uranium et surtout cuivre sont l’objet d’une extraction intensive. Les mines
de cuivre des monts Ertsbey, découvertes en 1936 dans la région de Tembagapura,
figurent parmi les plus grandes du monde. Autre ressource non négligeable, le pétrole,
dont d’importants gisements, aussi bien terrestres que maritimes, sont exploités
depuis une vingtaine d’années. Selon des estimations fiables, les réserves
seraient supérieures à celles de Sumatra. La forêt, où abondent les bois
rares et précieux, est également explorée et certaines régions, en
particulier dans le Sud, dans la région asmat, commencent à être la proie de
compagnies étrangères, japonaises surtout.
Malheureusement ces richesses naturelles ne profitent pas aux autochtones ; les Indonésiens — et au premier titre les Javanais — et les grandes compagnies étrangères, américaines et japonaises en majorité, recueillent seuls les dividendes du sol. Les Papous, eux, continuent de mener une existence précaire, beaucoup n’étant pas encore sortis de la préhistoire. Un tel décalage ne peut que déboucher sur des mouvements revendicatifs et indépendantistes qui s’appuient sur un profond sentiment d’injustice.
La modernité représente
aussi une menace pour l'Irian Jaya et ses habitants. Au cœur d'une
région montagneuse, une mine géante, gérée par une compagnie
américaine, est le plus gros gisement d'or au monde et se classe au
troisième rang pour le cuivre. Le problème, ce sont les résidus de la
mine puisque seulement trois pour cent (3 %) de ce qui est extrait
constitue le véritable minerai, le reste étant répandu dans le paysage,
étouffant ainsi la végétation. Certains autochtones revendiquent la
propriété des terres exploitées et veulent des redevances. La compagnie
minière reste sur ses positions, mais en planifiant d'exploiter la mine
pour les 30 prochaines années, certains pensent qu'elle devra soigner
ses relations avec les autochtones.
Les grandes plaines sont rares en Indonésie et généralement marécageuses
: on y retrouve donc la principale plaine orientale au sud de
l'Irian Jaya ainsi qu' un des plus longs fleuves d'Indonésie : le Mamberamo - 690
km.
L'Irian Jaya porte la cicatrice d'une subduction et se trouve hâché
par de grandes failles transformantes induites par les mouvements locaux
des plaques. Il en résulte que la moitié nord ainsi que l'extrêmité
ouest de l'île appartiennent à la plaque pacifique, tandis
que le reste appartient à la plaque indo-australienne.
Liens :
Tout sur la biodiversité de l'Irian Jaya (en anglais) - http://members.tripod.com/wwfsahul_cs/ffij.htm
Les Papous dépossédés de l'Irian Jaya - http://www.monde-diplomatique.fr/1996/10/PATAUD_CELERIEZ/7283
Les ressources de l'Irian Jaya, territoire à fort potentiel économique - http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/irianjaya
Source :
http://www.ese.u-psud.fr/
http://www.mpl.ird.fr/
http://www.radio-canada.ca/
http://www.indonesia-mrs.com/
Crédit photos :
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lundi 9 avril 2007
Les Iles Galapagos - La richesse de son histoire et de sa faune
Notez la forme de l'île principale... On dirait un hippocampe...
Rendu célèbre par les recherches du biologiste britannique Charles Darwin, l'archipel des Galápagos baigne dans les eaux de l'océan Pacifique, à quelque 1 000 km à l'ouest des côtes équatoriennes, et se compose de 15 îles et de 40 îlots d'origine volcanique abritant de nombreuses espèces animales et végétales fort intéressantes et fascinantes, plusieurs d'entre elles étant uniques au monde.
Cet archipel dépendant de l'Equateur, comptent cinq îles habitées, dont "Santa Cruz", la plus peuplée, et "San Cristóbal", qui abrite la capitale, "Puerto Baquerizo" ainsi que huit îles inhabitées et s'étend sur 8 010 kilomètres carrés. Un des sujets traités, outre celui très actuel de la sauvegarde des espèces menacées (80 % des espèces sont endémiques aux Galapagos et menacés pour 10 % d'entre elles par les importations végétales et animales).
Sur l'île d'Isabela, les dix km de lave 'aa' de l'isthme de Perry séparant le volcan Alcedo du volcan Sierra Negra (1 490m d'altitude - et son cratère de 11 km de diamètre est le deuxième plus grand du monde), constituent une barrière écologique presque aussi efficace que la mer : ces deux volcans sont des îles écologiques abritant sa propre espèce de tortue. Mais les chèvres venues de la zone de colonisation d'Isabela ont réussi à franchir l'obstacle, et les tortues d'Alcedo sont désormais en danger d'extinction.
Où donc peut-on trouver, sur un même territoire, un amalgame d'animaux tels que des otaries de la Californie, des cormorans aptères (qui ne peuvent voler), des iguanes marins et terrestres aux allures préhistoriques, des flamants roses, des tortues aux dimensions gargantuesques témoins d'un passé révolu, des manchots diminutifs (les plus petits au monde et les seuls à vivre sous les tropiques - les eaux étant baignés par des courants froids) ainsi qu'une quantité d'autres créatures aussi curieuses que mystérieuses ? ... Nulle part ailleurs sur Terre qu'aux Galápagos .
Alors en route pour un voyage virtuel...
Crédit Photo : earthobservatory.nasa.gov
Situé à 950 kilomètres des côtes de l'Equateur,
l'archipel des Galápagos se compose de 13 îles principales et s'étend
sur 8 010 kilomètres carrés. Seules cinq d'entre elles sont habitées,
dont Santa Cruz, la plus peuplée, et San Cristóbal, qui abrite
la « capitale », Puerto Baquerizo.
Grâce à Darwin, ces îles enchantées plantées au
large de l'Equateur sont restées un sanctuaire naturel. Un archipel de
lave et d'oasis luxuriantes, où otaries, iguanes et tortues géantes se
laissent courtiser par l'homme.
C'est d'abord un soupir, rauque et chuintant. Puis un craquement de branches écrasées. Enfin, une tête édentée aux yeux mornes qui surgit des buissons, suivie d'une lourde carapace en forme de dôme juchée sur des pieds d'éléphant. La créature s'immobilise, observe notre petit groupe et continue à avancer au milieu des arbres couverts de lichen. Avec ses 250 kilos et son espérance de vie de plus de 150 ans, la tortue géante est la star incontestée des Galápagos, le symbole mythique de cet archipel surgi dans l'océan Pacifique il y a près de cinq millions d'années.
Si l'on vient du monde entier visiter ces îles volcaniques perdues à 950 kilomètres des côtes de l'Equateur, c'est pour la nature. Depuis 1959, 97 % de l'archipel est classé parc national. Autant être prévenu: ici, l'animal est roi et l'homme, juste toléré. Les otaries font la sieste sur les bateaux de pêche ancrés devant l'île San Cristóbal ou bien occupent sans vergogne les serviettes des baigneurs sur la plage de Gardner Bay (Española). Les iguanes colonisent le moindre rocher, à tel point que l'on risque de marcher dessus. Quant aux fous à pattes bleues et aux albatros de l'île Española, au sud-est de l'archipel, ils toisent les visiteurs avec un bel aplomb.
Découvertes en 1535 par Tomás de
Berlanga, un Espagnol égaré sur la route du Pérou, les Galápagos vont
demeurer longtemps à l'écart de l'histoire. Pendant près de trois
siècles, seuls les flibustiers, les baleiniers et les chasseurs
d'otaries oseront s'aventurer au milieu de ces étranges îles
volcaniques séparées par de dangereux courants. Des dizaines de
milliers de tortues géantes sont alors embarquées dans la cale des
navires pour servir de viande fraîche aux marins. Annexé en 1832 par
l'Equateur, l'archipel est redécouvert, au début du XXe siècle, par
quelques Européens en mal de robinsonnade.
Aujourd'hui, 20 000 colons, les Galápagueños, peuplent cinq îles.
C'est Charles Darwin, en 1835, qui révèle les Galápagos au monde occidental. Au cours de son périple à bord du Beagle,
le jeune naturaliste collecte sur trois îles des pinsons aux becs
dissemblables. A son retour en Angleterre, l'ornithologue Gould, membre
de la Zoological Society of London, lui annonce que ces oiseaux
appartiennent à trois espèces distinctes et non à trois variétés, mais
qu'ils possèdent un ancêtre commun.
Fort de cette découverte, Darwin mettra plus de dix ans à échafauder l'une des plus importantes théories scientifiques de l'humanité : les espèces évoluent grâce à une sélection naturelle où l'environnement et le hasard jouent des rôles prépondérants. Exposée dans « De l'origine des espèces », la thèse viendra profondément remettre en question le postulat biblique de la création des plantes et des animaux.
Aujourd'hui, Darwin fait partie
intégrante du folklore touristique des Galápagos. Les boutiques de
souvenirs de Puerto Ayora, principale ville de l'archipel, vont jusqu'à
vendre des tee-shirts et des bocks à son effigie. Mais il suffit de
parcourir les îles les plus sauvages pour retrouver l'état d'esprit du
naturaliste. A quelques encablures de l'île Isabela, le MV Santa Cruz
se balance doucement sur son ancre. L'immense volcan de Sierra Negra
émerge de la brume matinale.
On débarque en Zodiac au cœur de la mangrove, sur une jetée colonisée par des otaries. Des pélicans bruns nichent dans les palétuviers. Le champ de lave, impressionnant, est émaillé d'étranges silhouettes, celles du cactus candélabre. Un univers minéral et austère, certes, mais foisonnant de vie: dans les coulées de lave, des mares naturelles servent d'abris aux flamants roses, aux grands hérons bleus et à d'énormes libellules.
Autre jour, autre île et nouvelles
impressions. Bordée de falaises abruptes, Española est réputée pour ses
oiseaux marins. A peine débarqué, on est immergé dans un monde de
plumes, d'œufs, de cris et de puissants effluves de guano. A moins d'un
mètre du chemin, un albatros couve tranquillement. Avec une envergure
d'environ 3 mètres, c'est le roi des océans.
Plus loin, un fou masqué, installé en plein milieu du sentier, nous toise d'un oeil courroucé, tandis qu'à quelques dizaines de mètres un autre, aux pattes bleues, fait la cour à l'une de ses congénères. Tel un clown aux chaussures trop grandes, il soulève ses pattes l'une après l'autre avant de pointer le bec vers le ciel en déployant ses ailes dans un concert de sifflements stridents.
Protection de la nature oblige, les visiteurs jouissent de très peu de liberté. La réglementation, conçue pour limiter l'impact des 60 000 visiteurs qui arpentent l'archipel chaque année, est extrêmement stricte. Seuls 56 sites de visite à terre et 62 sites de plongée sont ouverts au public, soit une infime partie des Galápagos. Les bateaux visitent au maximum deux sites par jour et les touristes, une fois à terre, ne peuvent s'écarter des chemins. Ils sont tenus de rester à portée de voix et de vue du guide, de ne pas fumer ni manger !
« Ils acceptent vite les contraintes, étant donné la facilité avec laquelle ils approchent les animaux », explique Pierre Thomas, guide naturaliste depuis 1994. Compte tenu de l'isolement géographique des Galápagos, les espèces qui y ont vu le jour ont en effet échappé à leurs prédateurs naturels et sont peu farouches. La compétition y est en outre très faible entre elles.
Approcher un
albatros à un mètre, nager avec les otaries et les tortues, assister à
la parade nuptiale du fou à pattes bleues, côtoyer les iguanes : autant
de rencontres qui font de l'archipel un véritable éden. Mais jusqu'à
quand ?
5 % des espèces présentes à l'époque de Darwin ont déjà disparu, estiment les partisans d'une réglementation plus stricte pour la préservation de la faune et de la flore. Un désastre puisque l'immense majorité (80 %) des 5 000 espèces des Galápagos sont endémiques (elles n'existent nulle part ailleurs).
Il est vrai que, depuis la création du parc, le tourisme n'a cessé de se développer. Quant aux « colons », attirés par l'argent facile et l'espoir d'une vie plus tranquille, leur nombre a décuplé. Conséquences : des problèmes environnementaux, en particulier sur Santa Cruz, où le braconnage et la pêche intensive ont connu un développement spectaculaire. En 1998, le gouvernement équatorien intervient : les 80 000 kilomètres carrés d'océan entourant les Galápagos sont déclarés « réserve marine », devenant ainsi la deuxième plus grande réserve du monde, après celle qui protège la Grande Barrière de corail en Australie.
Des moyens sont mis en œuvre
pour arraisonner les bateaux de pêche illégaux qui ratissent les hauts
fonds. La réglementation sur l'immigration est durcie. Mais la menace
la plus importante pour les écosystèmes fragiles des Galápagos reste
l'invasion d'espèces, végétales ou animales, introduites par l'homme.
Les ravages sont d'autant plus rapides que les animaux débarqués dans
l'archipel rencontrent peu de résistance de la part de la faune locale,
très pacifique. Aujourd'hui, ce sont les chèvres qui constituent le
plus grand danger.
En broutant la végétation, elles modifient les équilibres écologiques et menacent l'habitat des tortues géantes. Un programme d'éradication a été mis en place pour en éliminer 100 000 dans le nord d'Isabela. D'une durée de cinq ans, il prévoit l'utilisation d'hélicoptères, de tireurs d'élite et de chiens spécialement entraînés. Son coût ? Plusieurs millions de dollars. Dans cet archipel unique au monde, la protection de la nature n'a pas de prix.
La quinine s'est malheureusement si bien implanté aux Galapagos, qu'elle couvre aujourd'hui une étendue de 10 000 km2
L'archipel des Galápagos, lieu mythique classé « patrimoine de l'humanité », abrite le parc national qui bénéficie d'aides internationales considérables. Ce parc national, censé protéger une nature dont la singularité vient de l'isolement dans lequel elle a évolué, a au contraire renforcé le rattachement des Galápagos au reste du monde par le biais de réseaux touristiques et migratoires. L’échec de la conservation de la nature aux Galápagos oblige à repenser celle-ci en termes de "géodiversité" : c’est l’espace, et non la nature séparée des hommes, qu’il s’agit de préserver.
C'est son isolement, à un millier de kilomètres au large du continent équatorien, qui a fait de l'archipel des Galapagos un lieu unique abritant de nombreuses espèces endémiques à la fois animales (tortues géantes, iguanes marins, etc.) et végétales (scalesias, miconias, etc.). Bien que fréquenté depuis des siècles, l'archipel a été peuplé tardivement et les activités humaines y ont longtemps eu un impact assez faible : mais le paradoxe veut que les Galápagos soient en train de perdre leur singularité naturelle depuis qu’elles sont officiellement protégées.
En effet, le nombre de visiteurs des Galápagos a été multiplié par 15 en 30 ans. Ce développement touristique a en outre entraîné une forte croissance démographique dans l’archipel par afflux de migrants du continent : la population insulaire a décuplé depuis la création du parc national en 1959. Ce dernier, destiné à faciliter les recherches naturalistes et censé servir de modèle à de nouvelles formes de valorisation touristique plus respectueuses de l'environnement, est l'objet de nombreuses critiques de la part des habitants de l’archipel.
Les politiques de conservation et de tourisme menées aux Galápagos ont marginalisé une part croissante de la population insulaire. Le tourisme, seule activité économiquement rentable à être autorisée dans le parc national, est ainsi passé entre les mains d’entreprises du continent ou de l’étranger. Les habitants, qui se sentent exclus des revenus procurés par le parc national, réclament davantage de développement au détriment de la conservation : certains se livrent à la pêche aux holothuries et aux requins exportés vers l’Asie, activité très néfaste pour les écosystèmes insulaires.
L'exemple des Galápagos est révélateur d’une « conservation contre nature » qui a comme effet de détruire ce qu’elle devrait protéger. Afin de maintenir la géodiversité (ou la variété des espaces permettant des évolutions particulières) dont témoignent les Galápagos, c’est l’archipel entier — sa nature et ses habitants - qui doit être préservé d’une ouverture sur le reste du monde trop grande et incontrôlée. L’accès aux Galápagos devrait être restreint de façon à soulager ces écosystèmes fragiles et afin que leurs habitants puissent davantage maîtriser leur territoire et ses ressources.
190106_Les_Iles_Galapagos__histoire_et_Situation.pdf
Source : L'Express.fr / National Geographic
Crédit Photos : mydigitalfun.com/ zblob.com/
destinationlemonde.com/ fnatura.org/ guidesulysse.com/ swarthmore.edu/
cmfapostolado.org/ zawi82.free.fr/ renkabi.free.fr/ linternaute.com/
frank.harvard.edu/ graphics.stanford.edu/ mikap.iki.fi/travel/
botschaft-ecuador.org/ tirawa.com/
Crédit Graphiques : L'Express.fr
Toutes les photos des Galapagos de Paul Hofmann --> ICI
A Lire :
Equateur et îles Galapagos - Anne Collin-Delavaud
Guide (cartonné). Paru en 03/2001 -
21,85 €
Tout nouveaux, tout beaux, ces guides sont à l'usage de l'honnête homme désireux d'approfondir sa connaissance d'un pays. De la géologie à la politique, de l'histoire à l'art ou à l'ethnologie, des paysages aux problèmes de société, de la faune à la musique et à la visite des sites majeurs du pays, tout est passé au crible d'auteurs parfaitement au fait du tourisme local. Avec des plans détaillés et de très nombreuses photos couleur, le tour est joué pour ceux qui veulent tout savoir avant de se lancer sur le terrain.
Galapagos - Paradis de l'Equateur - Christine Baillet & Alain Pons
Guide (broché). Paru en 01/2005
18,05 €
Voici le dernier né d’une collection
comptant déjà six titres
dédiés à la découverte du patrimoine
naturel, notamment animalier,
des plus belles régions
du monde. Galapagos, paradis
de l’Équateur est le second
ouvrage proposant de renouveler
le plaisir du safari hors du
continent africain, en invitant le
lecteur à visiter des sites qui
abritent une faune extrêmement riche, forcément originale et souvent méconnue.
Au large des côtes sud-américaines, sur l’Équateur, s’égrène l’archipel des
Galapagos. Un chapelet d’îles absolument uniques, peuplées de créatures énigmatiques
évoluant au coeur d’étranges décors volcaniques. Les animaux qui
colonisent ces « confettis de planète », ainsi que les qualifie Yves Paccalet, se
caractérisent par un taux d’endémisme particulièrement élevé et une incroyable
profusion.
Rendues célèbres par Darwin qui devait y élaborer sa théorie de l’évolution, les Galapagos demeurent aujourd’hui encore un terrain d’étude extraordinaire pour les scientifiques, mais elles sont aussi devenues une destination touristique exceptionnelle pour tous les amoureux de nature désireux d’observer des espèces rares. Iguanes marins et terrestres, tortues géantes, fous masqués, à pattes bleues ou rouges, frégates, cormorans aptères, hérons des laves, otaries, dauphins, pinsons, etc. sont parmi les nombreux animaux à découvrir dans ces lieux privilégiés classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Soutenu par une mise en page élégante, ce nouveau guide géo-photographique est le plus illustré de tous, avec de nombreuses et magnifiques images.
A voir :
L'Equateur - Les Galapagos, La Pureté originelle Pierre Brouwers
DVD
19,82€
mercredi 26 avril 2006
Les cactus de Chihuahua et "Cuatro Ciénegas"
Le désert de Chihuahua ne connaît pas les frontières. Il s'étend sur une
partie du Mexique et du Texas, entre les montagnes de la Sierra Madre.
C’est un désert de type sableux et pierreux.
Les précipitations annuelles moyennes sont de 250 mm . Les températures varient de 40°C
à –30°C.
L’essentiel de ce désert se trouve entre
1.000 et 1.500 m d’altitude. C’est le plus vaste désert d’Amérique du Nord.
Le trafic des cactus dans le désert
américano-mexicain de Chihuahua est un commerce florissant mais qui met en
péril la survie de ces plantes rares et uniques en leur genre.
Ce trafic est alimenté par la demande des consommateurs pour des plantes grasses (ou cactées), nécessitant peu d’entretien, aimant la sécheresse, et utilisées pour l’aménagement paysagiste. Les collecteurs de cactus - les cactophiles - encouragent le braconnage de spécimens rares et difficiles à trouver. A ce braconnage s’ajoute l’exploitation tout à fait légale mais faiblement réglementée des végétaux sauvages sur les domaines public et privé de la région.
Cette situation entraîne la disparition de
certaines espèces de cactus dans le désert du Chihuahua, ce qui met en péril
certaines populations.
Le désert de Chihuahua est l’un des déserts
les plus riches en biodiversité dans le monde. Seuls le Namib-Karoo en Afrique
australe et le Grand Désert Sablonneux d’Australie peuvent l’égaler. D’une
superficie de quelque 647.000km2 , partant du sud-est de l’Arizona en passant
par le Nouveau Mexique et l’Ouest du Texas, aux Etats-Unis, il s’étend vers le
sud et occupe près de 25% du territoire mexicain. L’écorégion abrite
près d’un quart des 15.000 espèces de cactus jusque-là répertoriées par la
science.
Elle abrite aussi plus d’espèces de mammifères que le Parc National de
Yellowstone, et sert de refuge à quelques-unes des dernières populations de
chiens de prairie du Mexique, de bisons sauvages d’Amérique, et d' antilocapres
(ou antilopes d'Amérique) ainsi que des milliers de chauve-souris.
La région compte également des espèces de poissons,
de reptiles et de plantes qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde.
Bien que recherchés par les cactophiles, les
cactus sont souvent considérés comme des végétaux indésirables par les
propriétaires terriens et de ranch qui n’hésitent pas à les vendre au premier
venu moyennant quelques dollars. En outre, la plupart des consommateurs et
touristes ne savent pas qu’ils peuvent enfreindre la loi en achetant des cactus
provenant des domaines privés ou en essayant d’exporter des plantes vivantes du
Mexique, pays qui dispose d’une réglementation stricte en matière de collecte
de plantes sauvages.
Les cactus et les autres espèces végétales
du désert jouent un rôle capital dans ce type d'écosystème. Leur
surexploitation prive d’abri et de nourriture les pensionnaires du désert que
sont les pumas (ou couguars), les colibris (ou oiseaux-mouches), les pics et
les chauves-souris. Les plantes du désert sont aussi utilisées à des fins
médicales. Ainsi, au Mexique, la médecine traditionnelle soigne l’arthrite au
moyen d'un traitement à base d'extrait de cactus.
Dans certaines régions désertiques où le
cactus constitue l’espèce dominante, le fait de déraciner ces plantes peut
avoir un effet perturbateur au plan écologique, qui est comparable aux conséquences
d'une coupe rase en forêt.
Les espèces de cactus désertiques les plus
connues, et utilisées dans l’aménagement des paysages des grandes villes du
Texas ou de Californie, sont le cactus tonneau, le cactus hérisson, le cactus
raquette et le cactus saguaro. Le Yucca, l’agave et l’ocotillo sont
quelques-unes des autres plantes désertiques recherchées pour leur valeur en
matière d’aménagement paysagiste.
La région de "CUATRO CIENEGAS"
Cuatro Ciénegas, situé dans l’état du Coahuila, est le nom d’un village d’environ 9.000 habitants du désert du Sonora. C’est aussi le nom d’une vallée où l’eau affleure tout le long du río Mesquites, alimenté par des nappes souterraines. Le sel, résidu d’une ancienne mer, empêche toute culture.
Les habitants vivent de l’élevage et de l’exploitation des dunes de gypses situées à l’extrémité est de la vallée. La vie sauvage s’est adaptée à ces conditions de vie particulières et on trouve bon nombres d’espèces endémiques. On rencontre des poissons, des tortues, des coyotes, des aigles, ainsi que le célèbre Bip-Bip.

Roadrunner, plus connu sous le nom de BipBip du délèbre dessin-animé
Des bactéries marines, micro-organismes inconnus vivant dans une vaste oasis, auraient évolué sans contact avec la mer depuis au moins 70 millions d'années, dans le désert mexicain de Chihuahua.
C'est au beau milieu de ce désert d'altitude qu'est nichée une sorte de
vaste oasis de 30 km
sur 40 km
: le bassin de Cuatro Cienegas (les Quatre Marécages). Cette région est
parsemée de milliers de poches d'eau dont certaines peuvent parfois occuper
plusieurs dizaines d'hectares. D'autres sont tellement limpides que l'on pourrait se croire en plein Pacifique !!!
Réputée pour la richesse de sa faune, elle fait
partie des aires protégées du Mexique. On n'y dénombre pas moins de 70 espèces
de vertébrés aquatiques endémiques (qui ne se rencontrent en aucun autre point
du globe).
Une équipe de chercheurs américains et mexicains ont publié une étude
qui laisse entendre que ce milieu naturel pourrait être beaucoup plus
exceptionnel qu'on ne le pensait jusqu'alors. Ils ont en effet découvert que la
moitié des micro-organismes présents dans l'eau, qu'ils ont prélevés dans
plusieurs poches, est d'origine marine. Cette découverte est d'autant plus
surprenante que le bassin de Cuatro Cienegas est émergé depuis au moins 70
millions d'années.
Il est situé tellement loin de la mer qu'on peut
difficilement imaginer que ces microbes aient pu être transportés par le vent.
Impossible également d'envisager qu'ils aient pu venir de la mer par les
aquifères, même si le Cuatro Cienegas est truffé de galeries à travers
lesquelles l'eau des bassins communique.
Les micro-organismes seraient donc
doués d'une adaptation tout à fait exceptionnelle. En effet, cette région est
particulièrement aride, il ne pleut pas plus de 200 mm par an.
Nous sommes ici en présence d'un extraordinaire écosystème. Avec les avancées ouvertes par le séquençage génétique des
communautés bactériennes, on peut s'attendre à ce que ce type de découvertes se
multiplie à l'avenir sur la planète. On ne cherchera plus seulement à
sauvegarder des écosystèmes pour leur faune ou leur flore, mais aussi pour la
richesse de leurs micro-organismes. C'est ce qu'annonce ce travail précurseur.
Source :
http://www.lefigaro.fr/
Crédit photos :
http://www.utexas.edu/
http://oliwajsf.club.fr/
http://www.atlasgeo.net/
http://www.explorenm.com/
http://www.changemakers.net/
http://www.america-dreamz.com/
Crédit graphique :
http://www1.nature.nps.gov/
dimanche 26 mars 2006
La biodiversité des espèces, enjeu écologique
Peut-on conserver toute la biodiversité ? Peut-on se permettre d'en perdre sans obérer la satisfaction de nos besoins et de ceux – que nous ne connaissons pas – des générations qui viennent ? Peut-on se satisfaire d'une nature simplifiée, mais efficacement fonctionnelle, au risque de restreindre gravement les options pour l'avenir ?
Ce que les développements de
l'écologie et des sciences de l'évolution nous apprennent, c'est qu'à l'échelle
globale comme à l'échelle locale, la biodiversité observée aujourd'hui résulte
d'une histoire unique. Elle est un patrimoine irremplaçable, la mémoire de
l'évolution dont nous aussi sommes issus. Elle constitue l'unique panoplie des
possibles. La modifier a donc nécessairement des conséquences sur nos
possibilités de comprendre le passé et sur les possibilités d'évolution à
venir.
On retrouve là le paradoxe du vivant, qui s'est conservé en se transformant. Il tient à nous, aujourd'hui, de ne pas compromettre les évolutions qui feront que les vivants, dont les humains, pourront vivre encore : conserver pour qu'évoluer reste possible, voilà l'enjeu. Il n'y a pas d'évolution sans diversité disponible ; il nous faut donc apprendre à assumer notre responsabilité quant à l'ampleur de la biodiversité que nous gardons, de jour en jour, comme unique compagne de notre évolution.
La Biodiversité, enjeu écologique
La connaissance de la
diversité biologique a depuis toujours préoccupé l’humanité. Les progrès de la
science ont permis l’étude des espèces par celle des gènes, puis dans le souci
d’intégrer les relations entre les êtres vivants, par la connaissance des
écosystèmes et des cultures humaines. Ce sont ces quatre domaines que recouvre
le concept de biodiversité.
QU’EST-CE QUE LA BIODIVERSITE ?
Le terme «biodiversité», entré dans le langage courant à l’occasion du sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, était déjà utilisé depuis plusieurs années par les scientifiques. Il est le résultat de la contraction et traduction, des mots anglais «biological diversity». C’est donc au sens strict, le synonyme de « diversité biologique ». L’étude de la biodiversité ne peut se réduire à la constitution de catalogues ou d’inventaires. Il s’agit d’appréhender la dynamique du monde du vivant et d’en faire une approche globale intégrant les trois niveaux hiérarchiques de la diversité biologique : les gènes, les espèces, les écosystèmes avec lesquels interagissent et interfèrent les cultures des sociétés humaines. Chacun de ces domaines représente un aspect particulier des systèmes vivants exigeant des méthodes d’analyse distinctes.
La diversité génétique est l’ensemble de l’information génétique contenue
dans les êtres vivants et rend compte de la variabilité des gènes entre espèces
et au sein d’une même espèce.
La diversité spécifique désigne la variété en espèces d’une région. Cette
diversité peut être mesurée de diverses manières. Le nombre d’espèces d’un
milieu – sa «richesse» spécifique – est un critère souvent utilisé, de même que
la «diversité taxonomique» (voir dernier paragraphe), qui tient compte des
relations mutuelles entre phylum*.
Par exemple, une île hébergeant deux espèces d’oiseaux et une espèce de lézards a une plus grande diversité taxonomique qu’une île ayant trois espèces d’oiseaux mais pas de lézards. Ainsi, même s’il y a plus d’espèces de coléoptères sur le globe que toutes les autres espèces combinées, celles-là ne rendent pas compte de la plus grande partie de la diversité car elles sont étroitement apparentées.
De même, il y a beaucoup
plus d’espèces vivantes sur la terre que dans la mer, du moins dans l’état
actuel de nos connaissances qui sont loin d’être complètes, mais les espèces
terrestres sont plus étroitement apparentées entre elles que celles vivant dans
l’océan et la diversité est donc plus importante dans les écosystèmes marins
que ne pourrait le suggérer le simple décompte des espèces.
La diversité écosystémique permet de rendre compte de la variabilité des
milieux (lac, prairie, forêt, etc.). L’écosystème est l’ensemble formé par un
biotope* et une biocœnose*. Pour être complète, son étude doit inclure les
relations entre facteurs biotiques* et abiotiques* de même que des relations
entre les êtres vivants. A une grande échelle, mondiale par exemple, les
écosystèmes peuvent être regroupés en biomes* (ex. : déserts, forêts
tropicales, etc.).
La diversité culturelle humaine se manifeste par la pluralité des langues, des structures sociales et des croyances religieuses, mais aussi les régimes alimentaires, le choix des plantes cultivées, les pratiques de gestion des terres, les techniques d’utilisation des ressources naturelles, les arts, les traditions et encore bien d’autres expressions des sociétés. La diversité culturelle est l’expression de la richesse de l’esprit humain, elle permet aux peuples de s’adapter à certains changements de leurs conditions de vie. Comme par exemple, les «solutions» trouvées aux problèmes de survie dans des environnements particuliers (nomadisme, culture sur brûlis, etc.).
Pourquoi préserver la
biodiversité ?
Les motifs écologiques
- pour le maintien
de processus d’évolution du monde vivant,
- pour son rôle
dans la régulation des équilibres physico-chimiques de la biosphère (cycles du
carbone, de l’oxygène, de l’eau, etc.),
- pour les capacités des êtres vivants dans l’absorption et la décomposition de polluants organiques et minéraux dans l’air, le sol et les eaux.
LA NECESSITE DE CLASSER LES ESPECES
La connaissance des espèces vivantes a toujours été nécessaire pour évaluer leur utilisation éventuelle par l’homme. Afin de pouvoir transmettre les informations d’une génération à l’autre, les peuples ont chacun adopté des modes de classification qui leur étaient propres. Dans le monde occidental, les scientifiques recherchèrent un moyen de classification universelle, dont la plus connue fût proposée par Linné et continue à être utilisée aujourd’hui.
La reconnaissance, la
définition et la classification des espèces en fonction de leurs liens de
parenté est l’objet d’une science appelée systématique.
Elle constitue le fondement de toutes les recherches sur le monde vivant
(actuel ou passé). Sa connaissance est nécessaire à l’étude de la biodiversité,
même si, comme vu plus haut elle n’est pas une fin en soi. On estime à 1,7
million le nombre d’espèces connues sur un total approximatif de 20 à 30 millions,
ce qui laisse un champ d’exploration gigantesque.
LES METHODES DE
CLASSIFICATION
On parle de systématique car
les végétaux ou les animaux sont rangés dans un système dont on a préalablement
défini des critères de référence suivant des caractères précis. Elle s’appuie
sur les variations des individus depuis leur aspect morphologique jusqu’à leur
constitution génétique.
Il ne peut exister de classification parfaite ; selon les critères reconnus, certaines espèces ne pourront être répertoriées ou bien, au contraire, se retrouveront plusieurs fois recensées.
Pour effectuer cette
classification, on utilise un système d’écriture précis : la nomenclature,
qui est l’ensemble des règles intégrant les résultats acquis par la
systématique. Pour désigner une seule et même espèce, les noms communs (dits
aussi noms vernaculaires ou vulgaires), peuvent être très nombreux selon les
langues, les cultures, etc. Par exemple, la «digitale pourpre» porte jusqu’à 23
noms différents uniquement en Normandie. De même, il faut souligner la
confusion et le danger que peut engendrer l’utilisation de noms «vulgaires» qui
désignent des plantes très différentes, certaines comestibles, d’autres
toxiques ; comme par exemple le laurier : laurier-sauce (comestible),
laurier-cerise (toxique), laurier-tin (toxique), etc.
Pour faciliter la
communication entre scientifiques de diverses origines et homogénéiser les
dénominations, les êtres vivants sont désignés et décrits en latin. La digitale
pourpre, vue plus haut se nomme Digitalis
purpurea.
Le latin fut d’abord utilisé sous forme de phrases descriptives assez complexes (le nom d’une espèce comprenait parfois une dizaine de mots). Au XVIIè siècle, l’introduction en Europe de nombreuses plantes et animaux nouveaux, ramenés des expéditions des grands explorateurs, fait apparaître une impérieuse nécessité de classification de cette masse de données. Un botaniste suédois, Linné (1707-1778) propose une nomenclature abstraite – comparée aux noms vulgaires, qui eux traduisent souvent un caractère physique ou une utilisation – qui attribue à chaque espèce vivante un nom double. Le code de nomenclature internationale des végétaux et des animaux (dont le premier fut élaboré et admis à Paris en 1867), a valeur juridique pour tous les pays.
NOMENCLATURE ET UNITES
TAXONOMIQUES
La connaissance des êtres
vivants repose en grande partie sur la détermination des espèces*, des genres*
et des familles*. Chacune de ces unités décrites, appelée unité taxonomique ou
taxon, est désignée par un seul nom adopté universellement. Chacun de ces
taxons est regroupé dans un taxon de catégorie supérieure avec les autres taxa
du même niveau, comme par exemple pour le laurier-sauce ou Laurus nobilis. La façon d’écrire chacun des mots suivants
(italique ou romain, majuscule ou minuscule en initiale) fait partie intégrante
du code de la nomenclature.
Règne : Végétal
▼
Embranchement : Angiospermes (plantes à fleurs)
▼
Classe : Dicotylédones
▼
Ordre : Laurales
▼
Famille : Lauraceae
(Lauracées)
▼
Genre : Laurus
(Laurier)
▼
Espèce : nobilis
(laurier-sauce)
PETIT GLOSSAIRE
ABIOTIQUE : qui concerne la matière inerte.
BIOCOENOSE (BIOCENOSE) : ensemble des êtres vivants peuplant un écosystème.
BIOME : communauté vivante qui se rencontre sur de vaste surfaces en milieu continental (déserts, savanes, prairies, forêts, etc;)
BIOTOPE : ensemble des éléments physicochimiques (minéraux du substrat, température et humidité moyennes, etc.) d'un écosystème à l'exclusion de toute forme de vie.
BIOTIQUE : qui a pour origine un être vivant. A ne pas confondre avec biologique, autre adjectif, mais cette fois relatif à l'état vivants comme par exemple, fonction biologique.
ESPECE : unité fondamentale dans la classification du monde vivant, constituée par l'ensemble des individus interféconds ne pouvant être à l'origine de lignées avec des individus n'appartenant pas à la même espèce. Par exemple, un âne et un cheval peuvent donner naissance à un mulet, mais celui-ci sera stérile. A l'inverse, tous les chiens peuvent procréer et avoir une descendance puisqu'il n'existe qu'une seule espèce.
FAMILLE : ensemble homogène de plusieurs tribus (unité de classification intermédiaire entre le genre et la famille) qui, d'origine évolutive commune, regroupe des genres distincts.
GENRE : unité de classification réunissant des espèces très voisines au niveau de leur origine, de leur morphologie et de leur écologie.
NICHE ECOLOGIQUE : place et spécialisation d'une espèce à l'intérieur d'un écosystème.
PHYLUM (lignée) : série évolutive de formes animales ou végétales.
Liens :
Origine des Cultures - Sciences Humaines
Darwin : ce n'est pas une histoire de singe
Le Sommet "planète Terre" à Rio de Janeiro en 1992
Le chaos dans les systèmes inertes et vivants
La biodiversité des espèces vivantes
Les espèces animales et végétales disparaissent sans bruit
La diversité spécifique et écosystémique
La diversité culturelle humaine
Le code de nomenclature des espèces vivantes
26032006_La_biodiversité_des_espèces,_enjeu_écologique. PDF
Source :
http://www.fao.org/
http://www.foretpriveefrancaise.com/
http://www.fnh.org/
vendredi 24 mars 2006
Habitats - Les PRAIRIES
Dans les régions trop arides pour favoriser la croissance des arbres
mais assez humides pour empêcher la terre de se transformer en désert, les
herbes sont les plantes dominantes : comme leur tige se développe à partir d'un
point près du sol - au contraire de la plupart des autres plantes, qui
croissent par l'extrémité -, elles ne souffrent pas de l'action des herbivores.
En fait, ceux-ci contribuent à maintenir la dominance des herbes en retardant la
croissance des plantes concurrentes. Cela crée un vaste habitat ouvert
fournissant quantité de nourriture végétale - pour ceux qui peuvent la digérer
- mais peu d'abris.
REPARTITION MONDIALE des PRAIRIES
Sur le continent américain où elles
ont été davantage décrites, la prairie nord américaine occupe l'essentiel des grandes
plaines centrales du Canada au Texas. Elles succèdent au domaine forestier
au-delà du Mississipi: Prairie à hautes herbes d'abord puis, au pied des
Rocheuses, dans les Hautes plaines (1.500 à 2.000 m d'altitude), steppe à
herbes courtes. De vastes ensembles de formations analogues se
développent dans les bassins entre les Rocheuses et la chaîne
côtière, dans le Nord des Etats Unis et même le Sud du Canada (plateau de la Fraser et
de la Thomson R);
plus au Sud, Californie et Nouveau-Mexique, le caractère désertique et
subtropical s'accentue et on passe progressivement à des steppes épineuses de
type subtropical qui n'appartiennent plus à l'ensemble décrit ici.
En Russie, les formations de steppes
"ukrainiennes" s'étendent de la frontière hongroise et polonaise aux
rives de la mer d'Azov (Région de Rostov-sur-le-don). Malgré le nom de steppe,
il s'agit d'une formation à herbes hautes, plus proche de la prairie américaine
que des steppes des Hautes plaines. Des formations steppiques
"vraies" la poursuivent vers l'Est, dans le Kazakhstan et les autres
pays d'Asie Centrale jusqu'au pied du Pamir et des montagnes à la frontière
chinoise (Almaty, Bishkek ...) ainsi que sur les rives orientales de la Caspienne et la mer
d'Aral.
L'Europe connaît une extension
limitée de ces formations : les steppes du Baragan en Roumanie, (delta du
Danube) et une partie de la plaine Pannonienne en Hongrie (Vallée de la Tisza).
En Afrique, le Veld sud Africain est
une prairie à hautes herbes d'altitude, (1500 à 2000 m) qui s'étend du Nord
du Cap à la région de Johannesburg et à la frontière de l'ex Rhodésie.
En Chine centrale,
entre le Tibet et la région de Pékin, la prairie se développe aussi. Elle se prolonge sur la Mongolie Extérieure
et Intérieure par une formation basse. Elle entre au contact avec la forêt
boréale le long de l'Amour.
Les prairies se divisent en deux types :
LA PRAIRIE TEMPEREE
LA SAVANE OU PRAIRIE TROPICALE
LA PRAIRIE TEMPEREE

LES PLUS GRANDES ETENDUES de prairies
tempérées se trouvent en Amérique du Nord et du Sud, en Europe de l'Est et en
Asie centrale et orientale.
Avant l'apparition de l'agriculture, la
prairie couvrait de vastes étendues dans les régions tempérées, notamment dans
l'hémisphère Nord. Ces vastes prairies - sui comprennent les plaines d'Amérique
du Nord et les steppes d'Europe et d'Asie centrales - sont presque toutes au
centre de continents, loin des côtes et de leurs vents chargés d'humidité. Les
étés sont souvent chauds, mais les hivers peuvent être longs et froids, avec
des vents mordants.
Ce type d'habitat a pour particularité
que la majorité de la matière végétale est cachée sous le sol - à l'inverse de
ce que l'on observe ailleurs. Cela est dû au fait que les herbes consacrent
beaucoup plus d'énergie pour développer leurs racines que pour produire des feuilles
et que leurs racines forment un matelas permanent, ce qui protège la surface du
sol et le maintient en
place.
Végétation luxuriante des prairies après les pluies
Si la prairie est brûlée, ou touchée par
la sécheresse, elle est capable de se régénérer rapidement car l'herbe peut
utiliser ses réserves enfouies afin de de reprendre sa croissance. Le tapis de
racines constitue une bonne source de nourriture pour les insectes et les
autres petits animaux. C'est également un milieu parfait pour les fouisseurs,
car il est facile à creuser et, contrairement au sol meuble, il s'affaisse
rarement.
Sur le sol, la nourriture est étroitement
liée aux saisons. Dans les prairies tempérées, l'eau arrive sous forme de pluie
printanière ou de neige fondue. Cela provoque un regain de croissance au
printemps et au début de l'été, période pendant laquelle les herbivores se
reproduisent. A la fin de l'été, l'herbe est brune et sèche, toutefois ses
graines constituent une nourriture précieuse en automne. L'hiver est une
période difficile pour tous les animaux de la prairie, notamment pour les
herbivores, car ils doivent souvent se contenter d'une nourriture de faible
qualité cachée sous la neige.

Bison des grandes plaines américaines
LA SAVANE OU PRAIRIE TROPICALE
LA SAVANE est surtout présente en Amérique centrale et méridionale,
en Afrique tropicale, en Asie du Sud et dans le nord de l’Australie.
La savane est une prairie tropicale ou subtropicale qui abrite des arbustes et des arbres disséminés. Les prairies d'Afrique orientale sont un exemple familier, avec leur faune et leur flore particulières. Comparée aux prairies tempérées, la savane est très variable : dans certains endroits les arbres sont peu nombreux et espacés; dans d'autres, ils forment des bosquets fusionnant en zones boisées ouvertes.

Les arbres ont un impact important sur la faune de la savane, car ils produisent une grande variété de nourriture : bois, feuilles, fleurs et graines. Ils fournissent également un abri et des aires de reproduction pour les animaux qui vivent au-dessus du sol. L'équilibre entre les arbres et l'herbe est précaire et parfois modifié par les animaux eux-mêmes.
Par exemple, les éléphants détruisent les arbres en les poussant afin de pouvoir atteindre leurs feuilles. Toutefois, les éléphants permettent également aux arbres de se reproduire, car ils ingèrent leurs graines, qui passent ensuite dans les excréments - milieu idéal pour favoriser la pousse des graines.
Eléphante et son petit mangeant l'écorce de l'arbre
Les herbivores font souvent du tort aux arbres en broutant les plus jeunes avant qu'ils n'aient eu le temps de grandir. Le feu contribue également à ralentir la croissance des arbres, et ses effets sont plus visibles dans les endroits où les arbres poussent en bosquets.
Contrairement aux prairies tempérées, la savane est généralement chaude toute l'année. Elle connaît souvent une longue saison sèche, lorsque la plupart des arbres perdent leurs feuilles, suivie par une saison des pluies entraînant une rapide explosion de croissance qui transforme la prairie en verdure. Pendant cette saison pluvieuse, les herbivores manquent rarement de nourriture; en revanche, pendant la saison sèche, le risque de mourir de faim n'est jamais loin, et de nombreux animaux parcourent de longues distances pour trouver de l'eau et de la nourriture.
CONSERVATION
Autrefois,
les prairies naturelles couvraient environ deux cinquièmes de la
surface terrestre. Avec le développement de l'agriculture, la majeure
partie a été adaptée pour la culture ou l'élevage du bétail, et
aujourd'hui, seules quelques parcelles de prairies ont conservé leur
faune et leur flore d'origine.

Culture des prairies aux Etats-Unis
Toutefois, l'agriculture a également donné naissance à des prairies : par exemple, les pâturages de montagne en Europe et en Nouvelle-Zélande sont le résultat de la déforestation qui a eu lieu voici plusieurs siècles. Les anciennes prairies peuvent être riches en faune et en flore; dans les pâtures modernes, la variété de plantes est restreinte et, par conséquent, la faune est moins variée.
MODIFICATIONS DUES A L'AGRICULTURE
En moins de cent cinquante ans, plus de 90% des prairies d'Amérique du Nord ont été transformées en terres agricoles.
24032006_Habitats_:_Les_PRAIRIES1. PDF
Source :
http://dossier.univ-st-etienne.fr/
Le Règne Animal - Editions Gallimard
Crédit photos :
http://www.personal.psu.edu/
http://www.chez-saphir-d.com/
http://www.geos.ed.ac.uk/
http://web.upmf-grenoble.fr/
http://www.wsu.edu:8080/
http://www.nationalgeographic.com/
http://www.mancoservices.com/
http://aduna.free.fr/
http://lpnhe-auger.in2p3.fr/
http://www-geol.unine.ch/
http://membres.lycos.fr/
Steve Bloom
jeudi 23 mars 2006
La Diversité des Habitats
Au sens le plus étroit, l’habitat est l’environnement dans lequel vivent une ou plusieurs espèces. Pour certaines, il est aussi limité qu’une mare provisoire dans un désert ou aussi petit qu’un morceau de bois en décomposition. Au sens large, c’est un ensemble de caractéristiques d’être vivants, associés à l’environnement dans lequel ils sont présents. En écologie, un habitat ainsi défini est appelé biome.
Les habitats comportent des éléments à la fois vivants et non vivants. Dans certains, - par exemple, le désert -, la répartition des êtres vivants est très clairsemée, et la partie non vivante de l’environnement domine. Dans d’autres, - forêts, récifs coralliens -, les êtres vivants sont si nombreux qu’ils occupent tout l’espace disponible et créent des habitats les uns pour les autres, un nombre considérable d’espèces vivant côte à côte en réseaux complexes.

Photos NaturenDanger
La Terre vue de l’espace révèle son incroyable diversité physique : océans, déserts, montagnes, plaines, fleuves, plateaux continentaux, profondes fosses océaniques, etc. Les climats sont également très contrastés : dans certaines parties du monde, des semaines ou des mois passent sous un ciel presque sans nuages, tandis que, dans d’autres, le sol est balayé par des vents glacials ou détrempé par de violents tempêtes tropicales. De telles différences créent un ensemble complexe d’habitats, permettant le développement d’une faune très diversifiée. Certaines espèces, très adaptables, peuvent survivre dans des conditions différentes, mais la grande majorité est présente dans un type d’habitats, et nulle part ailleurs.




Photos NaturenDanger
LES FACTEURS DE FORMATION
Si la géologie intervient dans la structure des habitats, le facteur le plus important est le climat, dont les différences – parfois sur des distances incroyablement petites – ont un impact considérable sur la faune et la flore. Ainsi, lorsqu’une chaîne de montagnes intercepte les vents porteurs de pluie, sur le versant au vent les précipitations violentes favorisent souvent des forêts luxuriantes habitées par une faune très variée, tandis que, sur le versant sous le vent, les faibles précipitations entraînent la formation de désert ou de broussailles, où seuls survivent les animaux résistant à la sécheresse.
La température est un autre
facteur climatique important. Par exemple, dans le Grand Nord aux rudes hivers,
les forêts de conifères cèdent la place à la toundra : cette limite
septentrionale des arbres, qui forme comme un anneau déchiqueté autour de
l’Arctique, marque les confins de l’aire de distribution des becs-croisés, des
sirex et de nombreux autres animaux dont la vie dépend des conifères. Sur les
côtes et en mer, les changements de température sont généralement plus
progressifs que dans les terres.
Toutefois, la présence ou non de chaleur détermine encore la localisation des biomes. Ainsi, les coraux bâtisseurs de récifs ne se développant pas en dessous de 20°C, la plupart des récifs se trouvent donc sous les tropiques. Néanmoins, ils sont rares sur la côte Ouest de l’Afrique et en Amérique, car, bien que le climat soit chaud, des courants froids passent à proximité du littoral. La répartition des mangroves est similaire : dans l’hémisphère Sud, elles s’étendent jusqu’en Australie méridionale ; dans l’hémisphère Nord, elles dépassent à peine les tropiques.
Photos NaturenDanger
LA BIODIVERSITE
Dès le début de
l’exploration scientifique, les naturalistes ont remarqué de grandes variations
dans la biodiversité (richesse des espèces). Dans les extrêmes nord et sud, les
espèces sont moins nombreuses que près de l’équateur : la toundra arctique
est habitée par quelques centaines d’insectes seulement, tandis que les forêts
tropicales en abritent probablement au moins 1 million ; il en va de même,
à une échelle moindre, pour les mammifères et les oiseaux.

Photos NaturenDanger
Toutefois, dans les habitats de hautes latitudes, la faiblesse de la biodiversité est compensée par l’abondance de certaines espèces. Les mers antarctiques, par exemple, la quasi-totalité des espèces de manchots et peut-être 40 millions de phoques crabiers – les plus nombreux des grands mammifères. Les raisons d’une telle variation de biodiversité ne sont pas encore bien connues, mais il est quasi certain que le climat joue en rôle. Cela étant, à une époque où de nombreuses espèces d’animaux sont menacées d’extinction, la biodiversité – de même que les moyens pour la conserver – est devenue un sujet important.

Photos NaturenDanger
Les forêts tropicales et les récifs coralliens sont particulièrement riches en espèces, ce qui explique l’extrême attention que l’on porte actuellement à leur conservation et à celle de leur faune.
Trésor tropical
La famille des colibris constitue un excellent exemple de la grande diversité des espèces sour les tropiques. Seules quelques-unes vivent à des latitudes élevées - et la plupart sont migratrices. Toutefois, sous l'équateur, le nombre d'espèces s'élève à plus de 150.
LA
REPARTITION DES ESPECES
La carte ci-dessous montre
que différents types d’habitats sont répartis sur de vastes étendues du globe.
A quelques exceptions près, ce n’est pas le cas de la plupart des animaux. Au
contraire, chaque espèce a une répartition propre, due en partie à son
évolution et en partie à son mode de vie. Dans bien des cas, le mode de vie de
l’animal détermine sa répartition de façon subtile.
Cette carte indique la répartition des principaux habitats dans le monde et situe les villes d'au moins 1 million d'habitants. Elle montre la forme qu'aurait la répartition des habitats si l'homme, à des fins d'urbanisation et de développement de l'agriculture, n'avait pas procédé à des modifications.
LEGENDE
Ainsi, en Amérique, le pélican brun est présent tout le long de la côte ouest, mis à part aux extrêmes nord et sud ; à l’est, il n’atteint pas le sud des Caraïbes. Cela s’explique par le fait que, contrairement à ses alliés, le pélican brun plonge pour attraper les poissons et a besoin d’eaux claires pour repérer sa proie. La mer des Antilles est limpide ; mais au sud, l’Amazone déverse des eaux chargées de boue dans l’océan. Pour le pélican, cette eau boueuse constitue une barrière infranchissable.
La répartition de nombreux
animaux est liée à celle de certaines plantes. Parmi les exemples extrêmes,
l’hespérie du yucca, le blastophage (qui se développe dans les figues) et les
abeilles dépendant des fleurs. Tous les animaux dépendant des végétaux ne sont
pas des insectes. Le crabe des cocotiers – le plus grand et le plus lourd des
crustacés terrestres – se nourrit principalement de noix de coco en
décomposition, qu’il trouve le long du littoral. De ce fait, il est présent
uniquement dans les endroits où poussent les cocotiers.
Les mammifères peuvent
être tout aussi exigeants. Le panda géant – l’un des exemples les plus célèbres
– dépend d’environ une vingtaine d’espèces de bambou, présentes uniquement
dans les montagnes d’altitude moyenne du centre de la Chine.
LA
MODIFICATION DES HABITATS
Dans la nature, les habitats
changement constamment. Les forêts et les prairies prennent feu, les berges des
rivières s’effondrent, et les tempêtes endommagent les récifs coralliens et les
côtes. Ces événements imprévisibles font partie de la vie, et les animaux
– ainsi que d’autres espèces vivantes – ont acquis par l’évolution les moyens de
survivre à ces changements. Les habitats peuvent également subir des
modifications beaucoup plus profondes, sur des périodes beaucoup plus longues.

Photos NaturenDanger
Dans ce cas, cela est dû à un changement climatique inhabituel, processus naturel
déclenché par une foule de facteurs, notamment la dérive des continents. A
plusieurs occasions dans un passé lointain – plus récemment, il y a 12.000 ans
-, les calottes glaciaires polaires se sont étendues, détruisant les habitats
existants et chassant les animaux. A la fonte des glaces, les végétaux ont de
nouveau colonisé le paysage dénudé, imités par les animaux. Il existe un lien
entre les climats du monde, ce qui signifie que les changements dans une région
peuvent avoir des conséquences à long terme sur l’ensemble du globe.

Photos NaturenDanger
Par exemple, lors de la dernière période glaciaire, le climat sous les tropiques est devenu sec, et les forêts pluviales amazoniennes se sont réduites pour former des «refuges» disséminés – îles de forêts entourées de prairies. Aujourd’hui encore, ces zones forestières abritent une plus grande variété d’oiseaux que la forêt la plus récente. Les périodes glaciaires ont également une influence sur le niveau des mers, en emprisonnant l’eau sous forme de glace. Lorsque le niveau des mers baisse, les habitats terrestres s’étendent ; lorsqu’il monte, la terre est de nouveau immergée, et les végétaux comme les animaux sont contraints de se retirer.
Depuis la fin de la dernière période glaciaire, les habitats dans le monde ne sont pas affectés uniquement par les changements naturels. En effet, l’activité humaine a un impact accru, au niveau mondial et local et, de ce fait, l’image que nous donne la nature a été en partie créée par l’homme. C’est notamment le cas pour les forêts qui ont été abattues pour faire place aux champs, mais c’est également vrai pour les prairies, les zones humides et même les déserts. Certaines régions reculées – notamment l’extrême grand nord – ont conservé leur aspect d’origine, mais les régions peuplées ont été transformées, créant un monde où les animaux sauvages ont souvent des difficultés à trouver un abri.
Photos NaturenDanger
LES CYCLES BIOGEOCHIMIQUES
Partout, les êtres vivants
interviennent dans les cycles au cours desquels circulent les éléments
chimiques. Environ 25 éléments sont indispensables à la vie, dont seulement 4
constituent tous les êtres vivants : l’hydrogène, l’oxygène, l’azote et
– essentiel – le carbone. Dans la matière inerte, le carbone peut être présent
dans l’atmosphère (sous forme de gaz), dans l’eau (sous forme dissoute) et dans
les roches et les combustibles fossiles. Les végétaux absorbent le gaz
carbonique de l’atmosphère, et la plupart des autres êtres vivants libèrent du
gaz carbonique lorsqu’ils se décomposent des substances contenant du carbone
pour libérer de l’énergie. Le carbone est également libéré en brûlant les
combustibles fossiles.
Le cycle du carbone
Ce schéma illustre les
principales étapes du cycle du carbone. Le temps nécessaire à l’achèvement de
chaque partie du cycle varie considérablement. Le carbone peut rester dans des
êtres vivants pendant seulement quelques jours, mais être bloqué dans le
sous-sol pendant des milliers d’années.
Liens :
L'écosystème corallien
Introduction aux récifs coralliens
Les biomes terrestres
Portail des grands biomes terrestres
Les déserts
Le désert : présentation, différents types, les formes de vie adaptées au désert, etc.
Faune et Flore de l'Antarctique
Les climats du monde
Le panda géant
Découvrir la forêt
La dérive des continents en images
Le cycle du carbone
23032006_La_diversité_des_habitats. PDF
Source :
Le Règne Animal - Editions Gallimard
Crédit graphiques :
Le Règne Animal - Editions Gallimard
Crédit photos :
http://image36.webshots.com/
http://taiwaninfo.nat.gov.tw/
http://cahm.elg.ca/
http://www.jardimdeflores.com.br/
http://www.nicoyapeninsula.com/
http://ti.racoon.free.fr/
Steve Bloom
samedi 4 mars 2006
Découverte d'un nouveau monde sur Terre
Des zoologues espagnols ont découvert un nouvel écosystème au fond d’un cratère au large de la Guinée-Equatoriale. Le récit de leurs aventures.
A la fin de 2005, des scientifiques espagnols
se sont rendus sur l’île de Bioko, en Guinée-Equatoriale pour percer les
mystères de la caldeira de Luba, un cratère encore peu exploré. Ils y ont
trouvé une étonnante biodiversité : 27 nouvelles espèces de vertébrés, 122
d’arthropodes, 17 d’invertébrés, 41 de plantes et un nombre indéterminé de
protozoaires. Les membres de l’expédition ont perdu plusieurs kilos dans
l’aventure, sans compter des litres de sueur, et se sont fait plus d’une
frayeur, mais l’équipe, dirigée par Ignacio Martin, professeur de zoologie forestière
à l’Université polytechnique de Madrid (UPM), a atteint son objectif :
descendre dans la caldeira le long d’une paroi de 1.130 mètres de dénivelé
et traverser le fond de ce cratère envahi de végétation.
Les quatre expéditions
scientifiques antérieures n’étaient pas parvenues à atteindre le terrain abrupt
du fond de la caldeira en raison de sa difficulté d’accès.
L’expédition de l’UPM avait pourtant mal
commencé. En principe, l’équipe devait être formée de quinze personnes,
scientifiques et alpinistes. Cinq d’entre elles devaient descendre le long de
la paroi du cratère et le reste de l’équipe devait passer par l’autre versant,
les deux groupes se retrouvant ensuite à l’intérieur.
Deux jours avant le départ,
prévu pour le 18 décembre, ils apprenaient que seuls cinq d’entre eux avaient
leur visa. La mise a sac de l’ambassade de Guinée-Equatoriale en Espagne, en juin
2005, avait contribué a détériorer les relations entre les deux pays et, malgré
le soutien des autorités scientifiques locales, les scientifiques espagnols se
voyaient refuser l’entrée dans le pays. “Ce jour-là, explique Ignacio Martin,
nous sommes partis à seulement cinq membres de l’équipe (deux scientifiques,
deux alpinistes et une étudiante) vers l’île de Bioko, en pensant que les
autres arriveraient ensuite.” Ils ont passé la première semaine à attendre,
mais le refus était bel et bien définitif. “Le 16 décembre a été une journée
critique, reconnaît le zoologue.
Nous avions le matériel au bord de la caldeira,
et les autres ne pouvaient pas venir. Fallait-il abandonner ? Je n’étais pas prêt
à le faire, et Daniel Salas, l’un des alpinistes, m’a dit : ‘Nacho, je te fais
descendre dans la caldeira, mais je compte sur toi pour m’en sortir.’ C’était
vraiment risqué de descendre seuls tous les deux. S’il nous était arrivé
quelque chose, nous aurions eu des problèmes, mais nous ne voulions pas rentrer
les mains vides.”
Munis de kilos de cordes, d’une caméra, de
vivres, d’eau et d’une tente, les deux hommes ont entamé la descente. “Nous
pensions mettre une journée à descendre, et il nous en a fallu trois, raconte
Ignacio Martin. Nous devions gagner chaque mètre sur la végétation à coups de
machette. Nous dormions suspendus à la paroi, sur n’importe quel ressaut,
accroches aux fougères géantes ou à des pierres. Quand nous sommes arrivés au
bout de la corde fixe, il n’était plus possible de reculer.”
Sans corde fixe, la descente était moins sûre
et les scientifiques se fatiguaient plus rapidement. Au début, ils ont
rencontré des mandrills et des colobes, et le zoologue s’arrêtait pour prélever
des échantillons de chaque être vivant. Le deuxième jour, le poids de leur
chargement (chacun portait 25 kilos de matériel, plus 13 kilos de barda) ainsi
que la lutte contre la végétation et la pluie torrentielle ont entamé leurs
forces. Une fois arrivés au fond du cratère, ils ont mis quatre jours de plus à
franchir les 3,5 derniers kilomètres, qui étaient creusés de crevasses de 70 mètres. Au total, ils
auront mis une semaine à rejoindre l’autre partie de l’équipe, soit le double
du temps prévu. En chemin, Daniel et Ignacio ont connu deux moments difficiles.
Ils se sont d’abord retrouvés face à une butte effilée de 4 mètres de large et de
60° de déclivité par laquelle ils ont du grimper ; une autre fois, ils se sont
retrouvés nez à nez avec un cobra en position d’attaque. Mais tout s’est bien
terminé.
Depuis lors, ils travaillent d’arrache-pied sur
les données scientifiques recueillies. Ignacio Martin reconnaît qu’ils n’ont découvert
qu’une partie infime de la richesse de l’endroit, mais il n’en est pas moins satisfait.
“Nous avons atteint 70% de nos objectifs, mais avec moins d’effectifs et de
temps que prévu, note-t-il. Nous avons mis en évidence que la flore de la
caldeira de Luba variait d’un versant à l’autre ; nous avons observé six espèces
de singes, deux de chauves-souris, ainsi que de nombreux vertébrés, amphibiens et
insectes. Nous avons rapporté 30 espèces de papillons différentes.” Autant dire
que Martin fait un bilan positif de l’expédition.
Lui et son équipe sont
descendus le long d’une paroi verticale et ont traversé le fond d’un volcan
quasi inexploré. Certes, ils n’y ont pas trouvé de grandes rivières, comme ils
s’y attendaient, ni le lac intérieur des légendes bubies, qui est peut-être
saisonnier. Le groupe de Pablo Cobos, quant à lui, n’a pas pu monter à la
caldeira en suivant le cours du Tudela, vu la difficulté de cette voie. Mais, après
tout, ne faut-il pas toujours laisser de quoi faire pour un prochain voyage ?
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Diversité : Un des derniers paradis
terrestres
L’île de Bioko, ou se trouve la caldeira de
Luba, fait partie d’un long arc de volcans qui, au large de la Guinée-Equatoriale ,
regroupe également les îles d’Annabón et de São Tome et Principe. Ces îles
furent découvertes par les Portugais à la fin des années 1460 et, des les années
1480, des plantations de canne à sucre y furent cultivées. Au XIXe siècle, le café
et le cacao devinrent les cultures les plus importantes, et Bioko fut l’un des
endroits les plus prospères en Afrique jusqu’à la fin des années 1960.
Du fait de leur petite taille, ces îles ont
longtemps été ignorées des biologistes. Elles présentent pourtant une grande biodiversité,
leur isolement du continent africain ayant permis un processus d’évolution
tendant vers un taux d’endémicité très élevé, tant au niveau des plantes que
des animaux. Ainsi, Bioko, la plus grande île de cet arc volcanique (2.017
km2), compte une faune mammalienne riche et spécifique, parmi laquelle dix espèces
de singes, dont le mandrill, le colobe noir et le colobe roux. L’origine
volcanique récente de ces îles a créé une topographie extrêmement accidentée,
et de ce fait une grande diversité d’habitats.
Mais de grandes
superficies de la couverture forestière originelle des îles ont été modifiées
par les activités de l’homme, les seuls espaces intacts se trouvant dans les
zones montagneuses les plus inaccessibles, comme le site de la caldeira de Luba.
L’importance de conserver ce qui reste de la biodiversité
des îles du golfe de Guinée a été reconnue par les gouvernements locaux. Deux
aires protégées ont été créées sur l’île de Bioko (le pic Basile et la caldeira
de Luba), et plusieurs ONG, notamment Amigos de Doñana et la Birdlife International ,
attirent l’attention sur ces îles depuis longtemps. Dans les années 1990,
l’Union européenne, via son programme ECOFAC, a fourni des financements et de
l’assistance technique afin de lancer des actions sur le terrain et de
contribuer à la conservation de la diversité biologique de ces îles.
Source :
Courrier
International
Crédit graphique :
http://www.ulb.ac.be/
mercredi 1 mars 2006
Le Sahara
Depuis quand le Sahara est-il un désert ?
La découverte et l'analyse de formations dunaires fossiles au Tchad par des chercheurs du CNRS(1) conduisent à réviser l'estimation de l'âge du Sahara. Le désert chaud le plus vaste de la planète ne serait pas âgé de 86 000 ans, comme on le croyait, mais d'au moins 7 millions d'années ! Ces travaux représentent le premier jalon de la reconstruction de l'histoire climatique ancienne du Paléo-Sahara, durant une période encore largement méconnue. Ils sont publiés le 10 février dans la revue Science.
Il
y a quelques milliers d'années, à l'emplacement de l'actuel désert du
Sahara, régnait un climat humide et se trouvaient de nombreux fleuves
et lacs, dont le Lac Méga-Tchad (2). Le Sahara n'est pas pour autant un
« jeune » désert : d'autres épisodes désertiques antérieurs ont été
enregistrés, le plus vieux remontant à 86.000 ans. D'autres indices,
trouvés au sein de carottages réalisés dans l'océan au large du
continent africain, suggèrent l'existence en Afrique du Nord d'épisodes
arides antérieurs à ce dernier. Mais aucune étude au cœur du Sahara
n'avait encore permis de le vérifier.
Le Tchad, et plus particulièrement le désert du Djourab (Bassin du Tchad), est devenu une région clef pour étudier l'origine et l'évolution des hominidés anciens. C'est à cet endroit, depuis 1994, que les chercheurs de la Mission paléoanthropologique franco-tchadienne (MPFT) (3) ont mis successivement au jour « Abel », Australopithecus bahrelghazali, premier australopithèque décrit à l'ouest de la Rift Valley puis « Toumaï », Sahelanthropus tchadensis, le plus ancien hominidé connu à ce jour.
Comprendre
les modalités d'émergence des hominidés anciens passe d'abord par la
connaissance de leurs paléomilieux de vie. Aux côtés des
paléontologues, des sédimentologues cherchent aussi à découvrir les
paléoenvironnements successifs (contextes sédimentologiques, fauniques
et floristiques) des hominidés anciens dans le Sahara. Leur méthode de
travail repose sur le principe de « l'actualisme » : à partir des
systèmes sédimentaires actuels, ils établissent des critères de
reconnaissance pour chaque environnement (un lac, un fleuve, un désert,
etc…), qu'ils appliquent ensuite aux séries anciennes. Chaque
environnement possède ainsi sa signature géobiologique propre, ou
« faciès sédimentaire », définie en termes de lithologie (études des
dépôts sédimentaires), de structures sédimentaires, de géométrie des
dépôts et de contenu paléontologique.
Les chercheurs ont ainsi identifié dans la région de Toros Ménalla, au cœur du Djourab, d'importantes formations de dunes fossiles témoignant d'un véritable erg dunaire fossile formé au Miocène supérieur, il y a 7 millions d'années. C'est le plus ancien témoignage direct d'un épisode désertique franc au Sahara. Il a précédé une phase climatique plus sahélienne marquée par la mise en place de paysages verdoyants et de lacs éphémères.
L'identification dans le Djourab d'autres niveaux de dépôts caractéristiques des déserts suggère que le Sahara a connu des conditions arides intermittentes au moins au cours des 10 derniers millions d'années, à l'instar de ce qui a déjà été mis en évidence dans le Quaternaire (de 1,8 millions d'années à nos jours). Cette étude représente le premier jalon de la reconstruction de l'histoire géobioclimatique ancienne du Paléo-Sahara, durant une période encore largement méconnue.
Désert du Djourab, Sahara. En deuxième plan, on peut voir les dunes actuelles et en premier plan une dune fossile âgée de 7 millions d'années. Cette photo montre également que la direction des vents n'a pas changée : les 2 dunes ont la même orientation.

© P.Duringer - MPFT/CNRS-ULPS
Détail
d'une dune fossile. Pour les sédimentologues, tous les éléments
caractéristiques d'un désert sont présents : sable clair, propre et peu
cimenté ; absence de trace de vie ; grains de quartz, bien triés,
parfaitement arrondis et à surface mate ; dépôts sédimentaires obliques
; rides de vents à la base de certains pieds de dunes.

© P.Duringer - MPFT/CNRS-ULPS
Notes :
(1) Laboratoire
géobiologie, biochronologie et paléontologie humaine (CNRS - Université
de Poitiers), Laboratoire domaines océaniques (CNRS - Université de
Bretagne Occidentale, Plouzané), Centre de géochimie de la surface
(CGS, CNRS, Université Strasbourg 1).
(2) Le Lac Méga-Tchad avec plus de 350.000 km2 (soit une superficie
équivalente à celle de l'actuelle Mer Caspienne ou de l'Allemagne) est
le plus vaste paléolac du Sahara.
(3) La Mission paléoanthropologique franco-tchadienne (MPFT), dirigée
par Michel Brunet, Professeur à l'Université de Poitiers, est une
collaboration scientifique entre l'Université de Poitiers, le CNRS,
l'Université de N'Djaména et le Centre National d'Appui à la Recherche
(CNAR) N'Djaména. Elle regroupe une soixantaine de chercheurs de dix
nationalités.
Références :
The Age of the Sahara Desert, Mathieu Schuster, Philippe Duringer,
Jean-François Ghienne, Patrick Vignaud, Hassan Taisso Mackaye, Andossa
Likius, Michel Brunet – Science, 10 février 2006.
Contacts :
Chercheurs
Mathieu Schuster
Laboratoire Domaines océaniques (CNRS - Université de Bretagne Occidentale, Plouzané)
schuster@univ-brest.fr, mathieu.schuster@laposte.net
Patrick Vignaud
Laboratoire Géobiologie, Biochronologie et Paléontologie Humaine (CNRS - Université de Poitiers)
patrick.vignaud@univ-poitiers.fr
Philippe Duringer
Centre de géochimie de la surface (CGS,CNRS - Université Strasbourg 1)
duringer@illite.u-strasbg.fr
Michel Brunet
Laboratoire Géobiologie, Biochronologie et Paléontologie Humaine (CNRS - Université de Poitiers)
michel.brunet@univ-poitiers.fr
01032006_Depuis_quand_le_Sahara_est-il_un_désert ?.PDF
Source :
CNRS
Crédit photos :
CNRS
Saharamet.com
http://www.wissenschaft-online.de/
mardi 21 février 2006
Le désert : un habitat très favorable à la diversité bactérienne
L’Amazonie, caractérisée par une très grande diversité en
espèces animales et végétales, aurait un sol pauvre en bactéries. A
l’inverse, le désert aride se révèle être un haut lieu de la vie
microbienne.
Tel est le résultat de la première enquête génétique à l’échelle
continentale, portant sur les bactéries du sol. Elle suggère que le
premier facteur de diversité bactérienne dans le sol est le pH de
celui-ci. Ainsi, les sols acides des forêts tropicales arborent un
nombre beaucoup plus faible d’espèces bactériennes que les sols neutres
des déserts.

Les microorganismes bactériens jouent un rôle très important dans la plupart des processus au sein de la nature. Ils sont incontournables dans les cycles qui rendent les nutriments disponibles pour les plantes et les animaux, ainsi que dans le phénomène d’enrichissement de l’atmosphère en carbone sous forme de dioxyde de carbone, par la respiration, sans compter leur rôle dans les processus d’émission de nombreux autres gaz, dont le méthane.
Afin de mener leur enquête, Noah Fierer et Robert Jackson, biologistes à la Duke University, ont recueilli 98 échantillons de sols, à travers l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. Le facteur le mieux corrélé à la diversité s’est avéré être le pH du sol où les bactéries se développent. L’étude suggère aussi que les sols dotés de niveaux similaires d’acidité abritent une diversité semblable de communautés microbiennes, même si ces sols sont distants de milliers de kilomètres.
L’étude est présentée comme une première étape en vue de comprendre les facteurs de la diversité microbienne sur Terre, d’accroître les connaissances au sujet de nombreux processus dans lesquels interviennent les microorganismes du sol, incluant le cycle du carbone par décomposition de la matière organique et le cycle de l’azote par fixation, tous deux nutriments libres pour les végétaux.
Source :
Notre Planète Info
Crédit photo :
http://www.energia-info.ru/






























































































































